Déclaration de M. Dominique de Villepin, Premier ministre, en réponse à une question sur les violences urbaines en Ile-de-France, au Sénat le 3 novembre 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Dominique de Villepin, Premier ministre, en réponse à une question sur les violences urbaines en Ile-de-France, au Sénat le 3 novembre 2005.

Personnalité, fonction : VILLEPIN Dominique de.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Séance de questions au gouvernement, au Sénat le 3 novembre 2005 ; question d'Eliane Assassi, sénatrice (groupe CRC - communiste républicain et citoyen) de Seine-Saint-Denis

ti : "Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les sénateurs,
Madame le sénateur,


Les trente dernières années doivent nous inciter tous à beaucoup d'humilité. Il y a quelques jours, vous l'avez dit, deux adolescents sont morts, électrocutés, à Clichy-sous-Bois, et un troisième a été grièvement blessé. C'est un drame pour ces familles, que j'ai rencontrées et auxquelles je veux redire ici tout mon soutien dans l'épreuve. J'ai demandé à N. Sarkozy de recevoir les familles ce matin, pour les tenir informées des éléments nouveaux qui sont à notre disposition. De son côté, le parquet de Bobigny vient d'annoncer l'ouverture d'une information judiciaire ; la justice fera son travail.

Face aux évènements des derniers jours, le retour au calme et le rétablissement de l'ordre public sont la priorité, notre priorité absolue. Des voitures incendiées, une école maternelle brûlée, un poste de police détruit, voilà ce qui s'est passé la nuit dernière, et je ne parle pas des manifestants qui tirent à balles réelles. Tout cela est inacceptable. Dans ces conditions dangereuses, les forces de sécurité accomplissent un travail difficile, que je veux saluer ici, devant votre Haute assemblée, comme je veux remercier le ministre de l'Intérieur pour sa mobilisation et celle de tout son ministère. Je sais que je peux compter sur lui.

Je refuse que les bandes organisées fassent la loi dans certains quartiers. Je refuse que les réseaux du crime et du trafic de drogues profitent des désordres pour prospérer. Je refuse la menace de l'intimidation des plus forts contre les plus faibles. Je refuse la violence aveugle qui tue un homme sous les yeux de sa famille. L'État républicain ne cèdera pas ; l'ordre et la justice, dans notre pays, auront le dernier mot.

Les populations de ces quartiers ont besoin de sécurité ; elles ont aussi besoin de reconnaissance ; elles ont besoin d'espoir ; elles ont besoin de respect ; elles ont besoin d'avenir. Le plan de rénovation urbaine mis en place par J.-L. Borloo, la mise en place des équipes de réussite éducative, les mesures d'accompagnement pour l'emploi : voilà des décisions concrètes qui commencent à donner des résultats et que le Gouvernement renforcera en liaison avec l'ensemble des élus locaux, dont la mobilisation est indispensable. Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Oui, nous allons aider davantage les enseignants, les policiers, les agents des services publics dans les quartiers ; nous allons renforcer l'accompagnement pour les jeunes qui cherchent une formation ou qui cherchent un emploi. Le sentiment d'injustice, le sentiment d'abandon, sont les meilleurs alliés de la violence. La République tiendra ses promesses, fidèle à ses principes, à travers des services publics efficaces et présents sur l'ensemble de notre territoire. Vous le voyez, le Gouvernement est mobilisé, chacun à sa place, chacun dans sa mission."


(Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 7 novembre 2005)

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