Déclaration de M. Dominique Perben, ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer, sur le coeur du métier de Météo France : la prévision météorologique, Paris le 19 avril 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Dominique Perben, ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer, sur le coeur du métier de Météo France : la prévision météorologique, Paris le 19 avril 2006.

Personnalité, fonction : PERBEN Dominique.

FRANCE. Ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer

Circonstances : Colloque du Conseil supérieur de la météorologie le 19 avril 2006

ti : Monsieur le président directeur général de Météo France,
Mesdames et Messieurs les présidents des commissions,
Mesdames,
Messieurs,


Si le temps qu'il fait est l'un des premiers sujets de conversation de nos concitoyens, la prévision météorologique a pris une importance croissante dans les activités des pouvoirs publics ou des acteurs économiques.

Une telle évolution conduit à placer souvent Météo France sous les feux de l'actualité ; elle amène aussi le service public de la météorologie à dialoguer plus activement avec les utilisateurs, dont le Conseil Supérieur de la Météorologie est le représentant.

C'est donc avec plaisir que je participe à la 36ème assemblée plénière de cette instance, en y intervenant pour la première fois en tant que Président.

J'attache beaucoup d'importance à ce que le service public de la météorologie rende au citoyen français tous les services que permettent les techniques d'aujourd'hui.

Comme ministre des Transports, j'ai pu apprécier comment, grâce à Météo France, l'alerte précoce a permis de prendre les mesures adéquates sur les routes et autoroutes, sur le réseau ferré et sur les aéroports lors des épisodes neigeux de cet hiver. C'est dans de telles situations qu'on mesure pleinement le rôle très important du service météorologique pour la sécurité des personnes et des biens et pour l'activité économique.

Le rôle du CSM La composition du Conseil Supérieur de la Météorologie elle-même est la preuve que de très nombreux secteurs d'activités sont concernés par la météorologie.

C'est dire tout l'intérêt de cette instance de concertation.

Météo France doit être à l'écoute des attentes des utilisateurs. Organisme chargé de développer les connaissances et les applications d'une discipline en pleine évolution, il doit aussi communiquer sur ses possibilités et ses compétences.

Je me réjouis de voir que ce dialogue constructif et fructueux se déroule chaque année dans les réunions du Conseil et au sein de ses 11 commissions.

J'ai pris connaissance des 37 recommandations adoptées ce matin. Ces recommandations constituent souvent des défis à relever pour les chercheurs, les ingénieurs, les prévisionnistes. Vous pouvez cependant, je le sais, compter sur la mobilisation de l'ensemble des agents de Météo France pour aller dans le sens de vos demandes. Je note d'ailleurs que les recommandations du CSM sont très souvent satisfaites.

Météo France en 2006

L'amélioration des services est au coeur des préoccupations de Météo France. L'établissement a engagé au cours des dernières années une démarche qualité qui aboutira dans les semaines qui viennent à la certification officielle « ISO 9001 ».

Je tiens à féliciter le personnel de l'établissement qui s'est beaucoup investi pour la réussite de cet objectif. En accédant à cette marque de reconnaissance, témoignage de son engagement à s'adapter, se perfectionner, s'organiser au service de ses usagers, Météo France s'inscrit résolument dans la démarche de modernisation du secteur public.

Cet investissement va porter ses fruits : dès cette année, il devrait faciliter la réussite de la certification de Météo France comme prestataire national de service météorologique aéronautique dans le cadre du « Ciel unique » européen. C'est un objectif primordial pour Météo France qui consacre une partie importante, environ 30% de ses ressources humaines et de ses moyens techniques, au secteur aéronautique.

Un autre objectif important pour Météo France en 2006 est le lancement du renouvellement de son super calculateur. C'est un choix nécessaire et important : l'augmentation de la puissance de calcul reste un facteur déterminant pour améliorer la qualité de la prévision ou de la simulation climatiques.

Les orientations à long terme

Si le futur immédiat de Météo France se trouve bien tracé dans le cadre du contrat d'objectifs jusqu'en 2008 inclus, j'engage l'établissement Public à travailler d'ores et déjà à une réflexion collective approfondie sur la période suivante. Cette réflexion devra évidemment tenir compte des avancées scientifiques, mais aussi des éléments extérieurs avec, en premier lieu, la dimension internationale.

A ce titre, je me félicite du rôle très important joué par les scientifiques issus du service météorologique français dans les organisations internationales ou européennes.

Il conviendra, dans les prochaines années, de :
définir la position de Météo France dans le débat sur la stratégie européenne en matière de prévision numérique.
alimenter la réflexion sur le futur du programme d'observation européen EUCOS.
jouer un rôle de plus en plus actif dans l'étude du changement climatique en apportant une contribution à l'effort international orchestré par le Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'évolution du Climat (GIEC).

Météo France joue en effet un rôle important pour guider la stratégie nationale de développement durable, par sa contribution à la surveillance et à la prévision environnementale.

Je voudrais également souligner que Météo France est un service public dont l'activité comprend bien sûr des missions régaliennes liées à la sécurité mais aussi une activité concurrentielle. Dans ce domaine, l'écoute des clients est évidemment essentielle pour continuer à progresser.

Météo France doit continuer à rester l'acteur de référence en météorologie au niveau national pour le grand public comme pour les professionnels. C'est à mes yeux un gage de la qualité et de l'efficacité du service rendu.

Le colloque CSM

Le thème du colloque de cet après-midi est au coeur du métier de Météo France, la prévision.

« Améliorer la prévision météorologique à toutes les échéances et à toutes les échelles » est l'un des objectifs majeurs de Météo France.

La météorologie a énormément progressé pour fournir à des échéances de plus en plus longues des prévisions de plus en plus fiables. Cependant, le domaine traditionnel de la prévision à courte échéance reste particulièrement important pour un grand nombre d'utilisateurs, en particulier pour les transports, l'environnement, l'agriculture, la sécurité et la vie quotidienne de chacun.

Dans ce domaine, Météo France est à l'aube d'une avancée décisive que vous allez découvrir, et c'est naturellement au Conseil Supérieur de la Météorologie qu'en est faite, pour la première fois, la présentation.

En effet, une nouvelle époque va bientôt s'ouvrir, avec la mise en service d'un modèle de prévision de nouvelle génération. Ce modèle décrira très finement l'évolution des éléments responsables des phénomènes les plus difficiles à prévoir actuellement : orages, brouillard, chutes de neige... Il valorisera les investissements sur les réseaux d'observation mis en place ces dernières années : réseau de radars, réseau des stations automatiques, satellites Météosat de Seconde Génération.

Je salue les équipes de chercheurs et de développeurs grâce à qui Météo France va disposer d'un outil à la pointe de l'état de l'art. Avec le nouveau super calculateur, cet outil sera opérationnel en 2008.

Cette réussite scientifique doit maintenant être transformée en réussite pour Météo France et pour les utilisateurs de la météorologie.

Quel rôle pour le météorologiste dans ce nouvel environnement ? Comment faire évoluer l'organisation et les métiers ? Une réflexion interne a été lancée à juste titre par le PDG de Météo France sur cette problématique, si importante pour valoriser une innovation technologique qui doit être pleinement intégrée et prise en compte par l'ensemble du personnel. Les utilisateurs peuvent aussi contribuer à la réussite. Bien informés, ils peuvent orienter et stimuler les nouvelles applications qui pourront être développées. La table ronde qui clôturera l'après-midi vous conviera à un premier échange de ce type. Je ne doute pas qu'il sera fructueux et contribuera à stimuler Météo France pour la mise en oeuvre de nouveaux services innovants.

Le problème du brouillard est à cet égard exemplaire. Sa prévision est des plus difficiles. Cependant une concertation approfondie entre utilisateurs et météorologistes montre qu'en assortissant la prévision d'une indication sur son incertitude il est possible d'en accroître l'utilité. Ainsi, grâce à la concertation, au centre de laquelle est le CSM, nous tirons le meilleur parti de la prévision météorologique.

Conclusion Avant de terminer et d'ouvrir le colloque qui va suivre, je voudrais remercier les membres du Conseil et des commissions aujourd'hui présents. C'est grâce à eux que le Conseil entretient un dialogue fructueux entre le service météorologique et ses utilisateurs.

Je souhaiterais également saluer le Secrétaire Général du CSM, M. Daniel ROUSSEAU, qui fait valoir ses droits à la retraite. Je sais que la prévision numérique à Météo France lui doit beaucoup. Je voudrais également le remercier pour la manière dont il a renouvelé les travaux du CSM : ce colloque en est l'illustration.

Je voudrais également remercier les conférenciers du colloque, auxquels je cède la parole.

Merci à tous, et bons travaux !

Source http://www.transport.gouv.fr, le 20 avril 2006

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