Interview de M. Christian Jacob, ministre de la fonction publique, à RTL le 8 mai 2006, sur le climat politique et les rumeurs de remaniement gouvernemental, et sur le projet de réforme de la gestion des ressources humaines dans la fonction publique. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Christian Jacob, ministre de la fonction publique, à RTL le 8 mai 2006, sur le climat politique et les rumeurs de remaniement gouvernemental, et sur le projet de réforme de la gestion des ressources humaines dans la fonction publique.

Personnalité, fonction : JACOB Christian, APHATIE Jean-Michel.

FRANCE. Ministre de la fonction publique;

ti : Q- Jean-Michel Aphatie : Bonjour,
Christian Jacob. Vous êtes dans les locaux de RTL, ce matin. Vous êtes

encore ministre ?

R- Christian Jacob : Oui ! D'ailleurs, je crois que c'est un peu pour

cela que vous m'invitez.

Q- Oui, mais comment vivez-vous ces rumeurs de remaniement ? Vous vous

dites que ça va bientôt se terminer ?

R- Il y a une personne, en France, qui est habilitée à parler de cela :

c'est le président de la République. Et je crois que, dans ce domaine,

les choses sont très claires. Le président de la République a dit que

le remaniement ministériel n'était pas à l'ordre du jour, qu'il a

confirmé sa confiance, pleine et entière, au premier ministre, à sa

majorité. Fin du débat.

Q- On en a entendu tellement des gens dire que rien ne va bouger. Il y

a trois semaines, un mois on me disait qu'on ne retirera jamais le CPE

! Et puis, voyez ! C'est un peu pareil, le remaniement...?

R- Il y a ce qui est de l'ordre de la rumeur - il y a ce que certains

se plaisent à attiser - et puis, il y a la réalité des faits. La

réalité des faits, c'est que la confiance entre le président de la

République et le premier ministre est totale, et donc, aujourd'hui, de

continuer. Le premier ministre est au travail, on y est tous. Et voilà

! Et c'est la seule ligne qui compte.

Q- Vendredi matin, Jacques Chirac a reçu Nicolas Sarkozy.

R- Et vendredi après-midi, Dominique de Villepin était à Provins. Ça

aussi c'est important !

Q- C'était important aussi. Le journal "Le Monde" disait ceci :

"Jacques Chirac a dit à Nicolas Sarkozy: 'Si tu penses que tu peux

aller à Matignon pour finir le quinquennat, réfléchis-y. On en reparle

la semaine prochaine'". On invente ces phrases-là ?

R- Je pense !

Q- Totalement ?

R- Je pense qu'on les invente totalement. Parce que je pense que, ni le

journaliste du "Monde", ni personne d'autre, n'assistait à cet

entretien. Et la seule parole qui vaut, c'est celle du président de la

République dans ce domaine.

Q- Le journaliste du "Monde", en l'occurrence, a bien dû recueillir la

parole auprès de quelqu'un ?

R- Je ne vais pas me permettre de critiquer vos confrères, mais

simplement, chacun la liberté et la responsabilité de ses propos, et ce

n'est pas le journal "Le Monde" qui est chargé d'être porte-parole de

la présidence de la République.

Q- Mais quand vous lisez des phrases comme cela, vous ne vous dites pas

qu'il y a quelque chose qui se prépare, qu'il y a quelque chose qui est

sur le feu ?

R- Je me dis que c'est le moment de la rumeur et de la polémique, et

que l'essentiel n'est pas là. Et vous savez, quand Dominique de

Villepin était justement à Provins, je regrette que votre emploi du

temps ne vous aie pas permis de venir.

Q- C'était vendredi dernier.

R- Parce que vous auriez vu ce qu'était un accueil populaire d'un

premier ministre. Au moment où il est confronté à de grandes

difficultés - et bien, croyez-moi - ce que les gens lui ont dit c'est

de tenir, c'est de tenir bon, de dire qu'ils étaient derrière lui.

Alors, c'est cela, la vie politique. C'est, effectivement, les

éditoriaux de quelques journalistes, ce sont les rumeurs politiciennes.

D'ailleurs, à qui profite le crime, aujourd'hui, de tout ça ?

Q- Bonne question !

R- Je crois que le crime profite très largement à la gauche, qui est

complètement empêtrée dans ses divisions, cette "ségalomania", en

quelque sorte, sans aucun projet, sans aucune proposition et, ma foi,

c'est un peu l'arbre qui cache la forêt. Donc, revenons à l'essentiel :

au travail gouvernemental.

Q- Quand vous avez posé la question "A qui profite le crime ?", je

croyais que vous alliez répondre : "à Nicolas Sarkozy"

R- Voyez, vous alliez être en train d'attiser la rumeur !

Q- C'est le défaut des journalistes, d'attiser la rumeur. Comment

relance-t-on l'action gouvernementale ? Si rien ne change, si rien ne

bouge : après le choc du CPE, le choc de l'affaire Clearstream, comment

un gouvernement, sans rien changer, relance-t-il son action, Christian

Jacob ?

R- Ce n'est pas sans rien changer parce que, je crois qu'il faut, là

aussi, en tirer les conséquences : de chaque crise, il faut savoir

tirer les conséquences. Remettre l'équipe gouvernementale au travail,

c'est ce que le premier ministre a fait, à l'occasion du dernier

séminaire, la semaine dernière. Je pense qu'il va y en avoir d'autres,

dans les jours qui viennent, où chacun est mobilisé sur les dossiers

qui sont les siens. Pour mon cas, c'est sur la Fonction publique. On

est en train de préparer les conférences "gestion des ressources

humaines", ministère par ministère. Jean-Louis Borloo, dans son

domaine, est mobilisé. L'ensemble des ministres le sont, et c'est comme

cela qu'on redémarre : par le fond.
Parce que, finalement, ce que les français attendent, ce sont les

résultats, et les résultats arrivent. 7% de diminution du chômage

depuis que Dominique de Villlepin est à Matignon : ce sont des

résultats concrets. Une politique du logement sans précédent depuis les

vingt-cinq dernières années : c'est du concret. L'attractivité de la

France qui fait que notre pays est le deuxième pays d'attraction des

capitaux extérieurs, sur le plan économique : c'est aussi du concret.

Et c'est sur cette voie-là qu'il faut continuer.

Q- Au fond, tout va bien. On se demande pourquoi vous avez autant de

problèmes !

R- Non, il faut, au contraire, se remobiliser davantage, et je crois

que les perspectives ne sont pas aussi noires que l'on veut bien nous

l'annoncer.

Q- Vous parliez de la fonction publique. Puisqu'on est en plein début

de préparation du budget, pour 2007, combien de postes ne seront pas

renouvelés dans la fonction publique, Christian Jacob ?

R- Tout d'abord, sur la fonction publique, une première remarque. Grâce

à Dominique de Villepin, depuis huit ans il n'y avait jamais eu un

accord de signé entre les représentants des syndicaux et des

fonctionnaires, et un gouvernement quel qu'il soit, qu'il soit de

gauche comme de droite. Dominique de Villepin a été le premier à

réussir à boucler cet accord. C'est un accord sur le salaire, mais

c'est aussi un accord sur la partie sociale, c'est-à-dire de prendre en

compte la situation individuelle des fonctionnaires, d'assurer leur

promotion, leur déroulement de carrière. C'est une véritable

revalorisation pour les agents de la Fonction publique.

Q- Et pour 2007 ?

R- Ensuite, sur les effectifs : les Français sont, par nature, un peu

ambivalents sur ce sujet. C'est-à-dire, spontanément on vous dit qu'il

y a trop de fonctionnaires, qu'il en faut beaucoup moins. Mais, en même

temps, on vous dit : comment se fait-il qu'il n'y a pas un policier en

permanence dans ma rue ? Comment se fait-il qu'il va manquer un

enseignant dans mon école ? Ou comment se fait-il que je vais manquer

d'infirmières, lorsque mon grand-père ou ma grand-mère se fait

hospitaliser ? Donc, il y a des postes où l'on peut assurer les

missions de l'État avec moins d'agents, et il y aura des diminutions.

Et il y a des postes où, au contraire, il faut davantage d'agents.

C'est pour cela que nous avons engagé les "conférences gestion de

ressources humaines" et qu'en ce moment, ministère par ministère, on

est en train de faire le point sur les départs à la retraite, les

prévisions de recrutement, les modes de recrutement, l'appel aux

services extérieurs ou, au contraire, accélérer le déroulement des

agents qui sont en place.

Q- Et l'absence de renouvellement de postes, il est trop tôt pour

donner un chiffre ?

R- Mais on est en train d'y travailler en ce moment : c'est ce que nous

faisons au quotidien.

Q- Vous avez pris du retard ?

R- Non. On est sur le bon calendrier puisque le premier ministre nous

avait demandés, à Jean-François Copé et à moi-même, d'organiser ces

conférences à partir de fin février : ce que nous avons fait sur le

mois de mars, le mois d'avril. Et maintenant, nous passons à une

deuxième étape et nous seront prêts pour la fin du mois de mai ou le

début du mois de juin.

Q- Alain Juppé, hier, a indiqué, sur son blog, qu'il n'avait aucune

intention de reprendre des responsabilités nationales. Il va vous faire

défaut. Certains disaient qu'il viendra donner un coup de main.

R- Tout d'abord, nous portons tous beaucoup d'affection à Alain Juppé.

Je pense que, le moment venu, sans doute prendra-t-il des

responsabilités. C'est sa décision.

Q- Il dit que non.

R- Laissons-le, c'est lui qui décide, et je lui fais confiance pour

prendre la bonne décision.

Q- "Si tu penses que tu peux aller à Matignon pour finir le

quinquennat, réfléchis-y. On en reparle la semaine prochaine". Donc,

ils en reparleront cette semaine.

R- C'est à moi que cela s'adressait.

Peut-être ! C'est une information alors ! Christian Jacob, ministre de

la Fonction publique, qui devrait reparler de quelque chose avec

Jacques Chirac, cette semaine. Bonne journée !


Source:premier-ministre, Service d'information du gouvernement, le 9

mai 2006

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