Déclaration de M. Gilles de Robien, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur la mise en oeuvre de la loi d'orientation et programme pour l'avenir de l'école, Paris le 21 mars 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Gilles de Robien, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur la mise en oeuvre de la loi d'orientation et programme pour l'avenir de l'école, Paris le 21 mars 2006.

Personnalité, fonction : ROBIEN Gilles de.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche

Circonstances : Audition de M. Gilles de Robien, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche par la Commision des affaires culturelles de l'Assemblée nationale le 21 mars 2006

ti : Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,

J'ai l'honneur de rendre compte aujourd'hui devant votre commission de la mise en oeuvre de la loi d'orientation pour l'avenir de l'école.

Cette loi contient des leviers essentiels pour faire progresser notre école ; aussi, dès mon arrivée, j'ai voulu travailler vite et dans la concertation, car notre but est l'application effective des réformes dans les classes, en bonne intelligence avec les professeurs.

Je tiens à souligner que le rapport annexé, que vous avez voté, constitue pour moi un véritable guide. Je vais y revenir dans quelques instants.

Mais avant cela, je dois vous dire rapidement où nous en sommes :

Sur l'ensemble des textes réglementaires prévus, 32 ont déjà été publiés (décrets, arrêtés et circulaires).

Plus concrètement, dès la rentrée 2005, nous avions déjà pris les textes suivants :
- l'apprentissage d'une première langue vivante au C.E.1,
- l'enseignement des langues en classes réduites en terminale,
- l'introduction des mentions au brevet de la session 2006,
- l'expérimentation des programmes personnalisés de réussite éducative, P.P.R.E.,
- l'option de découverte professionnelle en classe de 3 ème, avec évaluation au brevet dès juin prochain,
- les décrets nécessaires à la mise en place du remplacement des absences de courte durée étaient également publiés,
- l'expérimentation du conseil pédagogique,
- la promotion du mérite, avec l'accès automatique au B.T.S. des bacheliers professionnels ayant obtenu une mention « Bien » ou « Très bien », -et ce dès la rentrée prochaine,
- le Haut conseil de l'Education était créé ; après la désignation de ses membres, il a été installé le 8 novembre dernier. Même si, sur certaines mesures, j'ai pu rencontrer au début quelques résistances, quelques réflexes conservateurs, je pense par exemple au remplacement, je dois dire qu'à force de dialogue et d'explications, nous sommes parvenus à lever les appréhensions.

Mais la loi, bien sûr, n'a pas encore donné ses fruits les plus attendus : je veux parler du Socle commun de connaissances et du nouveau cahier des charges de la formation des maîtres ! Ce sera fait d'ici la fin de l'année scolaire.

Je souhaite aussi insister sur le fait que cette loi, au-delà de sa lettre, est portée par un « esprit », -un esprit dont je m'inspire pour mener un certain nombre d'actions de bon sens.

L'apprentissage de la lecture

Sur ce point, j'ai été mis sur la voie par le rapport annexé, qui suggérait ?suite à un amendement du Parlement- d'examiner l'efficacité des différentes méthodes de lecture. Eh bien j'ai procédé à cet examen, et cela s'est révélé pour le moins instructif !

Les travaux les plus récents des chercheurs démontrent en effet que les méthodes à départ global sont beaucoup moins efficaces que les méthodes à départ syllabique, et qu'elles sont mêmes néfastes pour les enfants les plus fragiles.

J'ai donc voulu faire bénéficier les élèves de cet acquis de la recherche.

C'est le but de la circulaire que j'ai adressée le 3 janvier aux inspecteurs d'académie : elle décrit très clairement le cheminement recommandé pour apprendre à lire à un enfant.

Je veillerai à l'application effective de cette circulaire dans les classes. Les recteurs, les inspecteurs, les directeurs d'IUFM sont mobilisés. La lecture, c'est le socle du socle ! C'est ma conviction, elle explique ma détermination !

La relance de l'éducation prioritaire

Là aussi, je me suis inspiré d'une idée qui avait émergé lors du grand débat sur l'école : l'individualisation des parcours, l'attention pour les personnes.

Désormais, nous allons donner vraiment plus à ceux qui en ont vraiment besoin. Le but, c'est d'aider concrètement les élèves en difficultés, et non de délimiter de vastes zones sur simples critères sociaux. Nous allons donner, dès la rentrée prochaine, des moyens supplémentaires conséquents, 1 000 professeurs, 3 000 assistants pédagogiques, à 249 collèges et réseaux d'écoles, que j'ai nommés « réseaux ambition réussite ». Ces moyens humains supplémentaires permettront de mettre en place des cours de soutien, des études surveillées obligatoires après la classe, bref, de vraies mesures d'accompagnement individualisées.

La diversification des voies au collège

On en parlait depuis longtemps. Là aussi, j'ai regardé la réalité : tous les ans, 15 000 jeunes quittent le système scolaire avant 16 ans ; ils décrochent et se marginalisent.

Nous mettons donc en place une nouvelle formule d' « apprenti-junior ». Elle préservera des liens avec le collège, parce que le choix d'un jeune de 14 ans n'est pas irréversible. Elle garantira, évidemment, l'acquisition du socle commun de connaissances.

Evidemment, ces mesures d'individualisation, P.P.R.E., ces mesures de reconnaissance du mérite, bourses, tout comme l'introduction à partir de 2007 d'une 2 ème langue vivante en 5 ème ont un coût ! Le rapport annexé l'évaluait d'ailleurs de manière très claire ; il ne faut pas l'oublier.


Je vous remercie.


Source http://www.education.gouv.fr, le 22 mars 2006

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