Déclaration de M. Christian Poncelet, président du Sénat, sur l'implantation des Français en Suisse, l'éducation de leurs enfants et sur l'expérimentation du vote électronique pour l'élection à l'Assemblée des Français de l'étranger, Berne le 20 avril 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Poncelet, président du Sénat, sur l'implantation des Français en Suisse, l'éducation de leurs enfants et sur l'expérimentation du vote électronique pour l'élection à l'Assemblée des Français de l'étranger, Berne le 20 avril 2006.

Personnalité, fonction : PONCELET Christian.

FRANCE. Sénat, président ; FRANCE. UMP, sénateur

Circonstances : Voyage de M. Poncelet en Suisse lors de la VIIIème réunion de l'Association des Sénats d'Europe les 20 et 21 avril 2006 ; rencontre avec la communauté française à Berne le 20

ti : Monsieur l'Ambassadeur,
Mesdames et Messieurs les Conseillers de l'Assemblée des Français de l'Etranger,
Mesdames et Messieurs les Conseillers du Commerce extérieur,
Mesdames et Messieurs,
Chers compatriotes, Chers Amis,


Laissez-moi tout d'abord vous exprimer la joie que j'éprouve à vous rencontrer ici et en si grand nombre. Bien que de passage pour trop peu de temps à Berne, à l'occasion d'une rencontre des Sénats d'Europe, j'ai demandé à notre Ambassadeur de me ménager, comme je le souhaite toujours, un contact direct avec notre communauté expatriée.

Le Sénat est en effet l'instance suprême de représentation des Français établis hors de France, comme l'indique l'article 24 de la Constitution française.

Vous êtes ici quelque 150 000 inscrits au registre des Français de l'étranger, mais plus de 200 000 en réalité qui résidez ici de façon permanente, pour ne parler ni des 100 000 Français qui viennent travailler quotidiennement dans ce pays, ni des 15 à 20 000 de nos compatriotes qui s'y trouvent chaque jour en touristes. En circulant parmi vous, tout à l'heure, je pourrai m'informer plus directement de vos préoccupations. Elles sont légitimes même si la Suisse offre, à n'en pas douter, un cadre de vie à bien des égards enviable.

Un des traits de votre communauté est sa tradition associative : près d'une centaine d'associations vous réunissent et je tiens à saluer ceux qui, dans un monde trop individualiste, s'efforcent de maintenir la flamme de l'engagement citoyen et, pour les associations d'anciens combattants, celle du souvenir.

Le mouvement associatif est un élément fondamental du lien avec « la mère patrie » qu'il convient de préserver en suscitant l'implication de tous, notamment des jeunes. Au-delà des remous de l'actualité que l'on regarde, vu de l'étranger, d'un oeil différent de celui de la métropole, il importe en effet de cultiver ce lien par tous les moyens possibles.

A cet égard, une des questions qui sollicitent le plus vos responsables est, je le sais, l'animation d'un réseau scolaire français digne de ce nom. Vous êtes attachés à assurer à vos enfants la possibilité de suivre un parcours éducatif aussi proche que possible de la France, c'est-à-dire français, et vous avez pleinement raison.

En Suisse alémanique, une réponse a été donnée avec la création du Lycée français de Zurich, il y a maintenant 50 ans. Ici à Berne, l'Ecole française est plus jeune et doit encore atteindre le seuil critique du nombre d'élèves qui permet à un établissement de voler de ses propres ailes.

En Suisse romande, il existe un besoin, auquel répondent quelques institutions qui ont adapté leur cursus de manière à préparer au baccalauréat, comme à la maturité. A Genève même, la petite école française, avec ses 150 élèves, peine à satisfaire la demande, et pour le secondaire, il faut soit recourir au secteur privé, hors de prix, soit se diriger vers les établissements du pourtour français.

La réponse à ce problème réside-t-elle dans la construction d'un Lycée français ou dans l'extension d'établissements existants ? Je sais que cette question est complexe et qu'une étude de référence serait sans doute utile pour faire le point sur ce qui existe et sur ce qui pourrait être fait.

Je m'associe en tout cas à la préoccupation des parents d'élèves et de vos élus qui rappellent en toute occasion qu'il y a là un problème qu'on ne saurait négliger.

Nombre de nos compatriotes sont placés par leur travail au coeur de l'activité économique et sociale du pays, certains à des postes de responsabilité.

Je salue à cet égard l'implication de nos 63 Conseillers du commerce extérieur qui, en animant les échanges commerciaux, soutiennent les efforts d'exportation de nos industries, de nos sociétés de services, et les font bénéficier des potentialités du marché, exigeant certes, mais proche, familier et fidèle. J'ai également pris connaissance avec intérêt d'initiatives telles que le « prix du jeune entrepreneur » qui entretient la motivation à la création d'entreprise chez nos jeunes. Audace et jeunesse peuvent aller de pair.

Au-delà du cercle de ces acteurs, je tiens à saluer le rôle que, vous tous, jouez dans les relations franco-suisses, avec votre compétence et votre savoir-faire. Vous incarnez la présence de la France et êtes, vous aussi, des Ambassadeurs de notre pays en Suisse.

J'ai commencé en évoquant le rôle du Sénat et des douze sénateurs des Français établis hors de France dans votre représentation dans l'hexagone.

Permettez-moi donc de saluer maintenant vos représentants, les Conseillers de l'Assemblée des Français de l'Étranger. Au nombre de six pour la circonscription électorale de Suisse et du Liechtenstein, ils ont été élus par vous. Leur rôle est de relayer vos intérêts, d'être auprès des autorités françaises vos interprètes. De nouvelles élections se tiennent le 18 juin et j'entends qu'ils s'engagent pleinement dans la campagne électorale en vous informant selon les modalités qui conviennent dans un pays étranger jaloux de sa souveraineté.

Quant à vous, mes chers amis, je ne puis que vous appeler à participer en grand nombre à ce scrutin. C'est en effet le gage d'une saine démocratie, et je dis cela au pays de la démocratie directe. L'élection à l'Assemblée des Français de l'Étranger constituera en outre, cette année, le « banc d'essai » du vote électronique en France. Je suis certain qu'ici vous montrerez la voie pour cette expérience de modernisation de notre vie publique.

Pour conclure, laissez-moi vous dire que j'éprouve à titre personnel une affection toute spéciale pour les quelque deux millions de Français qui ont fait un jour le choix de vivre à l'étranger, celui de l'ouverture sur les autres et parfois du « grand large », au prix toujours méritoire de l'arrachement aux habitudes.

Le Sénat ne les oublie pas.

J'ai pris cette année l'initiative d'organiser au Sénat, le 4 mars 2006, une manifestation à l'intention de l'ensemble des Français établis hors de France, qui avait pour thème « L'expatriation une chance pour la France ».

Elle a rencontré un vif succès et j'en suis heureux. Mais au-delà, elle a mis le doigt sur les progrès qui restaient à réaliser pour que s'expatrier ou se réinsérer en France ne soient pas sur les plans administratif, fiscal et social des épreuves, mais des étapes normales et valorisantes de parcours professionnels et personnels. Il reste, j'en suis conscient, de nombreux chantiers à mener à bien. Tous ensemble, nous devons nous y atteler.

En formant des voeux pour votre épanouissement personnel et professionnel, je vous adresse, chers compatriotes, l'amical salut du Sénat.


Vive la France !
Vive la Suisse !
Vive l'amitié franco-suisse !

Source http://www.senat.fr, le 28 avril 2006

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