Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur le projet international ITER et le rôle du comité industriel accompagnant le projet, Paris le 4 juillet 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur le projet international ITER et le rôle du comité industriel accompagnant le projet, Paris le 4 juillet 2006.

Personnalité, fonction : LOOS François.

FRANCE. Ministre délégué à l'industrie

Circonstances : Installation du Comité industriel pour ITER à Paris le 4 juillet 2006

ti : Monsieur le ministre, cher François,
Mesdames, Messieurs les présidents,
Mesdames, Messieurs les directeurs,


Permettez-moi de vous faire part pour commencer du plaisir que j'ai à installer aujourd'hui ce comité industriel pour ITER.

1. Tout d'abord parce que le projet ITER revêt une très grande importance, tant en matière de recherche que de politique énergétique.

Le contexte énergétique mondial se caractérise par des besoins croissants, une raréfaction des ressources fossiles et une prise de conscience de plus en plus partagée des risques climatiques associés à leur exploitation.

Dans ce contexte, le projet international ITER représente une voie nouvelle et une étape-clé pour la mise au point d'une nouvelle source d'énergie : l'utilisation à des fins pacifiques de la fusion nucléaire.
Il s'agit d'un projet de recherche aux enjeux économiques et sociaux décisifs. On estime en effet que la consommation d'énergie dans le monde pourrait être multiplié par 2 à 5 entre aujourd'hui et 2100, sous l'effet de la croissance démographique et économique. La fusion peut contribuer à satisfaire cette demande.

ITER est aussi un remarquable projet de coopération internationale : les sept partenaires du projet, représentant plus de 50 % de la population mondiale, ont décidé de réunir leurs efforts pour construire ensemble cette machine destinée à préparer l'énergie du futur. Et ils ont décidé de le faire en France, et plus précisément en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

C'est un grand honneur pour la France d'accueillir ce projet qui marquera une étape-clé dans l'histoire des recherches sur la fusion, entamée depuis plusieurs décennies en Russie, en France, en Grande-Bretagne ou au Japon.

2.Grand projet scientifique, ITER représente également une formidable opportunité industrielle pour nos entreprises

Rappelons quelques chiffres clés du projet : le projet ITER représente un investissement de près de 10 milliards d'euros sur 40 ans, dont près de la moitié seront engagés sur les 10 années à venir, durant la phase de construction.

Il devrait avoir des retombées économiques significatives. Les études préliminaires qui ont été conduites évaluent à 1,8 milliard d'euros les perspectives de retombées directes pour la France pendant la phase de construction.

De nombreux secteurs seront concernés : biens et équipements mécaniques, BTP, métallurgie, transformation des métaux, services), dans le respect des règles habituelles de mise en concurrence.

Les enjeux en termes d'emplois sont significatifs, puisque l'organisation internationale d'ITER emploiera 500 personnes à Cadarache, et que plus de 2000 personnes y seront présentes pendant la construction. Pendant l'exploitation, c'est environ 1000 personnes qui seront employées directement par ITER.

Autant dire qu'ITER représente d'importantes opportunités de marchés pour nos entreprises, et pour les entreprises implantées partout en France, et pas seulement en PACA ! C'est tout le sens de cette mobilisation nationale sur ITER que nous avons souhaitée avec François d'AUBERT.

Or le projet peut être difficile à appréhender pour les entreprises, en particulier pour les PME-PMI. Il y a :

- le caractère international et la nécessité de travailler en anglais,
- la multiplicité des maîtres d'ouvrages et des lots,
- la durée du projet, qui s'étalera sur près de 10 ans.

3. C'est pour ces raisons que nous avons décidé de créer ce Comité industriel pour ITER, que j'installe aujourd'hui.

Il aura pour mission de mobiliser les industriels sur le projet et d'organiser la capacité de réponse française aux différents appels d'offres européens et internationaux dans les meilleures conditions.

Il s'agira de définir les stratégies de veille, d'influence et d'offre adaptées vis-à-vis des différents maîtres d'ouvrage.

Cela concerna évidemment les briques technologiques que doit fournir l'Union européenne mais aussi celles que doivent fournir les autres partenaires du projet. A cet effet, les missions économiques des six autres pays partenaires seront mobilisées ainsi que l'Agence française des investissements internationaux.

Pour permettre aux entreprises de se préparer aux appels d'offres, un recueil d'une centaine de fiches technologiques a été élaboré par le CEA, que je remercie de ce remarquable travail. Il est, dès aujourd'hui, mis à disposition des entreprises et de leurs relais sur le site Internet du ministère de l'industrie et sur celui mis en place par la CRCI PACA.

Je salue à cette occasion son président, Claude CARDELLA, pour cette initiative, ainsi que les représentants de la région PACA pour l'important travail de mobilisation des acteurs économiques régionaux engagé depuis plus d'un an.

Ces fiches technologiques décrivent, pour chaque sous-lot, la fonction à remplir, la technologie et les techniques de fabrication mises en oeuvre. On y trouvera prochainement d'autres informations intéressantes tels que les éléments de planning ou encore les coordonnées des principaux donneurs d'ordres européens concernés, pour faciliter les prises de contact.

Pour le succès de cette mobilisation, je veux souligner quatre points :

Premièrement, les entreprises doivent se mobiliser dès à présent : si les appels d'offres relatifs à la fourniture des composants ne seront pas publiés avant un an, certains appels d'offres ont déjà été lancés sur l'ingénierie.

Deuxièmement, le critère « prix », à respect égal des spécifications techniques, sera déterminant. Il ne faut pas croire que parce que c'est un projet international, les maîtres d'ouvrage ne seront pas regardant sur leurs coûts !

Troisièmement, les entreprises ne doivent pas hésiter à nouer des partenariats européens et internationaux. La capacité de nos entreprises, grandes, moyennes ou petites, à travailler ensemble sera essentielle pour assurer le succès français dans les futurs appels d'offres.

Enfin, au delà des industriels, les compétences des laboratoires de recherche seront à mobiliser, dans le cadre notamment des pôles de compétitivité, d'où leur représentation forte au sein de ce comité.

4. Ce comité s'appuiera en pratique sur l'organisation des Pouvoirs publics mise en place spécifiquement pour ITER, que je veux vous présenter

Elle repose sur deux niveaux : un niveau national et un niveau local. Le Premier ministre a tout d'abord confié à François d'AUBERT la mission de représenter la France auprès des instances internationales, ainsi qu'une mission de coordination et d'animation de la concertation interne au Gouvernement.

François d'AUBERT est notamment chargé d'assurer au niveau approprié la participation industrielle de nos entreprises au projet et de veiller aux intérêts stratégiques de notre pays tout au long de son déroulement. Il présidera le comité.

Par ailleurs, une mission d'accompagnement, dirigée par Yannick IMBERT, a été placée auprès du préfet de région pour s'assurer, en liaison avec tous les partenaires : élus, responsables d'ITER et services de l'Etat impliqués, de toutes les conditions nécessaires à l'accueil du projet au niveau local. Elle apportera son soutien au comité.

Ces deux missions ont déjà commencé à travailler ensemble, notamment pour définir le nécessaire dispositif d'accompagnement des entreprises, particulièrement les PME-PMI, qui devra être mis en place et dont les grands axes vont être débattus avec vous aujourd'hui.

Je compte sur les DRIRE comme sur le réseau consulaire et plus généralement l'ensemble des acteurs du développement économique pour animer sur le terrain la mobilisation collective initiée aujourd'hui. Votre comité sera un élément essentiel de ce dispositif et je vous remercie dès à présent de votre contribution à ses travaux futurs.

Je passe maintenant la parole à François d'AUBERT qui va vous présenter avec plus de détails les conditions de cette mobilisation.


Source http://www.industrie.gouv.fr, le 4 juillet 2006

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