Entretien de M. Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, avec Le Figaro le 29 décembre 2005, sur le succès du lancement du premier satellite du système européen de navigation Galileo et sur les retombées pour la France en termes d'emploi et de recherche de cette avancée technologique. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de M. Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, avec Le Figaro le 29 décembre 2005, sur le succès du lancement du premier satellite du système européen de navigation Galileo et sur les retombées pour la France en termes d'emploi et de recherche de cette avancée technologique.

Personnalité, fonction : DOUSTE-BLAZY Philippe.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

ti : Q - Le succès du lancement de Galiléo est-il pour l'Europe une façon de se racheter après la crise politique de cette année 2005 ?

R - C'est un moment historique de la construction européenne. Sept mois après le 29 mai et le non au référendum, c'est une démonstration de la capacité des Etats de l'Union européenne à s'engager ensemble et coopérer. L'Europe prouve qu'elle est innovante lorsqu'elle est audacieuse et montre à quel point sa place est importante dans le monde. Galiléo n'est pas seulement un programme technologique, c'est aussi un projet politique qui prouve que l'Europe a une vision politique.

Q - L'Europe va-t-elle combler son retard sur les États-Unis ?

R - Galiléo est le symbole d'une Europe indépendante qui n'est pas le vassal de quelque continent que ce soit. Avec Galiléo, l'Europe s'affranchit des Etats-Unis et de son GPS sans être pour autant incompatible avec ce dernier. En se dotant de son propre système de navigation, l'Europe assure son autonomie en matière industrielle et technologique. Galiléo est aussi le symbole de la coopération internationale de l'Europe puisque de nombreux Etats ont manifesté leur intérêt et des accords de coopérations ont déjà été conclus avec plusieurs pays dont la Chine, l'Inde, Israël, la Russie et l'Ukraine.

Q - Avec ses applications concrètes, Galiléo peut-il contribuer à rendre l'Europe plus proche des citoyens ?

R - Oui. C'est une preuve d'Europe. C'est comme cela qu'il faut faire l'Europe, avec des projets concrets qui modernisent et qui simplifient le quotidien de millions d'Européens. Galiléo constitue en effet un outil de premier plan pour la surveillance des mers, la sécurité, et aussi un facteur d'amélioration de la qualité de vie : bientôt nous saurons grâce à nos portables combien de temps il faut attendre avant l'arrivée de l'autobus ou du taxi !

Q - La France peut-elle en attendre des retombées particulières ?

R - De grandes entreprises comme Alcatel, Communication systèmes, EADS et Thalès vont travailler avec l'Etat et tout particulièrement le CNES et le CNRS. Le plus grand partenariat public privé sans précédent devrait émerger. Avec ses scientifiques, la France a joué un rôle central dans l'impulsion de ce magnifique projet qui met l'Europe à la pointe de la technologie. Les retombées seront considérables puisque ce sont plus de 100 000 emplois qui sont susceptibles d'être créés, selon la Commission européenne. Nous avons la chance que Toulouse ait été choisie pour installer le siège de la concession Galiléo. Cela témoigne de la reconnaissance de Toulouse comme premier pôle spatial européen.

Q - Galiléo est-il un exemple à suivre dans d'autres secteurs ?

R - Dans trois domaines majeurs qui sont les nano, les info et les biotechnologies, il faut faire exactement la même chose. C'est cette Europe-là qu'il faut créer maintenant. Il faut, bien sûr, aller de l'avant sur le plan institutionnel mais les projets concrets sont le meilleur moyen de rendre confiance en l'Europe.

Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 30 décembre 2005

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