Lettre de M. Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, adressée à M. José Luis Duran, président du directoire Carrefour, sur le défaut de solidarité avec le Danemark de l'enseigne Carrefour en raison du retrait de la vente des produits danois dans les magasins du groupe au Proche et au Moyen-Orient suite à l'affaire des caricatures de Mahomet, Paris le 8 février 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Lettre de M. Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, adressée à M. José Luis Duran, président du directoire Carrefour, sur le défaut de solidarité avec le Danemark de l'enseigne Carrefour en raison du retrait de la vente des produits danois dans les magasins du groupe au Proche et au Moyen-Orient suite à l'affaire des caricatures de Mahomet, Paris le 8 février 2006.

Personnalité, fonction : DOUSTE-BLAZY Philippe.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

ti : Monsieur le Président,


Depuis plusieurs jours et alors que l'affaire des caricatures danoises provoque en Europe, dans le monde arabe comme dans de nombreux pays musulmans, une forte émotion et trop souvent, malheureusement, des actes de violence inacceptables, des mesures de boycottage ont été mises en place contre des produits alimentaires originaires du Danemark à l'initiative des magasins de votre groupe.

De telles pratiques ont eu lieu, pour l'essentiel, dans la région du Proche et du Moyen-Orient.

Je tiens à vous faire part de mon indignation quant au fait que des produits en provenance d'un pays membre de l'Union européenne aient pu être ainsi retirés de la vente, en manquement au principe de solidarité qui doit naturellement prévaloir entre partenaires européens.

Ces discriminations sont choquantes : elles sont à l'opposé de tout ce qui inspire le projet européen ; elles ne peuvent que blesser nos partenaires danois qui pourraient s'interroger sur le sérieux et la solidité de notre solidarité. Au-delà, elles ignorent ces valeurs de générosité et de tolérance qui sont au coeur même de l'entreprise européenne.

Je ne doute pas que vous partagez ces convictions et que vous ayez à coeur de témoigner de l'engagement de votre groupe en faveur du respect de ces principes, même au sein de vos magasins franchisés.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 10 février 2006

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