Déclaration de M. Hamlaoui Mekachera, ministre délégué aux anciens combattants, sur le devoir de mémoire concernant la Seconde Guerre mondiale et les efforts budgétaires en faveur des anciens combattants, à Strasbourg le 8 octobre 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Hamlaoui Mekachera, ministre délégué aux anciens combattants, sur le devoir de mémoire concernant la Seconde Guerre mondiale et les efforts budgétaires en faveur des anciens combattants, à Strasbourg le 8 octobre 2005.

Personnalité, fonction : MEKACHERA Hamlaoui.

FRANCE. Ministre délégué aux anciens combattants

Circonstances : Congrès de l'Association nationale des médaillés de la résistance, à Strasbourg (Bas-Rhin) le 8 octobre 2005

ti : Monsieur le Préfet,
Madame le Sénateur-Maire,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur le Président de l'Association nationale des Médaillés de la Résistance,
Messieurs les officiers généraux,
Mesdames et Messieurs,


Voici trois ans, vous étiez réunis en congrès à Brest. Une ville médaillée de la Résistance. Une de ces collectivités héroïques auxquelles nous rendrons hommage, dans quelques semaines, au Musée de l'Ordre de la Libération, aux Invalides.

En 2003, ensemble, nous avons célébré le 60ème anniversaire de la fondation de votre prestigieuse médaille par le Général de Gaulle, à Londres, en février 1943. Nous avons tous en mémoire les mots que vous avait adressés le Président de la République, au Palais de l'Elysée en cette circonstance exceptionnelle. Ils attestaient de la reconnaissance et de l'admiration de la Nation.

L'année dernière, nous étions au Sénat, dans ce temple de la démocratie restaurée grâce à votre combat pour la Liberté. Nous étions au coeur de cette année 2004 si chargée en grands rendez-vous de mémoire.

A chacun de ces congrès, votre Président, Jean-Jacques de BRESSON, était là. Aujourd'hui, au début de mon propos, je veux lui rendre un nouvel hommage.

Je le fais avec une profonde émotion. J'avais pour le Président de Bresson un grand respect et une réelle amitié. Son passé dans la Résistance, son engagement aux côtés du Général de Gaulle, sa brillante carrière administrative, son attachement à l'ONAC, sa personnalité : tout appelait le respect.

A cet hommage, j'associe toutes celles et tous ceux de vos frères d'armes disparus cette année.

Cher Monsieur le Président de SARNEZ, avec courage et abnégation, vous avez pris le relais. Cela vous honore. Je me réjouis de la qualité des liens que, d'emblée, nous avons noués. Des liens placés sous le signe de la fidélité mais aussi d'une volonté commune de regarder l'avenir et d'organiser la transmission de la mémoire de la Résistance.

Transmettre la mémoire, cette nécessité impérieuse, à laquelle nous consacrons tant d'efforts, passe par des voies diverses. Tous les modes d'actions sont utiles. Toutes les énergies sont nécessaires.

Je veux saluer le rôle essentiel des associations avec leurs relais irremplaçables sur le terrain. Je veux saluer avec force l'implication particulière de l'Association des Médaillés de la Résistance.

Vous êtes présents, actifs. Vous acceptez de témoigner. Vous contribuez à des publications de grande qualité. Autant d'initiatives qui permettent de sensibiliser nos concitoyens, qui permettent d'intéresser les jeunes.

L'Etat pour sa part est clairement déterminé à agir. Je ne reviendrai pas sur les deux années écoulées. Il me semble qu'elles ont marqué les esprits. Nos compatriotes ont été touchés par ces commémorations. Ils se sont déplacés en grand nombre.

Partout, les jeunes ont été au rendez-vous. Ceux d'entre vous qui les ont rencontrés peuvent confirmer qu'ils se sentent très concernés. Ils savent ce que vous avez fait. Ils savent ce qu'ils vous doivent. Avec leurs mots et leurs tempéraments, ils expriment aussi leur amour de la France et leur volonté de s'inscrire dans la voie que vous avez tracée pendant et après la Guerre.

La transmission de la mémoire doit aussi s'appuyer sur des lieux forts par leur histoire, par l'émotion qu'ils dégagent, par le sens qu'ils portent. C'est, bien sûr, le cas du Struthof où nous construisons le Centre européen du Résistant Déporté.

Nous voulons qu'il devienne un espace majeur pour la transmission de la mémoire de la Déportation en Europe.

Ce Centre européen, ainsi que le musée installé dans le camp lui-même, seront résolument tournés vers les jeunes. Ils s'adressent aussi à des publics internationaux qui veulent découvrir l'histoire en général et celle du camp en particulier.

Ce sera aussi un lieu qui incitera à la vigilance. Le rappel des enchaînements historiques, la présentation de l'horreur des camps, la figure lumineuse des héros et des martyrs inciteront à la vigilance pour l'avenir.

Cette inauguration clôturera, en quelque sorte, cette année de grandes commémorations. Il est remarquable que ce grand moment soit consacré aux Résistants et aux déportés.

Mesdames et Messieurs, votre congrès se tenant traditionnellement quelques jours après la présentation du budget, la coutume veut que je vous en présente les grandes lignes. Sur ce sujet, je vous adresserai simplement 3 messages.

Le premier est que, malgré la refonte totale de la présentation de la loi de finances, les crédits des anciens combattants sont toujours clairement identifiés et lisibles. C'est la preuve de l'attention du Gouvernement pour le monde combattant sur le long terme.

Deuxième message : l'effort de la Nation demeure très important. Une nouvelle fois, les crédits par ressortissants vont augmenter de 1,5 %. Cela vient s'ajouter aux 6,3 % d'augmentation obtenus depuis 2003.

Le droit à réparation est respecté. L'avenir de l'ONAC et de l'Institution nationale des Invalides est garanti.

Troisième message : la politique de mémoire demeure prioritaire. 12,4 millions d'euros y sont consacrés. Nous ne relâcherons pas l'effort dans les années à venir.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je ne saurais conclure sans évoquer Strasbourg où nous sommes réunis.

L'année dernière, nous étions rassemblés à proximité de la cathédrale pour voir, à nouveau, monter " nos couleurs, nos belles couleurs ". En Alsace, on mesure le prix de la guerre et la réalité de ce que fût le nazisme. Ici, on n'oublie pas le rôle de celles et de ceux qui ont combattu pour la liberté : Français Libres, Résistants, combattants français et alliés.

Mesdames et Messieurs, les médaillés de la Résistance, pour votre action exemplaire aux heures les plus dures de notre Histoire, je vous renouvelle l'expression de la reconnaissance du Gouvernement et de nos compatriotes.

Sur cette terre meurtrie, on comprend le caractère décisif de la réconciliation franco-allemande, de la construction européenne. Mesdames et Messieurs, pour votre préoccupation constante de l'avenir, je vous redis ma gratitude.

Je vous assure que vous pouvez compter sur la détermination du Gouvernement de Dominique de VILLEPIN à poursuivre sur le chemin que vous avez ouvert.

Je vous rappelle ma complète disponibilité pour travailler ensemble au service de notre pays.

Je vous remercie.


(Source http://www.defense.gouv.fr, le 11 octobre 2005)

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