Déclaration de M. Philipppe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, sur la contribution de la communauté française au dynamisme et à l'essor des relations franco-algériennes, l'action du ministère au service des expatriés et l'avancement des projets entre les deux pays, Alger le 9 avril 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Philipppe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, sur la contribution de la communauté française au dynamisme et à l'essor des relations franco-algériennes, l'action du ministère au service des expatriés et l'avancement des projets entre les deux pays, Alger le 9 avril 2006.

Personnalité, fonction : DOUSTE-BLAZY Philippe.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

Circonstances : Voyage de Ph. Douste-Blazy en Algérie les 9 et 10 avril 2006 : déclaration devant la communauté française le 9 à Alger

ti : Monsieur l'Ambassadeur,
Mesdames et Messieurs les Conseillers,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,
Chers Compatriotes,


Je vous remercie d'être venus nombreux à l'invitation de notre ambassadeur, à l'occasion de ma première visite en Algérie.

Je salue particulièrement vos représentants, Madame et Messieurs les Conseillers à l'Assemblée des Français de l'étranger, avec lesquels je m'entretiendrai dans quelques instants.

A toutes et à tous je voudrais dire tout le plaisir que j'éprouve à me trouver à Alger, parmi vous, dans cette résidence des Oliviers, lieu chargé d'histoire, symbole de la présence du général de Gaulle à Alger, symbole du combat de la France libre.

Je suis heureux de m'adresser à vous ce soir, car vous êtes les acteurs de ce que la relation franco-algérienne a de plus précieux : les relations entre nos deux peuples. De part et d'autre de la Méditerranée, avec à l'esprit notre longue histoire partagée, ses moments de passion et de douleur, les peuples Français et Algérien, la communauté algérienne en France et vous-mêmes, membres de la communauté française en Algérie, veulent aujourd'hui bâtir un avenir d'espoir.

Comme vous le savez, le président Chirac, lors de sa visite d'Etat en Algérie en 2003, a entrepris avec le Président Bouteflika de bâtir un "partenariat d'exception" entre la France et l'Algérie. De fait, depuis ces dernières années, les relations entre nos deux pays ont retrouvé toute leur force, toute leur diversité, dans tous les domaines.

Sur le plan politique, les rencontres ont été très nombreuses au plus haut niveau de l'Etat, entre les deux présidents de la république, mais aussi entre ministres des deux pays. La semaine dernière, mes collègues Dominique Perben et Azouz Begag étaient 0 Sétif à l'invitation du ministre algérien des Transports pour inaugurer une liaison aérienne avec la ville de Lyon. Ce programme de rencontres ministérielles se poursuivra à un rythme soutenu dans les mois prochains.

Pour ma part, j'ai été reçu longuement cet après-midi par le président de la République, M. Bouteflika. Nous avons fait le point sur les relations bilatérales, dont le président a bien voulu constater qu'elles étaient dynamiques et positives ; nous avons évoqué divers projets nouveaux que j'examinerai en détail, demain matin, avec mon homologue, M. Bedjaoui. Nous avons aussi, avec le président, évoqué nombre de sujets internationaux. Je constate que notre dialogue politique se porte bien.

Le partenariat d'exception entre la France et l'Algérie, ce n'est pas seulement un dialogue politique entre les plus hautes autorités de l'Etat; c'est aussi, sur le terrain, une coopération dynamique et en expansion dans de nombreux domaines : l'éducation, l'enseignement supérieur, la police, la justice, la santé, mais aussi les transports et les grandes infrastructures, pour ne citer que quelques domaines de cette coopération.

Depuis 2002, le dispositif de l'Etat et les outils de la coopération se sont redéployés avec un dynamisme remarquable. Dans le contexte d'une Algérie où la sécurité est revenue, des actes concrets ont marqué la reprise vigoureuse de notre coopération bilatérale :

- réouverture des centres culturels français ;

- ouverture du Lycée international Alexandre Dumas ;

- création de l'Ecole supérieure algérienne des Affaires (ESAA), dont j'ai eu le plaisir cet après-midi de visiter les nouveaux bâtiments, superbe projet commun qui nous permet, ensemble, de former les jeunes acteurs du développement économique et social de l'Algérie, en partenariat avec la France ;

- mise en place du Haut Conseil de Coopération universitaire et de Recherche ;

Le nombre et l'ampleur des projets mis en oeuvre au cours des derniers mois impressionne ; il reste bien sûr beaucoup à faire, mais nous sommes clairement en marche.

Dans ce nouveau contexte, et avec l'accroissement du nombre de ressortissants français présents à Alger, je sais l'importance que revêt pour nombre d'entre vous la question de la scolarisation de leurs enfants.

Je veux ici vous assurer que j'attache à cette question toute l'importance qu'elle mérite.

Déjà, la scolarisation des élèves est assurée à Alger à partir de la classe de troisième au Lycée Alexandre Dumas ; elle le sera bientôt, en 2007, à tous les niveaux du secondaire avec le lancement des travaux de construction d'un collège. Et vous savez qu'une petite école primaire existe depuis l'automne à Hydra, portée par un groupe d'entreprises françaises, destinée à des enfants de cadres expatriés. Cette expérience pionnière, conduite avec le soutien du gouvernement algérien, pourrait, je l'espère, être élargie à l'avenir ; ce dossier sera traité en relation avec le gouvernement algérien, même si je sais que d'autres solutions - je pense ici au rôle que peuvent jouer des écoles privées travaillant, comme elles le font déjà, avec le CNED - sont mises en oeuvre.

Dans le domaine économique, nos entreprises, que vous êtes nombreux à représenter ce soir, sont très présentes sur le marché algérien, où elles représentent près du quart des importations du pays. Elles participent à la croissance de l'économie du pays en investissant de plus en plus, dans des secteurs très variés. Je les en félicite également, en les encourageant à redoubler d'efforts, car les possibilités sont immenses, et la concurrence internationale une réalité incontournable et d'ailleurs positive.

La communauté française d'Algérie poursuit son essor : vous êtes aujourd'hui plus de 37.000 inscrits au registre des Français établis hors de France, c'est-à-dire cinq fois plus qu'il y a cinq ans. Cet accroissement, considérable et exceptionnel, résulte pour l'essentiel de l'apport de nos compatriotes doubles nationaux, que je salue tout particulièrement ce soir, de même que l'approche récente et positive des autorités algériennes. De leur côté, les expatriés trouvent, ou retrouvent, le chemin de l'Algérie, qu'il s'agisse des services de l'Etat ou des entreprises françaises, européennes ou multinationales.

Cette évolution encourageante illustre la diversité et la force de notre communauté, mais aussi l'apaisement et la confiance retrouvée. Elle constitue également un défi : les structures d'accueil de nos services consulaires ne sont pas adaptées à une communauté aussi importante. J'ai demandé que des travaux urgents d'extension de nos consulats généraux d'Alger et d'Annaba soient mis en oeuvre et achevés dans des délais les plus brefs, afin de restaurer des conditions de réception et de travail dignes et acceptables.

S'agissant de l'ouest, je suis heureux de pouvoir vous confirmer que la construction de notre consulat général à Oran a débuté et qu'elle s'achèvera dans le courant de l'été 2007. C'est, vous le savez, un engagement du président Chirac lors de sa visite dans la grande métropole de l'ouest. La réouverture de ce consulat général va profondément améliorer la gestion administrative de nos concitoyens installés dans cette région, même si, depuis quelques mois, le nombre des permanences organisées par l'équipe du consulat général de France à Alger a été doublé.

Certains de nos compatriotes nés en Algérie ou établis de longue date connaissent des difficultés liées à la précarité de leur situation. Face à ces préoccupations, je tiens à rappeler ici l'esprit de solidarité qui anime le gouvernement vis-à-vis de l'ensemble des Français qu'ils vivent sur le sol national ou à l'étranger. Cette volonté a conduit le ministère des Affaires étrangères à maintenir, voire à accroître, les moyens du comité consulaire pour la protection et l'action sociale et du comité pour l'emploi et la formation. A cet égard, je souhaite rendre un hommage particulier à l'extraordinaire travail de proximité qu'accomplissent les associations de solidarité et de bienfaisance d'Alger, d'Oran et d'Annaba, ainsi qu'aux petites soeurs des pauvres qui prennent en charge certains de nos compatriotes isolés et démunis.

Je terminerai mon intervention par un sujet auquel nous attachons une grande importance : le travail de mémoire que les présidents Chirac et Bouteflika ont souhaité engager entre nos deux pays.

Il s'agit du plan d'action et de coopération relatif aux sépultures civiles françaises en Algérie. Après un premier recensement des cimetières chrétiens et israélites, conduit au lendemain de la visite d'Etat du président Chirac, des propositions de travaux d'entretien et de regroupement ont été formulées. Des collectivités locales françaises, mais aussi des particuliers, ont été invités à apporter leur contribution au travers d'un fonds de concours. Je salue notamment à cet égard la région Provence Alpes Côte d'Azur, les villes de Bordeaux et de Toulouse qui ont été les premières à répondre à ce plan. Je tiens à souligner, pour les en remercier très vivement, la pleine collaboration et la grande disponibilité des autorités algériennes pour la mise en oeuvre de ce plan tant au niveau central qu'au niveau local.

Je me rendrai demain au cimetière du Mont d'Or avec Jean-Claude Gaudin, vice-président du Sénat et maire de la Cité phocéenne, pour rendre hommage à l'action de la wilaya d'Alger et de la ville de Marseille dans ce lieu de mémoire.

Mesdames, Messieurs,

Je voudrais dire à chacune et à chacun toute ma reconnaissance pour ce que vous faites et pour ce que vous représentez pour l'image de la France dans toutes ses dimensions : politique, économique, militaire, culturelle et administrative.

J'aurai plaisir à m'entretenir avec vous de manière plus conviviale sur cette terrasse magnifique.

Je vous remercie

Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 12 avril 2006

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