Déclaration de M. Dominique de Villepin, Premier ministre, en réponse à une question sur le projet de contrat première embauche (CPE) et l'annonce d'améliorations tenant compte du mouvement social suscité, au Sénat le 9 mars 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Dominique de Villepin, Premier ministre, en réponse à une question sur le projet de contrat première embauche (CPE) et l'annonce d'améliorations tenant compte du mouvement social suscité, au Sénat le 9 mars 2006.

Personnalité, fonction : VILLEPIN Dominique de.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Séance de questions au Gouvernement, au Sénat le 9 mars 2006 ; question de Nicole Borvo Cohen-Seat (groupe CRC)

ti : Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les sénateurs,
Madame la présidente,


D'abord, merci de me donner l'occasion de rappeler que la loi "Egalité des chances" a été votée aujourd'hui. Et je tiens à remercier notre majorité pour son soutien sans faille tout au long des discussions parlementaires. Je veux aussi saluer la qualité des débats. Ici même dans votre haute assemblée, plus de 95 heures, 135 heures au total de débats, qui ont permis d'améliorer le texte du Gouvernement. Toutes les dispositions de cette loi s'appliqueront dans les prochaines semaines.

Le contrat "première embauche" bien sûr, qui offre à tous les jeunes, et en particulier à ceux qui connaissent le plus de difficultés une nouvelle voie d'accès à l'emploi, mais aussi la limitation de la durée de stages à six mois, et la rémunération obligatoire de ces stages au bout de trois mois. C'est un progrès considérable qui est fait pour répondre à la situation des jeunes.

Je pense aussi à la création de nouveaux postes en alternance. Dans les grandes entreprises, l'alternance a montré qu'elle était la voie adaptée, parce qu'elle permettait de mieux connaître la vie professionnelle et de s'y préparer de façon qualifiée. Mais le premier enjeu de cette loi c'est bien le chômage des jeunes. Et, sur ce sujet difficile, en vous écoutant, je pensais qu'il était important de ne pas confondre le mal et le remède.

Le mal, il faut le rappeler, et j'aimerais que votre indignation se tourne dans cette direction, parce que nous serons alors tous d'accord, le mal c'est la précarité actuelle des jeunes, il faut le rappeler. Et cela dure depuis plus de trente ans. La difficulté à trouver un emploi, leur manque d'expérience professionnelle, leur marginalisation sur le marché du travail dont nous savons qu'ils enchaînent des CDD de moins d'un mois, des périodes d'intérim de moins de cinq jours, et des périodes d'inactivité, ça, ça justifie l'indignation. Le remède que nous apportons, et force est de constater que nous avons attendu longtemps vos propositions, le remède c'est le parcours d'embauche. Ce parcours d'embauche que nous mettons en place pour rentrer dans la vie active, c'est-à-dire une meilleure orientation, c'est-à-dire plus d'alternance, c'est-à-dire des stages encadrés avec une charte des stages, c'est-à-dire un contrat de travail qui complète les contrats existants pour répondre à la diversité des situations. Et c'est pour cela que nous devons avancer.

Nous devons avancer parce qu'il est impératif de moderniser notre modèle social, si nous voulons le sauver. Et c'est pour cela que nous voulons avancer en proposant plus de souplesse mais aussi, dans un souci d'équilibre, plus de protection. C'est la voie, faut-il le rappeler, où se sont engagés tous nos voisins européens. Garantie de formation, allocations chômage, accompagnement personnalisé, autant d'éléments qui n'existent pas aujourd'hui au service des jeunes. Et nous devons surtout avancer pour répondre à la précarité des jeunes. J'admire l'allant avec lequel vous voudriez maintenir la situation actuelle, qui place les jeunes au comble de la précarité.

Alors, oui, j'entends bien les inquiétudes et les préoccupations qu'expriment les jeunes, comme certains de leurs parents. J.-L. Borloo et G. Larcher comme G. de Robien et F. Goulard poursuivent leurs consultations. Avec eux, je compléterai le dispositif prévu par la loi, en faisant des propositions dans les tout prochains jours, pour enrichir le parcours d'embauche. C'est cela notre responsabilité, c'est cela la défense de l'intérêt général dans nos pays. Car au bout du compte, la question qui est au coeur de l'emploi des jeunes, c'est bien : dans quelle société voulons-nous vivre ?

Nous voulons une société rassemblée qui offre des chances à chacun, qui offre à chacun la possibilité d'avoir une chance, la possibilité de ne pas rester au bord du chemin, une société où l'on n'a pas peur de l'avenir et où on est capable d'élaborer et de défendre un véritable projet collectif.

Tout mon gouvernement et toute notre majorité veulent construire avec les Français cette société de l'égalité des chances. Faisons ensemble le choix de l'innovation et de la liberté."


Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 10 mars 2006

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