Déclaration de M. Dominique de Villepin, Premier ministre, en réponse à une question sur les violences urbaines en région parisienne, le maintien de l'ordre et les mesures d'intégration sociale, à l'Assemblée nationale le 2 novembre 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Dominique de Villepin, Premier ministre, en réponse à une question sur les violences urbaines en région parisienne, le maintien de l'ordre et les mesures d'intégration sociale, à l'Assemblée nationale le 2 novembre 2005.

Personnalité, fonction : VILLEPIN Dominique de.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale le 2 novembre 2005 ; question d'Eric Raoult, député UMP de Seine-Saint-Denis

ti : "Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le député,


Au cours des évènements de ces derniers jours, deux enfants sont morts, un père de famille a été lâchement assassiné. Alors, permettez-moi tout d'abord d'avoir une pensée pour leurs familles et pour leurs amis. Je veux qu'ils sachent que le Gouvernement et la représentation nationale, rassemblés ici, pensent à eux.

Car il n'y a qu'un territoire national sur lequel les lois de la République s'appliquent ; il n'y a que des Français égaux en droit, qui aspirent tous à la sécurité et à la justice.

Oui, les violences dans les quartiers sont un défi pour nous tous. Cela fait des années que les habitants de certains quartiers urbains sont confrontés aux incivilités, aux dégradations, aux voitures brûlées, mais aussi à des actes plus graves : le racket sur des mineurs à la sortie des écoles, les violences faites sur les femmes ou les personnes âgées, les trafics de drogue. Je veux conduire notre action avec volonté et avec humanité, avec détermination et avec discernement. Évitons de stigmatiser des quartiers auxquels les habitants sont attachés, traitons différemment la petite délinquance et la grande criminalité, luttons avec fermeté contre toutes les discriminations, prévenons tout amalgame entre une minorité qui sème le désordre et l'immense majorité des jeunes qui souhaite s'intégrer dans la société et réussir dans la vie.

Le Gouvernement tout entier est à la tâche. Il a une priorité immédiate : rétablir l'ordre public et le rétablir sans délai. Les incendies volontaires et les affrontements sont inacceptables et seront sanctionnés par la justice, comme il se doit. Le président de la République l'a rappelé ce matin : il ne peut pas y avoir, il n'y aura pas de zones de non droit en France. N. Sarkozy a pris les mesures nécessaires en ce sens et je sais que je peux compter sur lui.

Ensuite, l'ensemble du Gouvernement agit pour faire de l'égalité des chances une réalité dans notre pays. Cela passe d'abord par la prévention des violences : État, collectivités locales, associations doivent rassembler leurs forces et leurs compétences autour des maires. Un projet de loi sera élaboré sous ma coordination dans les prochaines semaines. Cela passe aussi par des logements plus décents. Le programme de rénovation urbaine de J.-L. Borloo va changer durablement les conditions de vie dans les quartiers. Cela passe surtout par un emploi pour tous.

Des jeunes qui n'ont pas de perspective de travail, qui ne savent pas comment obtenir un stage ou comment obtenir une formation, ce sont des jeunes qui n'ont pas d'espoir et qui doutent de notre société. C'est à eux que je veux répondre avec le plan d'urgence pour l'emploi. L'accompagnement personnalisé par les services de l'ANPE, le dispositif Défense deuxième chance, les contrats d'accompagnement vers l'emploi leur sont à chacun destinés. Ce matin, avec les ministres concernés, nous avons étudié les mesures d'urgence, en particulier pour l'emploi des jeunes de Seine-Saint-Denis et pour l'éducation. Le Gouvernement adoptera un plan d'action avant la fin du mois de novembre.

De la fermeté, de la justice, c'est la ligne du Gouvernement. C'est notre seule ligne. Le Gouvernement est entièrement mobilisé et c'est pour cela que j'ai informé le Premier ministre canadien et le Premier ministre du Québec du report de ma visite. Je vous remercie."

(Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 7 novembre 2005)

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