Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur le rôle des centres techniques comme outil de l'innovation au service des petites et moyennes entreprises et sur leur avenir notamment dans le cadre des pôles de compétitivité, Paris le 29 juin 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur le rôle des centres techniques comme outil de l'innovation au service des petites et moyennes entreprises et sur leur avenir notamment dans le cadre des pôles de compétitivité, Paris le 29 juin 2006.

Personnalité, fonction : LOOS François.

FRANCE. Ministre délégué à l'industrie

Circonstances : A l'occasion du 40 ans du CETIM (Centre technique des industries de la mécanique)

ti : Messieurs les présidents (du Cetim et de la FIM)
Mesdames, Messieurs,


Je suis très heureux d'être parmi vous aujourd'hui pour fêter ce 40ème anniversaire du centre technique des industries de la mécanique, et je remercie chaleureusement Yvon Jacob et Jacques Bouvet de leur invitation.

Ce Congrès « Horizons mécaniques » est un événement important et rassembleur pour la profession de la mécanique, et votre présence nombreuse aujourd'hui montre le fort attachement des industriels à leur centre technique.

Pour moi aussi, cet anniversaire est une occasion de rappeler mon engagement auprès de l'action des centres techniques industriels. Il s'agit aussi de mon engagement auprès des entreprises de la mécanique, et que Yvon Jacob connaît bien.

A ce titre, et avant de revenir au sujet du Cetim il me paraît important de revenir sur un sujet dont je sais qu'il vous tient à c¿ur, celui de l'amélioration de la relation clients fournisseurs, en particulier les délais de paiement.

Hier encore, avec le président de la FIM nous avons longuement travaillé pour rechercher des solutions. La discussion est difficile, mais grâce en particulier à la persévérance de votre fédération, des avancées concrètes ont été obtenues :

- la signature d'un code de bonne pratique et en parallèle le travail confié au député Saddier pour poursuivre la réflexion et avancer des propositions en vue de réduire les délais de paiement,

- le développement de nouveaux produit Oseo pour permettre aux entreprises de mobiliser leurs créances,

- le financement que j'ai décidé par mon ministère d'actions d'aide aux PMI dans l'amélioration de la gestion du poste clients.

Tout cela doit permettre de continuer d'avancer dans ce débat trop longtemps ignoré du monde politique et que je continuerai de porter dans le débat public

Mais revenons au Cetim !

Malgré son grand âge, je voudrais commencer par souligner que le Cetim est un instrument moderne. Moderne comme le concept de centre technique, parce qu'un centre technique développe l'innovation là où elle doit être aujourd'hui renforcée, c'est-à-dire chez les petites et moyennes industries. La force de notre industrie repose en grande partie sur ce tissu très dense de PME, cela est vrai partout, mais plus encore dans la mécanique. C'est dans vos entreprises, si elles parviennent à mener des projets de R& D, et aussi à se développer et grossir, que les emplois et la valeur ajoutée se forment.

Dans le même temps, la concurrence internationale impose à ces entreprises de se mobiliser sur un ensemble de sujets multiples et complexes et sur l'innovation, la normalisation, la qualité ou encore le développement durable. Et c'est là que les centres techniques interviennent et jouent un rôle central, reconnu par tous, et dont la pertinence reste intacte plus d'un demi siècle après la création de leur cadre juridique. En effet, c'est dans l'action groupée de PMI d'un secteur donné que se trouve une grande partie des facteurs de succès de l'industrie. Cela permet, à moindre coût, d'améliorer le niveau de compétitivité et de mutualiser de façon efficace les énergies et de faciliter l'accès des PME à des ressources coûteuses mais indispensables.

Pour faire face à ces enjeux, les petites entreprises doivent pouvoir s'appuyer sur une veille technologique commune, des travaux de recherche appliquée et bénéficier de transferts. L'action du CETIM dans ces domaines est exemplaire et reconnue. Elle permet de mettre à disposition du plus grand nombre des compétences de très haut niveau.

A ce titre, le CETIM a créé des laboratoires communs (actuellement au nombre de 8) avec le CNRS, des universités et des écoles d'ingénieurs (exemple Laboratoire d'analyse polymère et composites avec Armines et l'ENSM Paris). Ces initiatives permettent au CETIM de jouer un rôle d'interface entre recherche publique et industrie, dont le rapprochement est indispensable. Je souhaite que le Cetim poursuive dans cette voie.

Fêter les 40 ans d'un centre technique n'a de sens que pour parler de l'avenir, et c'est de cela aussi dont je souhaite vous parler.

Je souhaite d'abord saluer la consécration importante qu'a reçue le Cetim dans sa mission de rapprochement entre recherche publique et industrie, avec l'attribution du label Carnot décidée en mars 2006. Cela signifie que le Cetim figure parmi les principaux centres de recherche technologique à même de créer des partenariats entre recherche publique et entreprises. Concrètement, c'est aussi une bonne nouvelle pour le Cetim qui pourra bénéficier des financements que l'Etat apporte aux centres labellisés Carnot : l'enveloppe financière pour 2006 est de 40Meuros pour l'ensemble des centres. Ce succès à l'appel d'offres, pour lequel 20 dossiers sur 67 reçus ont été retenus est donc une grande réussite, et j'en félicite l'ensemble des équipes du Cetim qui trouvent là un encouragement pour continuer de développer des partenariats de recherche technologiques au bénéfice des PME.

L'avenir, c'est aussi l'avenir de la gouvernance et du financement du centre technique.

Je connais les difficultés d'un centre qui doit prendre en compte les besoins collectifs de plus de 40 professions et de près de 7.000 entreprises. C'est pourquoi je suis tout particulièrement heureux qu'un care et une visibilité aient pu être donnés au fonctionnement du Cetim avec la signature du contrat d'objectifs et de moyens du centre.

Ce contrat d'objectif entérine les décisions, courageuses de la part de vos entreprises puisqu'elles augmentaient le taux de cotisation, d'assurer la pérennité et l'ambition du centre, avec la création depuis 2004 d'une taxe affectée. L'année 2007 marquera la fin de la transition de l'ancien au nouveau système de financement, qui reposera exclusivement sur le principe de taxe affectée et établira un lien fort entre les PMI et le centre qui les sert.

Parler de l'avenir du Cetim, nécessite aussi de poser la question plus large de l'avenir des centres techniques de la mécanique qui sont aujourd'hui au nombre de cinq : CETIM, CTDEC, Institut de Soudure, CETIAT, CTICM. Je salue les initiatives prises pour développer des coopérations entre ces centres. Je crois que dans l'intérêt des entreprises et de la simplicité des dispositifs publics, cet effort doit se poursuivre, s'intensifier et s'accélérer pour conduire, pourquoi pas à des rapprochements autour du plus grand de ces instituts, le Cetim. Ce n'est pas un dossier sur lequel je souhaiterai imposer des décisions venues d'en haut : c'est plutôt une invitation que je vous lance à engager cette réflexion, avec des idées qui devront venir de la base, c'est-à-dire des entreprises elles-mêmes. Mon ministère sera au côté de toute initiative permettant de renforcer la force et la visibilité des centres techniques.

Pour finir, l'avenir c'est aussi l'inscription de l'action des centres techniques dans le cadre plus général de la politique industrielle qu'a relancé ce Gouvernement, au travers des pôles de compétitivité.
Je souhaite saluer la participation remarquable des mécaniciens au sein des Pôles de compétitivité. Deux pôles de compétitivité (Viameca et Arve-Industries) sont spécifiquement dédiés à la mécanique. Par ailleurs, compte tenu de son caractère diffus, la mécanique est présente dans de nombreux pôles (Aéronautique, espace et systèmes embarqués, pôle nucléaire Bourgogne, Microsystèmes, MIPI ainsi que dans les 8 pôles Automobile et Transports).

Plusieurs projets associant industriels, écoles, laboratoires et centres de transfert ont pu dores et déjà émerger des pôles. Le CETIM est d'ailleurs impliqué dans ce dispositif : il assure à partir du centre de St Etienne le pilotage d'un grand projet coopératif sur les technologies à base de poudre qui a été retenu pour un financement par le ministère.

Mon ministère a d'ores et déjà retenu 4 projets de pôles de compétitivité dans les pôles mécaniques, avec la participation des centres techniques :

¿ Pour Viameca :

- Grand Projet Poudre (chef de file CETIM) aide FCE de 375.000 euros
- Allégement des tôles pour Automobile (leader Alcan) aide FCE de 550.000 euros

¿ Pour Arve-Industries :

- Coupe (chef de file CTDEC) pour 1,1 Meuros
- Captaucom (capteur abandonnés, leader SNR, SOMFY, TEFAL) pour 1,2 Meuros

Cette liste n'est d'ailleurs pas exhaustive car on pourrait y ajouter la partie mécanique de projets soutenus dans d'autres pôles ; on recense ainsi 12 projets retenus pour un total d'aides de 11,75 Meuros.
Mais plus que les financements, même si cela est important, c'est la dynamique d'innovation et d'émergence de projets coopératifs qui me tient à c¿ur dans les pôles de compétitivité. C'est pour cette raison que je souhaite que les centres techniques s'y impliquent fortement, car vous avez cette habitude et cette culture du travail collectif et de l'innovation dans les PME, et vous êtes les mieux placés pour faire émerger des projets de PME dans les pôles.

Pour conclure, je voudrais aussi très simplement vous dire que fêter ces 40 ans avec vous est pour moi un plaisir, parce que c'est un moment de convivialité. Je sais que votre congrès a été très studieux ¿ hormis sans doute le passage au château de Chantilly hier soir pour lequel je n'ai malheureusement pas pu me joindre à vous ¿ et j'ai tenté aussi dans mon propos de tracer les grandes lignes de l'avenir des centres techniques, tels que je les envisage. Mais c'est aussi pour partager avec vous cet instant de convivialité, avec des chefs d'entreprise que je croise régulièrement dans mes divers déplacements que j'ai souhaité répondre à cette innovation.

Alors au moment de conclure, mon souhait est que cet esprit de solidarité, malgré la concurrence, et de convivialité perdure et qu'au travers du Cetim il permette au tissu de PMI de la mécanique de se consolider et de se renforcer pour continuer de tenir une place importante dans notre industrie.

Je vous remercie

Source http://www.industrie.gouv.fr, le 30 juin 2006

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