Interview de M. François Baroin, ministre de l'outre-mer, à La Chaîne info le 11 mai 2006, sur la mise en cause de D. de Villepin et N. Sarkozy dans l'affaire Clearstream, sur la commémoration de l'abolition de l'esclavage et sur le projet de loi sur l'immigration. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. François Baroin, ministre de l'outre-mer, à La Chaîne info le 11 mai 2006, sur la mise en cause de D. de Villepin et N. Sarkozy dans l'affaire Clearstream, sur la commémoration de l'abolition de l'esclavage et sur le projet de loi sur l'immigration.

Personnalité, fonction : BAROIN François.

FRANCE. Ministre de l'outre-mer

ti : LCI : Le président de la République a renouvelé, hier, sa confiance à D. de Villepin. Pour vous, est-ce qu'il s'agit d'un sursis ou bien d'un CDI, en tout cas, un CDD jusqu'à la prochaine
présidentielle ?

François Baroin : Pour l'avoir entendu, c'est une confiance sans égale : une confiance à D. de Villepin, une confiance au Gouvernement, et puis, également, une volonté que chaque ministre fasse son travail dans son secteur d'intervention. C'est une confiance durable.

LCI : Vous vous souvenez de ce qu'avait dit J. Chirac à quelques jours du retrait du CPE : "Pas question de renoncer, D. de Villepin a toute ma confiance pour faire passer cette réforme". On se souvient de la suite... Donc, quelle crédibilité donner aux propos, hier, du président de la République ?

François Baroin : Pour le connaître et pour l'avoir entendu, je peux vous dire qu'il était très déterminé. Lorsque le président de la République dénonce "la dictature de la rumeur", il le pense profondément, et objectivement, comme tous les Français - le pays est un peu animé par cette histoire depuis une dizaine de jours -, plus personne n'y comprend rien. Donc, je crois qu'il faut replacer, au fond, les secteurs et les responsabilités dans un ordre qui est un peu plus naturel. La justice est saisie sur cette affaire, les magistrats instructeurs travaillent. Qui peut dire le droit ? C'est vous, c'est moi ? Ce sont les juges. Qui peut dire la vérité ? C'est vous, c'est moi ? Ce sont les juges. Laissons les juges travailler, laissons le Gouvernement travailler, c'est aussi ça le message du Président de la République.

LCI : Sans doute, mais on ne peut pas réduire tout à la calomnie ou à la rumeur, il y a des dépositions devant des juges qui ont d'ailleurs été - on peut peut-être le regretter - publiées dans les journaux, qui disent des faits.

François Baroin : "On peut peut-être le regretter..." Cela va peut-être vous surprendre, mais lire tous les matins dans le journal le secret de l'instruction, ça continue de m'étonner. Je n'y comprends plus rien dans cette histoire et je crois que comme tous les Français, plus personne n'y comprend rien. Que des gens soient entendus dans le cadre d'une instruction, que cela se retrouve le lendemain dans la presse, démenti quelques heures plus tard... C'est bien la raison pour laquelle entre la part de vérité que chacun souhaite, à l'exception peut-être du corbeau qui a déployé ses ailes noires dans cette histoire, tout le monde veut la vérité. Qui pourra dire la vérité ? Sauf les juges qui, sérieusement, pourra dire le droit, sauf les juges ? La justice, elle travaille

LCI : Lorsqu'un proche du général Rondot, en l'occurrence le journaliste S. Denis, explique que N. Sarkozy a été prévenu beaucoup plus tôt qu'il ne le dit de cette affaire ; vous, connaissant bien N. Sarkozy, est-ce que vous le pensez ?

François Baroin : Je n'y connais rien. Je lis comme vous les journaux, j'écoute la radio, je regarde LCI, je m'informe comme tout le monde, mais je n'y connais rien et je n'y comprends rien. Et pour y comprendre quelque chose, aux juges de le dire. Et le Gouvernement, et croyez-le très fortement, est mobilisé sur sa tâche quelle que soit, c'est vrai, l'agitation autour de cette affaire Clearstream.

LCI : Alors, revenons à, effectivement, des faits...

François Baroin : Que ce soit des propos d'instruction, que ce soit des propos d'escalier ou d'ascenseur, c'est aux magistrats de dire si c'était l'escalier, l'ascenseur ou dans le palais que la vérité s'est prononcée.

LCI : Mais revenons donc à des faits : c'est par exemple la faible popularité ou, plus exactement, la impopularité du Premier ministre aujourd'hui. Est-ce que vous pensez qu'il peut arriver à gouverner, à accélérer son action comme le souhaite le Président de la République, avec le soutien, pratiquement, d'un Français sur cinq ?

François Baroin : Mais dans ces conditions, on ne fait plus rien. On regarde le sondage et on change de gouvernement. Il suffit qu'il y ait une crête et on lui maintient une confiance pour toute une législature, et ensuite un creux dans la courbe sinusoïdale, et on dit que c'est terminé. Dieu merci, ce ne sont pas les sondages qui conditionnent le choix d'une action gouvernementale, et Dieu merci, c'est un scrutin électoral, c'est-à-dire la parole démocratique qui permet ou non de changer d'orientation politique. Dans l'intervalle, l'expérience, et de D. de Villepin et de J. Chirac, et de bon nombre de membres du Gouvernement c'est de tenir sur une ligne très simple : une méthode : l'action ; un calendrier : fin 2006, une année utile, et puis une priorité, c'est l'emploi.

LCI : Vous avez remarqué qu'en dépit de la confiance renouvelée du président de la République à D. de Villepin, les rumeurs de changement de Premier ministre continuent de circuler. Et puis, les rumeurs continuent de circuler sur l'éventuel nom d'un remplaçant et hypothèse avancée, pourquoi pas, la génération des plus jeunes, et l'on vous cite. Si vous étiez sollicité, vous iriez ?

François Baroin : C'est une plaisanterie ! Le ridicule ne tue pas, sauf peut-être en politique... Je suis très fier d'appartenir au gouvernement de D. de Villepin, c'est un homme qui a beaucoup de courage, qui a une vraie structure intérieure, qui fait face à l'adversité avec le sens de l'Etat, et nous devons tous travailler à ses côtés et les animations sur les rumeurs, tout ça, ce sont des fariboles.

LCI : Les amis de N. Sarkozy - ce n'est pas une rumeur - évoquent un possible départ de N. Sarkozy du Gouvernement. Pour vous, ce serait regrettable ou ce serait souhaitable ? Vous êtes conseiller politique, si je ne me trompe, du président de l'UMP ?

François Baroin : Vous êtes formidablement informé.

LCI : Qu'est-ce que vous lui conseillez ?

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