Déclaration de M. Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, sur l'art lyrique et le festival international d'art lyrique, Aix-en-Provence le 4 juillet 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, sur l'art lyrique et le festival international d'art lyrique, Aix-en-Provence le 4 juillet 2006.

Personnalité, fonction : DONNEDIEU DE VABRES Renaud.

FRANCE. Ministre de la culture et de la communication

Circonstances : Inauguration du festival international d'art lyrique à Aix-en-Provence le 4 juillet 2006

ti : Madame la Présidente d'honneur, Chère Edmonde Charles-Roux,
Madame le Député-Maire, Chère Maryse Joissains-Masini,
Monsieur le Président, Cher Bruno Roger,
Cher Stephane Lissner,
Cher Bernard Foccroulle,
Mesdames, Messieurs, Chers Amis,


Je suis particulièrement heureux de vous retrouver aujourd'hui. Chaque édition du Festival International d'Art Lyrique d'Aix-en-Provence est un événement. Celle-ci représente en outre un émouvant passage de témoin, qui nous permet de mesurer le chemin parcouru au cours des dernières années.
Aix porte à nouveau au plus haut les couleurs de l'art lyrique sur la scène musicale internationale. Et, sans aspirer à voir les mélomanes du monde entier s'y rendre à genoux, comme ils sont censés le faire sur la colline sacrée de Bayreuth, je souhaite qu'ils y rencontrent, dans le cadre de ce joyau patrimonial, le pur bonheur que procure la musique lorsqu'elle atteint l'excellence.

Je tiens à rendre hommage à l'action menée par Stephane Lissner depuis 1998. Il n'a pas souhaité terminer son mandat, mais il achevé son projet à la tête du Festival. Cette édition est la dernière qu'il ait programmée. Elle s'inscrit dans la veine de la grande tradition aixoise, par sa fidélité à Mozart, le toujours jeune, le cosmopolite, l'humaniste, l'Européen. Elle témoigne aussi d'une ambitieuse ouverture, en frappant, dès ce soir, les trois coups d'une Tétralogie qui fera date. C'est non seulement la première fois que Wagner est représenté à Aix, mais, pour cette première, l'oeuvre majeure de ce compositeur qui en son temps a réinventé l'opéra, est servie par l'un des plus prestigieux orchestres du monde.

La programmation magnifique de ce festival nous permet de mesurer l'ampleur de l'action conduite par Stéphane Lissner en huit ans, et la réussite du projet ambitieux qu'il a mis en oeuvre, pour le rayonnement d'une manifestation qui possède le lourd privilège de compter parmi celles qui portent, bien au-delà de nos frontières, le prestige artistique et culturel de notre pays.

Le développement international qu'a connu le Festival depuis 1998 est certainement un atout majeur de ce bilan. En témoignent les nombreuses coproductions avec des maisons d'opéra et des institutions musicales du monde entier - Berlin, Baden-Baden, Vienne, le Luxembourg ou Lausanne, entre autres - dont la coproduction de la Tétralogie avec le Festival de Pâques de Salzbourg, lancée cette année, est certainement une consécration. En témoignent aussi les tournées organisées dans le prolongement des représentations de l'été, à l'étranger comme en France.

La création de l'Académie européenne de musique, dès la première année de votre mandat, cher Stéphane Lisser, s'inscrit dans cette volonté d'internationalisation, que je tiens à saluer. Vous avez accueilli de jeunes artistes venus d'Amsterdam, de Valladolid, de Londres, de Saint-Pétersbourg, de New-York, et de Vienne. Avec l'Académie européenne, vous avez su renouer avec la tradition installée par Gabriel Dussurget, dès la fondation du festival, celle d'une manifestation ouverte aux jeunes talents. Aix a longtemps été le lieu des découvertes. Grâce à vous, Cher Stéphane, le Festival l'est redevenu. Prolongement du Festival vers la pédagogie et la promotion de jeunes talents, chanteurs ou instrumentistes, l'Académie est un superbe lieu de transmission, puisque de grands maîtres et des artistes de renommée internationale viennent y dévoiler les secrets de leur art à leurs jeunes collègues, en présence du public.

Je salue égalelement votre souci de sensibiliser à l'art lyrique les jeunes mélomanes de demain et d'ouvrir le festival aux publics scolaires de la ville et de la région.

L'action en faveur du public représente en effet un volet important du projet que vous avez conduit, et cela dans un souci constant de proximité. Proximité des artistes, des oeuvres et des spectateurs. Proximité également du Festival avec sa ville et son territoire, dont les habitants bénéficient de conditions d'accueil particulières, notamment grâce au " Passeport ".

Je veux souligner combien le Festival a pris d'envergure, en devenant un centre de production et un lieu de création à part entière. Les retransmissions et les captations par les grands medias radiophoniques et télévisuels, la réalisation de DVD, viennent en renforcer la notoriété et le rayonnement national et international. Et au-delà, elles contribuent fortement à l'attractivité de notre pays.

Votre volonté trouve bien évidemment son expression première dans le projet artistique que vous avez conçu pour le Festival, qui s'est résolument ouvert aux créations contemporaines, à une politique de commandes, comme au dialogue renouvelé entre chefs et metteurs en scène de théâtre. Pour la première fois de son histoire, le Festival d'Aix-en-Provence a fait son ouverture avec la création mondiale, en 2002, du Balcon de Peter Eotvös, dirigé par le compositeur, d'après le texte de Jean Genet, un sommet du répertoire théâtral du XXe siècle, mis en scène par Stanislas Nordey. Nous avons en tête et au coeur beaucoup d'autres souvenirs des récentes éditions du Festival, et je ne peux les citer tous, évidemment, mais je garde particulièrement en mémoire celui du retour à la scène lyrique de Patrice Chéreau, l'année dernière, auprès du jeune chef Daniel Harding, au pupitre de Cosi.

Oui, c'est un regard ému que nous jetons aujourd'hui, sur ces huit années. Mais ce n'est pas un regard nostalgique. Car ce festival demeure fidèle à son esprit, en continuant à innover, comme vous avez su le faire en vous rapprochant, par exemple, des entreprises privées, que vous avez gagnées à la cause du Festival et réunies au sein du " Cercle d'entreprises partenaires et mécènes ", attentives, auprès de l'Etat et des collectivités territoriales, au développement et au rayonnement d'une manifestation qui doit beaucoup de son prestige à cet heureux concours des partenariats privés et publics.

Aujourd'hui c'est, je le disais à l'instant, un passage de témoin.

Je souhaite la bienvenue à Bernard Foccroulle et je lui exprime toute ma confiance pour continuer sur une voie si bien tracée, forte de tant de réalisations.

Votre propre action à la tête de la Monnaie de Bruxelles, Cher Bernard Foccroulle, l'une des plus belles maisons d'opéra en Europe, votre prestige personnel d'interprète sur la scène internationale, votre intérêt pour tous les répertoires, la capacité dont vous avez si souvent témoigné à relever les défis, votre attention très particulière et maintes fois manifestée à l'ouverture au plus grand nombre de l'accès à l'opéra, font de vous le digne successeur de la tradition ouverte, dès la création du Festival, par Gabriel Dussurget.

Actuellement directeur délégué du Festival, vous en prendrez les rênes le 1er janvier 2007, et je ne vois pas de meilleur symbole de cette passation de pouvoirs que l'échéance, également fixée à l'année 2007, pour l'ouverture de la nouvelle salle de spectacles qui accueillera La Walkyrie.

J'adresse mes voeux les plus sincères et les plus chaleureux de succès à Stephane Lissner pour sa mission à la Scala, cette maison historique, où je suis fier de savoir qu'il apportera un talent et une expérience forgés au sein de nos institutions, ainsi qu'à Bernard Foccroule, pour la mission qu'il aborde aujourd'hui avec, je le sais, un engagement total et la passion communicative dont il ne se départit jamais.

A vous tous, enfin, je souhaite un excellent Festival 2006 !

Je vous remercie.


Source http://www.culture.gouv.fr, le 5 juillet 2006

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