Déclaration de Mme Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, sur la liberté de la presse et de l'information, le bilan de l'année 2005 marquée par le non au référendum sur la Constitution européenne et sur les perspectives du PCF pour combattre la mondialisation libérale et la politique gouvernementale, à Paris le 11 janvier 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, sur la liberté de la presse et de l'information, le bilan de l'année 2005 marquée par le non au référendum sur la Constitution européenne et sur les perspectives du PCF pour combattre la mondialisation libérale et la politique gouvernementale, à Paris le 11 janvier 2006.

Personnalité, fonction : BUFFET Marie-George.

FRANCE. PCF, secrétaire nationale

Circonstances : Voeux à la presse, à Paris le 11 janvier 2006

ti : Mesdames, Messieurs,


2006 s'ouvre devant nous. L'heure des voeux, c'est comme une mi-temps : on reprend son souffle, on examine ce qui s'est

passé, on débat de ce qu'il faudrait faire.

J'apprécie ce moment, parce qu'il place chacune et chacun face à lui-même, face à ses responsabilités. Parce qu'il est marqué

du sceau de la fraternité qui devrait lier tous les hommes et les femmes par-delà leurs différences.

C'est peut-être cette dernière chose qui fait la valeur du rituel des voeux. C'est en tout cas pour cette raison qu'il me

plaît de vous recevoir aujourd'hui. Non pas par le fait d'une tradition à laquelle on se plierait de façon mécanique, mais au

nom de ce qui nous rassemble, comme hommes et comme femmes. Les voeux que l'on échange en cette période sont bien souvent des

voeux de bonheur, de mieux-vivre, cela entre bien en résonance avec les idéaux communistes.

C'est pourquoi, au nom du parti communiste, je voudrais vous souhaiter tout le bonheur du monde. Le bonheur du monde pour

chacune et chacun d'entre vous. Le bonheur du monde comme un bonheur partagé par toutes et tous.

A chacune et chacun d'entre vous, à celles et ceux que vous aimez, à vos collègues journalistes, à celles et ceux qui vous

écoutent, qui vous lisent, qui vous regardent, je voudrais présenter mes voeux de bonheur et d'espoir, mes voeux de bonne

santé, mes voeux de réussite dans ce que vous entreprenez. Je vous souhaite à tous et toutes une belle année 2006.


Au regard des conditions dans lesquelles vous exercez votre métier, je sais que ce voeu n'est pas une évidence. Le rapport de

Reporters sans frontières dresse un bilan inquiétant, montrant une recrudescence des violences faites aux journalistes dans

le monde, et une augmentation du nombre de journalistes morts en mission. Ces faits touchent également celles et ceux qui

coopèrent avec eux sur le terrain.

Il y a besoin de journalistes, libres, pour rendre compte, pour être les yeux du monde entier. Pour que nulle part la

conscience de l'humanité ne soit absente.

Mais il n'y a pas que la violence physique qui menace la liberté de l'information. L'ensemble de la presse écrite est en

difficulté. Je voudrais apporter ici mon soutien aux salariés de France-Soir dont la situation précaire dure. Nous avons

besoin d'une presse nationale forte, qui se saisit des réalités de notre pays et du monde, qui fait écho au débat public, qui

interpelle? Cela exige à l'heure actuelle un choix de soutien public clair et sans contrepartie. Aussi, j'interpelle le

Premier ministre afin qu'il revoie le dispositif d'aide aux quotidiens nationaux et régionaux, qu'il évalue en particulier le

dispositif d'aides pour la presse à faibles ressources publicitaires.

Les fusions-acquisitions déferlent : les médias deviennent des instruments de pouvoir à conquérir, l'information tend à

devenir une marchandise soumise aux critères de rentabilité. L'uniformisation gagne et le pluralisme cède du terrain. Je sais

que cela contredit la conception du journalisme qui est la vôtre.

Au-delà de ce pluralisme vital, nous avons besoin dans les grands médias audiovisuels, de confrontation et de contradiction

autour de l'information. La complexité du réel, la richesse du débat d'idées ne peuvent être cadrés par une pensée

monocolore.

Nous avons tenu au mois de novembre dernier un forum sur la question des média à Paris, qui a rassemblé 200 personnes,

notamment dans la profession, afin de bâtir des propositions alternatives permettant de démocratiser réellement les médias.

Je les tiens à votre disposition. Ce débat va se poursuivre, y compris pour pointer les nécessités d'intervention dans le

domaine législatif. J'invite celles et ceux d'entre vous qui ont envie de se joindre à ces débats à le faire.

Avec des hommes et des femmes, des forces politiques, syndicales et associatives, nous sommes partie prenante de la

construction des Etats-Généraux pour une information et des médias pluralistes. Il est salutaire pour notre pays que soient

ainsi posées les questions de la nature de l'information.

Vous êtes habitués à ce que je vous livre, à l'occasion de ces voeux, mon sentiment sur le paysage médiatique. Je le fais

cette année avec, à l'esprit, tout le ressenti de la campagne référendaire, non pas simplement le mien, mais celui d'une

majorité de citoyennes et citoyens de notre pays. Pendant des semaines, ils ont été pointés comme ceux qui avaient peur, qui

ne comprenaient pas, des archaïques qui, en résumé, devaient écouter « ceux qui savent ».

Au même moment, un formidable débat populaire, citoyen, politique se déroulait dans le pays, chaque article du projet de

traité constitutionnel était débattu. Les opinions se forgeaient à partir de cette discussion, de l'expérience dans la vie,

dans les luttes, de l'Europe libérale.

Le fossé entre le vécu et l'image renvoyée a été profond. Il mérite que chacun en tire enseignement.

Déjà, cette interpellation avait germé au lendemain du 21 avril 2002. Et peut-on dire que les choses aient vraiment changé

depuis ? Je crains pour ma part que le fossé soit toujours là. Il aurait sans doute fallu beaucoup plus de mesure et

d'information conflictuelle au moment du mouvement des cheminots, il en faudrait à l'égard des résultats en temps réel du Cac

40? Il en faudrait aussi en politique.

Demain, la France ne sera-t-elle qu'un pays où le débat politique se réduit à la parole des présidentiables, membres du club

« bipartisme », à l'ambiance trop souvent libérale. Ou, va-t-on donner à voir de la contestation du politiquement correct, de

l'ordre actuel des choses, d'une envie de neuf dans la démarche et les projets politiques.

D'un côté, lorsque je pose cette question, on me répond audimat et de l'autre on me parle de réalisme en politique !

Et si, face à notre démocratie meurtrie, à la régression sociale, nous relevions tous le défi d'un nouvel âge politique où

chaque citoyen serait en maîtrise des enjeux, décideur des choix, moteur des projets ! Un nouvel âge politique où on ne

tablerait plus sur l'ignorance pour diviser, mais sur l'intelligence pour construire du bien commun ! C'est en tout cas mon

envie, celle des communistes, nous essayons de la faire vivre dans notre pratique, et nous regrettons de ne pas pouvoir la

suffisamment faire exister à sa juste place dans les médias. Je dois d'ailleurs vous dire, en clin d'oeil, que je suis très

heureuse de revoir ici des visages que je n'ai pas vus depuis longtemps. Mais venons-en à l'actualité, et celle-ci a été

émaillée, la semaine dernière, des voeux du Président de la République.


« Les Français ont peur de la mondialisation », a-t-il regretté en substance. Ce diagnostic me semble un peu court. Je dirais

plutôt, pour ma part qu'ils ne veulent pas de la logique de la mondialisation libérale qui est une régression. Et comment en

vouloir lorsqu'on la voit mettre en concurrence les individus et les peuples, quand on la voit ériger en unique objectif la

rentabilité immédiate ? Les licenciements massifs, les délocalisations se poursuivent. On brade le potentiel industriel

national comme on vient de le voir avec Alstom Marine. Des hommes et des femmes, nombreux, sont en lutte dans des entreprises

pour contester le sort qu'on veut leur imposer pour le profit de quelques uns : Mac Cormick, Marty, Nestlé, Giraud, Bosch,

Hewlett Packard? Et permettez-moi de dire ma solidarité aux salariés licenciés de Métaleurop qui voient aujourd'hui ce groupe

rentrer en Bourse. Comment ne pas rejeter cette société qui ne voit les êtres humains que comme des variables d'ajustement

pour leurs profits. De leur côté, les services publics sont démantelés partout sous les coups de boutoir du FMI, de l'OMC, de

l'Union européenne? Les hommes et les femmes de notre pays savent dans leur grande majorité qu'on ne peut rien attendre de

bon de cette logique à l'oeuvre. Mais ce sentiment est aussi partagé par beaucoup de par le monde. Un mouvement populaire se

développe en Amérique Latine. Une conscience européenne nouvelle est en train de voir le jour. En France, comme aux Pays-Bas,

notre peuple s'est prononcé en toute conscience contre la Constitution libérale qui lui était proposée. Notre peuple a

produit un geste fort : il a dit « non » ! Il a appelé de ses voeux une autre Europe.

Je le dis solennellement au Président de la République, qui a demandé l'avis du peuple : le verdict populaire doit être

respecté.

Aucun geste n'a été produit en ce sens. On nous parle maintenant d'un plan D, visant à faire revenir la Constitution, en

petits bouts, par la fenêtre. La droite au pouvoir en France, et les dirigeants européens refusent d'entendre le message, ils

accélèrent la cadence. Ils plongent l'Europe dans la crise.

La directive Bolkestein revient au mois de février. Le chef de l'Etat, en ne s'y opposant pas, trahit la souveraineté

populaire. Nous allons être de toutes les mobilisations pour son retrait. Le PCF veut contribuer à un rassemblement fort à

Strasbourg et je propose qu'une grande manifestation soit organisée en France. J'agirai pour que toute la gauche en soit.

Tout doit être fait pour mettre cette directive en échec. Nous ne lâcherons pas l'affaire.

En somme, tout appelle un autre ordre européen et un autre ordre mondial. Et dans cette perspective, je veux souligner

combien il est urgent de produire tous les gestes nécessaires pour la paix. La France et l'Europe paraissent ternes sur ce

terrain, préoccupées qu'elles sont par la progression des marchés financiers !

Je voudrais, à ce moment, exprimer une pensée pour les peuples palestiniens et israéliens, dont la situation connaît un

regain d'incertitude.


Dans notre pays, la situation est extrêmement grave. Le résultat de la politique de la droite depuis plus de trois ans est

une ruine démocratique, économique et sociale. Ainsi, les émeutes qui ont secoué un certain nombre de nos quartiers en fin

d'année dernière ont été la manifestation brutale de la crise profonde qui affecte toute la société. Je demande que la

situation des jeunes condamnés suite aux évènements soit examinée afin de casser la spirale de l'échec et de donner des

signes positifs à tous ceux et celles qui ne veulent rien d'autre qu'un avenir, et qui n'ont pas vu d'autres moyen de le

dire.

A la misère, on a ajouté de la misère. Les chômeurs et les érémistes, les migrants, sont traqués. Les jeunes sont maltraités

et abandonnés. Les salariés sont ponctionnés sans cesse, et voient leurs droits se réduire comme peau de chagrin. La droite

libérale et autoritaire qui est au pouvoir fait la guerre aux pauvres.

J'ai écouté, comme vous, les annonces du Président de la République, qui tombent comme à Gravelotte.

C'est vrai qu'il a des choses à se reprocher.

Il présente chaque année ses voeux aux français, pendant la première quinzaine de janvier, et envoie le reste de l'année son

gouvernement leur couper les vivres.

Ces trois dernières semaines ont encore regorgé de mauvaises nouvelles. J'en veux pour preuve la banque postale, pas

supplémentaire vers un démantèlement total du service public assuré par La Poste. J'en veux pour preuve la chasse aux

chômeurs renforcée. J'en veux encore pour preuve la fin du regroupement familial pour les migrants. J'en veux pour preuve le

projet de loi dit « pour l'égalité des chances » qui accentue les problèmes des cités populaires et criminalise les parents.

Alors, cette fois encore, il ne faut pas se tromper. J'ai lu du désarroi dans certaines déclarations à gauche. J'avoue avoir

du mal à m'extasier devant ces annonces qui ne sont que des écrans de fumée.

Pour ma part, je voudrais vous dire qu'au Parti communiste, on est prêt à montrer dans le débat la tromperie qui marque les

propositions de Jacques Chirac et à les contrer. A droite, nous ne laisserons pas se dérouler le carnaval de la « rupture » :

personne ne souhaitant assumer frontalement le bilan impopulaire de la droite, chacun espérant s'en tirer en se réclamant du

changement. Nous démasquerons ces tentatives réactionnaires.

La droite est obligée, face aux inquiétudes que suscite sa politique de précarisation des salariés, d'évoquer une «

sécurisation des parcours professionnels », mais elle entend surtout appliquer une plus grande facilité à licencier. Nous,

nous avançons l'ambition d'une véritable sécurité d'emploi et de formation pour éradiquer le chômage et la précarité.

Entendons également ces quelques mots de Jacques Chirac, destinés à définir l'école que la droite veut édifier : « Au coeur

de la République, il y a le mérite ». Eh bien nous, nous pensons qu'au coeur de la République, il y a les droits. Ils veulent

la République des élites, nous voulons la République des égaux !

De même, lorsque le Président de la République affirme qu'il veut revoir le financement de la protection sociale, après que

la droite a cassé le régime de retraite, diminué les remboursements des soins de manière drastique, mis l'hôpital public en

faillite, exonéré le patronat de cotisations à tour de bras, je ne peux qu'afficher de la méfiance. Nous voulons savoir si

les revenus financiers vont être touchés. Nous voulons savoir si ce ne sera pas l'occasion de réduire encore les cotisations.

Pour notre part, nous proposons de calculer cette cotisation sur le ratio entre les salaires et cette valeur ajoutée. Voilà

qui favoriserait vraiment les entreprises qui embauchent et payent correctement leurs salariés contre celles qui jouent la

carte de la finance et les empêcherait de délocaliser une partie de leur valeur ajoutée. Quoiqu'il en soit, rien ne pourra

remplacer le développement industriel et économique, et la croissance sociale.

De même, lorsque le Président, après avoir laissé faire avec bienveillance, affirme vouloir trouver une nouvelle rédaction

pour l'article 4, obligé de tenir compte de la pression populaire et du mépris de la communauté internationale, je ne puis me

réjouir. Il n'est pas besoin d'article 4 dans cette loi. Nous continuons à demander son abrogation !

Non, la droite n'a pas changé : elle est plus dure que jamais. La droite n'a rien de bon dans ses cartons. Combien de temps

encore faudra-t-il supporter ces mots qui s'effritent, et ces détournements de sens. Comme beaucoup, nous voulons battre

cette droite qui a infligé à notre peuple, sur un mode tyrannique, ses plus mauvaises années depuis bien longtemps.


Mais à écouter l'ambiance du moment, on a un peu l'impression que 2006 serait un long couloir, un tunnel vers 2007. Rien ne

devrait bouger, sinon à la marge. Ce n'est pas ma vision des choses. Car le tunnel tel qu'il nous est présenté déboucherait

sur un mur. Il faut faire reculer la droite et il faut la battre. Pour cela, il faut se battre aujourd'hui, il faut faire

bouger la gauche et construire l'alternative.

Les hommes et les femmes de gauche attendent une gauche courageuse, créative, porteuse de solutions à leurs problèmes. Ils

posent des questions de fond, on leur pose des questions de personnes. On assiste ces derniers jours à l'éloge de François

Mitterrand, faute de projet à gauche. On connaît pourtant l'ampleur de la désillusion qui a suivi l'immense espoir de 1981 et

les deux sanctions débouchant sur le retour de la droite au pouvoir à deux reprises. Franchement, la gauche ne s'en tirera

pas ainsi.

Il faut battre la droite et le libéralisme, et pour cela, faire réussir la gauche. Si je devais exprimer en quelques mots

l'objectif des communistes, c'est ainsi que le formulerais : battre la droite et réussir à gauche ! Nous ne poursuivons pas

d'autre but. Pour cela, il faut poursuivre le débat populaire et citoyen à gauche. Voilà ce qui guidera l'action du Parti

communiste dans les mois qui viennent.

Riposte à la droite, construction de positions antilibérales, large participation populaire, c'est cela que nous proposons

lors des forums que nous tenons dans toute la France et lors de nos rencontres avec toutes les formations de gauche. C'est

toute la gauche que nous interpellons. C'est dans cet état d'esprit que nous envisageons la réunion de toutes les forces de

gauche. Nous souhaitons qu'elle débouche sur un grand débat populaire. Il faut forger dans le peuple, avec lui, la gauche de

demain. Il faut créer une dynamique capable de mobiliser les foules. Mais pour faire gagner la gauche, nous savons qu'il faut

qu'elle tire les enseignements du passé, qu'elle porte l'ambition d'un vrai changement, qu'elle réponde aux attentes. Il ne

suffira pas d'une gauche à l'eau tiède. Avec les dégâts que la droite a causés sur son passage, il lui faut de l'audace. Elle

doit dire ce qu'elle veut faire, et surtout comment elle veut le faire. Si, une nouvelle fois, elle ne se donnait pas les

moyens de contrer les logiques à l'oeuvre et de s'attaquer à la racine des problèmes, elle resterait trop impuissante à

changer vraiment la vie.

Il faut donc se donner des moyens financiers, en effectuant par exemple une réforme fiscale de fond ( les impôts progressifs

ne représentent que 21 % des recettes de l'Etat), ou encore en réorientant profondément la politique du crédit à l'aide d'un

pôle bancaire public. Il faut se donner les moyens démocratiques, en mettant l'intervention citoyenne au coeur de l'action

politique, en fondant une VIème République, en donnant des droits aux salariés sur la gestion des entreprises, en bâtissant

un grand secteur public. Il faut se donner les moyens internationaux en agissant pour changer l'Europe et les instituions

internationales, en créant des coopérations multilatérales?

Les chantiers sont immenses, nous ne sommes plus en 1981, la casse libérale est passée par là. Nous ne passons pas l'éponge

sur le résultat du 21 avril dernier, la gauche se doit de créer un nouveau projet de société.

Le message de notre peuple, et celui du peuple de gauche est clair : il faut rompre avec le libéralisme. C'est pourquoi, je

pense que la synthèse de la gauche, si l'on peut employer ce terme, n'est pas la synthèse opérée au Mans au sein du Parti

socialiste. C'est pourquoi je pense qu'il faut mener le débat de fond, concrètement, et le mener avec les hommes et les

femmes de gauche eux-mêmes.

Nous avons conscience des enjeux et des obstacles. Nous mesurons également l'ampleur des possibles, sur laquelle un voile a

été levé le 29 mai dernier. Nous savons que certains à gauche aimeraient se laisser glisser ainsi jusqu'en 2007, croyant

incarner facilement une énième alternance. Nous ne voulons pas laisser faire cela. Nous voulons être à la hauteur des

espérances de notre peuple. C'est pour cela que nous avons formulé des propositions politiques innovantes. Nous proposons que

tous ceux et celles qui veulent changer enfin et vraiment la vie par des politiques antilibérales et solidaires ambitieuses,

travaillent ensemble à forger un programme pour la gauche. Nous leur proposons de réfléchir ensemble à la manière dont ces

idées pourront être portées jusque dans les urnes et prendre force au-delà même de ce qu'elles ont pu faire lors du

référendum. Pour la présidentielle et les législatives, nous voulons travailler à des candidatures exprimant la force et la

diversité sociale et politique de ce rassemblement. Et nous mettons en débat la proposition d'une candidature communiste lors

de la Présidentielle, afin de donner force à cette dynamique, une candidature construite en commun. Nous voulons surmonter

les pièges tendus par ces institutions inadaptées et ouvrir des horizons politiques nouveaux à notre peuple. Imaginons que

les volontés antilibérales s'expriment à plein, alors elles changeraient radicalement l'ordre des choses. C'est possible,

c'est nécessaire. C'est ce que nous proposons. Cela sera au coeur du débat des communistes pour leur congrès.

Dans les mois qui viennent, nous allons amplifier notre démarche de forums populaires ?déjà 650 se sont tenus-, nous allons

tenir de grands meetings pour riposter à la droite et mettre nos propositions sur la place publique. Vous le voyez, les

communistes abordent cette rentrée de façon offensive. Je crois que de plus en plus d'hommes et de femmes portent sur notre

engagement un regard nouveau. Notre ténacité, notre souci du rassemblement le plus large, notre volonté première de faire

gagner notre peuple, notre force militante... Tout cela a contribué, en 2005 à ce que les hommes et les femmes qui souffrent

marquent des points. C'est là que nous plaçons notre plus grande fierté.

En 2006, sans délaisser ni l'urgence de la riposte, ni les débats cruciaux, nous allons tenir notre 33ème Congrès, qui sera

enraciné dans les temps que nous vivons. C'est dans le but de servir toujours mieux les intérêts de notre peuple que nous

réfléchirons aux grands choix du Parti communiste, forts de notre enracinement nouveau et de nos relations nouvelles, forts

du chemin parcouru avec d'autres, qui nous a tant fait grandir. Nous allons également lancer une nouvelle grande campagne

publique de renforcement faisant suite aux 8 000 adhésions de l'année 2005.


Mesdames, messieurs,

Nous changeons d'année. Les choses changent. Il y a du neuf à naître dans 2006. Il y a des chemins d'espoir à ouvrir. Il y a

70 ans, en 1936, des hommes et des femmes ont su ouvrir de nouveaux espaces à notre peuple, et produire des avancées

majeures. Ils ont pu le faire dans une articulation entre l'action publique et les luttes populaires. Nous en gardons au

coeur un espoir chevillé au corps pour demain.

A chacune et chacun d'entre vous, je veux renouveler mes voeux de bonheur dans votre vie personnelle et professionnelle.


Je vous remercie.


Source http://www.pcf.fr, le 12 janvier 2006

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