Interview de M. Philippe Bas, ministre délégué à la sécurité sociale, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille, à RMC le 21 juin 2006, sur les thèmes de la conférence de la famille du 3 juillet, notamment l'idée d'un livret d'épargne pour chaque nouveau-né et la solidarité entre générations. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Philippe Bas, ministre délégué à la sécurité sociale, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille, à RMC le 21 juin 2006, sur les thèmes de la conférence de la famille du 3 juillet, notamment l'idée d'un livret d'épargne pour chaque nouveau-né et la solidarité entre générations.

Personnalité, fonction : BAS Philippe, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Ministre délégué à la sécurité sociale, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille;

ti : Q- Avec nous, P. Bas, ministre délégué à la Sécurité sociale, aux Personnes âgées, aux Personnes handicapées et à la Famille. P. Bas, bonjour. Merci d'être avec nous. Quelle question avez-vous envie de poser aux auditeurs de RMC, P. Bas ?

R- Est-ce que je peux leur en poser deux ?

Q- Eh bien, bien sûr, allez-y !

R- Eh bien, premièrement, j'ai proposé à tous les internautes un système de logiciel de contrôle parental, gratuit, simple de mise en oeuvre et puis aussi qui soit performant. Je voudrais savoir s'ils ont installé, les parents qui sont internautes, ce logiciel gratuit.

Q- Bon, alors, est-ce que vous avez installé ce logiciel gratuit ? Première question. Deuxième question.

R- Je fais une grande campagne en ce moment pour développer les métiers du grand âge, parce que l'on va recruter 40.000 personnes par an, pour les personnes âgées. Cela fait 400.000 en dix ans, c'est des métiers non délocalisables, des métiers très riches sur le plan humain, très divers. Et donc je voudrais attirer les jeunes. Alors, je voudrais savoir si les parents qui ont des problèmes d'orientation pour leur enfant, qui se posent la question et les jeunes qui se posent la question, ont pensé aux métiers du grand âge.

Q- P. Bas, j'ai eu un auditeur, il y a un instant, qui m'a posé une question toute simple : qui dirige la France ?

R- Mais, le président de la République, avec son Gouvernement...

Q- Il était au musée hier et...

R- ...soutenu par sa majorité qui vote les lois. Il n'y a pas une seule loi depuis
maintenant un peu plus de quatre ans qui ait été refusée par le Parlement. Donc
c'est une question dont la réponse est assez simple.

Q- Va-t-il s'excuser, doit-il s'excuser, D. de Villepin ?

R- Mais, de quoi donc ?

Q- Mais je ne sais pas. D'avoir, disent les socialistes, insulté non seulement les
socialistes mais la République et ses citoyens.

R- Mais écoutez, je vais vous dire une chose. Prenons un exemple très simple.
Regardez les retraites, par exemple. Quand vous voyez que le Parti socialiste
ose aujourd'hui encore proposer de supprimer la réforme des retraites, est-ce
que vous trouvez qu'il est courageux ? Alors, je veux bien, moi, qu'on se
chicane sur le choix des mots...

Q- Est-il lâche le Parti socialiste ?

R- Je vais vous dire, ce n'est pas courageux...

Q- F. Hollande est-il lâche ?

R- Ça n'est pas courageux après n'avoir rien fait pendant 5 ans sur la réforme des retraites, qui est le principal défi de notre société, de proposer, comme le fait le Parti socialiste, de remettre en cause la réforme des retraites. D'ailleurs, j'ajoute que cette réforme des retraites, elle a permis le départ anticipé de 300.000 personnes qui commençaient dans la vie comme apprentis ou ouvriers, qui peuvent partir avant 60 ans. Eh bien je me demande comment ils vont faire, les socialistes, si par malheur ils sont aux affaires un jour, pour honorer les départs en retraite anticipée de toutes ces personnes qui ont travaillé dur dans la vie, s'ils suppriment la réforme des retraites. Alors, je vais vous dire, moi : le courage en politique, oui, c'est très important.

Q- Est-ce que l'on peut, comme ça, dans l'hémicycle, devant tous les Français, traiter son opposition de lâcheté ? Est-ce que c'était voulu, franchement ? Est-ce que le mot était choisi,
P. Bas ?

R- Attendez, je vais vous dire, est-ce que c'est un gros mot ? Je ne crois pas, enfin, je vais vous dire, il n'y a que la vérité qui blesse, comme disent les enfants dans la cour de récréation. Le courage, en politique, c'est essentiel et le courage en politique, ça commence par relever les véritables défis et ne pas se défiler devant les réalités.

Q- J'entends l'UDF qui demande des élections anticipées et le départ de D. de Villepin. Que lui répondez-vous ?

R- Je n'avais pas le souvenir que l'UDF était comme ça, partisan des dissolutions. C'est intéressant de voir les évolutions de ce parti politique, dont on ne sait plus très bien où il se situe. D'ailleurs lui-même le sait-il ? L'autre jour, les socialistes déposent une motion de censure. L'UDF n'a pas été capable de définir une position commune à tous ses membres, il y en a même qui ont voté la censure. Alors, nous avons affaire à un groupement qui comporte effectivement un certain nombre d'élus, qui se divise, se déchire et ne sait pas tellement bien où il va, apparemment.

Q- Parlons de votre actualité, P. Bas. Oui ou non est-ce que vous êtes en train de réfléchir sur l'idée d'un Livret d'épargne qui serait ouvert pour chaque nouveau-né, alimenté par l'Etat. Oui ou non ? Franchement.

R- Ce n'est pas un scoop. J'ai lancé pour la Conférence de la famille de cette année, une réflexion importante. Pourquoi ? Parce que nous avons une génération - mettons les 55/70 ans et plus, c'est le maillon fort de la solidarité dans notre pays. Ils ont sur les bras, souvent, des conjoints âgés qui ont la maladie d'Alzheimer ou qui sont lourdement dépendants ou des parents qui sont lourdement dépendants. Il faut qu'ils les aident, et ils le font. Et puis ils ont aussi des jeunes qui ont du mal à s'installer dans la vie active. Eh bien moi, je veux qu'on soutienne ce maillon fort de la solidarité dans notre société, qui tient les deux bouts de la chaîne des générations, et je veux non seulement qu'ils puissent mieux aider les personnes âgées en grandes difficultés, mais qu'ils puissent aider les jeunes à s'installer dans la vie active. Du coup, c'est vrai que je réfléchis, je n'ai pas choisi la formule pour l'instant ; la Conférence de la famille, c'est le 3 juillet. Laissez-moi, s'il vous plaît, encore un tout petit peu de temps pour travailler, pour faire des choses sérieuses.

Q- Vous allez faire cette proposition, P. Bas ?

R- Il y a un certain nombre de possibilités, je les étudie.

Q- Oui ou non est-ce que vous allez faire cette proposition ?

R- Attendez, vous me mettez un régime, là. Si vous voulez que je réponde par oui ou par non...

Q- Ben oui, c'est comme ça ici. Vous savez, c'est un régime particulier.

R- ... à toutes vos questions, l'émission va pouvoir être extrêmement...

Q- P. Bas, je vais vous dire, quand on pose des questions, vous savez quelles sont les réponses demandées par les citoyens qui écoutent et par les auditeurs qui écoutent ?

R- Des réponses par oui ou par non ?

Q- Des réponses précises.

R- Non, parce que souvent...

Q- Eh bien oui, parce que les politiques ont besoin de s'engager, P. Bas.

R- Eh bien moi, je m'engage...

Q- Alors, engagez-vous.

R- Je m'engage à favoriser la solidarité entre les générations et je dis à tous ceux qui nous écoutent, qu'ils comprennent aussi qu'il ne faut pas que, parfois travailler avant de s'avancer, parce que les annonces non suivies des faits, ils n'aiment pas ça non plus, et bien je leur dis : j'étudie un certain nombre de propositions.

Q- Mais ça c'est une bonne idée.

R- Et pour le 3 juillet, j'aurai une décision qui sera une décision ferme et définitive. Alors, il y a le soutien financier d'un membre de la famille, les possibilités de prêts et pourquoi pas des produits d'épargne adaptés, mais je veux en tout cas faciliter cette aide financière entre les générations, des parents aux enfants, voire des grands-parents aux petits enfants, parce que l'on a besoin d'aider les jeunes à s'installer dans la vie active, ils ont besoin par exemple de lancer une petite activité, de louer un logement, et ils n'ont pas l'argent de la caution...

Q- Donc vous allez les aider.

R- Je vais les aider. La réponse est : oui, je vais les aider.

Q- Eh bien ça c'est déjà pas mal. Bon, P. Bas, vous allez les aider, c'est vrai qu'en Grande-Bretagne ça existe, puisqu'en Grande-Bretagne, on donne 350 euros à la naissance d'un enfant - vous avez vu ça - 350 euros lorsque cet enfant atteint l'âge de 7 ans. C'est pas mal, ça, c'est une bonne idée ?

R- Il ne faut pas avoir les yeux dans ses poches, quand on gouverne, en effet.

Q- Ah bon !

R- Il faut regarder ce que font les autres.

Q- Bien sûr. On est bien d'accord.

R- Il y a des innovations qui ont été faites dans un certain nombre de pays, nous en faisons nous aussi, nous ne sommes pas obligés de recopier, mais pourquoi, effectivement, ne pas regarder ce qui se passe ailleurs et s'inspirer du meilleur.


Premier ministre, Service d'information du gouvernement, le 22 juin 2006

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