Tribune de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, et de M. Christian Estrosi, ministre délégué à l'aménagement du territoire, dans "Les Echos" le 29 mai 2006, sur les fonds structurels européens alloués au développement plus équilibré de l'innovation et de la compétitivité dans les territoires, intitulée "Avec l'Europe, encourager la France qui entreprend et qui innove" | vie-publique.fr | Discours publics

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Tribune de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, et de M. Christian Estrosi, ministre délégué à l'aménagement du territoire, dans "Les Echos" le 29 mai 2006, sur les fonds structurels européens alloués au développement plus équilibré de l'innovation et de la compétitivité dans les territoires, intitulée "Avec l'Europe, encourager la France qui entreprend et qui innove"

Personnalité, fonction : LOOS François, ESTROSI Christian.

FRANCE. Ministre délégué à l'industrie; FRANCE. Ministre délégué à l'aménagement du territoire

ti : Ne nous y trompons pas, c'est avec le triptyque "recherche - innovation - industrie" que nous serons capables de créer la croissance et les emplois de demain, et de préparer l'avenir. C'est la voie incontournable pour améliorer le niveau de vie des citoyens des régions européennes, garantir la cohésion sociale, et protéger l'environnement. C'est tout le sens de la politique régionale européenne pour 2007-2013 qui s'appuie sur des moyens importants - les fonds structurels européens - au bénéfice des territoires de tous les Etats membres. Pour la France, cela représente 12,7 milliards d'euros au service de la compétitivité, de la croissance et de l'emploi. C'est aussi le sens de notre politique : nous avons choisi de renforcer résolument les synergies, en faisant coïncider les nouveaux contrats de projets Etat-régions 2007-2013 avec le calendrier européen, et de donner à ces nouveaux contrats comme première priorité l'innovation et la compétitivité. Par ce choix, nous confirmons le cap sur l'innovation, en affectant plus de moyens et en faisant mieux. Ainsi, nous contribuons à l'Europe des projets.

Dés à présent, le succès des pôles de compétitivité, aujourd'hui pleinement opérationnels, moins d'un an après leur création, illustre cette volonté de mettre le cap sur l'innovation. Les pôles ont ainsi déjà permis des collaborations entre universités, centres de Recherche et Développement, PME et grands groupes, autour de projets innovants, avec pour objectif d'acquérir ou conforter une position de leader. L'obsession du résultat doit s'étendre aux projets de recherche et de développement, notamment dans les entreprises, et en particulier celles de taille moyenne qu'il faut renforcer, ainsi que leurs partenariats avec les laboratoires et l'université d'une part, les principaux donneurs d'ordre dans le monde, de l'autre.

Cette voie de l'innovation et de la compétitivité doit profiter à l'ensemble du territoire. Il faut éviter l'écueil d'un développement à deux vitesses, l'un tourné vers l'avenir qui serait réservé aux grandes métropoles et l'autre accroché au passé auquel serait condamné le reste des territoires, notamment ruraux. Aujourd'hui, neuf régions françaises ont un PIB par habitant supérieur à la moyenne des 250 régions européennes. Mais selon le tableau de bord de l'innovation de la Commission européenne, seules trois régions françaises dépassent la moyenne en matière d'innovation.

Nous ne pouvons pas nous en satisfaire. Nous avons un devoir collectif, avec les collectivités locales et la Commission européenne, d'utiliser tous les leviers, pour permettre aux régions françaises de se hisser au niveau de leurs meilleures homologues européennes.

L'innovation, ce n'est pas uniquement la microélectronique, les biotechnologies ou l'aéronautique. L'innovation, ce sont aussi des services innovants, des procédés et méthodes plus performants, une organisation mieux adaptée, la transposition d'une technologie utilisée dans une autre industrie. A côté du talent de nos chercheurs, tous les territoires français disposent de ce génie "appliqué". Le succès des 66 pôles de compétitivité, qui forment un maillage de l'ensemble du territoire, en est un signe fort. Le véritable engouement pour les pôles d'excellence rurale, dont les premiers seront labellisés dès le mois de juin prochain, en est un autre. Il faut encourager cette France qui innove, qui se bat, qui entreprend, et pour laquelle "impossible n'est jamais français".

Les fonds structurels européens nous permettront d'apporter un soutien très concret à cette dynamique d'un développement équilibré et durable de l'innovation et de la compétitivité dans les territoires. Ils pourront également soutenir les projets améliorant l'accessibilité des territoires, notamment par les technologies de l'information et des communications. En donnant plus aux régions qui ont le plus de difficultés et le plus de besoins, nous avons souhaité leur donner les moyens de participer à ce développement. Y contribueront également les autres priorités principales que nous avons retenues pour l'utilisation des fonds européens ; d'une part la formation, l'emploi, la gestion des ressources humaines et l'inclusion sociale, qui sont indispensables pour adapter nos ressources humaines ; d'autre part, l'environnement et la prévention des risques.

Nous encouragerons en particulier les projets portant sur le développement des produits à plus fort contenu technologique, des services plus efficaces destinés aux entreprises et aux citoyens, d'infrastructures de télécommunications plus accessibles, et naturellement des compétences associées.

Avec la préparation des futurs programmes européens et des nouveaux contrats de projets, l'heure aujourd'hui est à bâtir ensemble, dans chaque région, une vision de la compétitivité et du développement économique au service des territoires. Une vision dans laquelle chacun puisse se reconnaître. C'est tout l'enjeu des prochains mois pour être en ordre de marche dès le 1er janvier 2007.

source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 30 mai 2006

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