Extraits de la lettre adressée aux parlementaires par M. Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, Mme Brigitte Girardin, ministre déléguée à la coopération, au développement et à la francophonie et M. Xavier Bertrand, ministre de la santé et des solidarités, concernant la contribution de solidarité internationale de lutte contre la pauvreté, notamment contre les grandes pandémies comme le sida, Paris le 28 novembre 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Extraits de la lettre adressée aux parlementaires par M. Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, Mme Brigitte Girardin, ministre déléguée à la coopération, au développement et à la francophonie et M. Xavier Bertrand, ministre de la santé et des solidarités, concernant la contribution de solidarité internationale de lutte contre la pauvreté, notamment contre les grandes pandémies comme le sida, Paris le 28 novembre 2005.

Personnalité, fonction : DOUSTE-BLAZY Philippe, GIRARDIN Brigitte, BERTRAND Xavier.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères; FRANCE. Ministre déléguée à la coopération, au développement et à la francophonie; FRANCE. Ministre de la santé et des solidarités

ti : Le sida tue chaque année trois millions d'êtres humains dans le monde et près de 10.000 par jour. Plus que jamais, le virus de l'immunodéficience humaine est un sujet de préoccupation à l'échelle mondiale.

Plus de quarante millions de personnes sont aujourd'hui contaminées et l'Afrique subsaharienne demeure l'épicentre de cette épidémie. Selon le rapport annuel 2005 de l'ONUSIDA rendu public depuis peu, 14.000 personnes dont près de 2.000 enfants sont contaminés chaque jour. Les femmes sont actuellement plus touchées par le VIH, en particulier dans le monde en développement. La maladie frappe en priorité la classe d'âge des 14-49 ans, c'est-à-dire les populations sur lesquelles repose l'avenir d'une nation. Par ailleurs, l'épidémie connaît une progression exceptionnelle menaçant de grands bassins de populations tels que l'Inde ou la Chine.

Toutes ces raisons font du sida, grande cause nationale pour l'année 2005, une tragique actualité.

Cette réalité a conduit la France à faire du sida et de la lutte contre les maladies transmissibles, la première priorité de sa coopération dans le domaine de la santé. Sur les dernières années, entre 30 % et 40 % des crédits de la coopération affectés à ce secteur ont été mobilisés pour la lutte contre le sida. La France plaide par ailleurs pour une mobilisation internationale face à l'ampleur des défis à relever. La poursuite de la mobilisation de l'Union européenne, à travers des canaux bi ou multilatéraux, est également essentielle pour donner aux pays bénéficiaires de l'aide la possibilité de mettre en place des réponses adaptées.

Si la France place le sida au c?ur des priorités de sa coopération santé, elle entend le faire en s'assurant d'une meilleure efficacité de l'aide autour du triptyque "Prévention, Traitement, Recherche". La prévention de nouvelles infections est essentielle. Se fondant sur des interventions dont l'efficacité a été scientifiquement prouvée, elle doit être promue, ce qui inclut la promotion de l'utilisation du préservatif et des politiques de réduction des risques. Il nous faut garder en mémoire, ensuite, que prévention et traitement sont indissociables. Enfin, le fort soutien que nous devons apporter à la recherche est une nécessité absolue.

A l'occasion de la reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, le président de la République a décidé de doubler la contribution de la France pour la porter en 2007 à 300 millions d'euros. Notre pays est ainsi devenu le premier contributeur mondial de ce fonds.

L'accès de tous les malades aux traitements anti-rétroviraux implique cependant de mobiliser encore d'importants moyens financiers. C'est la raison pour laquelle, la France promeut avec force et conviction, une proposition de mise en place d'une contribution de solidarité sur les billets d'avion. Nous avons obtenu l'adhésion de nombreux pays et, en septembre dernier, aux Nations unies, 79 pays se sont engagés en signant une déclaration qui mentionnait cette contribution. Déjà, trois pays sont prêts à mettre en ?uvre immédiatement un tel dispositif que nous souhaitons, pour notre part, affecter en priorité au secteur de la santé. Bien entendu, au-delà du noyau précurseur que nous constituons avec le Chili et le Royaume-Uni, nous devons poursuivre avec persévérance notre effort de conviction. C'est pourquoi il est important de créer le dispositif législatif approprié qui est proposé au Parlement dans le cadre du projet de loi de finances rectificative pour 2005 présenté au Conseil des ministres du 23 novembre dernier.

La mise en place de cette contribution de solidarité ne peut être acquise qu'avec votre soutien. Il vous reviendra d'en examiner les modalités au cours de vos prochaines séances. Tels sont les éléments d'information que nous tenions à porter à votre connaissance.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 30 novembre 2005)

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