Déclaration de M. Gérard Larcher, ministre délégué à l'emploi, au travail et à l'insertion professionnelle des jeunes, sur la mise en place du Plan de cohésion sociale, notamment les Maisons de l'emploi et le chômage des jeunes, Paris le 20 juin 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Gérard Larcher, ministre délégué à l'emploi, au travail et à l'insertion professionnelle des jeunes, sur la mise en place du Plan de cohésion sociale, notamment les Maisons de l'emploi et le chômage des jeunes, Paris le 20 juin 2006.

Personnalité, fonction : LARCHER Gérard.

FRANCE. Ministre délégué à l'emploi, au travail et à l'insertion professionnelle des jeunes

Circonstances : Journée nationale des maisons de l'emploi à Paris le 20 juin 2006

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C'est avec une grande joie que je vous accueille aujourd'hui à la Maison de la Chimie pour la Journée nationale des Maisons de l'emploi, pour une journée de discussion, d'échanges et de débats.

Les Maisons de l'emploi ont été mises en place par le Plan de cohésion sociale. Inspirées des expériences de nos partenaires européens, elles ont pour mission de simplifier et d'améliorer les conditions de recherche d'emploi pour tous les chômeurs ; elles ont pour mission de moderniser notre approche de la lutte contre le chômage.

Le Plan de cohésion sociale a fait le choix du concret, du terrain, en mettant au coeur de la Maison de l'emploi le partenariat de l'ensemble des acteurs, bien sûr l'Etat, les collectivités territoriales, l'UNEDIC et l'ANPE, mais aussi les missions locales, les PLIE, les chambres consulaires, les branches, les acteurs de la formation.

Cette journée est donc à l'image de ce que le gouvernement a souhaité faire avec les Maisons de l'emploi : rassembler des compétences, allier des identités, prendre appui sur le terrain, pour mobiliser toutes les énergies en faveur de la lutte contre le chômage.

Un nouvel outil précieux

Les Maisons de l'emploi sont un outil qu'il nous faut aujourd'hui développer et mettre en oeuvre. Vous le savez, le gouvernement affiche un objectif d'ouverture de 300 Maisons de l'emploi sur la durée du Plan de Cohésion sociale.

Permettez-moi de faire un point d'étape. A ce jour, il y a 158 projets de maisons labellisées.

La montée en puissance de ce dispositif est le fruit de l'engagement de chacun d'entre vous, de votre sens des responsabilités et de votre détermination à gagner la bataille de l'emploi.

Les thèmes des trois tables rondes de la journée me paraissent tout à fait appropriés à ce rendez-vous étape. Il est en effet essentiel d'échanger sur ces sujets cruciaux que sont la gouvernance et le montage des partenariats, les plans d'action et les objectifs que les Maisons de l'emploi doivent s'assigner, et bien sûr l'adaptation des systèmes d'information.

Je vois dans ces trois thèmes une question transversale qui me tient particulièrement à coeur : la modernisation de nos outils en faveur de l'emploi et de lutte contre le chômage.

Vous le savez, je suis un élu de terrain qui fait du dialogue une méthode de travail. Il y a une vérité du terrain et de l'expérimentation. Je crois que c'est le succès de projets concrets, portés par les acteurs quotidiens, qui est la meilleure voie de réforme possible. Suscitons les rencontres et les échanges, nourrissons cette logique de partenariats et transformons à la lumière du terrain nos méthodes, là où c'est nécessaire.

Une vision globale

Un nouvel outil impose une nouvelle vision. Et cette vision ne peut être que globale. Il s'agit en effet d'appréhender les différentes facettes d'un territoire, d'un bassin d'emploi.

Le plan de cohésion sociale a confié une mission prospective aux Maisons de l'emploi. Riches des expertises de ses différents intervenants, leurs cahiers des charges identifient ainsi un domaine d'intervention nouveau qui est celui de l'observation, de l'anticipation et de l'adaptation au territoire.

Centrées sur un bassin d'emploi précis, les maisons de l'emploi nous permettront d'anticiper les mutations et de lisser les transitions. En effet, c'est une opportunité formidable qui s'ouvre à nous : la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). Si les maisons de l'emploi se saisissent de la question, il nous sera possible de préparer les mutations et l'évolution de la reconversion des sites en amont sans passer par les crises.

J'attends des maisons de l'emploi qu'elles interviennent sur notre marché du travail pour aider à résoudre deux de ses difficultés majeures : je pense à cet instant aux jeunes qui sont les premières victimes du chômage, ainsi qu'à l'emploi des séniors.

Leur taux de chômage est de 22 %, et il demeure encore malgré un an de progression du taux d'emploi l'un des plus élevés d'Europe. Leur parcours d'insertion est chaotique en raison notamment de la méconnaissance mutuelle des jeunes et de l'entreprise, et de l'inadaptation de leurs formations par rapport aux métiers proposés dans le bassin d'emploi, mais aussi du dysfonctionnement de notre système d'orientation.

Quelle a été notre politique ces 25 dernières années pour lutter contre le chômage des jeunes ? Reconnaissons-le collectivement :

Sortir de façon anticipée les seniors du marché du travail.

Nous pensions faire de la place pour les jeunes. Nous constatons aujourd'hui les limites de cette politique qui n'a pas résolu le problème du chômage des jeunes mais qui a en revanche compromis l'équilibre de nos comptes sociaux et écarté de façon précoce les seniors du marché du marché du travail.

Je crois qu'il nous faut changer de vision ; et c'est bien une révolution de nos mentalités et de nos habitudes que j'essaie de porter en m'appuyant sur cet outil que sont les maisons de l'emploi.

En effet, il nous faut arrêter de penser que sur le marché du travail les jeunes et les seniors sont des adversaires en concurrence. Tout au contraire, ils sont complémentaires.

C'est cette logique qui est au coeur du plan senior, fruit du dialogue avec les partenaires sociaux. Pour cela, ce plan se donne les moyens d'assurer le maintien des seniors dans l'emploi. Par la généralisation des bilans de compétence. Par la formation professionnelle tout au long de la vie qui doit permettre de faire face aux mutations de l'emploi et de la technologie. Par le prolongement du Plan Santé au travail qui permet une amélioration des conditions de travail.

Mais le plan senior prévoit également de favoriser le retour dans l'emploi. Il faut mettre fin à ce « parcours du combattant » auquel est confronté le senior à la recherche d'un emploi. A cette fin, je peux évoquer deux mesures particulièrement importantes : la création du CDD senior de 18 mois renouvelable, dont les modalités ont été négociées par les partenaires sociaux.

Ces deux objectifs ont besoin de l'expertise des maisons de l'emploi. Tout comme la 3e action à laquelle j'attache personnellement une sollicitude toute particulière : l'aménagement des fins de carrière. Il s'agit d'assouplir la transition vie active/retraite en anticipant ce départ et en bénéficiant de toute l'expérience acquise par les seniors. Je pense ainsi plus spécifiquement à la pratique du tutorat que je souhaite voir se développer.

Les maisons de l'emploi doivent devenir le lieu où l'aménagement des fins de carrière peut être anticipé à l'échelle d'un bassin d'emploi.

Parallèlement, avec les expertises qui y sont rassemblées, il me semble possible et nécessaire d'assurer l'adaptation des compétences offertes par les jeunes en formation.

Les maisons de l'emploi permettent de mettre autour de la même table les acteurs du marché de l'emploi mais aussi ceux de la formation comme les universités et les chambres de commerces et de l'industrie. Elles doivent devenir le lieu de la discussion.

D'une part, il faut en amont prévoir quelles sont les compétences qui seront nécessaires aux entreprises du bassin afin d'orienter les jeunes vers les filières adéquates. D'autre part, il faut aider les entreprises à prévoir ce tutorat-senior pour accueillir les jeunes en leur sein en permettant une transmission la plus riche possible des savoirs acquis par leurs aînés.

Cette insertion des jeunes dans l'entreprise est celle que je souhaite.

Les seniors avec les jeunes et non plus les jeunes contre le seniors. Il en va non seulement de notre cohésion sociale mais également de notre dynamisme économique.

Les maisons de l'emploi ont une vraie responsabilité sur ce sujet. Elles deviendront des structures adaptées pour la mise en oeuvre des différents dispositifs d'insertion de l'Etat et des collectivités territoriales.

J'espère que cette journée étape sera l'occasion de discuter, de débattre et de partager nos bonnes pratiques en la matière afin de faire des maisons de l'emploi une plaque tournante au service, notamment, de l'emploi des seniors et des jeunes.

Source http://www.cohesionsociale.gouv.fr, le 26 juin 2006

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