Déclarations à la presse de M. Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, sur l'offre française de formation du personnel soignant et d'amélioration du plateau technique de l'hôpital de Benghazi, Benghazi le 5 janvier 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclarations à la presse de M. Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, sur l'offre française de formation du personnel soignant et d'amélioration du plateau technique de l'hôpital de Benghazi, Benghazi le 5 janvier 2006.

Personnalité, fonction : DOUSTE-BLAZY Philippe.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

Circonstances : Voyage de Philippe Douste-Blazy en Libye le 5 janvier 2006 : visite à l'hôpital de Benghazi le 5

ti : Je voudrais d'abord vous dire que je viens, avec M. Patrick Ollier, le président du Groupe d'amitié franco-libyen, pour rencontrer le peuple libyen et pour lui exprimer notre compassion et la solidarité du peuple français, en particulier vis-à-vis des familles des malades. Comme vous le savez, l'épidémie de sida est une épidémie planétaire et il y a énormément de victimes innocentes.

La moindre des choses, pour les pays qui peuvent avoir de meilleurs traitements, c'est de pouvoir en faire bénéficier les pays qui justement cherchent ces traitements.

Il s'agit d'un devoir de solidarité auquel j'attache une importance capitale.

Je peux comprendre ce que vous ressentez. Vous ressentez une injustice : des enfants avaient déjà une maladie et, à cette maladie, s'est rajouté le sida. Ces enfants n'y sont pour rien. Vous n'y êtes pour rien. C'est une injustice, je le reconnais.

Comme vous le savez, l'Union européenne fait des propositions. Et mon pays la France fait une proposition que je vous propose maintenant. Vous savez que j'ai envoyé, les 22 et 23 décembre, une équipe de diplomates et de médecins, qui sont ici d'ailleurs et que je remercie d'être là avec moi. Ils sont venus pour voir comment nous pourrions présenter un plan français dans le cadre du plan européen.

Il est possible pour nous de vous aider à améliorer l'hôpital de Benghazi, d'abord sur le plan humain, ensuite sur le plan technique :

- sur le plan humain, en permettant une formation aux médecins, aux infirmières, aux pharmaciens, et aux hommes de laboratoire ;

- sur le plan technique, en payant des équipements techniques de l'hôpital de Benghazi.

L'informatisation de la structure hospitalière, la mise à niveau de tout l'aspect technique de l'hôpital, la modernisation des appareils, le choix et le mode de distribution des médicaments. Il existe vous le savez de très nombreuses molécules actives, tout à fait modernes, récentes, issues de la recherche pour le sida. Et leur choix, leur protocole d'administration doivent être étudiés avec soin.

Et que dire de l'organisation du soutien psychologique, qui nous apparaît aussi important pour que vous ne vous sentiez pas seuls, vous ne vous sentiez pas délaissés, une fois rentrés chez vous. Ces actions s'inscrivent dans la durée et nous en assurerons le suivi.

Et puis il y a la deuxième partie du plan. C'est de regarder avec les médecins de l'hôpital de Benghazi quels sont les enfants qui ont besoin d'un transfert vers les hôpitaux parisiens. Parce qu'au-delà de l'amélioration de l'hôpital de Benghazi, il y aura des cas que l'on ne pourra pas traiter ici. Et il faudra donc des transferts vers des hôpitaux français, en particuliers des hôpitaux parisiens, et je remercie le professeur qui est venu de l'hôpital Trousseau pour présenter ce projet. La seule chose que je vais vous demander, c'est de ne pas penser que tous les enfants ont besoin des hôpitaux parisiens. Nous prendrons ceux qui en ont besoin. Ce n'est pas un problème pour nous. Mais ce n'est pas la peine d'envoyer un enfant s'il n'en a pas besoin.

Je voudrais donc vous dire que la France, le Premier ministre, Dominique de Villepin, le président de la République, Jacques Chirac, ont souhaité faire cette action parce qu'il s'agit d'une action de solidarité qui s'inscrit dans le droit fil des actions de la France à l'étranger. C'est ainsi que je la comprends.

Au-delà de la détresse que sème sans distinction cette épouvantable maladie, il est normal que les enfants viennent à Paris, accompagnés de leur famille que nous recevrons.

Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 9 janvier 2006

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