Déclaration de M. Dominique de Villepin, Premier ministre, en réponse à une question sur la mobilisation contre le contrat première embauche (CPE), pour son retrait, à l'Assemblée nationale le 14 mars 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Dominique de Villepin, Premier ministre, en réponse à une question sur la mobilisation contre le contrat première embauche (CPE), pour son retrait, à l'Assemblée nationale le 14 mars 2006.

Personnalité, fonction : VILLEPIN Dominique de.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Séance de questions au gouvernement le 14 mars 2006 ; question de François Hollande (PS)

ti : Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le député,


En réponse à vos critiques, je veux d'abord vous faire part de ma détermination à lutter contre le chômage des jeunes. Et ce, dans le respect de la loi - faut-il le rappeler, à vous, parlementaires -, qui a été votée.

Je veux vous assurer de ma volonté d'avancer dans un esprit de dialogue et d'ouverture, avec chacun, en particulier avec les partenaires sociaux. Je veux aussi vous faire part de trois convictions qui sont les miennes.

Premièrement, face au chômage, pouvons-nous fermer les yeux ? Pouvons-nous baisser les bras ? Nous avons tous, ici, un devoir à l'égard des jeunes en difficulté. D'abord, un devoir de vérité. Laisser croire aux jeunes que nous pourrons leur donner un emploi sans rien changer dans notre pays, c'est faux ! Et vous le savez bien, Monsieur Hollande ! Nous avons aussi un devoir d'action. Parce que, c'est en créant de nouveaux instruments, pour les jeunes, comme "le contrat d'accompagnement vers l'emploi", comme le dispositif "défense, deuxième chance", comme le contrat "première embauche", que nous ferons baisser le chômage. Nous ne cherchons pas de solution miracle, parce que nous savons qu'il n'en existe pas. Nous mettons en place, de manière pragmatique, des réponses à chacune des difficultés que rencontrent les jeunes.

Deuxièmement, pourquoi est-ce que nous nous engageons, nous, le Gouvernement, la majorité toute entière ? Parce que le contrat "première embauche" est un contrat utile. Parce qu'il va créer des emplois pour les jeunes en difficulté. Nous avons l'exemple du contrat "nouvelles embauches" : 360.000 contrats signés en quelques mois, et un tiers de ces contrats qui correspondent à des emplois nouveaux. Le contrat "première embauche" marchera. Des milliers de contrats, nous le savons, attendent d'être signés. Des milliers d'emplois sont en jeu pour les jeunes de notre pays.

Troisièmement, et c'est pour moi l'essentiel, le contrat "première embauche" est juste, et il est équilibré. Il offre de vraies garanties aux jeunes : une garantie de logement, une garantie de formation, une garantie de crédit. Il prévoit aussi, pour la première fois, un filet de sécurité en cas de rupture, un filet de sécurité qu'aucun autre contrat ne propose. C'est quelque chose de neuf, et c'est quelque chose de protecteur pour les jeunes. Un salarié - parce que, Monsieur Hollande, il faut sortir des généralités, pour descendre dans la vie, réelle -, un salarié, un jeune, qui perdrait son emploi au bout de six mois dans l'entreprise, il aurait droit à un préavis d'un mois, à un demi mois de salaire, à sept mois d'allocations chômage, à un accompagnement personnalisé par l'ANPE, chaque mois, un rendez-vous personnel avec un conseiller. Et j'ai proposé que ce filet de sécurité soit étendu avec les partenaires sociaux, en cas de rupture. Au bout de quelques mois, les jeunes pourraient avoir un droit à la formation de trois mois avec un complément de rémunération.

Ce dispositif, faut-il vous le rappeler, parce que nous sommes soucieux de tirer les leçons de l'expérience, ce dispositif sera évalué tous les six mois pour mesurer les embauches, avec les partenaires sociaux. Si cette évaluation montre qu'il y a quelque chose à ajuster, qu'il y a des éléments à ajouter, nous le ferons, pragmatiquement.

Mais en attendant, Monsieur Hollande, essayons, avançons ne restons pas les bras croisés devant les attentes des Français.

Et enfin, Monsieur Hollande, vous me permettrez d'en appeler à l'esprit de responsabilité. Pour le respect de la loi républicaine, pour éviter toute surenchère et tout débordement. Parce que l'enjeu, c'est vraiment la création d'emplois. C'est la réponse aux jeunes en difficulté. Et donc, la défense de notre modèle social. Monsieur Hollande, il vous faudra, jour après jour, faire preuve de cet esprit de responsabilité, avec le souci de l'action. C'est ce qu'attendent nos compatriotes !"


Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 15 mars 2006

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