Interviews de M. François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, dans "Le Figaro" du 24 octobre 2005, à RMC et dans "La Provence" le 9 novembre, sur les négociation sur l'assurance chômage, les violences urbaines et la réforme du modéle social. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interviews de M. François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, dans "Le Figaro" du 24 octobre 2005, à RMC et dans "La Provence" le 9 novembre, sur les négociation sur l'assurance chômage, les violences urbaines et la réforme du modéle social.

Personnalité, fonction : CHEREQUE François, TAUPIN Béatrice, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. CFDT, secrétaire général

ti : Le Figaro 24 octobre 2005

Le Figaro - Laurence Parisot souhaite " un accord le plus large possible avant la fin de l'année " sur l'assurance-chômage. Partagez-vous l'optimisme du Medef ?

François Chérèque - Nous partageons sa volonté d'aboutir dans les temps et de montrer la capacité des partenaires sociaux à se mettre d'accord sur la pérennité de l'assurance-chômage. Mais, auparavant, nous voulons que le gouvernement nous éclaire sur sa politique.

Il n'est pas question de renouveler les deux expériences passées où des décisions du gouvernement ont pesé sur les conséquences des accords que nous avions signés : une première fois avec le gouvernement Jospin en 2000 où nous sommes entrés en conflit sur le Pare (Plan d'aide de retour à l'emploi), une seconde en 2002 où le gouvernement Raffarin a, après coup, réformé l'ASS (Allocation de solidarité spécifique) des chômeurs de longue durée.

Le Figaro - Sur quels points voulez-vous des garanties ?

François Chérèque - Nous posons quatre questions.

Un, quelle sera l'évolution des minima sociaux, ASS et RMI ?

Deux, comment répond-on aux jeunes qui n'ont jamais travaillé ou pas assez pour avoir des droits à l'assurance-chômage, mais qui n'ont pas 25 ans et donc pas de RMI ?

Trois, le gouvernement va-t-il pérenniser le fonds des intermittents ? Pour la CFDT, nous le disons depuis toujours, ce n'est pas à la solidarité professionnelle des seuls salariés de financer l'emploi culturel.

Enfin, nous voulons que l'État donne à l'ANPE les moyens de mieux accompagner les chômeurs : en 2000, le gouvernement Jospin avait imposé à l'Unedic de financer 3 650 postes pour l'ANPE, mais, depuis la loi Borloo et la mise en concurrence de l'Agence, l'Unédic n'a plus le droit de le faire. Il faut donc que l'État le fasse à notre place, et que nous puissions consacrer ces moyens de l'Unédic à des mesures actives de retour à l'emploi.

Le Figaro - Ce sont des préalables ?

François Chérèque - Pour les minima, oui. Nous ne voulons pas de dégressivité sur le dernier filet de sécurité qu'est l'ASS. Pour les intermittents, c'est un préalable à la renégociation des annexes 8 et 10 : si l'État refuse de pérenniser le fonds transitoire, la négociation sera très difficile. Sur les emplois dédiés à l'ANPE, nous avons besoin de réponses avant la fin de la négociation.

Le Figaro - Êtes-vous favorable à un RMI jeunes ?

François Chérèque - La CFDT n'a pas de blocage idéologique. Cela fait plus de dix ans que le problème des moins de 25 ans est posé et, comme on a peur de l'assistance, on ne fait rien.

Pourquoi n'y aurait-il rien avant 25 ans et le RMI après ? Tout jeune doit pouvoir bénéficier d'une allocation d'insertion, liée à un contrat pour une formation, une qualification, ou un accompagnement réel de la recherche d'emploi, selon les cas.

Le Figaro - Quelles sont vos exigences vis-à-vis du patronat ?

François Chérèque - En 2002, ce sont les salariés et les chômeurs qui ont fait le plus d'efforts. Nous nous opposerons au retour de la dégressivité des allocations, le Medef le sait. Nous mettrons l'accent sur l'action contre la précarité et pour le retour à l'emploi. Et nous voulons mettre en débat le problème des cotisations des entreprises selon leur comportement vis-à-vis des contrats de travail. Celles qui abusent des CDD mettent en difficulté l'Unédic car l'indemnisation est bien supérieure aux cotisations qu'elles paient.

Le Figaro - Comment dégager des moyens supplémentaires pour l'accompagnement vers l'emploi dans la situation actuelle du déficit ?

François Chérèque - Ne dramatisons pas la situation de l'Unédic. Elle peut se retourner très vite, cela a déjà été le cas ! En 2000, la situation était tellement bonne qu'on a baissé les cotisations. Dix-huit mois plus tard, le retournement a été tel que nous avons dû renégocier. Aujourd'hui, les conjoncturistes nous disent que l'Unedic peut revenir à l'équilibre fin 2006 grâce à la situation économique et démographique et parce que le chômage commence à diminuer du fait du traitement social.

Nous n'avons pas l'intention de négocier sur le déficit, nous voulons investir sur le retour à l'emploi. Actuellement, l'Unédic y consacre 4 % de son budget. Avec le malus sur les CDD et l'argent des 3 650 postes de l'ANPE, nous pourrons faire plus. Améliorer le retour à l'emploi, c'est tout de même le meilleur moyen de diminuer la durée d'indemnisation !

Nous poserons aussi le problème du cumul d'une indemnisation et d'un salaire : en cas de reprise d'un emploi à un salaire inférieur au précédent, nous souhaiterions que l'Unedic puisse combler la différence.

Le Figaro - Mais comment financer l'apurement du passif ?

François Chérèque - Il nous faudra discuter avec l'État. En vingt ans, sa part dans l'indemnisation du chômage est passée de 30 % à 10 %. Le grand recul est lié à la fin de son financement des préretraites. L'État doit revenir de façon plus importante.

Le Figaro - Pourquoi avez-vous accepté le nouveau CDD des seniors alors que vous combattez le contrat nouvelles embauches (CNE) pour les très petites entreprises ?

François Chérèque - Pour les seniors, il s'agissait de trouver une solution concrète à un problème spécifique : celui des salariés âgés au chômage qui ne cotisent plus pour leur retraite. On veut leur permettre de retravailler.

Avec le CNE, le gouvernement fait la démarche inverse : il invente un contrat, il plaque une solution qui ne résoudra rien. Le Conseil d'État l'admet puisqu'il nous invite à entrer dans une démarche juridique. Nous allons avoir une multitude de contentieux et les chefs d'entreprise devront justifier devant les tribunaux la cause du licenciement. Dominique de Villepin a voulu faire preuve d'autorité. Il s'est trompé : au lieu de sécuriser les très petites entreprises, il les remet en situation d'insécurité juridique.

Nous ne méconnaissons pas leurs problèmes, mais il fallait nous laisser les régler par la négociation.

Le Figaro - Mais pourquoi n'avez-vous pas négocié alors ?

François Chérèque - La responsabilité en incombe à Ernest-Antoine Seillière. L'ancien président du Medef a interrompu la refondation sociale, préférant voir le gouvernement agir par la loi. La CFDT a dit qu'elle n'était pas fermée à une évolution du contrat de travail. Mais cela doit se faire par la négociation, comme on l'a fait avec le droit individuel à la formation, la convention de reclassement personnalisé ou les seniors.

Le Figaro - À quand le grand service public de l'emploi et le guichet unique ?

François Chérèque - Les partenaires sociaux ont accepté de rapprocher dans une structure commune l'Unédic et l'ANPE, pour mieux accompagner les chômeurs, l'Unedic gardant son autonomie sur l'indemnisation.

Savoir qui fait quoi dans cette structure demande une vraie négociation avec l'État. Ce sera le sujet de 2006.

Le Figaro - Vous jugez " urgent de réformer notre modèle social " et de redéfinir son financement. Êtes-vous favorable à une TVA sociale ?

François Chérèque - Le financement pèse encore essentiellement sur les revenus du travail. Dans la compétition mondiale de plus en plus forte, cela peut mettre en difficulté les entreprises.

Nous voulons un partage plus juste entre ce qui relève de la solidarité nationale, qui incombe à l'impôt, et ce qui relève de la solidarité professionnelle, donc des cotisations sur le travail. Nous n'avons pas de tabou sur la TVA. Mais il n'est pas concevable de transférer des cotisations sociales sur la TVA en même temps que l'on baisse l'impôt sur le revenu! Nous voulons débattre de la fiscalité.


Propos recueillis par Nicolas Barré et Béatrice Taupin
(Source http://www.cfdt.fr, le 25 octobre 2005)

La Provence le 9 novembre 2005

La Provence. Vous avez été le premier représentant syndical à voir, lundi, le Premier ministre dans le cadre de rencontres bilatérales. Quelle a été la teneur de votre entretien ?

François Chérèque. Nous avons rappelé au Premier ministre les priorités de la CFDT. Nous demandons un plan d'ampleur de suivi et d'accompagnement des jeunes vers la formation et l'emploi, destiné surtout à ceux qui n'ont plus aucune solution aujourd'hui. Nous souhaitons la tenue d'une conférence nationale des revenus organisée par l'État, traitant des thèmes qui pèsent sur le pouvoir d'achat des Français. À savoir le coût du transport, du logement, la prise en charge des mutuelles et l'allègement des charges aux entreprises sans contrepartie. Autre priorité à nos yeux, l'accompagnement des salariés, tout au long de leur carrière professionnelle, doit leur apporter des garanties en cas de chômage, de formation et de mobilité. Enfin, nous voulons que l'État-employeur s'engage pour les fonctionnaires, notamment en matière de pouvoir d'achat, lors des négociations à venir.

La Provence. Les négociations sur l'assurance-chômage ont démarré hier. Sur quels points allez-vous insister ?

François Chérèque. L'accompagnement du chômeur au retour à l'emploi et le financement des entreprises en fonction des types de contrats sont les deux points qui nous paraissent primordiaux. Ainsi, les entreprises qui recourent le plus aux contrats précaires doivent, selon nous, participer davantage au financement, de l'assurance-chômage.

La Provence. Le spectre de la privatisation à EDF, à la SNCF, à la RTM¿ effraie les syndicats. Quelle est la position de la CFDT ?

François Chérèque. Pour nous, les services publics nécessitent la présence majoritaire de l'État ou les collectivités publiques pour garantir une égalité d'accès à tous. La délégation de service public peut être une solution, par exemple, pour des hôpitaux associatifs ou privés ou pour la gestion de l'eau. Elle peut aussi cacher une volonté de l'État ou des collectivités de se désengager. C'est le cas à la Régie des transports de Marseille. Le refus de négocier du maire Jean-Claude Gaudin, son obstination et son refus à ouvrir le dialogue, lui font porter une forte responsabilité dans le durcissement du conflit. Alors que les syndicats ont fait des contre-propositions après la venue du médiateur, ils se heurtent à un véritable autisme de la part des élus et de la direction.

La Provence. La CFDT a très à c¿ur le traitement social des violences urbaines. Quelles solutions préconisez-vous ?

François Chérèque. Ce qui se passe aujourd'hui traduit une profonde dégradation de l'investissement de l'État depuis 20 ans. L'État a quasiment disparu de certains endroits. Il existe, en outre, une remise en cause de la politique de prévention et un problème de chômage et de discrimination à l'embauche plus fort. Quand le calme sera revenu, il faut investir dans quatre directions : l'école et la formation, le logement, la lutte contre els discriminations et l'accès à l'emploi.


Propos recueillis par Emmanuelle Quemard

(Source http://www.cfdt.fr, le 14 novembre 2005)

RMC le 9 novembre 2005

Q- Ce qui se passe dans les banlieues depuis treize jours, cela va faire des dégâts considérables...

R- Ce qui me fait le plus peur, c'est effectivement que les premières victimes de tous ces dégâts, au-delà des problèmes matériels qui sont importants et des personnes qui subissent des dégradations de leurs biens, ce sont les jeunes eux-mêmes. J'ai lu beaucoup d'interviews dans la presse de jeunes qui disaient qu'ils savaient très bien, quand ils vont aller chercher un travail, on va leur dire qu'ils viennent de cette ville-là et qu'on ne le prend pas. Donc on sait très bien que les premières victimes, ce sont les personnes qui habitent elles-mêmes dans les banlieues. C'est la raison pour laquelle ce débat m'intéresse, bien évidemment. Je pense que lorsque l'on est dans un état tel que l'insurrection, qui existe dans certaines villes, la responsabilité des parents, c'est de dire à leurs enfants, quand ils sont jeunes, moins de seize ans, qu'on les oblige à rester à la maison, que c'est pour les protéger, qu'on ne sort pas. J'ai la même réaction : j'ai un fils qui a 19 ans, qui travaille, qui rentre la nuit, et je suis inquiet, j'attends qu'il rentre. Et si je pouvais l'empêcher de sortir - mais je ne peux pas l'empêcher de travailler ! -, il resterait à la maison, et il a 19 ans, il est majeur et il décide. Mais il aurait 16 ans aujourd'hui, je lui dirais que je suis désolé mais qu'en ce moment, on ne sort pas, parce qu'il faut se protéger. Et un jeune qui est pris actuellement dans une bagarre, qui lance un cocktail Molotov contre un CRS, inévitablement, quand il sera au tribunal, qui va l'aider ? Son casier judiciaire va être marqué pour des années. La protection judiciaire pour les enfants existe, il faut la mettre en ¿uvre.

Q- A Creil, une mère de famille a été placée en garde-à-vue, avant-hier soir, après l'interpellation de son fils de quinze ans et sa mise en examen pour tentative de dégradations. On lui a reproché ses "manquements dans l'exercice de l'autorité parentale".

R- Oui, c'est aussi un cas qui est très intéressant. Pourquoi a-t-on attendu d'en arriver là pour aider cette femme avec ses enfants ? On ne parle pas du père, il n'est pas là. Elle est seule avec ses quatre ou cinq enfants. Il existe des moyens, ce que l'on appelle l'action éducative en milieu ouvert, c'est-à-dire l'aide, par des éducateurs spécialisés, par des professionnels formés, pour aider ces familles-là quand elles sont en difficulté vis-à-vis de leurs enfants. Il faut donc que l'on remette ces dispositifs sociaux en place pour aider les parents, parce qu'il n'est pas toujours facile, quand on est seul, quand on travaille, quand on a cinq enfants, de s'en sortir. Je pense que parfois, des familles ont des difficultés quand ils sont deux parents avec deux enfants. Seul avec cinq, c'est difficile, il faut aider les gens.

Q- Le Gouvernement semble faire un mea culpa. Lui qui avait réduit les subventions aux associations va débloquer 100 millions d'euros supplémentaires en 2006. Il y avait urgence ?

R- Il y avait urgence, c'est un aveu d'échec, c'est une reconnaissance d'une faute. Le gouvernement Raffarin, lorsqu'il est arrivé, a tranché d'une façon radicale dans les aides, les emplois-jeunes, les accompagnements, la police de proximité. Il y a eu une erreur forte, mais cette erreur, et je ne cesse de le dire, depuis vingt ans, a commencé, c'est-à-dire que petit à petit, sans s'en rendre compte, on a diminué les moyens sociaux, les éducateurs de prévention dans les quartiers, les aides d'action éducative en milieu ouvert, toutes ces aides qui étaient importantes ont été diminuées. La gauche avait relevé un peu ces aides, mais avait mis des jeunes sans formation pour remplacer. Je pense que pour aider des familles dans ces difficultés, il faut des professionnels formés.

Q- D. de Villepin annonce que 20.000 contrats d'accompagnement pour l'emploi et contrats d'avenir seront réservés aux quartiers difficiles. Est-ce suffisant ?

R- On est en train de payer vingt ans de désinvestissement dans ces quartiers-là, ce n'est pas du jour au lendemain que l'on trouvera des réponses. Il faut d'abord, bien évidemment, que le calme revienne, pour pouvoir parler d'une façon sereine avec toutes les personnes qui sont en difficulté et comprendre ce qui se passe, et réinvestir petit à petit tous ces quartiers. Il faudra plusieurs années pour y arriver. Il faut commencer par ces mesures-là, mais il faut aller plus loin.

Q- Mettre les moyens, c'est bien, mais encore faut-il suivre l'argent que l'on distribue et cibler les urgences ?

R- Je me rends compte, et comme tout le monde depuis quelques jours, que les maires font du travail extraordinaire, c'est-à-dire qu'ils sont présents nuit et jour, ils rencontrent les associations, ils vont voir les gens. Je pense que ces distributions de moyens et d'aides aux associations doivent passer par les mairies, les élus locaux, qui doivent fonctionner avec les associations. On a de grands réseaux associatifs qui existent. Eh bien, profitons de ces réseaux associatifs pour fonctionner avec des associations qui, pour certaines, ont un siècle. Il n'est donc pas question de donner de l'argent à n'importe qui n'importe comment. Il est question aussi de travailler avec les gens qui sont faits pour ça ou qui se sont investis bénévolement dans ces actions.

Q- D. de Villepin a confirmé sa décision de tripler le nombre des bénéficiaires de bourses au mérite, qui devrait atteindre 100.000 à la rentrée 2006. Là aussi, il fallait ? C'était attendu. Je voudrais qu'on parle de l'apprentissage à 14 ans... [...] Vous avez été éducateur spécialisé, c'est votre formation initiale, donc vous connaissez bien les jeunes. Que pensez-vous de l'apprentissage à 14 ans, sur la base du volontariat a dit hier D. de Villepin ?

R- Tout d'abord, ne nous trompons pas de débat. Je suis très favorable à l'apprentissage. Mais il me semble que dans le cas précis, 14 ans, c'est tôt, parce qu'on a là des enfants qui ont un vrai problème d'échec scolaire...

Q- Mais à quoi bon les conduire à l'école jusqu'à 16 ans sans leur donner de perspectives ensuite ?!

R- Attendez, on vient d'avoir un débat sur l'école très important, avec la mission Thélot. La conclusion de cette mission était de dire que lorsque l'on a des enfants en difficulté, il faut avoir une aide très forte pour qu'il y ait un rattrapage des difficultés. Parce que pour amener quelqu'un à l'apprentissage, il faut qu'il passe un CAP, il faut qu'il passe un BEP. S'il ne sait pas lire ou s'il ne sait pas écrire, il aura des difficultés pour le faire. Donc je suis plutôt favorable à un accompagnement individualisé du jeune, avec des allers-retours en entreprise s'il le faut...

Q- Les syndicats d'enseignants ne vont pas être d'accord avec vous !

R- Oui, mais les syndicats d'enseignants, il faut aussi qu'ils évoluent, si vous voulez, parce qu'il n'y a pas l'école d'un côté et la société de l'autre ! Donc je suis pour maintenir ces enfants, mettre plus de moyens pour les aider, avec des allers-retours, je le dis bien, en entreprise s'il le faut, pour les remettre à niveau, pour les préparer à l'apprentissage, pour qu'à 16 ans, ils soient prêts pour faire de l'apprentissage. Donc ce n'est pas un rejet de l'apprentissage, comprenons-nous bien, je suis très favorable, à tous les niveaux de formation, à l'apprentissage, que ce soit du CAP à l'ingénieur. Mais à 14 ans, je pense que si l'on est en échec scolaire, on doit faire autre chose, donc se préparer à l'apprentissage, et pourquoi pas avec des allers-retours en entreprise, des stages... Mais vous savez, je le dis régulièrement, les entreprises refusent bien souvent de prendre ces jeunes. Ne serait-ce que le stage en Troisième d'une semaine en entreprise : j'ai des enseignants qui me disent qu'ils dispensent certains jeunes de stage de Troisième, parce que les entreprises ne veulent pas les prendre parce qu'ils viennent de tel quartier ou qu'ils sont originaires de l'immigration. Donc il y a aussi un énorme effort à faire par les entreprises pour accueillir ces jeunes.

Q- La ministre déléguée à la Cohésion sociale, C. Vautrin, a présenté hier un projet de loi, qui vise à favoriser le retour à l'emploi des allocataires du RMI, avec des incitations financières. Par exemple, on pourrait cumuler RMI et salaire pendant trois mois, puis percevoir une prime. Cela vous paraît-il bien ?

R- Toutes les mesures qui vont dans le sens d'un accompagnement des chômeurs, quelle que soit leur situation, qu'ils soient aux Assedic ou qu'ils soient au RMI, sont bien évidemment positives. La CFDT propose, dans la négociation Unedic, que lorsqu'un chômeur, qui a des allocations chômage, retrouve un emploi et que son salaire est inférieur, on puisse faire la différence avec l'Unedic. Cela va dans ce sens. Je pense que toutes ces mesures sont positives, à condition qu'il y ait un accompagnement, une formation. Effectivement, il faut mettre tous les dispositifs nécessaires et tout ce qui favorise le retour à l'emploi est bien évidemment positif.

Q- Mais cela fait de nouvelles dépenses pour l'Unedic, il va falloir trouver de l'argent !

R- Ce ne sont pas obligatoirement de nouvelles dépenses, puisque que si c'est pour un retour à l'emploi, c'est aussi un gain pour l'Unedic.

(Source : premier-ministre, Service d'information du gouvernement, le 18 novembre 2005)


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