Déclaration de M. Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, sur l'évolution des missions et des moyens du Centre national du livre, Paris le 31 mai 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, sur l'évolution des missions et des moyens du Centre national du livre, Paris le 31 mai 2006.

Personnalité, fonction : DONNEDIEU DE VABRES Renaud.

FRANCE. Ministre de la culture et de la communication

Circonstances : 60ème anniversaire du Centre national du livre

ti : Monsieur le Président du Centre National du Livre, cher Benoît Yvert,
Mesdames, Messieurs, Chers Amis,


Le Centre national du livre fête cette année, non seulement les vingt ans de son installation dans l'hôtel d'Avejan, mais aussi son soixantième anniversaire.

C'est une très belle histoire que celle du Centre national du livre. Une histoire insuffisamment connue, puisque si les acteurs de la chaîne du livre connaissent bien sûr l'existence du Centre, un grand nombre d'entre eux en ignore encore les rouages, le fonctionnement. Ainsi, le très complet Dictionnaire des politiques culturelles, réalisé à la demande de l'un de mes prédécesseurs, ne possède même pas d'entrée " Centre national du livre " ! Profitons donc de ce soixantième anniversaire pour réparer cette injustice et mieux faire connaître cette institution essentielle, soutien fondamental de tous les acteurs du livre, de l'écriture à la lecture.

D'abord Caisse nationale des lettres lors de sa création par la loi du 11 octobre 1946, devenu Centre national des lettres en 1973, puis le Centre national du livre en 1993, le CNL est resté fidèle aux objectifs stratégiques définis il y a maintenant soixante ans : " soutenir et encourager l'activité littéraire des écrivains français, favoriser par des subventions, avances de fonds ou tous autres moyens, l'édition ou la réédition par les entreprises françaises d'oeuvres littéraires dont il importe d'assurer la publication ". Soutenir l'ensemble de la chaîne du livre, telle était sa mission originelle ; elle est restée inchangée.

Le Centre l'a remplie avec constance et l'a même élargie, depuis, à de nouveaux territoires. Mais la démarche, à travers les années, est demeurée la même ; le dispositif des aides du CNL, financées par une taxe sur les appareils de reprographie et une taxe sur le chiffre d'affaires des éditeurs, est aujourd'hui apprécié de tous les auteurs, traducteurs, éditeurs, libraires et bibliothécaires, et très envié à l'étranger, comme je le constate à chacun de mes déplacements.

Le Centre national du livre ne s'est pas contenté d'accompagner la vie de l'édition française, mais il l'a aussi souvent devancée, de quelques pas, de quelques mesures, par ses incitations financières comme par ses initiatives en matière d'études.

L'esprit du CNL n'est pas un esprit parisien ni parisianiste, même si nous sommes ici au coeur de Paris, non loin de Saint Germain des Prés, dans le quartier des éditeurs, dans cette ancienne demeure de la rue de Verneuil, rénovée il y a vingt ans ; au contraire, le CNL n'a cessé de faire participer, de réunir tous ceux qui, à travers notre pays, se consacrent au livre ; il a toujours cherché à fédérer toutes les compétences, toutes les énergies, pour permettre au livre de continuer à occuper une place centrale dans notre culture.

Les différentes commissions consultatives de l'établissement, aujourd'hui au nombre de 14, sont le reflet de ce formidable rassemblement d'expertises, puisqu'elles réunissent écrivains, universitaires, journalistes, chercheurs, artistes, traducteurs, critiques, éditeurs, libraires, conservateurs, animateurs de la vie littéraire pour étudier les demandes de subventions ou de prêts, et s'appuient elles-mêmes sur un vaste réseau de collaborateurs extérieurs, lecteurs et rapporteurs, pour émettre leurs avis. Adaptées à l'évolution du paysage éditorial, à la fois spécialisées et ouvertes, elles ont pour mission de veiller, dans un esprit éclectique, à ce que tous les genres littéraires soient représentés. Je tiens à remercier aujourd'hui les présidents ainsi que les membres de ces commissions, grâce au travail, à l'investissement et à la passion desquels le Centre irrigue, par l'ensemble de ses aides, non seulement les divers domaines littéraires, mais aussi tout le territoire national.

Evidemment, le Centre apporte une attention particulière à certains secteurs éditoriaux. " S'il y a beaucoup de revues, [...], s'il y a encore une édition de théâtre, une édition de poésie, c'est grâce aux activités du CNL ", comme le rappelait récemment et justement Christian Bourgois.

Oui, encourager les entreprises éditoriales exigeantes et novatrices, garantes de la diversité et du renouveau de notre culture, mais aussi favoriser la vitalité des revues, creusets de la vie littéraire et intellectuelle française, tel est assurément le coeur de métier du Centre. Comme le rappelait le Président de la République à l'occasion du dernier Salon du livre de Paris, " les écrivains, les éditeurs et les libraires qui prennent des risques doivent être mieux épaulés ". " Le CNL, ajoutait-il, joue à cet égard un rôle indispensable et mérite d'être conforté dans ses modes d'interventions, mais aussi dans ses ressources. "

Sur cette question des ressources, je tiens à vous dire que j'ai saisi mon collègue Thierry Breton de propositions précises pour consolider la taxe fiscale sur les appareils de reprographie, dès 2007.

A côté de la consolidation des moyens, il faut veiller à l'actualisation des missions de l'ensemble de la politique du livre, dans le contexte que vous connaissez tous, marqué par l'irruption du numérique - je salue le nouveau site centrenationaldulivre.fr - et le bouleversement des techniques de fabrication et de diffusion.

C'est dans cette optique que j'ai chargé Benoît Yvert, directeur du livre et président du CNL, d'orchestrer une grande étude prospective sur l'avenir du secteur du livre à l'horizon 2010. Le CNL, opérateur de cette étude, organisera notamment diverses tables rondes à partir du deuxième semestre de cette année, puis un grand colloque intitulé " L'avenir du livre ", au début de 2007. Ces travaux associeront naturellement les personnalités et les experts contribuant aux activités du CNL.

Cette politique d'ouverture se traduira cette année par un ouvrage mettant en valeur l'apport irremplaçable de l'institution au service de la qualité et de la diversité éditoriale, qui présentera soixante livres aidés par le CNL, incarnant de façon exemplaire ces deux exigences. Je souhaite qu'il soit largement diffusé.

Ouverture également avec de nouvelles manifestations, je veux parler des conférences tenues tous les troisièmes lundis du mois rue de Verneuil, les Lundis du CNL, déjà réguliers, et très appréciés, au cours desquels le public a l'occasion de rencontrer des auteurs de renom ; car le CNL est surtout un lieu d'échanges et de débats, un lieu de rencontre de toute la profession, mais aussi de tous les amoureux du livre.

J'appelle également de mes voeux une visibilité renforcée de la manifestation " Lire en fête ", avec le choix cette année d'un thème original et populaire : " une ville, une oeuvre ". Enfin, avec le rendez-vous chaque année renouvelé des " Belles étrangères " qui, un jour, parviendront, de pays en pays, à recouvrir, à embrasser le monde entier, le CNL est appelé, en abordant ses 60 ans, à rayonner plus que jamais, pour faire partager cette conviction mallarméenne " que tout, au monde, existe pour aboutir à un livre ".

Je vous remercie.

Source http://www.culture.gouv.fr, le 29 juin 2006

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