Déclaration de Mme Brigitte Girardin, ministre déléguée à la coopération, au développement et à la francophonie, sur l'aide de la France à l'Afrique et sur la Convention de partenariat entre le Ministère des affaires étrangères, l'Agence française de développement et la Conférence permanente des chambres consulaires africaines et francophones, à Paris le 19 octobre 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Brigitte Girardin, ministre déléguée à la coopération, au développement et à la francophonie, sur l'aide de la France à l'Afrique et sur la Convention de partenariat entre le Ministère des affaires étrangères, l'Agence française de développement et la Conférence permanente des chambres consulaires africaines et francophones, à Paris le 19 octobre 2005.

Personnalité, fonction : GIRARDIN Brigitte.

FRANCE. Ministre déléguée à la coopération, au développement et à la francophonie

Circonstances : Signature de la Convention de partenariat entre le Ministère des affaires étrangères, l'Agence française de développement et la Conférence permanente des chambres consulaires africaines et francophones, à Paris le 19 octobre 2005

ti : Messieurs les Présidents,
Monsieur le Directeur général,
Mesdames et Messieurs,


Partout sur la scène internationale, à l'ONU, au G8, au sein de l'Union européenne, la France plaide depuis des années en faveur d'un accroissement de l'aide à l'Afrique. Aujourd'hui, ce plaidoyer commence à porter ses fruits, et je m'en réjouis avec vous : 2005 aura ainsi été marquée par d'importantes annulations de dettes, mais aussi par le sommet des Nations unies qui a réaffirmé en septembre dernier la pertinence des Objectifs du Millénaire pour le Développement, ainsi que la priorité à accorder à l'Afrique.

Cette mobilisation de la communauté internationale est essentielle, mais elle n'est pas suffisante. Il reste en effet à dégager les 50 milliards de dollars annuels supplémentaires, dont chacun s'accorde à penser qu'ils sont indispensables pour parvenir à l'objectif de réduction de moitié de la pauvreté dans le monde d'ici 2015. C'est évidemment l'affaire des gouvernements, et je puis vous assurer que la France joue un rôle moteur dans ce domaine, sous l'impulsion du président de la République qui a proposé la création d'une nouvelle source de financement du développement, par l'instauration d'un prélèvement de solidarité de quelques euros sur les billets d'avion.

Mais au-delà de l'action des Etats, il y a aussi la nécessaire mobilisation des acteurs privés que vous êtes. C'est donc dans le cadre de cette mobilisation que je souhaite clairement situer la signature à laquelle nous allons procéder ce soir.

Si j'en appelle ainsi à vous, c'est parce que j'attends des résultats de cette convention de partenariat. C'est d'ailleurs tout l'enjeu de la réforme de notre politique de coopération que je mets en oeuvre depuis mon arrivée à la tête de ce ministère : faire en sorte que nos interventions soient recentrées sur de vraies priorités, en privilégiant l'action dans la durée et en recherchant systématiquement les cofinancements avec nos autres partenaires. En un mot : insuffler une vraie culture du résultat.

Je souhaite donc que notre convention soit un instrument au service de cette légitime ambition, et ce d'autant plus que nous nous sommes donnés les moyens d'améliorer son efficacité : vous le savez, mon ministère apporte depuis une trentaine d'années son soutien constant aux actions de la Conférence permanente des chambres consulaires africaines francophones (CPCCAF), afin d'accompagner le développement du secteur privé africain. L'an dernier, nous avons néanmoins estimé qu'il était utile de dresser le bilan de notre coopération. Le rapport d'évaluation qui en a résulté a certes confirmé le rôle essentiel que jouent vos chambres de commerce et d'industrie pour favoriser le développement des entreprises africaines, mais il a également formulé quelques recommandations susceptibles d'améliorer notre future coopération. Il s'agit en particulier :

- de mieux définir la stratégie de la conférence et de l'appliquer en tenant compte des conditions propres à chaque pays ;

- de créer un secrétariat technique de la conférence qui élaborera un plan d'actions par pays et par chambre, avec un ordre de priorité ;

- d'asseoir les appuis financiers du ministère sur une base pluriannuelle, en faisant apparaître plus clairement l'apport financier des chambres bénéficiaires et prestataires.

Toutes ces préconisations ont donc été reprises dans le texte de la nouvelle convention. Mais ce nouveau partenariat prend aussi en compte la nouvelle donne issue de la réforme de notre politique de coopération :

D'abord, en tirant les conséquences de la clarification du rôle des acteurs de la coopération française : c'est à mon ministère qu'il revient de définir les orientations stratégiques dans les différents secteurs d'intervention, tandis que l'Agence française de Développement se voit confier le rôle d'opérateur-pivot pour la mise en oeuvre des projets sur le terrain.

Ensuite, en recentrant nos interventions sur des objectifs opérationnels précis, définis au niveau de la conférence d'orientation stratégique et de programmation que je préside. C'est ainsi que notre convention de partenariat répond plus particulièrement à l'une de ces orientations, qui vise à développer le secteur productif.

Pour atteindre cet objectif, nous devons d'abord améliorer l'environnement et la productivité des entreprises, afin de développer leur compétitivité. Il s'agit par ailleurs d'aider les Etats du Sud à s'insérer dans l'économie mondiale, notamment à travers des programmes de renforcement de leurs capacités commerciales. Nous souhaitons enfin accompagner les entreprises vers un développement durable, respectueux des normes sociales et environnementales, en apportant une attention toute particulière aux petites entreprises et à leur intégration progressive dans le secteur formel.

Au-delà de cette signature, je souhaite vous confirmer que le ministère des Affaires étrangères apportera tout son soutien à la Délégation permanente de la CPCCAF dans la conduite de ses différentes missions : missions d'animation et de structuration de la coopération inter-consulaire en Afrique, missions de renforcement des capacités institutionnelles des chambres consulaires africaines, et missions de représentation du secteur privé vis-à-vis des pouvoirs publics.

Comme vient de le souligner M. Séverino, vous pourrez aussi compter sur l'Agence française de Développement pour vous aider à renforcer les instruments d'accompagnement des entreprises - et notamment, des très petites entreprises - mais aussi pour vous aider à promouvoir la formation professionnelle.

Enfin, je souhaite que le comité de suivi tripartite que nous mettons en place ne soit pas seulement une instance de dialogue entre nous, mais qu'il constitue aussi le cadre de suivi attentif et exigeant de la mise en oeuvre de notre convention.


Voilà, Mesdames et Messieurs, l'essentiel des messages que je souhaitais vous délivrer, en guise d'encouragement à poursuivre vos actions de coopération et de partenariat, pour que l'expérience des uns serve aux autres et qu'au total, chacun progresse. Tel est le voeu de succès que je formule à l'adresse de tous nos partenaires africains.


Je vous remercie.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 24 octobre 2005)

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