Déclaration de M. Dominique de Villepin, Premier ministre, sur l'accès aux soins à Mayotte, l'éducation des jeunes Mahorais et la lutte contre l'immigration clandestine et la délinquance, Mayotte le 19 mai 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Dominique de Villepin, Premier ministre, sur l'accès aux soins à Mayotte, l'éducation des jeunes Mahorais et la lutte contre l'immigration clandestine et la délinquance, Mayotte le 19 mai 2006.

Personnalité, fonction : VILLEPIN Dominique de.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Déplacement de M. de Villepin, à La Réunion le 18 mai 2006 et à Mayotte le 19

ti : Messieurs les ministres,
messieurs les sénateurs,
messieurs le député, monsieur le président du Conseil général,
mesdames,
messieurs et chers amis.


Je suis très heureux que nous soyons en direct avec les Mahoraises et Mahorais, très heureux de

les remercier pour l'accueil qui est le leur et qui me touche infiniment. Cette deuxième visite

Outremer ici à Mayotte, elle se place sous le signe de l'affection que j'éprouve ainsi que le

gouvernement. Et nous en témoignons, nous sommes venus nombreux avec François BAROIN, avec Xavier

BERTRAND, avec François GOULARD, nombreux et soucieux d'apporter des réponses à vos

préoccupations. Vous le savez, nous sommes mobilisés derrière le président de la République pour

votre collectivité.

Nous sommes venus évoquer avec vous l'épidémie de Chikungunya face à laquelle la solidarité

nationale est totale et sans réserve. C'est l'esprit de la République devant la difficulté,

devant la douleur que d'être au rendez-vous de chacune et chacun. Mais je souhaite aborder aussi

ce soir tous les autres grands défis auxquels Mayotte est confrontée pour son avenir, le

développement économique, les services publics, les infrastructures, la place au sein de

l'Europe, l'immigration. Tous ces défis, eh bien ils se résument en un mot, l'exigence d'égalité

qui je sais vous habite et nous habite tous et à laquelle vous savez au combien, je suis attaché.

Sur l'ensemble de ces sujets, je veux vous dire que le gouvernement est déterminé à apporter en

étroite concertation avec les élus de Mayotte, et nous venons de tenir ensemble, tous ensemble

une réunion de travail pour évoquer ces sujets. Bien sûr les parlementaires, l'ensemble des élus,

nous voulons apporter des réponses efficaces, adaptées à la spécificité de votre île, à

l'identité culturelle et religieuse des Mahorais.

Ce travail, nous devons bien sûr le conduire dans le respect des principes de la République

laïque et des convictions de chacun avec une exigence permanente d'égalité et de fraternité. Les

Mahorais ont rappelé avec force lors de la consultation de 2001 leur volonté de vivre au sein de

la République, selon des modalités adaptées à la situation et à l'histoire de la collectivité. Le

devoir de l'Etat, c'est de respecter ce choix et d'être aux côtés de Mayotte pour l'aider à se

moderniser, à faire face aux épreuves, c'est ce que je suis venu vous dire solennellement

aujourd'hui.

La solidarité nationale à l'égard de Mayotte face à l'épidémie de Chikungunya est totale et sans

réserve. La maladie a aujourd'hui frappé, nous ne l'oublions pas, près du quart de la population

de Mayotte, et ce alors même qu'elle n'est réapparue qu'en janvier 2006. C'est pourquoi j'avais

annoncé dès le mois de février que toutes les mesures destinées à faire face à la crise seraient

mises en place à Mayotte, dans les mêmes conditions qu'à la Réunion avec bien sûr les adaptations

nécessaires. Ces mesures ont d'abord permis de mieux soigner les malades. Nous avons envoyé des

personnels de santé en renfort depuis la métropole, les médicaments anti douleur prescrits par

les médecins ont été pris en charge à 100 %, et le délai de carence pour verser les indemnités

journalières a été supprimé en cas de rechute. Elles ont permis également de mieux protéger la

population. Nous avons distribué gratuitement aux personnes les plus démunies et les plus

fragiles plus de 280 000 doses de produits anti moustique, plus de 10 000 moustiquaires ont été

distribuées par les maternités pour protéger les nouveau-nés. Comme à la Réunion, nous avons

renforcé fortement la lutte anti vectorielle, les 83 agents de la direction régionale des

affaires sanitaires et sociales ont été renforcés par 235 vacataires et titulaires de contrat de

développement local, encadrés par les sapeurs pompiers, 284 contrats emploi solidarité sont en

cours de recrutement pour la lutte mécanique, le personnel d'encadrement de la DDASS a également

été renforcé pour l'aider à mener la lutte et à poursuivre le travail remarquable que ce service

accompli sous l'autorité du préfet. Je souhaite remercier tout particulièrement l'ensemble des

agents pour leurs actions et je sais qu'ils ont la reconnaissance de tous les Mahorais. Je veux

le dire aujourd'hui avec force dans les mois qui viennent, nous ne baisserons pas la garde. Nous

savons qu'une action efficace dans un domaine comme celui-ci, c'est une action qui s'inscrit dans

la durée, les moyens de lutte anti vectorielle seront donc augmentés si nécessaire.

Mais nos efforts ne seront efficaces que si nous venons à bout des problèmes d'insalubrité à

Mayotte. Je demande donc que l'une des priorités de l'action de l'Etat pour les années à venir

soit la généralisation d'un système de ramassage et de traitement des ordures ménagères sur tout

le territoire de Mayotte. De gros efforts ont déjà été entrepris avec l'enlèvement de plusieurs

centaines de carcasses de véhicules, de plus de 110 tonnes de déchets encombrants, l'Etat

continuera son travail en étroite concertation avec la collectivité départementale et les

communes. Et je le dis à chacune et chacun d'entre vous, dans un domaine sanitaire comme celui-ci

la mobilisation c'est bien celle de chacun y compris celle des plus jeunes, des enfants dans les

écoles, ils peuvent expliquer qu'elles sont les bonnes pratiques, qu'elles sont les exigences

face à un tel fléau. Je crois que si chacun prend conscience ainsi et d'abord à partir de l'école

de ces nécessités là, c'est bien tous les comportements qui en seront changés et les risques

diminués.

En matière économique et sociale, la solidarité a également été au rendez-vous, dès le début du

mois de mars nous avons mis en place un dispositif d'aides aux entreprises mahoraises confrontées

à une baisse de leurs résultats du fait du Chikungunya comme nous l'avons fait à la Réunion,

grâce à la mobilisation et à l'esprit de responsabilité de chacun, nous avons pu limiter les

conséquences économiques de l'épidémie. En ce qui concerne le secteur touristique, qui est l'un

des atouts majeurs pour l'avenir de Mayotte, j'ai demandé aux préfets avec l'aide et sous

l'autorité de Léon BERTRAND, ministre du Tourisme de prêter la plus grande attention à la

situation des entreprises touristiques. Nous resterons vigilants afin de faire en sorte qu'aucune

entreprise ne soit obligée de fermer du fait de la crise, le dispositif restera donc en place

aussi longtemps que nécessaire et nous souhaitons qu'il soit véritablement applicable et donc que

les critères retenus permettent efficacement de répondre aux besoins de chacun, au-delà de la

crise du Chikungunya. * * * Je suis venu pour évoquer avec vous les grands défis qu'il nous faut

relever ensemble. Pendant ces quelques heures à Mayotte j'ai tenu à aller à la rencontre de tous

ceux qui s'engagent pour l'avenir de l'île et des Mahorais. J'ai rencontré les professionnels de

la santé, de la formation professionnelle, j'ai rencontré les enseignants dont le travail est

essentiel si nous voulons garantir l'égalité des chances pour nos enfants, pour tous les

Mahorais. J'ai rencontré enfin tous ceux qui veillent au respect de l'état de droit, de la

sécurité, notamment à travers le combat contre l'immigration irrégulière. Tous, ils témoignent

bien de ce que vous savez, l'engagement de l'Etat pour avancer sur les préoccupations concrètes

des Mahorais. Tous m'ont parlé avec franchise, avec lucidité, avec foi, avec conviction des

efforts qui nous restent à accomplir dans tous les domaines.

Le premier défi que nous devons relever ensemble, c'est de permettre à tous les Mahorais, l'accès

à un système de soins plus modernes et adaptés à leurs besoins. En matière d'organisation

sanitaire et de formation des professionnels de santé, nous avons franchi à Mayotte des étapes

significatives en un temps bref, grâce au plan Hôpital 2007, nous avons pu réhabiliter les

structures de soins en dotant Mayotte d'un hôpital de référence dans chaque grande zone, à

Moutsamoudou d'abord en juin, à Kahani et fin 2007 à Dzourmonyé. D'autres avancées essentielles

sont en cours, l'acquisition du scanner, la rénovation des dispensaires, le doublement de la

capacité de l'hôpital Mamoudzou, enfin l'ouverture d'un nouvel institut de formation aux soins

infirmiers que je viens d'inaugurer. Lors de ma visite dans les nouveaux locaux de cet institut

j'ai pu apprécier l'enthousiasme et la compétence des jeunes gens de Mayotte qui ont choisi de se

diriger vers les métiers du soin, qui sont nous le savons des métiers d'avenir, des métiers

d'engagement et de générosité. Désormais Mayotte peut former sur son sol dans les meilleures

conditions nombre des professionnels de santé dont l'île a besoin, infirmiers, aides-soignantes,

auxiliaires de puériculture, ambulanciers. Les créations d'emploi à l'hôpital très importantes

ces quatre dernières années permettront de favoriser le recrutement des élèves formés à

l'institut.

Je souhaite que nous lancions dès maintenant deux nouveaux projets, la réhabilitation de l'ancien

hôpital de Dzaouidzi qui garantira une offre de soins complète sur petite Terre et je sais avec

Xavier BERTRAND combien c'est attendu, l'ouverture de lits de psychiatrie à l'hôpital de

Mamoudzou permettra de disposer pour la première fois d'une capacité d'hospitalisation dans cette

spécialité qui jusqu'à présent n'existait pas à Mayotte. Pour ces deux chantiers les opérations

débuteront dès 2007, nous ne perdrons pas de temps. D'autres réformes importantes sont en cours

dans le domaine social qui témoignent de la capacité d'évolution de Mayotte et de la volonté de

l'Etat d'accompagner au mieux son développement. Je pense à la mise en place de la Sécurité

sociale avec un accompagnement de l'Etat garantissant pour les personnes à faible ressource le

plein accès aux soins. Je pense au développement de la médecine libérale, je pense au versement

des allocations familiales au-delà du troisième enfant qui sera effectif dans les jours

prochains.

Le deuxième défi qu'il nous faut relever tous ensemble, c'est l'éducation et l'égalité des

chances et je me réjouis d'avoir pu inaugurer il y a quelques instants les locaux du nouveau vice

rectorat à Mayotte. Là encore je sais que beaucoup a été fait, en trente ans le nombre d'élèves

est passé de 2800 élèves à plus de 64 000, il y avait 14 candidats au baccalauréat, il n'y a pas

si longtemps en 1984, il y en avait 1400 en 2004. Et cette évolution eh bien elle se poursuit

puisque chaque année, on compte 1200 élèves de plus dans les écoles et 1500 élèves en plus dans

les collèges et lycées. 16 collèges, 8 lycées, l'Etat s'est résolument engagé pour accompagner

cette évolution, c'est essentiel si nous voulons garantir à chaque enfant la possibilité de

réussir et de s'élever socialement. C'est essentiel si nous voulons renforcer l'adhésion des

Mahorais aux idéaux de la République. Pour cela il faut construire encore de nouveaux collèges et

de nouveaux lycées, un établissement nouveau ouvrira chaque année à Mayotte jusqu'en 2010. Pour

cela nous devons veiller à affecter des effectifs suffisants avec 139 postes d'enseignants créés

en 2006, Mayotte est la première collectivité française en nombre de créations devant la Réunion

et la Guyane. Nous devons également assurer l'intégration progressive des agents de droit local

dans la fonction publique de l'Etat.

Je sais que cette question suscite de grandes attentes à Mayotte, les textes qui permettront

l'intégration des instituteurs de l'Etat recrutés à Mayotte dans le corps des professeurs des

écoles, pourront être adoptés cette année et s'appliquer progressivement à partir de l'année

prochaine. Ils tiendront compte de l'expérience et des compétences professionnelles des personnes

concernées. Enfin l'Etat assume sa mission en portant une attention toute particulière à

l'adaptation du système éducatif, aux réalités économiques et sociales de Mayotte en concentrant

ses efforts sur la maîtrise de la langue française, nous venons d'en parler avec les élus, sur la

qualité de l'orientation, et du suivi des élèves tout au long de leur scolarité. Aujourd'hui je

prends l'engagement devant vous, ces efforts ne se relâcheront pas, je veillerai à ce que dans le

futur plan de développement l'éducation reste bien au coeur des préoccupations de l'Etat.

Notre troisième défi, c'est de mieux lutter contre l'immigration irrégulière. Je me suis rendu au

centre d'exploitation des radars mis en place l'année dernière pour contrôler le trafic maritime

entre Mayotte et les îles voisines, cet équipement est sans précédent en France, il témoigne de

l'importance qu'attache le gouvernement à la lutte contre l'immigration irrégulière, c'est une

condition indispensable du respect de l'état de droit et un facteur de sécurité et d'équilibre

social pour Mayotte. Là encore, j'ai pu le vérifier à travers les écrans, à travers les cartes,

nous avons besoin d'une couverture totale par les radars et nous nous doterons des moyens

suffisants et notamment d'un nouveau radar pour pouvoir avoir une action et une vision complète

des problèmes. Je connais la complexité de la question de l'immigration à Mayotte, l'intensité et

l'ancienneté des liens des Mahorais avec leur environnement régional mais aujourd'hui nous devons

tous faire preuve de responsabilité. Responsabilités pour combattre l'immigration irrégulière qui

est toujours synonyme de drames humains, de détresse et d'exploitation, responsabilités aussi

pour garantir la stabilité et l'équilibre de la société mahoraise alors que l'immigration

clandestine fragilise le lien social, entretient les divisions et nourrit l'intolérance. Nous

pouvons nous appuyer sur le travail remarquable de l'ensemble des services engagés dans la lutte

contre l'immigration clandestine. Au cours des quatre premiers mois de 2006, 4697 éloignements

d'étrangers ont été effectués à partir de Mayotte contre 993 dans la même période de 2005. 32

embarcations ont été interceptées depuis le 1er janvier 2006, ce qui a conduit à l'interpellation

en mer de 673 clandestins et 53 passeurs. Ces résultats témoignent de l'engagement et du travail

souvent difficile des services de police et de gendarmerie. Pour aller plus loin, le gouvernement

a engagé un effort considérable, nous avons décidé d'augmenter les moyens humains, un escadron

complet de gendarmerie mobile est consacré à cette mission depuis la fin 2005, une section

d'intervention de la police est en cours de création, une brigade nautique de la gendarmerie a

été créée en septembre 2004, la police aux frontières a été renforcée par l'arrivée de plus de

120 fonctionnaires, enfin deux nouvelles vedettes seront armées en septembre 2006. Nous avons

aussi augmenté les moyens matériels, j'en ai dit un mot, les deux radars de surveillance sont

opérationnels, le projet de troisième radar sera réalisé.

Pour lutter plus efficacement contre l'immigration irrégulière, il nous faut aussi adapter notre

droit. Le projet de loi relatif à l'immigration et à l'intégration comporte plusieurs mesures

relatives à Mayotte, préparées à ma demande par François BAROIN, et Nicolas SARKOZY, les

contrôles d'identité et les contrôles des véhicules seront facilités, le combat contre les

filières sera intensifié, les forces de l'ordre pourront plus facilement immobiliser les

véhicules terrestres servant à transporter illégalement des clandestins pour tenir compte des

particularités géographiques de Mayotte, la loi augmentera le délai dont disposent les forces de

l'ordre pour procéder à leur placement en rétention administrative. Afin de lutter contre les

reconnaissances de paternité frauduleuses, la loi mettra à la charge de celui qui reconnaît un

enfant, les frais de maternité, de plus le procureur de la République pourra plus facilement

s'opposer aux reconnaissances frauduleuses qui seront plus sévèrement sanctionnées. Vous le voyez

ces mesures nous donneront de nouveaux moyens, mieux adaptées à la situation particulière de

Mayotte. Je souhaite à cette occasion saluer tout particulièrement le rôle personnel de Mansour

KAMARDINE dans la préparation de ce texte et dans les débats qui ont permis son adoption par

l'Assemblée nationale. Sa réflexion sur ce sujet nous est précieuse, il a ainsi contribué à la

qualité du rapport de la mission d'information de l'Assemblée nationale et de la commission

d'enquête du Sénat qui se sont rendus à Mayotte ces derniers mois.

Au-delà de l'immigration irrégulière, je veux aussi répondre aux attentes des Mahorais en matière

de sécurité, face à l'augmentation de la délinquance à Mayotte, constatée ces dernières années,

le gouvernement a voulu réagir avec détermination et fermeté. Les résultats pour le début de

l'année 2006, montrent que nous sommes sur la bonne voie. La délinquance générale a baissé de

plus de 14 % au cours des quatre premiers mois de 2006 par rapport à la même période de 2005. Les

violences aux personnes enregistrent une baisse de 25 % dans le même temps, ces résultats sont

encourageants, nous resterons naturellement vigilants.

Mesdames, messieurs, chers amis, en luttant contre le Chikungunya, en aidant Mayotte et les

Mahorais à relever les grands défis de l'avenir, nous nous donnons les moyens d'ancrer davantage

encore Mayotte dans la République et de respecter ainsi la volonté, le choix de la population.

Parmi les grands principes républicains auxquels vous êtes, je le sais, très attachés, il y a

l'égalité. Je veux vous dire aujourd'hui que c'est bien cette exigence d'égalité qui guide

l'action du Gouvernement et du Parlement au service des Mahorais. C'est pourquoi j'ai décidé dès

mon arrivée à la tête du gouvernement et sur proposition de Mansour KAMARDINE d'engager le

processus d'alignement des allocations familiales sur le régime en vigueur sur le reste du

territoire français, cette mesure sera un facteur de stabilité et d'harmonie sociale, c'est aussi

une exigence de justice. Je pense également à l'intégration des agents publics de statut local

dans les fonctions publiques nationales, la majorité des décrets nationale nécessaire à

l'application de la loi de 2003 sont aujourd'hui parus ou sont sur le point de l'être, je tiens à

ce que ces textes nous permettent de combler rapidement les différences de traitement qui

subsistent encore entre les rémunérations applicables en métropole et à Mayotte, dès à présent il

est acquis qu'aucun fonctionnaire ne sera rémunéré en dessous du SMIG local. Cette revalorisation

devra s'étendre aux différents niveaux hiérarchiques selon un calendrier progressif et maîtrisé

pour éviter de déstabiliser le marché du travail dans le secteur privé. L'ancrage de Mayotte dans

la République, c'est aussi la reconnaissance internationale de son statut, librement choisi par

ses habitants, c'est pourquoi je me réjouis des progrès enregistrés pour la participation des

sportifs mahorais dans les compétitions organisées partout à travers l'océan indien. De même j'ai

demandé au ministre de l'Outre mer et des Affaires européennes de saisir la commission européenne

d'une demande de constitution de groupes de travail inter services en vue de préparer l'accession

de Mayotte aux statuts de région européenne ultra périphériques, lui permettant ainsi de

bénéficier des fonds structurels. Ce processus prendra plusieurs années, car il nous faudra

compléter l'application à Mayotte du droit, mais nous sommes déterminés à avancer aussi vite que

possible dans cette direction.

Chers amis, permettez-moi de conclure, en vous remerciant pour la chaleur de votre accueil. J'y

vois un signe de confiance dans l'avenir mais aussi un signe de la volonté et de la détermination

qui vous anime pour permettre l'insertion harmonieuse de Mayotte dans la République. Sur toutes

les questions qui déterminent l'avenir des Mahorais, vous pouvez compter sur moi, vous pouvez

compter sur l'ensemble du gouvernement et sur notre travail quotidien. Je vous remercie.


Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 29 mai 2006

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