Déclaration de M. Léon Bertrand, ministre délégué au tourisme, sur le bilan et les perspectives d'avenir du tourisme, tant dans le domaine de la promotion que dans la qualité de l'offre, de l'accès aux vacances de tous les Français et de la création d'emplois, Paris le 2 mars 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Léon Bertrand, ministre délégué au tourisme, sur le bilan et les perspectives d'avenir du tourisme, tant dans le domaine de la promotion que dans la qualité de l'offre, de l'accès aux vacances de tous les Français et de la création d'emplois, Paris le 2 mars 2006.

Personnalité, fonction : BERTRAND Léon.

FRANCE. Ministre délégué au tourisme

Circonstances : Assemblée générale constituante de la commission nationale du Tourisme de l'UMP à l'Assemblée nationale le 2 mars 2006

ti : Monsieur le Président, Cher Jean-Michel,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les professionnels,
Chers Amis,


Je suis très heureux de vous retrouver pour clore la 1ère Assemblée générale de la Commission nationale du Tourisme de l'UMP.

Cette Commission, créée en juillet dernier, se donne pour mission de poser les fondements d'une nouvelle politique nationale du tourisme.

Je ne peux que me réjouir de cette initiative forte qui va dans le sens d'une meilleure prise en compte des enjeux du tourisme dans les politiques nationales, initiative confortée par ailleurs par la récente « promotion de l'OMT » au rang d'institution à part entière placée sou l'égide de l'ONU.

Votre initiative pourra, par ailleurs, s'appuyer sur des bases solides, celles que nous avons édifiées depuis juin 2002 pour donner à nos activités du tourisme un cadre moderne et adapté aux nouvelles réalités du marché.

Car le tourisme aura bénéficié depuis lors d'une attention soutenue des Pouvoirs publics.

Le secrétariat d'Etat au Tourisme est devenu ministère délégué. 2 Comités interministériels du Tourisme se sont tenus, sous la présidence du Premier ministre Jean-Pierre RAFFARIN.

Un troisième, consacré à l'emploi et à l'égalité des chances, devrait se tenir dans le courant du 1er semestre 2006.

Pour autant, nous ne devons pas relâcher nos efforts. Si la France reste la première destination touristique mondiale et continue de progresser, nous savons que la concurrence se fait chaque jour plus féroce pour conquérir les clientèles à haute contribution et les marchés émergents.

L'année 2005 aura été, à cet égard, un très bon cru avec des recettes en augmentation de 3,5 %, une progression des nuitées hôtelières de l'ordre de 2 % et l'arrivée de 75,3 millions d'étrangers.

La reprise légère de 2004 s'est consolidée et vient effacer les jours sombres que notre industrie a connu après le 11 septembre 2001.

Ces résultats viennent naturellement conforter les efforts que nous avons accompli depuis plus de 3 ans pour recréer les conditions de la croissance, dynamiser l'emploi et accompagner les professionnels aux travers des mutations de notre secteur.

Nos actions ont porté dans trois directions prioritaires :
- intensifier la demande, grâce à une réorganisation de la promotion. Maison de la France met en oeuvre depuis septembre 2004 une nouvelle stratégie marketing, plus lisible, qui vise les marchés les plus rémunérateurs afin d'accroître la rentabilité de notre fréquentation touristique ;
- Qualifier l'offre, grâce au Plan Qualité Tourisme, qui rassemble aujourd'hui 14 grandes fédérations et réseaux professionnels et concerne plus de 7 000 entreprises.
- Favoriser l'accès aux vacances pour tous les Français.

Au-delà de l'aide apportée traditionnellement aux familles les plus modestes et à la réhabilitation de l'hébergement social, nous avons souhaité intensifier nos actions auprès des seniors et des personnes en situation de handicaps.

Ces grands axes, qui se traduisent dans les actions de notre budget, constituent en quelque sorte l'ossature de la politique touristique nationale.

Mais les réalisations auront été, je crois, nombreuses et profondes depuis 2002 pour donner au tourisme une place à part entière dans le champ de l'action gouvernementale.

Le Code du Tourisme, qui sera définitivement adopté après la CMP du 16 mars, constitue la première vraie loi du tourisme.

Des 3 articles de l'origine, nous avons désormais un texte de 33 articles qui apporte, entre autres, outre une codification de la matière, des avancées substantielles concernant la simplification du régime des stations classées, des agréments pour la vente de voyages ou la définition légale de l'activité économique des chambres d'hôtes.

Les Assises nationales du Tourisme existent depuis 3 ans. Elles sont le seul grand rendez-vous annuel de l'ensemble des acteurs du tourisme, tous secteurs et toutes filières confondus.

J'ai souhaité également qu'un vent de réforme souffle sur nos services pour optimiser le fonctionnement de nos outils.

Une Maison du Tourisme a été créée pour regrouper nos services, leur donner une identité visible et une plus grande synergie d'action ; les services d'observation, d'ingénierie et d'étude de la montagne ont été rassemblés dans une structure commune, ODIT France.

L'Agence Nationale pour les Chèques Vacances a vu son équipe de direction renouvelée et ses statuts modifiés, ainsi que BSV, comme le Conseil National pour les Villes et Villages Fleuris et le Conseil national du Tourisme.

Pour ma part, après une année 2005 concentrée sur le thème de l'emploi, où nous avons pu constater avec satisfaction que c'est le secteur de l'hôtellerie-restauration qui connaît le plus fort taux de création de postes dans le domaine des services, je souhaite privilégier les questions de formation et de recherche.

Les métiers du tourisme offrent aujourd'hui de belles perspectives de carrière et nous devons offrir une plus grande visibilité aux filières d'enseignement touristique pour attirer les meilleurs étudiants et constituer le vivier du recrutement des cadres de demain.

C'est pourquoi j'organiserai, à la fin du 1er semestre 2006, une Université d'été des métiers du Tourisme avant de participer, en novembre, au 1er rendez-vous emploi des Entreprises du Voyage à l'invitation de l'APS.

J'ajoute que le savoir-faire français en matière d'aménagement et de marketing touristiques sont fortement appréciés au plan international. Nous pouvons exporter nos méthodes et offrir, dans le cadre de la coopération internationale, de nouveaux marchés aux entreprises françaises, notamment dans le domaine hôtelier.

Les réflexions qui seront menées sur les grandes thématiques que vous avez choisies pour bâtir le programme du futur candidat de l'UMP à l'élection présidentielle seront, je n'en doute pas, d'une grande qualité et je leur porterai une attention vigilante.

Je tiens à saluer l'engagement de tous les grands professionnels du tourisme qui sont présent aujourd'hui, et en particulier les présidents des 6 commissions ? Gaël de la PORTE du THEIL, Géraldine LEDUC, Pierre HERISSON, Pierre AMALOU, Philippe DEMONCHY et Pierre BENICHOU avec lesquels j'entretiens au quotidien des relations particulièrement cordiales et fructueuses.

Je souhaite également te remercier de nouveau, Cher Jean-Michel, pour ton engagement envers le tourisme au sein de notre formation politique.

Je note cependant avec une certaine inquiétude l'absence du terme « tourisme durable » dans l'intitulé des Groupes de travail de la Commission. C'est pourtant une dimension fondamentale de l'activité touristique aujourd'hui.

Le tourisme solidaire, qui permet au vacancier de participer par son voyage à des programmes de développement local, le tourisme éthique qui organise la prévention et la répression de l'exploitation sexuelle des enfants dans le tourisme, la prise en compte des impératifs du développement durable dans la création des produits touristiques sont désormais incontournables et nous y consacrons de nombreux efforts.

Je tiens néanmoins à vous dire que le bilan et les perspectives que je viens de tracer pour l'avenir ne constituent en aucun cas un satisfecit.

A la place qui est la mienne aujourd'hui, je dois constamment lutter pour conserver nos prérogatives, nos crédits et démontrer l'utilité de nos actions.

La force d'un ministre du tourisme ne vient pas seulement de ses convictions ou de son engagement.

Les parlementaires, les professionnels doivent se montrer constamment solidaires de notre action et nous aider à affronter les difficultés, qui sont constantes.

Si le secteur du tourisme manque de reconnaissance, reconnaissons que c'est aussi parce qu'il manque singulièrement de cohésion.

Pour peser, il faut être unis : il est temps je crois que les différents acteurs, professionnels et institutionnels, hôteliers et agents de voyage, parcs de loisirs et stations de sports d'hiver réfléchissent à un avenir commun, à des actions concertées pour donner plus de visibilité et de force à leurs attentes.

Je suis persuadé que seuls nos efforts conjugués permettront à l'industrie touristique d'occuper, dans les prochaines années, une meilleure place dans l'ordre des priorités politiques.

Je souhaiterais achever mon propos sur l'une des principales carences de notre politique touristique nationale, qui risque de nous être particulièrement préjudiciables dans les prochaines années : l'insuffisance des crédits dévolus à la promotion.

Nous savons que l'Espagne consacre beaucoup plus d'argent que nous à cette dimension essentielle de l'attractivité d'une destination.

Dans un monde où le consommateur est saturé d'informations, aucune activité économique ne peut se développer sans une solide stratégie de communication et des moyens appropriés.

Les conséquences de la crise des banlieues, le trou d'air auquel la Réunion est confrontée en raison de l'épidémie de chikungunya ont montré et démontreront de nouveau l'absolue nécessité de la promotion, y compris et surtout en période de crise.

On a dit beaucoup de choses sur le 21ème siècle : je ne sais s'il sera religieux ou féminin. En tout état de cause, il est déjà le siècle de la communication et le tourisme ne peut pas faire l'économie d'une vaste réflexion sur ce sujet.


Je vous remercie.



source http://www.tourisme.gouv.fr, le 20 mars 2006

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