Discours de M. Léon Bertrand, ministre délégué au tourisme, sur les grandes préoccupations de son ministère, à savoir l'emploi, l'accessibilité des sites touristiques aux personnes handicapées, le plan qualité, Paris le 16 janvier 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Discours de M. Léon Bertrand, ministre délégué au tourisme, sur les grandes préoccupations de son ministère, à savoir l'emploi, l'accessibilité des sites touristiques aux personnes handicapées, le plan qualité, Paris le 16 janvier 2006.

Personnalité, fonction : BERTRAND Léon.

FRANCE. Ministre délégué au tourisme

Circonstances : Réunion avec les délégations régionales au tourisme à la Maison du tourisme à Paris le 16 janvier 2006

ti : Monsieur le Directeur,
Mesdames et Messieurs,

Permettez moi en premier lieu de vous adresser tous mes v?ux de bonheur, de santé et de prospérité pour 2006. Je suis heureux de vous retrouver toutes et tous pour cette 4ème année de mon « mandat » de ministre délégué au Tourisme.

Le principe de ces rencontres est excellent puisqu'elles permettent à la fois de vous informer des dossiers traités à Paris, de nous faire remonter vos observations et vos informations sur ce que vous constatez sur le terrain, et, surtout, d'entretenir le lien de confiance entre l'administration centrale et les délégations régionales.

2006 devra être une année utile pour nous tous. La perspective des élections se rapproche et entraînera un ralentissement de la vie économique et administrative, comme c'est souvent le cas avant une échéance majeure.

Nous devons faire en sorte que les grands projets de ce ministère puissent être mis en ?uvre de manière optimale d'ici à la fin de l'année.

Avant de vous donner les grandes lignes de force de la feuille de route qui devra guider votre action en 2006, je souhaite vous indiquer que le bilan touristique de l'année 2005 sera dévoilé le 25 janvier prochain, à l'issue d'une communication que je ferai en conseil des ministres.

Nous pourrons ainsi proposer, avec plus d'un mois d'avance sur le calendrier habituel, une analyse détaillée de la situation dans les régions, ce qui constituera une indication très utile pour les institutionnels et les professionnels dans la perspective de la préparation de la saison d'été.

Entrons maintenant dans le vif du sujet. J'ai assisté ce matin à vos échanges concernant deux grandes préoccupations qui continuerons de guider nos actions : l'emploi et l'accessibilité des sites touristiques aux personnes en situation d'handicap.

2005 aura été l'année de lancement de la bataille pour l'emploi avec la création de nouveaux contrats aidés dans le cadre du Plan BORLOO, la relance de l'apprentissage et la naissance du Contrat Nouvelle Embauche, destiné aux entreprises de moins de 20 salariés.

Malgré les réticences, ce contrat a trouvé son public : les premières études montrent en effet que 30 % des CNE conclu depuis le mois d'août n'auraient jamais vu le jour sous une autre forme, CDI ou CDD.

Conséquence, le chômage recule depuis 8 mois consécutifs. C'est un encouragement mais aussi un signal positif de confiance qui est envoyé aux Français, dont le moral reste fragile.

Les entreprises caractéristiques du tourisme ont pris leur part dans cet effort collectif. Je rappelle que l'hôtellerie et la restauration conservent leur place de leader dans la création d'emploi dans les services.

Mais d'autres secteurs profitent aussi de l'embellie : on a ainsi enregistré en décembre 1 000 chômeurs de moins dans les statistiques de l'UNEDIC pour les agences de voyages.

L'ensemble du ministère doit être prioritairement mobilisé autour de cette bataille, qui prend en 2006 une nouvelle dimension avec l'objectif de l'égalité des chances qui guidera l'action gouvernementale.

Dans ce cadre, les DRT vont être fortement sollicitées notamment pour organiser des réunions régionales de mobilisation, avant la campagne d'embauche du printemps, en liaison étroite avec les fédérations professionnelles.

Autre grande priorité de mon action ministérielle, l'accessibilité des sites aux personnes en situation de handicap. Comme vous le savez, j'attache une importance toute particulière à ce chantier.

Il y va non seulement de notre capacité à élargir les marchés du tourisme à des catégories de clientèles qui en étaient jusqu'alors exclues mais également d'inscrire le tourisme dans une tradition qui a forgé les valeurs de la France.

C'est la raison pour laquelle, eu égard aux difficultés que doit surmonter le label Tourisme et Handicap, j'ai demandé au Directeur du Tourisme de constituer un groupe de travail avec, notamment, plusieurs d'entre vous pour définir une nouvelle étape dans la mise en oeuvre de ce plan.

En tout état de cause, j'inaugurerai cette année le 1500ème site labellisé pour donner une nouvelle impulsion à cette action.

En dehors de ces deux priorités que sont l'emploi et l'accessibilité des sites, je souhaite maintenant aborder rapidement un certain nombre de sujets qui vont être au c?ur de votre actualité.

Commençons par les pôles d'excellence rurale, dont le Gouvernement vient de décider la mise en place, dans la lignée des pôles de compétitivité économique. Ils seront dotés de 200 millions d'euros de crédits.

A la suite de réunions interministérielles très serrées, j'ai obtenu que le tourisme constitue l'un des axes privilégiés de ce dispositif.

Vous allez prochainement recevoir des instructions sur le rôle qui va vous revenir dans la préparation et l'instruction des candidatures.

Avec ce dispositif, vous avez une opportunité exceptionnelle pour asseoir votre image et conforter votre fonction dans le paysage administratif régional.

Cette occasion, vous devez la saisir, particulièrement en affirmant votre capacité d'impulsion et d'expertise parmi les services de l'État en région.

Autre grand sujet, le Plan Qualité Tourisme. Vous savez l'enjeu que représente la réussite de ce plan pour le ministère délégué au Tourisme. Nous avons une obligation de réussite et de surmonter l'une après l'autre les difficultés qui se présentent.

Nous avons d'ores et déjà franchi trois étapes : la conception de la marque Qualité Tourisme, l'attribution du droit de la délivrer à onze réseaux et la persuasion de l'ensemble de nos partenaires.

Ne nous y trompons pas, ces trois premières étapes ne sont qu'un début. Le directeur du tourisme vient de me faire part des trois grands domaines sur lesquels il souhaite agir dès 2006.

- En premier lieu, achever le montage technico-juridique du dispositif et de la marque, en fixant un certain nombre points comme la responsabilité de l'État, des réseaux et des labellisés, les règles précises de sélection des réseaux ou les modalités de communication des réseaux. Il s'agit également de mettre en place les dispositifs de contrôle et de créer des circuits de remontées d'informations permettant de publier la liste des établissements labellisés ;

- le second axe va consister à asseoir la marque auprès de l'opinion et des touristes car il ne servirait à rien de promouvoir une marque qui ne serait pas appropriée par les clientèles.


Pour ce faire, il va falloir définir des stratégies de communication et de sensibilisation tant en direction du grand public qu'en direction des prescripteurs ;

- enfin, il nous faut amplifier la commercialisation de la marque auprès des professionnels. C'est à dessein que j'utilise le terme commercialisation car si, pour l'instant, l'attribution de la marque est gratuite, il s'agit bien sûr de faire en sorte que le plus grand nombre de professionnels possibles se l'approprient.

Comme vous pouvez l'imaginer ces trois chantiers sont considérables et vont vous mobiliser de façon lourde en liaison tant avec vos partenaires professionnels qu'avec vos interlocuteurs institutionnels.

Abordons maintenant les derniers points, notamment les plus difficiles. Les contrats de plan sont aujourd'hui, je le sais bien, une épine dans l'action que vous conduisez.

Je sais également que, dans l'élaboration des budgets opérationnels de programme, vous n'avez pas été dans une posture facile du fait de l'insuffisance des crédits de paiement sur un nombre important d'opérations pour lesquelles des autorisations de programme ont été engagées.

Je n'ignore pas non plus les récriminations qui montent vers vous de la part des bénéficiaires de subventions dans le cadre de contrats de plan.

Dans ce domaine comme dans tout autre, je vous demande de tenir le langage de la vérité, et la vérité est, hélas, d'une simplicité éclatante.

Les finances de notre pays, à la suite d'une évolution dont chacun sait qu'elle s'étend sur plus de vingt ans, traversent une phase difficile.

Le Premier ministre vient de manifester clairement la volonté du Gouvernement de s'attaquer avec vigueur à ce problème des déficits publics qui, s'il était négligé, serait porteur de plus graves dangers pour notre pays. C'est dans ce contexte que les crédits du tourisme sont concernés et que vous portez, comme chacun d'entre nous, une part de ces difficultés.

Alors que faire ? Je crois que dans cette situation nous devons adopter une double attitude :

D'abord d'expliquer en indiquant à tous vos interlocuteurs, qu'ils soient publics ou privés, qu'il ne s'agit ni de mauvaise gestion, ni de retards bureaucratiques et encore moins d'une quelconque faiblesse du secteur du tourisme dans le budget de l'Etat.

Je note à cet égard, même si ce n'est pas évidemment une consolation que le manque de crédits de paiements pour des opérations contrat de plan affecte bien davantage d'autres départements ministériels que celui du tourisme.

Au-delà de la pédagogie, c'est le bon sens qui doit guider votre action. Lorsqu'il s'agira, en 2006, de répartir des crédits de paiements qui seront toujours insuffisants, c'est votre capacité à définir les bonnes priorités qui fera votre valeur ajoutée.

A titre indicatif, vous privilégierez, parmi les bénéficiaires, les entreprises privées et, singulièrement, les plus petites et plus fragiles d'entre elles. Pour ce faire, un critère doit dominer tous les autres : favoriser la création d'emplois productifs et éviter toutes les mises en danger d'emplois.

Je sais que votre tâche n'est pas facile mais je compte sur vous pour que vos explications et votre action soient bien compris par l'ensemble de vos interlocuteurs.

Reste toute une série de chantiers qui sont actuellement conduits par l'administration centrale mais qui pourraient, sous l'un ou l'autre de leurs aspects, vous concerner en 2006.

Je pense évidemment à l'importante réforme des stations classées et des communes touristiques qui vient de connaître une avancée considérable lors de la seconde lecture à l'Assemblée nationale du projet de loi portant diverses dispositions relatives au tourisme et dont je souhaite que les décrets d'application puissent être pris avant la fin de l'année.

Il s'agit également de la réforme des licences et habilitations des agences de voyages. Le décret d'application de l'ordonnance doit lui aussi être publié dans l'année ; il vous appartiendra à ce moment-là de seconder étroitement les préfectures pour sa mise en oeuvre et d'informer les professionnels comme les habilités sur sa portée.

D'autres textes sont également en cours de préparation : conséquences de la réforme du permis d'aménager sur l'hôtellerie de plein air, définition des communes touristiques éligibles à une défiscalisation de certaines catégories d'hébergements touristiques en application de la loi sur le développement des territoires ruraux, réforme du régime des unités touristiques nouvelles en montagne.

Tous ces textes devront, le moment venu, être expliqués sur le terrain, ce sera aussi votre rôle. Vous aurez, là également, l'occasion de vous affirmer non seulement comme les porte-drapeaux mais surtout comme les experts du tourisme en région.

Je tiens à cet égard à saluer l'action de l'Inspection générale du Tourisme, qui dans l'esprit de la circulaire que j'ai signée, apporte son assistance aux DRT pour trouver leur juste place au sein des Préfectures de région.

Enfin, l'année 2006 sera celle du projet de service de la direction du tourisme. De quoi s'agit-il ? Tout simplement d'une réflexion collective permettant de déboucher sur des objectifs clairs, une stratégie définie, une organisation adaptée et un positionnement bien ciblé tant dans l'immense champ que constitue le tourisme que dans le paysage administratif interministériel.

Comme vous le voyez, il s'agira d'un projet ambitieux qui va réclamer à la fois un effort d'imagination et un grand professionnalisme dans sa conduite. Vous y serez bien évidemment associés. Je souhaite que ce projet de service vous permette également de disposer de repères clairs sur votre rôle, vos missions et votre positionnement inter institutionnel.

Voilà, Mesdames et Messieurs les DRT, les indications qu'il m'a paru utiles de vous transmettre à l'aube de cette nouvelle année. Puisque la période des interrogations et des incertitudes concernant votre statut est définitivement close, c'est une année d'actions et de mobilisation qui s'ouvre devant nous.

Chacun doit y prendre sa part et je sais que je peux compter sur vous pour ce faire. Je vous remercie.



Source http://www.tourisme.gouv.fr, le 20 janvier 2006

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