Déclaration de M. Dominique de Villepin, Premier ministre, sur l'emploi, le pouvoir d'achat, les services publics et l'égalité des chances à l'école, le soutien scolaire, la protection de l'enfance et l'éducation prioritaire, et l'orientation à l'université, Paris le 28 juin 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Dominique de Villepin, Premier ministre, sur l'emploi, le pouvoir d'achat, les services publics et l'égalité des chances à l'école, le soutien scolaire, la protection de l'enfance et l'éducation prioritaire, et l'orientation à l'université, Paris le 28 juin 2006.

Personnalité, fonction : VILLEPIN Dominique de.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : 12e conférence de presse mensuelle du Premier ministre, à Matignon, Paris le 28 juin 2006

ti : Je suis très heureux de vous retrouver aujourd'hui pour cette douzième conférence de presse.

Je veux bien sûr saluer l'équipe de France pour la victoire fantastique qu'elle nous a offerte hier soir. Et dans la bataille pour l'emploi, nous espérons une autre bonne nouvelle dans les prochains jours, qui est le fruit des efforts du gouvernement, en particulier de Jean-Louis BORLOO.

Le Président de la République a fixé lundi le cap des dix prochains mois : l'action au service des Français. Et dans cette action, la priorité reste et restera jusqu'au dernier jour l'emploi.

Lorsque nous valorisons le travail plutôt que l'assistance, c'est pour l'emploi.

Lorsque nous relançons la croissance sur un rythme annuel de 2 %, c'est pour l'emploi.

Lorsque nous innovons et que nous modernisons l'économie française, c'est toujours et encore pour l'emploi.

L'emploi, c'est ce qui nous permet de construire une société plus juste, plus ouverte, plus confiante en elle-même : une société de tous les possibles, une société qui relance l'ascenseur social et l'égalité des chances.

Aujourd'hui je suis venu vous parler d'égalité des chances. Une loi a été votée le 31 mars 2006, portée par Jean-Louis BORLOO, Catherine VAUTRIN et Azouz BEGAG. Je voudrais saluer l'action d'Azouz BEGAG et de la HALDE, qui ont fait entrer la lutte contre les discriminations dans la réalité quotidienne de notre vie républicaine.

Car l'égalité des chances, c'est une promesse républicaine : c'est l'assurance que chacun dans notre pays aura les moyens de sa réussite. L'égalité des chances, c'est un idéal français : c'est la volonté de donner à chaque enfant les mêmes perspectives d'avenir quelle que soit son origine sociale. L'égalité des chances, c'est un facteur de cohésion : elle est la bonne réponse au risque de fragmentation de notre société.


1. L'égalité des chances, elle se construit, bien sûr, d'abord à l'école

Qu'on soit en ville ou à la campagne, dans les centres urbains ou en banlieue, l'école doit offrir les mêmes chances de réussite à tous nos enfants.

Pour cela, la première exigence, c'est de donner de bonnes bases à tous les enfants :

Chacun d'entre eux doit maîtriser la lecture à l'entrée du CE1 : avec Gilles de ROBIEN, nous avons donc décidé de mettre en place une évaluation de rentrée pour nous assurer que les élèves de CE1 savent correctement lire et écrire. Ceux qui ne réussiront pas ce contrôle auront droit à des programmes personnalisés de réussite éducative - nous nous sommes engagés pour un montant de 100 millions d'euros - qui seront mis en place dès la rentrée 2006. Car tous les enseignants nous le disent : c'est en traitant le plus tôt possible les difficultés des enfants qu'on peut espérer les résoudre rapidement. Il ne faut laisser personne prendre du retard et s'enfermer dans la spirale de l'échec. (...)

A cet égard, le projet de loi de la protection de l'enfance de Philippe BAS crée deux contrôles médicaux obligatoires à six et à douze ans, pour détecter le plus tôt possible des problèmes de santé ou encore d'adaptation.

Je souhaite également que les écoles primaires disposent de l'encadrement nécessaire, compte tenu de la démographie : nous avons donc créé 1000 postes supplémentaires dans le primaire pour la rentrée 2006. Cet effort sera poursuivi en 2007.

Enfin le socle commun de connaissances sera mis en place par étapes dès la rentrée 2006. Il permettra de nous assurer que chacun part dans la vie avec les bons outils et les connaissances indispensables dans les domaines de la langue française, des langues étrangères, de l'informatique, des mathématiques ou encore de la culture générale.

La deuxième exigence c'est de concentrer les moyens sur les établissements qui en ont le plus besoin : la logique de l'éducation prioritaire reste pertinente, mais il faut l'adapter aux réalités d'un pays qui change, et qui change vite.

Dès la rentrée prochaine, nous concentrerons donc nos efforts sur les établissements les plus en difficulté : 249 collèges feront partie d'un programme ambition - réussite et auront droit à 1000 enseignants expérimentés plus 3000 assistants pédagogiques pour aider les enseignants les plus jeunes et répondre concrètement aux attentes des élèves : il s'agit des collèges et des écoles où la difficulté du métier d'enseignant est la plus grande, ceux dans lesquels les questions de délinquance, d'autorité, de formation sont les plus pressantes.

Mais c'est aussi notre méthode que nous devons faire évoluer pour résoudre les problèmes des élèves : des problèmes scolaires, mais aussi des problèmes familiaux, de santé ou psychologiques.

Les infirmières scolaires jouent un rôle essentiel dans la vie des établissements : nous voulons donc que chaque collège ambition - réussite puisse compter sur au moins une infirmière. 300 postes supplémentaires seront ouverts dès cette année.

Les élèves perturbateurs doivent être pris en charge temporairement dans des structures spécialisées au sein de l'Education nationale, à la fois pour les aider et pour ne pas pénaliser les autres élèves : 200 classes relais seront donc également ouvertes à la rentrée 2006.

Enfin, je souhaite que nous puissions apporter toute l'aide nécessaire à la communauté pédagogique lorsqu'elle est confrontée à des faits de violence récurrents. Au-delà de l'accompagnement psychologique nécessaire, une formation particulière sera prévue pour les enseignants.

Enfin, la troisième exigence, c'est d'offrir une orientation de qualité à tous les collégiens, lycéens et étudiants. Tous les jeunes Français doivent savoir où ils vont, dans quelles filières ils s'engagent, quelle formation répond le mieux à leurs attentes et à leurs talents : c'est le meilleur moyen de leur assurer une entrée plus facile et plus sereine dans la vie active.

Nous avons commencé à élargir les choix en mettant en place l'apprentissage junior : ce parcours offrira de nouvelles chances à tous les jeunes qui recherchent un mode de formation plus concret et plus individualisé. Plus de 12 000 places d'apprentis juniors seront ouvertes à la rentrée 2006.

Au collège, les heures de découverte professionnelle qui ne concernaient jusqu'à présent qu'un tiers des établissements seront généralisées. Elles permettront aux élèves de troisième de se familiariser avec les filières des lycées et de l'enseignement supérieur, et de s'informer sur les métiers.

Mais c'est à l'entrée à l'université que l'enjeu de l'orientation est bien sûr le plus fort :

Nous avons réussi à franchir le cap de plus de 500 000 jeunes au niveau du bac. Nous avons maintenant un nouveau défi devant nous, un défi majeur pour toute notre société : faire réussir tous ceux qui entrent à l'université.

Pour relever ce défi, j'ai lancé, il y a deux mois, le grand débat national sur le lien université - emploi : je sais que les consultations ont été nombreuses et de qualité sur l'ensemble du territoire. Patrick HETZEL remettra demain à Gilles de ROBIEN et à François GOULARD un rapport d'étape dont les premières conclusions ont été portées à ma connaissance. Parmi les pistes de travail suggérées, deux devront être mises en oeuvre sans délai :

La première, c'est la mise en place d'un service public de l'orientation, comme l'a demandé le Président de la République : il rassemblera les compétences aujourd'hui éclatées entre différents acteurs. M. Pierre LUNEL, Président de l'université Vincennes Saint Denis, sera nommé délégué interministériel à l'orientation pour faciliter le rassemblement des moyens. Dans le courant de l'année 2006-2007, chaque université se verra proposer un service de l'orientation, des stages et de l'emploi, qui travaillera en liaison étroite avec les lycées, les entreprises et les administrations.

Par ailleurs, c'est la deuxième piste, tous les nouveaux bacheliers 2006 devront avoir accès, en préparant leur licence, à une formation en langue étrangère, en informatique et en préparation à la recherche d'emploi afin qu'ils soient mieux armés dans leur recherche d'emploi. Il n'est pas normal que ce dispositif de bon sens soit réservé aux seuls étudiants des grandes écoles, alors que tous les étudiants en ont besoin.

Nous étudierons évidemment avec la plus grande attention toutes les autres propositions, en étroite concertation avec les présidents d'université, les organisations étudiantes et lycéennes, les partenaires sociaux. Je souhaite que le rapport final de la commission HETZEL, qui me sera remis en octobre, soit l'occasion d'une vraie réflexion sur la formation des jeunes dans notre pays : des jeunes mieux formés, mieux préparés à l'emploi, capables d'évoluer tout au long de leur parcours professionnel, voilà l'objectif commun vers lequel nous devons tendre.

Vous le voyez, pour ce gouvernement, l'éducation est la clé de l'égalité des chances. Vous me permettrez donc de m'arrêter un instant sur la question des moyens que nous mettons dans cette politique : Nous voulons tous une meilleure éducation. Nous voulons tous que nos enfants soient les mieux encadrés possible. Cela suppose de s'adapter aux réalités nouvelles :

Il y a d'abord les réalités démographiques : en 2006 comme en 2007 nous avons près de 30 000 élèves de moins dans le secondaire. Est-ce qu'il ne faut pas en tenir compte pour dégager des marges de manoeuvre pour le primaire ou le supérieur dans lesquels les besoins sont plus importants ?

Il y a aussi les réalités géographiques : les effectifs baissent sensiblement dans certaines académies du nord et de l'est de la France. Peut-on l'ignorer et faire comme si de rien n'était, au risque de désavantager des académies ou le nombre d'élèves augmente fortement ? En revanche, le taux d'encadrement global doit rester le même : c'est un principe d'équité auquel nous tenons.

Il y a enfin des réalités sociales : le besoin d'accompagnement, d'aide aux élèves les plus en difficulté, en particulier les élèves handicapés, n'a jamais été aussi fort. C'est notre devoir d'y répondre en inventant de nouvelles solutions, en faisant preuve d'imagination et de volonté.

Les équipes de réussite éducative travailleront en priorité hors temps scolaire au service des élèves des collèges ambition réussite. Ces 250 équipes de réussite éducative lancées dans le plan de cohésion sociale, ce sont des initiatives essentielles, qui renouvellent notre conception de l'éducation en incluant dans les équipes pédagogiques des orthophonistes, des personnels de santé, des assistantes sociales.

Jusqu'à 50 000 contrats d'avenir viendront épauler les directeurs d'école et les enseignants dans leurs tâches.

Le programme de tutorat des élèves les plus en difficulté par des étudiants sera opérationnel dès cette rentrée. Plus de 30 000 étudiants ont déjà accepté de consacrer leur temps et leur savoir faire aux élèves qui en ont le plus besoin. Je me réjouis particulièrement de ce geste de solidarité qui marque à la fois une prise de conscience et leur volonté de participer à un élan collectif.

Enfin, je vous rappelle que nous avons mis en place des dispositifs innovants et efficaces, comme le programme « défense deuxième chance » de Michèle ALLIOT-MARIE, ou le service civil volontaire qui montera en puissance au cours de l'année prochaine.

Reste la question de la vie étudiante : c'est le complément indispensable des actions déjà engagées pour l'école et l'égalité des chances.

Un programme important en faveur du logement étudiant a déjà été lancé.

Il sera complété par un effort significatif en faveur des bourses, en prenant notamment en compte le rapport que me remettra Laurent WAUQUIEZ la semaine prochaine. Faut-il par exemple mettre en place une bourse de rentrée universitaire pour faciliter l'entrée à l'université des bacheliers boursiers, leur permettre de financer leurs livres, leur installation, leur caution de loyer ? C'est une idée dont je suis prêt à discuter. Je vous donne rendez-vous en septembre sur ce sujet.


2. L'égalité des chances, doit s'appuyer aussi sur le dynamisme des hommes et des territoires de notre pays.

Un pays dans lequel chacun peut trouver facilement un emploi, où les parents s'inquiètent moins pour l'avenir professionnel de leurs enfants, où la croissance assure des revenus suffisants à tous les salariés, où un enfant d'ouvrier ou d'employé a l'assurance de réussir dans la société s'il fait les études nécessaires, voilà la direction dans laquelle nous devons avancer. Les promesses de l'égalité des chances dépendent du dynamisme de notre pays.

Pour cela il faut d'abord créer les conditions du plein emploi.

Car un pays qui crée de l'emploi, c'est un pays qui donne plus de chances à chacun :

Lorsque le chômage baisse, on accepte de prendre davantage de risques, on peut devenir plus exigeant sur sa rémunération, on peut changer plus facilement de travail : c'est toute la société qui se décrispe et qui retrouve confiance en elle-même.

Cette réalité là, cela fait des décennies que nous ne l'avons pas connue : il faut remonter aux trente glorieuses pour avoir un taux de chômage proche du plein emploi.

Pourtant cet objectif est à notre portée, pourvu que nous nous en donnions les moyens.

En un an, les résultats n'ont cessé de se confirmer : nous avons gagné un point de taux de chômage. Et nous allons continuer.

Mais il faut que nous soyons conscients du chemin qui nous reste à parcourir :

Tous les efforts que nous avons engagés avec Jean-Louis BORLOO - avec les contrats d'apprentissage et de professionnalisation, les CNE, les services à la personne, les contrats aidés, la refonte du service public de l'emploi, les emplois dans les services - devraient nous permettre de passer sous la barre des 9 % dans les prochains mois.

Pour arriver ensuite à des taux qui nous éloignent définitivement du chômage de masse, pour construire un nouvel équilibre social fondé sur le plein emploi et non sur la pénurie du travail, nous devons continuer à réfléchir à l'adaptation de notre modèle économique et social : ce sera l'un des enjeux des prochaines échéances électorales. Je souhaite que les mois qui viennent nous permettent d'éclairer le débat.

Cet objectif, il suppose que nous soyons attentif à la situation de chacun : les jeunes, les femmes, les seniors, tous ceux qui ont des difficultés, parce qu'ils entrent trop tard sur le marché du travail, parce qu'ils sont confrontés au travail précaire, ou parce qu'ils quittent trop tôt le marché du travail. Et c'est bien ce que nous faisons, en particulier avec le plan senior.

L'emploi doit apporter une garantie à chacun de pouvoir d'achat.

Trop de salariés aujourd'hui, en particulier les femmes et les jeunes, ont du mal à joindre les deux bouts malgré des revenus réguliers : cela dévalorise le travail et affecte la confiance de la société toute entière.

Nous avons décidé, avec notre majorité de prendre ce problème à bras le corps :

Nous avons d'abord augmenté le SMIC régulièrement depuis quatre ans. Avec la dernière augmentation de 3,05 % que j'ai décidée en début de semaine, le SMIC horaire le plus bas aura augmenté de 24 % sur la législature. Le SMIC désormais réunifié dépasse les 15 000 euros brut par an. D'ici 5 ans, si nous suivons la même progression, le SMIC atteindra 1 500 euros brut par mois, ce qui me paraît légitime.

J'ai souhaité que l'augmentation du SMIC reste raisonnable, pour que la négociation salariale puisse se poursuivre dans de bonnes conditions et aboutir à une revalorisation significative des bas salaires. Car il est essentiel de recréer de vraies perspectives d'augmentation salariale pour les personnes qui entrent sur le marché de l'emploi au niveau du SMIC : le SMIC c'est un point de départ, ce n'est pas un point d'arrivée. Je sais que l'action de Gérard LARCHER a déjà donné des résultats très encourageants au niveau des branches professionnelles. L'augmentation que nous avons décidée ne viendra pas télescoper les minima de branche qui ont été revalorisés. C'est dire qu'il y a une vraie vitalité du dialogue social dans les branches.

Nous avons également fortement augmenté la prime pour l'emploi, qui valorise le travail par rapport à l'assistance : au niveau du SMIC, elle passera de 500 euros à près de 700 euros dès l'automne. Cela représente une augmentation sur l'ensemble de la législature de 3 200 euros de revenu brut par an pour un salarié au niveau du SMIC depuis 2002. Vous le voyez, nous avons vraiment véritablement fait en sorte que le travail soit mieux récompensé dans notre pays.

Enfin nous avons prévu de développer fortement la participation et l'intéressement, grâce à un projet de loi qui sera examiné par le Parlement à la rentrée prochaine.

Ce dynamisme français, soutenu par une croissance forte, par des créations d'entreprises exceptionnellement vigoureuses, il doit bénéficier à l'ensemble de nos territoires :

C'est évidemment le rôle des services publics, qui sont les garants de l'égalité des chances partout en France.

Ma conviction, elle est simple : les services publics sont une idée à la fois juste, efficace et moderne. Ils permettent à chacun, quel que soit son lieu de résidence, quels que soient ses revenus, d'avoir accès au même coût à des services de qualité. Nous devons donc les renforcer et les moderniser.

Il faut d'abord fixer des principes communs : c'est l'objectif de la charte des services publics en milieu rural que le gouvernement vient de signer avec les collectivités locales et les opérateurs de service public.

Il faut ensuite définir un périmètre clair :

Certains services doivent échapper à toute logique commerciale, comme l'école ou encore la santé.

D'autres services en revanche doivent pouvoir se développer dans le secteur concurrentiel : je me réjouis de ce point de vue du succès de l'ouverture du capital d'Aéroport de Paris.

Et puis il y a des domaines où nous devons concilier le contrôle stratégique de l'Etat avec le renforcement du poids économique des acteurs : c'est tout l'objet du projet de fusion entre Gaz de France et Suez. Avec ce nouvel ensemble, nous renforcerons l'indépendance énergétique du pays, nous aurons un leader dans le domaine du gaz, tout en garantissant des tarifs régulés pour tous les Français, tout en préservant le statut des personnels et l'organisation commune de la distribution EDF-GDF en tant que service de proximité : c'est donc avec de solides garanties, après un travail d'explication sur le terrain, et avec une concertation étroite avec les parlementaires, que ce projet sera débattu à la rentrée.

Enfin nous devons sans cesse adapter les services publics aux réalités nouvelles changeantes, démographiques, territoriales et technologiques. Car les nouvelles technologies sont une formidable opportunité pour simplifier la vie des usagers.

Je pense à la télédéclaration des revenus sur Internet, qui connaît un succès croissant, avec près de 6 millions de déclarations cette année.

Je pense aussi au développement de la télémédecine, qui permet de maintenir des soins de qualité dans les hôpitaux de proximité. A chaque fois que c'est possible, nous devons utiliser ces technologies pour améliorer le service rendu aux usagers.

Au-delà des services publics, l'Etat doit assurer l'égal accès de tous les Français aux réseaux de communication numérique : c'est un nouvel enjeu de l'égalité des chances et un facteur essentiel de cohésion territoriale.

L'attribution prochaine des licences Wimax complétera la couverture nationale en haut débit : j'y attache d'autant plus d'importance que notre pays avec 10 millions d'abonnés se classe déjà parmi les premiers pays au monde.

Tout le territoire français sera également couvert en 2007 par les réseaux de téléphonie mobile.

Enfin la couverture de la TNT ne cesse de progresser : près de 60 % de la population y a déjà accès. Avant la fin de l'année, le lancement d'une offre par satellite permettra à tous les Français de recevoir toutes les chaînes gratuites de la TNT sans abonnement.

L'égalité des chances dépend de notre capacité à aider les hommes comme les territoires. Elle repose sur notre capacité à valoriser chacun, à remédier aux difficultés particulières des uns et des autres, à lutter contre toute discrimination. Elle suppose un changement dans les esprits pour s'occuper de chacun, au plus près de ses attentes et de ses inquiétudes : car nous ne retrouverons pas une égalité des chances réelle sans sortir de nos habitudes et de nos réflexes, sans une capacité d'indignation et d'imagination. Pour être forte, pour être elle-même, la France a besoin des talents de tous. Elle doit donner sa chance à chacun. Voilà pour ce propos liminaire.

Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 29 juin 2006

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