Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur l'état d'avancement du dispositif public de soutien à l'innovation, notamment les pôles de compétitivité, les actions de l'Agence nationale de la recherche et la création de l'Agence de l'innovation industrielle, Paris le 29 septembre 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur l'état d'avancement du dispositif public de soutien à l'innovation, notamment les pôles de compétitivité, les actions de l'Agence nationale de la recherche et la création de l'Agence de l'innovation industrielle, Paris le 29 septembre 2005.

Personnalité, fonction : LOOS François.

FRANCE. Ministre délégué à l'industrie

Circonstances : Forum de l'électronique 2005 à Paris le 29 septembre 2005

ti : Mesdames, Messieurs,


Près de quatre mois après vos Assises, auxquelles vous m'avez fait l'honneur de me convier, c'est avec grand plaisir que je retrouve aujourd'hui les acteurs de la filière électronique.

Permettez moi tout d'abord de remercier Pierre Gattaz qui m'a invité à nouveau à cette rencontre avec la filière électronique et numérique. Je remercie également les présidents des syndicats professionnels et les chefs d'entreprise qui m'ont accueilli sur leurs stands pendant cette visite, et m'ont permis de constater la vigueur de l'effort d'innovation dans votre filière. Merci également à Benoît Gauthier qui organise pour Comexpo ce salon.

Je tiens tout particulièrement à souligner le travail en commun que vous réalisez, en dépassant les frontières souvent artificielles entre secteurs d'activité, pour venir exposer ensemble sur ce salon. La réunion en un seul événement des quatre salons Opto, forum de l'électronique, Cabling, Mesure Expo.

Vous avez fait le constat que vous aviez des clients, des interlocuteurs en commun ; vous avez réalisé qu'en présentant simultanément tous les savoir faire de la filière en un même lieu vous augmentiez vos chances de succès ; vous en avez tiré les conséquences en vous rassemblant dans ce salon. C'est pour moi un signe très important de votre capacité à définir des projets, des stratégies en commun, et à savoir vous organiser en filière industrielle, comme vous me l'aviez déjà montré lors des Assises de la filière en juin dernier.

J'avais eu l'occasion alors de souligner toute l'importance que le gouvernement attache au renforcement du dispositif public de soutien à l'innovation et d'évoquer les grands chantiers en cours la matière : les pôles de compétitivité, l'Agence nationale de la recherche et l'Agence de l'innovation industrielle.

Je vous propose de faire aujourd'hui un point d'avancement très concret de ces chantiers, qui intéressent directement votre filière et sur lesquels mon souci est de continuer d'avancer très rapidement.

1. Les pôles de compétitivité

Les pôles de compétitivité ont été labellisés le 12 juillet dernier par le comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire. Ce même comité se réunira le 14 octobre afin de se prononcer sur les contrats de pôles qui ont été négociés entre les différents acteurs - industriels, laboratoires publics, collectivités territoriales et Etat.

Dès l'année 2005, le Fonds de Compétitivité des Entreprises consacrera un budget de plus de 30 M¿ au soutien des projets de R D présentés dans le cadre des pôles.

La filière est très fortement représentée au sein des pôles labellisés.

C'est ainsi, en premier lieu, qu'elle est au c¿ur de deux des six pôles qualifiés de " mondiaux " :

- le pôle MINALOGIC de Grenoble, essentiellement centré sur la microélectronique ;
- le pôle " solutions communicantes sécurisées ", en région PACA, qui, au-delà de la microélectronique proprement dite, vise des domaines tels que les cartes à puces ou les étiquettes électroniques.

Mais il faut souligner que deux autres de ces six pôles mondiaux font une large part à l'électronique :

- le pôle SYSTEMATIC, en région Ile-de-France, dédié aux systèmes complexes, ainsi qu'aux technologies génériques du logiciel, de l'électronique et de l'optoélectronique ;
- le pôle " Aéronautique, espace et systèmes embarqués ", en régions Midi-Pyrénées et Aquitaine, qui repose très largement sur les technologies et les industriels de l'électronique.

Mais je ne voudrais pas m'en tenir aux seuls pôles de dimension mondiale. Sans prétendre être exhaustif, il me paraît utile de citer, parmi les autres pôles impliquant l'électronique de manière très significative :

- le pôle " Images et réseaux ", en région Bretagne, dédié aux réseaux de communication et aux nouvelles technologies numériques de l'image ;
- le pôle " Images, Multimédia et Vie Numérique ", en région Ile-de-France, consacré à la création, à la diffusion et à l'échange multimédia de contenus numériques ;
- les pôles consacrés aux technologies marines de Bretagne et de PACA ;
- le pôle " sciences et systèmes de l'énergie électrique ", en région Centre, au sein duquel l'électronique de puissance joue un rôle essentiel.

Cette importance prioritaire donnée à l'électronique et aux technologies de l'information se manifeste également dans le fait qu'elles devraient représenter plus de la moitié des crédits consacrés aux pôles par le Fonds de Compétitivité des Entreprises en 2005.

Je rappelle à ce propos que ces technologies représentent la très grande majorité des financements accordés par ce fonds, notamment au travers des clusters EUREKA, qui ont vocation à constituer des masses critiques de R D industrielle de niveau européen, compléments indispensables des masses critiques de niveau territoriales que les pôles ont vocation à fédérer.

2. L'Agence Nationale de la Recherche

Parmi les actions de l'Agence Nationale de la Recherche qui intéressent particulièrement la filière électronique, je voudrais citer le réseau national de recherche en télécommunications (RNRT), ainsi que le réseau nanosciences/nanotechnologies (R3N).

François Goulard, ministre délégué à la Recherche, et moi avons veillé à ce que l'Agence Nationale de la Recherche lance les appels à projets de ces réseaux dans les semaines qui ont suivi sa création. Chacun de ces appels est doté d'une enveloppe budgétaire d'environ 30 M¿.
C'est durant l'été que les réponses à ces appels ont été dépouillées par les experts. La liste des projets labellisés devrait être arrêtée très prochainement.

3. L'Agence de l'Innovation Industrielle

Je vous avais annoncé, lors des Assises de la filière, la création prochaine de l'Agence de l'Innovation Industrielle. C'est désormais chose faite, puisque, comme vous le savez, l'agence a été créée par un décret du 25 août. Son premier conseil de surveillance s'est tenu le 30 août, à Reims, en présence du président de la République.

L'Agence de l'Innovation Industrielle financera des grands projets industriels de long terme, de 5 à 15 ans, par exemple. Il s'agit, sur des programmes dont l'horizon dépasse la capacité naturelle de projection des marchés financiers, de permettre aux entreprises de s'engager plus facilement sur des innovations technologiques orientées vers des marchés porteurs.

L'Agence sera dotée d'un milliard d'euros avant la fin de l'année. Elle pourra financer des projets au service des citoyens, de leur santé, de leur environnement, comme par exemple les énergies propres et renouvelables, les biocarburants, l'énergie solaire, la filière hydrogène, les transports non polluants et sécurisés... Les technologies de l'information et de la communication feront également partie des priorités de l'AII.

Le principe de l'intervention de l'Agence sera la prise de risques partagée entre l'Etat et ses partenaires industriels : c'est pour cela que le cofinancement des projets sera systématique et que les avances remboursables en cas de succès seront l'instrument de financement privilégié de l'Agence.

D'ores et déjà, des propositions de grands programmes ont été identifiés, dans le cadre d'une coopération franco-allemande à laquelle le président de la République attache la plus haute importance, comme il l'a rappelé à Reims le 30 août dernier.

Parmi ces grands programmes, qui donnent lieu à de multiples échanges entre l'AII et les autorités allemandes, il en est un qui mobilise en particulier toute mon attention : ce programme porte sur la prochaine génération des réseaux fixes et mobiles à très haut débit et notamment sur les technologies qui permettront à l'utilisateur d'accéder à ses services sans avoir à se préoccuper des réseaux.

En effet, ce programme s'inscrit à mon sens dans la droite ligne de la proposition formulée lors de vos dernières assises en ce qui concerne le très haut débit personnalisé et sécurisé.

C'est ainsi que, grâce à votre mobilisation, en tant que filière, sur la thématique, si importante, des grands programmes d'innovation industrielle, vous avez joué un rôle déterminant, et que je tiens à saluer, dans l'émergence de la mission confiée à l'AII. Vous avez donc naturellement vocation à figurer en tête des priorités de l'Agence.

Je vous encourage donc à continuer de travailler activement avec la direction de l'AII, maintenant en place, sur ce projet franco-allemand comme sur vos autres projets.

L'électronique est un secteur stratégique au c¿ur du progrès technologique. C'est vous qui rendez possible le développement d'Internet, des télécommunications mobiles, de l'aéronautique, du spatial, de l'audiovisuel, de l'électronique automobile, de la carte à puce, de l'électronique médicale et des systèmes modernes de sécurité. Ces technologies de l'information et de la communication sont des éléments indispensables pour faire face aux nombreux défis qui se posent à nos civilisations : vieillissement, sécurité, concurrence de nouveaux pays. Vous travaillez pour la compétitivité et la productivité de l'ensemble de notre industrie, j'en suis pleinement conscient.

La France et l'Europe dans son ensemble sont en retard par rapport aux Etats-Unis dans l'usage des TIC dans les entreprises ; l'effort d'investissement en TIC est très inférieur à celui fourni outre atlantique. Il faut que nous corrigions cela. C'est pour cette raison qu'avec Thierry Breton nous lançons le plan TIC PME 2010; c'est pour cette raison également que votre réussite est importante pour la productivité de l'ensemble de l'industrie.


(Source http://www.industrie.gouv.fr, le 30 septembre 2005)

Rechercher