Interview de M. Dominique Perben, ministre de l'équipement, des transports et du tourisme, à "France 2" le 28 février 2006, sur le coût des radars, les nouvelles lignes de TGV, les mesures prises pour éviter les contagions de virus, et sur son intention de briguer la mairie de Lyon. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Dominique Perben, ministre de l'équipement, des transports et du tourisme, à "France 2" le 28 février 2006, sur le coût des radars, les nouvelles lignes de TGV, les mesures prises pour éviter les contagions de virus, et sur son intention de briguer la mairie de Lyon.

Personnalité, fonction : PERBEN Dominique, LABORDE Françoise.

FRANCE. Ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer;

ti : F. Laborde - Nous allons parler transports et nous allons commencer par les radars. Ils agacent beaucoup certains automobilistes français, cela rapporte un peu d'argent à l'Etat, mais il y a beaucoup de détériorations...

R - Oui, mais quel est le but des radars ? Ce n'est évidemment pas d'embêter les gens, c'est de sauver des vies. Et depuis trois ans, c'est vrai que nous avons sauvé 1.000 vies (sic) et environ 100.000 accidents. Si les choses s'étaient poursuivies sans les radars, on aurait eu 6.000 morts de plus et 100.000 accidents de plus. Donc c'est à cela qu'il faut penser. Alors, cette colère absurde qui fait qu'un certain nombre de gens démolissent des radars, je la regrette. Je dois rappeler d'ailleurs qu'ils peuvent être poursuivis, avec des sanctions assez lourdes, qui peuvent aller jusqu'à la prison ferme. Donc, non, on peut être énervé après une sanction, mais vraiment, restons calme et pensons que c'est fait pour sauver des vies.

Q - Cela rapporte à peu près...

R - 200 millions d'euros...

Q - Et les dégradations coûtent ?

R - C'est de l'ordre de 5 millions d'euros, cela fait donc 2,5 %.

Q - Certains départements suscitent davantage la colère que d'autres, il y a une sorte de trait régional, avec plutôt le Sud-Est...

R - Il semble que ce soient des pays à sang chaud, oui ! Mais je pense que vraiment, il faut être raisonnable et accepter cette règle. Je conseille à ceux qui roulent par exemple sur l'autoroute, s'ils le peuvent, s'ils ont une voiture avec un limitateur volontaire de vitesse, de brancher le petit bouton, ils sont tranquilles, ils ne dépassent pas le 130 et il ne peut rien leur arriver.

Q - Vous allez fêter, le 6 mars, les 25 ans du TGV...

R - Une belle aventure !

Q - Avec une nouvelle ligne d'ailleurs, pour l'ouverture de laquelle vous signez cet après-midi...

R - Oui, je signe cet après-midi, avec les quatre présidents de région concernés - c'est-à-dire l'Alsace, la Franche-Comté, la Bourgogne et Rhône-Alpes - un accord de financement pour réaliser une nouvelle ligne TGV, qui permettra, dans le Sud-Est et dans le Nord-Est de la France - on l'appelle "Rhin/Rhône" - de gagner, par exemple entre Lyon et Strasbourg, deux heures de temps sur le trajet en train, qui permettra ensuite de rejoindre dans de bonnes conditions l'Ouest de l'Allemagne. Ce sera le troisième chantier de TGV lancé en même temps, puisque actuellement, nous terminons la liaison Paris en direction de Strasbourg, à travers la Lorraine et le Nord de l'Alsace, qui va rapprocher considérablement ces régions de la région parisienne ; nous sommes également sur le chantier Perpignan-Figuéras et nous allons très bientôt décider des conditions du TGV sur Paris-Bordeaux. Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire bien sûr des conditions de circulation plus confortables, plus rapides. Cela veut dire aussi un plus économique : quand vous rapprochez comme cela les territoires, pour les PME, pour tous les chefs d'entreprise et les commerçants, ce sont des opportunités économiques de plus. Donc équiper la France avec des TGV, c'est donner des chances à notre croissance...

Q - Et cela crée une saine concurrence entre le rail et l'avion, par exemple ?

R - Oui, cela veut dire que jusqu'à 400, 500 ou 600 kilomètres, ce n'est plus intéressant de prendre l'avion et que vous avez plutôt intérêt à prendre le TGV, qui vous amène de gare en gare à l'intérieur des villes. Et cela a donc aussi un effet écologique positif.

Q - Concernant la ligne qui longe la Méditerranée...

R - Vous savez qu'il y a eu un formidable changement, lorsque le TGV est arrivé à Marseille, en environ trois heures. Et toute la région Provence-Alpes-Côte d'azur souhaite que les villes de Marseille, Toulon et Nice soient également reliées avec une ligne nouvelle, qui permettrait d'aller beaucoup plus vite... Nous sommes en train d'y travailler. Il y a un accord de toutes les collectivités sur le terrain, pour une ligne qui soit relativement proche du littoral. Maintenant, il faut y travailler pour trouver le point de passage, car on est toujours tous d'accord pour faire un TGV, mais quand on commence à savoir où il va passer, c'est un petit peu plus difficile. Il faut donc de la concertation, du dialogue, mais ce sont vraiment de très beaux projets.

Q - Passons maintenant aux problèmes concernant la grippe aviaire. En tant que ministre des Transports, des dispositions sont-elles prises pour éviter qu'il y ait des contagions de virus ?

R - Bien sûr. Que se passe-t-il dans un cas comme celui-là ? Il faut éviter la contagion. Or la contagion, on le sait bien, c'est quand on passe d'un endroit à un autre et que l'on peut transporter le virus. D'abord, s'agissant de la grippe, lorsqu'elle concerne les animaux, bien sûr, les services des Transports, les DDE sont associés sur le terrain, comme par exemple avec toutes les mesures qui sont prises dans la Dombes et dans le département de l'Ain, pour isoler certains territoires, pour gérer les problèmes de circulation etc. Et en matière de transports à proprement parler, il y a quelques jours, j'avais demandé au Premier ministre de venir voir un exercice à Lyon, où nous avons montré comment, dans les avions, on gère le problème. Si jamais on a un malade qui est repéré avec de la fièvre, de la toux et des problèmes respiratoires, à ce moment-là, lorsqu'il arrive en France, dans un avion, le pilote a déjà prévenu le médecin de l'aéroport, a déjà prévenu le Samu, a déjà prévenu les autorités sanitaires, il y a une prise en charge du malade au pied de l'avion. Et il y a surtout la prise du nom de toutes les personnes qui ont voyagé avec lui, pour qu'ensuite, on puisse les suivre sur le plan sanitaire. A travers cet exemple, je veux simplement dire que nous avons travaillé sur toutes les hypothèses possibles, aussi bien le ministère des Transports que les autres ministères, nous essayons d'être prêts à toute éventualité.

Q - Cet exercice en grandeur réelle s'est passé à Lyon. Ce n'est pas tout à fait un hasard, on sait que c'est la ville dont vous êtes originaire et où vous voudriez bien revenir en tant que maire d'ailleurs... En ce qui vous concerne, la campagne pour les municipales a-t-elle déjà commencé ?

R - Lyon, pour moi, c'est un peu une histoire d'amour, si vous me permettez cette expression. Cette ville, dont je suis originaire et où j'ai travaillé pendant une vingtaine d'années, je souhaite y revenir. Et j'ai donc commencé effectivement à préparer les échéances municipales, à ma manière, c'est-à-dire une démarche fondée vraiment beaucoup sur l'écoute. J'ai mis en place une organisation qui me permet de rencontrer les gens de ma ville, dans les quartiers, dans les milieux professionnels. Et nous travaillons avec toute une série d'équipes de bénévoles, de volontaires, pour faire un très gros travail d'écoute. Je crois qu'aujourd'hui, la politique doit un petit peu se renouveler. Ce qu'attendent les gens, ce sont des réponses concrètes à leurs problèmes concrets de vie quotidienne. Donc on fait beaucoup ce travail et nous réfléchissons bien sûr au projet que nous allons proposer aux Lyonnais.

Q - Si vous détenez la mairie, c'est une alternance politique, puisque Lyon avait basculé à gauche...

R - Oui, en 2001, la gauche a gagné, parce que la droite était profondément divisée. Et donc mon premier travail, depuis deux ans, a été de rassembler la droite et le Centre. Je crois y être parvenu et maintenant, nous sommes partis effectivement proposer autre chose aux Lyonnais.

Q - Une dernière question qui concerne moins le ministre des Transports que l'ancien Garde des Sceaux : dans l'affaire Y. Fofana, qui est toujours en Côte d'Ivoire, combien de temps prend normalement une extradition ? Et avez-vous été personnellement choqué de le voir plastronner sur les écrans de télévision ?

R - D'abord, une extradition, avec une bonne coopération entre services judiciaires, c'est de quelques jours à quelques semaines. Pour le reste, je trouve que dans cette affaire, nous sommes placés devant une véritable barbarie, des actes inqualifiables. Et il est assez révulsant de voir que cet homme se pavane devant les télévisions. Je pense qu'il doit s'expliquer devant des juges et se faire un peu discret...

source : Premier ministre, Service d'information du Gouvernement, le 28 février 2006

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