Déclaration de M. Dominique de Villepin, Premier ministre, sur la motion de censure du PS contre le gouvernement et sur le bilan de l'action du gouvernement et de la majorité, à l'Assemblée nationale le 16 mai 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Dominique de Villepin, Premier ministre, sur la motion de censure du PS contre le gouvernement et sur le bilan de l'action du gouvernement et de la majorité, à l'Assemblée nationale le 16 mai 2006.

Personnalité, fonction : VILLEPIN Dominique de.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Débat sur la motion de censure, à l'Assemblée nationale le 16 mai 2006

ti : Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,


Pourquoi déposez-vous aujourd'hui une motion de censure ? Au nom de qui ? Au nom de quoi ? Au nom de la calomnie, au nom du mensonge, au nom de la rumeur. Ne l'oubliez jamais, M. HOLLANDE : la calomnie nourrit la calomnie. Le mensonge nourrit le mensonge. La rumeur est une bête qu'on ne rassasie jamais.

Aujourd'hui nous voyons les attaques : demain ce seront d'autres, mais ce sera toujours notre République, la démocratie qui seront touchées. Je pourrais facilement évoquer les affaires de vos gouvernements successifs : mais je refuse ces polémiques, je refuse ces procédés de basses oeuvres qui jettent le discrédit sur la politique et font le jeu des extrêmes.

Aujourd'hui dans vos raccourcis, dans vos charges haineuses, dans vos petits appétits aiguisés tout est bon pour alimenter les chaudières du soupçon. Il est de grands absents au coeur de vos discours, la France comme les Françaises et les Français. Seul Bernard Accoyer s'en est préoccupé.

Que tous ceux qui s'apprêtent à voter cette motion de censure en aient conscience : ils ne votent pas contre un gouvernement, ils votent en faveur de l'affaiblissement de l'Etat de droit. Je le dis à M. BOCQUET, je le dis à M. BAYROU, qui dans la confusion du moment choisit un camp qui n'est pas le sien, un camp qui n'est pas celui de sa famille politique et de tous ceux qui l'ont élu. M. BAYROU, nous avons des différences, nous avons même parfois des désaccords. Mais je vous le dis avec franchise : jamais je n'aurais pensé vous trouver sur ce chemin de hasard et de circonstances.

Aujourd'hui l'essentiel c'est de revenir, sous l'autorité du Président de la République, aux règles fondamentales de l'Etat de droit.

L'Etat de droit, c'est une justice qui travaille avec rigueur et en toute indépendance. Que voit-on aujourd'hui ? Le secret de l'instruction bafoué, les procès verbaux divulgués dans les journaux, des notes et des écoutes téléphoniques rapportées, colportées, tronquées, la présomption d'innocence foulée aux pieds tous les jours. Lorsqu'il n'y a plus de retenue, il n'y a plus de sérénité. Et lorsqu'il n'y a plus de sérénité, il n'y a plus de justice.
L'Etat de droit, c'est la défense des institutions : c'est lorsque chacun exerce ses responsabilités à sa place et en conscience. Oui, ses responsabilités : et cela veut dire aussi défendre les intérêts de la Nation, faire vérifier des informations sensibles lorsque cela est nécessaire, prévenir les manipulations. Gouverner, ce n'est pas se laver les mains de tout ce qu'il y a de difficile, ce n'est pas fermer les yeux sur les réalités des hommes et du monde. Gouverner, c'est faire son devoir et assumer ses responsabilités.
L'Etat de droit, c'est la crédibilité des responsables politiques : la démocratie française a connu trop d'affaires qui ont nourri le soupçon. Votre espoir M. HOLLANDE, ce serait que cette campagne s'ajoute aux autres, à toutes celles que votre parti a connues et qui ont miné chaque fois un peu plus la confiance de nos concitoyens. Votre rêve M. HOLLANDE, ce serait que cette campagne remédie à l'absence de projet socialiste : je ne laisserai pas passer cette imposture.
L'Etat de droit enfin, c'est le respect du peuple, de son expression démocratique et des échéances fixées par la Constitution. Notre démocratie veut d'abord des décisions et des résultats. Jusqu'au dernier jour fixé par nos institutions, chacun travaillera au service des Français. Oui, nous traversons une épreuve. Mais le gouvernement y fera face, notre majorité y fera face, parce que notre objectif à tous c'est la vérité et la justice.

Avec Bernard ACCOYER et ma majorité nous avons une ambition, nous avons une préoccupation : répondre aux attentes des Français et servir l'intérêt général. Depuis 2002, nous avons engagé avec Jean-Pierre RAFFARIN la modernisation du pays : la réforme de l'assurance maladie, la réforme des retraites, l'immigration choisie, la lutte contre le chômage, nous l'avons fait. Vous critiquez, nous proposons. Vous parlez, nous agissons. Nous sommes au travail, avec le Gouvernement, avec la majorité, pour construire un avenir meilleur pour tous les Français.

Je dis bien : pour tous les Français. Et d'abord pour tous ceux qui souffrent, tous ceux qui sont dans l'exclusion, tous ceux qui dans notre pays développé n'ont droit à rien ou à si peu et dont vous n'avez à aucun parler M. Hollande.

Je me suis encore rendu la semaine dernière au Samu social. Ces hommes et ces femmes sont bien loin de vos querelles : ce qui compte pour eux, c'est d'avoir un toit, un emploi, une perspective d'insertion dans notre société.
C'est bien ce que nous faisons depuis des mois avec Catherine VAUTRIN, c'est bien ce que nous continuerons à faire : nous fixerons des objectifs précis de réduction de la pauvreté, nous expérimenterons localement des moyens nouveaux pour que les titulaires du RMI trouvent rapidement un emploi, nous mettrons en place un accompagnement personnalisé pour les familles qui n'arrivent pas à s'en sortir, nous donnerons des garanties réelles sur les droits fondamentaux comme l'accès aux soins ou au logement. En 25 ans. Faut-il le rappeler, il n'y a jamais eu autant de mises en chantier dans notre pays, il n'y a jamais eu autant de logements sociaux en construction : voilà des réponses concrètes, voilà des réponses justes.
A vous tous qui représentez la France, à vous qui représentez chacun des Français, je veux dire que mon engagement va d'abord vers tous ceux qui ont les difficultés les plus grandes dans notre société, tous ceux qui comptent sur nous pour améliorer leur vie quotidienne, tous ceux -volontaires, responsables d'associations ou fonctionnaires - qui consacrent leur temps et leur énergie à secourir les plus faibles. Un peu plus d'humanité dans la politique, un peu moins de calcul M. Hollande. Voilà comment avec le gouvernement et la majorité nous concevons notre action.

Face à l'emballement de la rumeur, nous continuerons notre travail, avec méthode, avec calme, avec persévérance. Rien ne détournera le gouvernement de sa tâche et du cap fixé par le Président de la République :

Avec une priorité : l'emploi. Depuis des mois, jour après jour, semaine après semaine, nous faisons reculer le chômage dans notre pays : nous avons près de 200 000 demandeurs d'emploi en moins, et nous poursuivrons dans cette voie. Je veux ici rendre hommage à Jean-Louis BORLOO et à Gérard LARCHER : c'est grâce à leur travail, c'est grâce au travail de tous les agents du service public de l'emploi, que le chômage aujourd'hui baisse en France.
Et il continuera à baisser, parce que depuis des mois nous faisons le nécessaire avec Thierry BRETON, avec Jean-François COPE, avec Renaud DUTREIL, pour relancer la croissance et permettre aux entreprises de se développer dans notre pays. Vous dites, M. HOLLANDE, que vous ne voyez pas nos résultats : je vous dis que la croissance cette année forcera toutes les prévisions et dépassera les 2%, je vous dis que nous sortirons plus forts et plus confiants de ces années de réforme conduites par notre majorité. La France a de l'imagination et de la volonté. Elle cultive un véritable esprit d'entreprise. Pendant trop longtemps, les errements de la gauche plurielle ont bridé cet esprit d'entreprise. Vous avez accablé de taxes, de formalités et de contraintes administratives une vie économique qui ne demandait qu'à se développer. Les Français veulent vivre mieux, avec plus de pouvoir d'achat : ils savent que cela dépend de la réussite de nos entreprises. Ils savent aussi que cela suppose un partage plus juste des résultats : le développement de la participation et de l'intéressement répond exactement à cet objectif, comme la création des dividendes du travail. Plus d'argent, mais aussi plus de responsabilité pour les salariés dans les entreprises, voilà ce que nous voulons. Un travail qui paie, un travail qui valorise, un travail qui protège et qui grandit, voilà ce que nous construisons.
Nous le construisons pour aujourd'hui, nous le construisons pour demain : les décisions sans précédent que nous avons prises en faveur de la recherche et de l'innovation nous permettront de garder une longueur d'avance dans l'économie de la connaissance. Car il y a bien un choix à faire. Il y a bien un choix à faire entre un pays qui stagne et un pays qui progresse. Ce choix, notre majorité l'a fait : nous avons été hier les pionniers du nucléaire, du spatial, des transports à grande vitesse. Soyons demain les pionniers des sciences de la vie, des nanotechnologies, des nouvelles technologies de l'information, des énergies propres. Soyons en avance sur notre temps pour que les Français vivent mieux : avec des hôpitaux plus performants, des entreprises mieux armées pour conquérir les marchés les plus porteurs, un environnement protégé.
Ces priorités se traduiront dans un calendrier de travail resserré et concerté avec notre majorité, que vous présentera Henri CUQ.

La France que nous voulons bâtir, c'est une France plus juste, plus unie et plus confiante dans son avenir. C'est une France fière de ses valeurs et de son identité en Europe et dans le monde.

Notre première exigence, c'est de renforcer l'autorité de l'Etat :

C'est vrai en matière de sécurité : ce que notre majorité a fait depuis 2002, la gauche l'a négligé pendant cinq ans, prenant les peurs des Français pour des fantasmes et des illusions. Aujourd'hui, la délinquance recule, la sécurité progresse. Et pourtant il reste beaucoup à faire pour que tous les Français et notamment les plus modestes d'entre eux, se sentent en sécurité partout sur le territoire. Notre pays vient de vivre des drames bouleversants avec la mort de deux enfants. Est-ce que nous pouvons faire comme si de rien n'était ? Est-ce que nous devons nous résigner ? Certainement pas. Avec Nicolas SARKOZY, nous prendrons les décisions qui s'imposent en particulier sur le suivi des délinquants sexuels. Nous sommes déterminés à faire le nécessaire pour protéger nos enfants.
C'est vrai aussi en matière de justice : garantissons à la justice toute sa place dans notre démocratie. Nous le savons tous, il faut poursuivre notre effort en faveur de cette institution. Mais il s'agit aussi de renforcer la confidentialité de l'instruction, la rapidité des décisions des juges et l'applicabilité effective des peines. Le remarquable travail qui a été accompli par la commission d'enquête parlementaire sur le drame d'Outreau permettra de dégager de vraies solutions qui sont attendues aussi bien par nos concitoyens que par les magistrats eux-mêmes. Les Français demandent une justice qui les protège : ne perdons pas de temps pour faire les réformes qui s'imposent et apporter les indispensables améliorations. C'est la tâche que le Président de la République nous a confiée avec Pascal CLEMENT.
C'est vrai enfin en matière d'immigration : posons clairement, comme vous le souhaitez vous-même M. HOLLANDE, les termes du débat de société. Soit nous estimons que notre pays peut être ouvert sans aucune protection, victime d'abus, de trafics, de détournements de droit. Dans ce cas, il n'y a qu'à laisser faire, laisser passer, il n'y a qu'à régulariser tous les clandestins comme le demandent certains membres de votre parti : c'est votre politique. Soit nous prenons les mesures nécessaires pour lutter contre les mariages de complaisance, pour éradiquer le travail illégal, pour nous assurer que les familles que nous avons accueillies dans notre pays disposent des ressources nécessaires pour y vivre dans de bonnes conditions : c'est notre politique, de fermeté, mais aussi d'humanité. Elle est la condition d'une bonne intégration des populations immigrées. Elle est la condition de l'égalité des chances.

Car notre deuxième exigence, c'est bien de donner une chance à tous. Plus que jamais, la France a besoin de plus de mobilité, de plus de justice sociale. Pour chacun, la possibilité de monter. Pour chacun, la perspective de vivre mieux. Pour chacun, les moyens de réussir :

Pour cela, la priorité nous le savons, c'est l'éducation : au coeur de notre pacte républicain, il y a l'école, il y a tous nos enseignants, professeurs, maîtres de conférence, qui travaillent sans relâche à l'éducation en France. C'est à nous, avec Gilles de ROBIEN et François GOULARD, de leur donner les moyens de faire réussir chacun de nos enfants : la mise en place du socle de connaissances, le renforcement des moyens pour les zones d'éducation prioritaire, l'ouverture du grand débat national sur le lien université - emploi, voilà les premières pierres de notre édifice commun. Que voulons-nous ? Que les promesses républicaines soient tenues : que chacun dans notre pays, quelle que soit son origine, quel que soit son lieu de résidence, puisse être certain que son enfant aura les mêmes chances de réussir que les autres. Une aide personnelle en cas de difficultés, une orientation réussie, un bagage de connaissances pour la vie, des valeurs civiques, des règles de tolérance et de respect, voilà ce que l'Education nationale doit offrir à tous les jeunes citoyens de notre pays. Et c'est ce que nous faisons. Une université qui garantit une bonne insertion professionnelle, une université d'excellence, ouverte à tous grâce à des bourses plus équitables et plus généreuses, voilà ce que nos étudiants sont en droit d'attendre de nous. Et c'est ce que nous faisons.
Il y a quelques jours j'étais à Londres. J'ai rencontré de jeunes Français de tous horizons qui sont allés tenter leur chance là-bas. Je suis fier que les jeunes de notre pays s'ouvrent à l'Europe et au monde. Mais notre avenir se joue ici et maintenant. C'est en France d'abord que tous les jeunes Français doivent avoir envie de tenter leur chance, de construire leur vie, d'exprimer leur intelligence, leur enthousiasme, leur imagination. Tout est encore trop difficile et trop compliqué pour eux. Et tout le restera si nous ne passons pas enfin à une société du plein emploi, qui est une société de plus d'opportunités. Oui, je veux le redire avec force, l'égalité des chances passe par le plein emploi. Et le plein emploi passe par des choix courageux : les emplois aidés, l'accompagnement des jeunes les plus en difficulté par le dispositif défense deuxième chance mis en place avec détermination par Michèle ALLIOT-MARIE, tout cela est juste et nécessaire, tout cela marche. Mais nous ne pouvons pas nous en tenir là.
Nous devons trouver ensemble un nouvel équilibre entre la sécurité pour les salariés et la souplesse pour les employeurs, nous devons encourager la mobilité mais aussi l'encadrer et la protéger. Faisons-le avec mesure, avec discernement, en nous donnant le temps de la concertation et du dialogue. Mais faisons-le : le Contrat Nouvelles Embauches montre que nous en sommes capables. Avec le Contrat Première Embauche, j'ai voulu avancer dans le même sens, avec la conviction que cette mesure apporterait une aide réelle aux jeunes les moins qualifiés à qui aujourd'hui on ne propose pas assez. Je suis peut-être allé trop vite, mais je n'ai pas changé de conviction : nous avons besoin de vrais changements pour faire une place à chacun. Car le plein emploi n'est pas une illusion : nous avons été capables pendant des décennies de le construire et de le préserver. Nous pouvons le retrouver si nous le décidons collectivement, si nous répondons à l'aspiration de chacun à un travail, au respect et à la liberté de conduire sa vie. Voilà ce à quoi nous travaillons avec le gouvernement. Voilà ce à quoi nous travaillons avec toute notre majorité.

Notre dernière exigence, c'est la solidarité :

La France n'est elle-même que lorsqu'elle est solidaire. Et pourtant les Français le constatent : chaque jour ce sont de nouvelles fractures et de nouvelles divisions qui menacent d'apparaître. Selon sa ville, selon son quartier, selon son origine sociale on ne vit pas la même France aujourd'hui. Ayons le courage de le reconnaître. Ayons le courage de retrouver, contre la tentation du communautarisme, le sens d'un destin collectif.
Car nous avons tous une responsabilité les uns à l'égard des autres. Nous avons tous partie liée : les plus âgés et les plus jeunes, les plus forts et les plus faibles, les mieux intégrés et les nouveaux arrivants. Dans une société qui évolue rapidement, où le nombre de personnes âgées augmente année après année, où la structure familiale évolue, où l'immigration soulève de nouveaux défis, ce devoir de responsabilité est encore plus fort. C'est à chacun d'entre nous de l'exercer. Mais c'est à l'Etat en premier lieu de le défendre.
Oui, c'est à l'Etat de lutter contre toutes les discriminations pour favoriser l'intégration des personnes immigrées : la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'égalité, la loi sur l'égalité des chances protègent et défendent nos valeurs républicaines. Oui, c'est à l'Etat d'anticiper les grandes évolutions en matière de santé publique et de prendre les décisions nécessaires. Un travail immense a été accompli avec le plan Cancer voulu par le Président de la République, je souhaite désormais que nous engagions une politique résolue avec Xavier Bertrand en faveur des personnes âgées : développons notre effort de recherche sur les maladies comme Parkinson ou Alzheimer, réformons le système des tutelles qui concerne des centaines de milliers de personnes dans notre pays, améliorons encore le service fourni dans les maisons médicalisées. Oui, c'est à l'Etat de combattre les inégalités entre les territoires grâce à des services publics modernisés et présents partout où cela est nécessaire. Oui, c'est à l'Etat de donner aux familles les moyens de faire grandir sereinement leurs enfants.

C'est comme cela que nous construirons la France dont rêvent nos compatriotes :

Une France où chacun sait qu'il pourra réussir, exprimer ses talents, aller au bout de ses ambitions.
Une France où chacun sait qu'il ne sera jamais laissé au bord de la route, où chacun sait qu'il pourra compter sur le soutien de la Nation en cas de difficulté professionnelle ou de problème de santé.
Une France ouverte, qui retrouve le goût de l'Europe et du monde sans avoir peur des autres, sans avoir honte de son identité, sans dévaloriser ses atouts : il y a un an, certains dans cet hémicycle promettaient aux Français qu'en refusant le projet de Constitution européenne ils seraient l'avant-garde d'un nouveau projet européen. Qu'avons-nous vu ? Rien. Aucune réponse aux inquiétudes des Français sur les frontières de l'Europe, sur les institutions, sur la défense des services publics, sur la croissance et sur l'emploi. Avec ces illusionnistes, que verrons-nous demain ? Toujours rien. Car on ne change pas le monde en se repliant sur soi-même et en refusant les réalités culturelles, sociales et économiques de notre époque : on change le monde en y prenant toute sa place, en se donnant plus de forces, en pratiquant l'écoute et le dialogue. L'universel est notre lieu, c'est le lieu de la France. Dans les temps de trouble et de menaces que nous connaissons, beaucoup de pays espèrent que nous ne l'oublierons jamais.

Servir les Français, servir l'Etat, c'est un honneur.

Hélas souvent la vie politicienne reprend le dessus et nous pouvons compter sur vous M. HOLLANDE, comme sur vos alliés anciens et plus récents. Vous vous inquiétez de la cohésion de la majorité. Je veux vous rassurer : nos différences n'égaleront jamais vos divisions.
Certains parmi vous en appellent à la VIème République. Mais ce dont ils rêvent, c'est de la IVème République, avec des gouvernements d'une semaine ou d'un jour et le retour du régime des partis. M. HOLLANDE, M. BOCQUET, vous avez les regards tournés vers le passé, vous habitez le pays des nostalgies et des regrets, nous construisons le pays de la fidélité et de l'ambition.
Et c'est bien parce que je crois dans le service de la France et des Français que je suis devant vous aujourd'hui. C'est bien parce que je crois dans la justice et dans la vérité que je reste serein. C'est bien parce que notre majorité me soutient, parce que mon gouvernement est au travail, que nous construirons pas à pas la France que nous aimons.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés

Je le vois bien à un an des présidentielles certains spéculent, certains jouent, les dés roulent mais la France elle attend qu'on la défende et qu'on la serve, c'est mon seul et unique combat.

Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 19 mai 2006

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