Déclaration de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, sur le rapprochement entre la DCN et Thales dans le domaine de l'industrie navale militaire, à Paris le 15 décembre 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, sur le rapprochement entre la DCN et Thales dans le domaine de l'industrie navale militaire, à Paris le 15 décembre 2005.

Personnalité, fonction : ALLIOT-MARIE Michèle.

FRANCE. Ministre de la défense

Circonstances : Point de presse conjoint avec M. Thierry Breton, ministre de l'économie et des finances, à l'occasion de l'annonce du rapprochement entre Thales et DCN, à Paris le 15 décembre 2005

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Je voudrais d'abord dire à Thierry Breton combien je suis heureuse de l'accueillir à l'Hôtel de Brienne et dire également à M. Poimboeuf et à M. Ranque que je suis également heureuse de les retrouver. Mais, pour eux, il est plus habituel d'être à l'Hôtel de Brienne.

La signature qui vient d'avoir lieu est un moment important, je pourrais même dire historique, à la fois pour DCN et pour Thales. Cette signature correspond à la préoccupation que j'ai exprimée depuis trois ans déjà, celle d'avoir en France un groupe qui nous permette de garder dans le long terme une industrie navale ?militaire'.

Nous voyons bien aujourd'hui que le contexte industriel naval dans le monde est en train de bouger. Nous avons des concurrents que nous connaissons ; nous voyons également émerger de nouveaux concurrents potentiels extrêmement importants.

Face à cette évolution, un certain nombre de pays en Europe même sont en train de se réorganiser. C'est le cas en particulier de l'Allemagne avec la création de TKMS. C'est également le cas en Espagne, autre pays d'industrie navale, avec la création de NAVANTIA.

Face à ce double constat, le morcellement de l'industrie française ne devait pas durer. Un certain nombre de préalables étaient nécessaires, et notamment celui, après sa transformation en entreprise, d'une redynamisation de DCN.

Aujourd'hui, c'est une chose faite et il faut saluer le travail qui a été accompli et reconnaître aussi les efforts qui ont été nécessaires de la part des personnels.

Cela nous permet aujourd'hui d'aborder une nouvelle étape et de progresser pour faire de DCN un champion européen de l'industrie navale ?militaire' et pour lui permettre de garder sa place sur ce marché concurrentiel mondial.

Ma responsabilité, c'était donc de conforter DCN dans son développement en France, en Europe et dans le monde, dans le respect bien entendu des engagements que j'avais pris, notamment à l'occasion du vote de la loi de décembre 2004 sur l'ouverture du capital.

L'objectif, c'est donc de rassembler autour de DCN l'ensemble des forces françaises dans le naval, en évitant des concurrences franco-françaises qui ne font que nous affaiblir. L'objectif, c'est également d'ouvrir à terme des perspectives où nous éviterions les concurrences ?européo-européennes'.

Dans cette perspective européenne, il fallait donc donner à DCN un actionnaire industriel actif et crédible, qui conforte l'entreprise en interne, à l'export, mais aussi en Europe.

DCN et THALES ont l'habitude de travailler ensemble sur un certain nombre de grands projets ; d'autres projets vont les rassembler, je pense en particulier aux frégates multimissions et au porte-avions. Il y a donc là une vraie logique industrielle à se rapprocher.


Un projet, en 4 points, qui renforce DCN et fait la part de l'essentiel et de l'accessoire :

(1) DCN rachète l'ensemble des activités navales en France et devient donc un industriel à part entière.

(2) En échange, THALES s'engage dans DCN et devient l'actionnaire industriel français de DCN, à 25 % minoritaire aux côtés de l'Etat, qui garde le contrôle de DCN à 75 %. C'est un pari pour Thales: j'attends donc que DCN joue le jeu et se mobilise pleinement dans cette coopération

C'est donc là (3) un partenariat stratégique entre deux industriels majeurs qui s'engagent ensemble pour avancer au plan européen et à l'international.

C'est, à mes yeux, le début d'un partenariat (4) qui a vocation à se renforcer à l'avenir pour permettre, là-aussi, de constituer ce pôle d'abord français et, ensuite, européen.

Je tiens à dire, comme je l'ai dit hier aux syndicats de DCN que j'ai reçus, et aux parlementaires, que les engagements pris par l'Etat à la création de la société DCN et réaffirmés lors de la loi permettant l'ouverture de son capital, le 31 décembre dernier, seront intégralement tenus.

DCN n'est pas privatisée. Les statuts des personnels sont confirmés ; l'existence d'aucun site n'est menacée, tant par l'évolution de DCN comme société, que par son rapprochement avec Thales.

Nous avons donc des éléments qui nous permettront effectivement, ensuite, d'engager un dialogue plus fructueux avec d'autres grands industriels européens, notamment des pays voisins ; ainsi, nous pourrons faire face dans les meilleures conditions à une concurrence internationale, qui peut être également pour nous une formidable opportunité de développement et de conquête de nouveaux marchés.

L'étape d'aujourd'hui est donc une étape extrêmement importante et je voudrais remercier tous ceux qui ont participé aux actions qui ont été nécessaires pour y arriver.

Je voudrais remercier en particulier, au-delà des dirigeants des deux entreprises, nos services et tout particulièrement la DGA et les services du Trésor, qui ont oeuvré, mois après mois, depuis un an, d'une façon extrêmement concrète pour nous permettre aujourd'hui de donner un nouvel élan à l'industrie navale française.



source http://www.defense.gouv.fr, le 26 décembre 2005

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