Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur le lancement de Minatec, pôle de recherche et d'innovation des micro et nanotechnologies, Grenoble le 2 juin 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur le lancement de Minatec, pôle de recherche et d'innovation des micro et nanotechnologies, Grenoble le 2 juin 2006.

Personnalité, fonction : LOOS François.

FRANCE. Ministre délégué à l'industrie

Circonstances : Inauguration de MINATEC à Grenoble le 2 juin 2006

ti : Monsieur l'Ambassadeur,
Monsieur le Député- Maire de Grenoble,
Monsieur le Président de la Région et du Département,
Mesdames et Messieurs les Elus,
Monsieur le Préfet,
Mesdames, Messieurs les chefs d'entreprises
Mesdames, Messieurs


Moi je veux que pour la terre entière Microélectronique égale Grenoble. Tout le monde connaît Palo Alto, la Silicon Valley et Bengalore, je veux que tout le monde connaisse Grenoble, qu'elle ait une réputation internationale.
Je suis heureux d'être ici, à Grenoble, chargé de représenter le Gouvernement, pour procéder à l'inauguration de Minatec. Et à plusieurs titres, puisque l'expérience de Grenoble est en tous points exemplaire de ce qu'il faut faire pour faire naître un écosystème de l'innovation.

Et cela remonte à très longtemps, grâce à des précurseurs géniaux. Permettez-moi de remonter un peu l'histoire, que des universitaires très précis et pertinents mettent à notre disposition. L'histoire débute en 1940, lorsqu'un professeur de l'Université de Strasbourg, bonne maison chère à mon coeur, cherche une ville en zone libre pour accueillir ses projets. Il s'agit de Louis Neel, qui avait un projet de laboratoire de magnétisme.
Son choix s'est porté sur Grenoble, qui offrait « de vastes locaux disponibles », « un doyen dynamique, soucieux d'encourager la recherche » et « un milieu industriel qui s'intéressait beaucoup à l'université ». Nous verrons à quel point c'était prophétique.

Dès les premières années, M. Neel tisse des liens fructueux avec l'industrie de la région, avec Ugine, en matière de métallurgie des poudres. Fort de ce succès, il noue des relations avec M. Paul Louis Merlin, le fondateur de Merlin-Gérin, et fonde le laboratoire d'électrostatique et de physique du métal, le LEPM, et crée même une start-up, la SAMES, qui a vocation à faire passer les machines électrostatiques « du laboratoire à la réalisation industrielle ».

Ensuite il aura la consécration que l'on sait : le prix Nobel en 1970, la direction de l'Institut de Physique de Grenoble et du CENG, ce qui lui a permis d'encourager la création de ce qui est aujourd'hui le LETI.

Grenoble accueille évidemment le pôle Minalogic, pôle mondial. Je rappelle qu'il n'y en a que six, il était naturel que Minalogic en fasse partie. Sa visibilité mondiale et son attractivité ne font aucun doute : nous sommes situés à quelques mètres du CEA-LETI, qui est le promoteur de Minatec, dont la renommée est mondiale. Le LETI est pour moi un modèle : c'est un laboratoire public, à la pointe de la science et de la technologie dans son domaine, au point de nouer des partenariats dans le monde entier, dont 180 avec des industriels et 17 laboratoires communs ou plates-formes partenariales, et de travailler 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, comme vous l'avez rappelé, M. Bugat.

Dans l'orbite du pôle Minalogic, il y a aussi naturellement Crolles, qui comme Minatec, est exemplaire de la coopération entre les différents financeurs, et pour l'attractivité de votre région.
En effet, le site de Grenoble disposait naturellement des avantages que je viens de décrire pour attirer les investissements, mais la compétition très vive entre les grands pays développés pour attirer l'investissement technologique dans le domaine des semi-conducteurs ; à titre d'exemple, les pouvoirs publics allemands apportent un soutien de plus de 1,2 milliard d'euros aux programmes d'investissements réalisés à Dresde pour un montant d'investissements industriels et dans un calendrier comparables à ceux de l'opération Crolles II .
A titre de comparaison, l'Etat français aura versé 300 millions d'euros et les collectivités locales 150 millions d'euros sur 5 ans.

L'engagement des pouvoirs publics a joué un rôle déterminant dans la décision, prise par les trois partenaires, Freescale, STMicroelectronics et Philips, de lancer cette opération. Il s'agissait en effet de les convaincre à la fois :

- de joindre leurs efforts dans un programme de R& D coopératif, concentré sur le c¿ur numérique des futurs systèmes sur puce, commun aux trois entreprises ;

- de réaliser ce programme - et donc les investissements et les créations d'emplois correspondants - sur le site STMicroelectronics de Crolles, dans la région de Grenoble ; naturellement, chacun des deux autres partenaires aurait spontanément retenu l'un de ses propres sites, sans parler de l'hypothèse d'un investissement en Asie ... L'enjeu était notamment d'amener Freescale à transférer à Grenoble - depuis le site d'Austin, siège du groupe, au Texas - l'un des volets les plus stratégiques de sa R& D et à développer une coopération étroite (et entièrement nouvelle) en ce domaine avec deux de ses concurrents européens.

Ceci a permis :

- les engagements pris par les 3 entreprises en matière d'investissements, qui se montent, globalement, à 3 500 millions d'euros sur cinq ans, soit 2 250 millions d'euros d'investissements en capital et 1 250 millions d'euros de dépenses de R& D ; ces chiffres se traduisent globalement par un taux d'aide publique de 13% ; ils font de Crolles II le plus gros projet industriel en France au cours des dix dernières années ;

- les engagements des 3 entreprises en termes de créations d'emplois directs, qui se montent, globalement, à 1 500 emplois créés au cours du programme Crolles II ; en outre, les emplois indirectement créés par l'investissement dans le bassin grenoblois peuvent être estimés au triple des emplois directs ;

On le voit, Minatec que nous inaugurons aujourd'hui, est en tous points l'héritage de ces succès historiques. Je n'ai pas résisté à la tentation de mentionner que les vastes locaux disponibles faisaient partie des raisons qui ont attiré M. Neel à Grenoble, ni bien sûr la culture de proximité entre la recherche, l'enseignement supérieur et les entreprises.

Avec 4000 personnes, étudiants, enseignants chercheurs et emplois industriels, ses infrastructures dont 10 000 m² de locaux et salles blanches pour les start-up, je ne doute pas que Minatec participera grandement à renforcer encore davantage l'attractivité et le dynamisme créateur de votre agglomération. Je rappelle que Minatec est financé en partenariat par le CEA, des investisseurs privés, l'Etat, la région, le Conseil général de l'Isère, la métropole grenobloise et la ville de Grenoble. Je vous remercie tous, pour tout ce que vous avez fait, et je vous remercie fait pour tout ce que vous allez faire et pour tout ce que vous ferez pour la recherche et l'innovation.

Certes, une partie des domaines technologiques qui entrent dans les nanotechnologies suscitent le débat. Je suis convaincu qu'il faut organiser la tenue de ce débat.

Le développement durable est une préoccupation constante du gouvernement : c'est d'ailleurs, cette semaine, la semaine du développement durable. Il faut confronter les points de vue, ceux des experts, ceux des citoyens et de tous ceux qu'ils veulent comprendre et avancer lorsque des grands choix de société sont devant nous. Le succès des micros et nanotechnologies, c'est aussi leur capacité à inventer des nouveaux produits qui peuvent changer la vie quotidienne de tous. J'ai eu l'occasion de mener ces débats sur la politique énergétique, sur les modes de gestion des déchets radioactifs. S'agissant des nanotechnologies, qui offrent des perspectives techniques et économiques très prometteuses, des inquiétudes s'expriment. C'est pourquoi le Premier Ministre m'a confié, ainsi qu'à François Goulard, le soin de lancer le débat, ce que nous ferons prochainement.

Je suis très heureux de procéder à présent à cette inauguration, après avoir animé, hier, le 3ème Forum du financement de l'innovation et de la compétitivité, en partenariat fructueux avec le Forum 4i et rencontré de très nombreux créateurs et chefs d'entreprises qui sont tous des partenaires potentiels de Minatec et Minalogic. J'ai également visité le site Grenoblois de Schneider Electric, qui a vu l'un de ses projets financé par l'Agence de l'Innovation Industrielle, dont j'ai eu l'occasion de dire, hier, que je souhaitais qu'elle finance prochainement d'autres projets prometteurs de Minalogic.

Je vous remercie de votre attention


Source http://www.industrie.gouv.fr, le 7 juin 2006

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