Interview de M. Dominique Perben, ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer, à "Europe 1" le 31 juillet 2006, sur le bilan de la circulation routière à la période la plus critique de l'année et sur la sécurité des autocars. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Dominique Perben, ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer, à "Europe 1" le 31 juillet 2006, sur le bilan de la circulation routière à la période la plus critique de l'année et sur la sécurité des autocars.

Personnalité, fonction : PERBEN Dominique, RISSOULI Karim.

FRANCE. Ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer;

ti : K. Rissouli - Le grand chassé-croisé sur les routes de France, entre juilletistes et aoûtiens, et un constat alarmant sur la sécurité des autocars. Cela fait au moins deux bonnes raisons d'inviter le ministre des Transports... Revenons ce week-end classé noir sur les routes de France. Très concrètement, comme cela s'est-il passé ?

R - Cela s'est finalement relativement bien passé, c'est le meilleur week-end de chassé-croisé depuis l'an 2006, depuis six ans. Dans la mesure où l'on craignait beaucoup en particulier la journée de samedi, cela a plutôt été moins difficile que ce qu'avait annoncé Bison futé et l'on est passé vers 18 heures, samedi, sous le seuil de l'orange, c'est-à-dire qu'on a retrouvé une situation presque normale à ce moment-là. Dimanche, les retours se sont assez bien passés. Il y a eu un pic de circulation en fin de matinée et pour le reste, la journée s'est déroulée normalement. En termes d'accidents, c'est plus difficile de faire déjà un bilan. J'aurai les premiers chiffres en milieu de semaine ; il semble qu'il y ait eu très peu d'accidents graves et que les choses se soient bien passées. J'espère que ce sera aussi bien que le week-end du 14 juillet qui avait été moitié moins meurtrier que celui de 2005, mais je n'ai pas encore les éléments aujourd'hui.

Q - L'autre sujet dont je parlais tout à l'heure concerne les autocars. Vous avez diligenté une campagne d'inspection et le résultat est franchement inquiétant : un car sur deux est en infraction. Cela paraît énorme, franchement.

R - Oui, j'ai voulu vraiment me fâcher et frapper un coup qui devrait être efficace. Nous nous sommes mis d'accord avec les Hollandais, les Belges, les Espagnols et les Marocains pour contrôler ces autocars qui partent de l'Europe, de l'Europe du Nord, souvent, et qui vont jusque vers le Maroc, et qui sont surchargés et dangereux. Ce sont des compagnies qui gèrent ces cars qui font un peu n'importe quoi, qui sont irresponsables et qui font courir des risques à leurs passagers, et aux autres automobiles. C'est la raison pour laquelle on a fait les contrôles et ils se sont révélés à 50 % positifs, c'est-à-dire 50 % en infraction.

Q - C'est-à-dire surcharge, conducteurs mal reposés ?

R - Ce que l'on voit le plus, c'est la surcharge, ce sont des matériels en mauvais état, en particulier les pneumatiques, ce sont des conducteurs qui sont obligés de travailler plus que la réglementation, et qui donc, peuvent être dans un état de fatigue important. Donc nous avons immobilisés presque 20 % des autocars contrôlés et nous allons continuer les contrôles au mois d'août.

Q - Peut-on imaginer une liste noire des compagnies d'autocars, un peu comme cela se fait pour les compagnies aériennes ?

R - C'est un peu plus difficile, dans la mesure où ces sociétés qui louent des services, en fait, ce sont des sociétés éphémères qui vendent du voyage sur Internet, qui existent pendant quelques semaines, quelques mois, et qui disparaissent. Donc, ce serait évidemment beaucoup plus difficile. C'est la raison pour laquelle notre action est un peu différente, c'est-à-dire que nous allons faire des contrôles pendant le voyage, nous allons le refaire au mois d'août et nous allons, derrière cela, contrôler les entreprises ou les prestataires de services, ou les loueurs de cars, au sein des entreprises, pour les poursuivre, pour faire aller jusqu'au bout les procès-verbaux, éventuellement les poursuites judiciaires pour que cela cesse. Et puis, c'est aussi une façon de dissuader les clients de monter dans ce type d'autocars. En parler avec vous, sur votre antenne, cela va aussi dans ce sens. Il faut aussi que les clients soient attentifs.

Source : Premier ministre, Service d'information du Gouvernement, le 31 juillet 2006

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