Tribune de MM. Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire et président de l'UMP, et John Reid, ministre de l'intérieur du Royaume-Uni, dans "Le Figaro" le 17 août 2006, sur la coopération européenne dans la lutte anti-terroriste, intitulée "Une réponse commune à un défi commun". | vie-publique.fr | Discours publics

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Tribune de MM. Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire et président de l'UMP, et John Reid, ministre de l'intérieur du Royaume-Uni, dans "Le Figaro" le 17 août 2006, sur la coopération européenne dans la lutte anti-terroriste, intitulée "Une réponse commune à un défi commun".

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas, REID John.

FRANCE. Ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire ; FRANCE. UMP, président; GRANDE BRETAGNE. Ministre de l'intérieur

ti : La semaine dernière, la police et les services de sécurité britanniques ont déjoué ce qui apparaît être une tentative terroriste d'assassinat à grande échelle. Au Royaume-Uni comme dans le reste de l'Europe, des milliers de vacanciers ont vécu la même frustration, en voyant leurs projets de voyage interrompus. Des millions de gens ont exprimé leur indignation et leur inquiétude au fur et à mesure de la révélation des détails du complot. Même si des pertes de vies humaines ont été évitées, ces événements nous rappellent avec force que la menace du terrorisme nous affecte tous dans notre vie quotidienne et que nous sommes tous engagés dans la lutte contre le terrorisme.

C'est pourquoi nous avons rencontré hier la présidence finlandaise de l'Union européenne et d'autres partenaires européens pour examiner avec eux ce que nous pouvons construire à partir des progrès déjà réalisés depuis les attaques de Madrid en 2004 et de Londres l'an dernier. Grâce au mandat d'arrêt européen, l'un des principaux suspects des tentatives d'attentats du 21 juillet 2005 à Londres a été rapidement remis par l'Italie au Royaume-Uni pour être traduit en justice. Et le «mandat d'obtention de preuve européen» va améliorer et accélérer la procédure d'échange de preuves entre nous.

Cette coopération montre ce que nous pouvons réaliser lorsque nous coopérons avec nos voisins européens pour combattre le terrorisme. Nous savons tous que la menace du terrorisme international n'a pas diminué, qu'elle est élevée et permanente. La prochaine fois, des terroristes pourraient prendre un autre État européen pour cible. C'est ensemble que nous devons apporter une réponse globale au défi qui nous est commun : comment combattre le terrorisme le plus efficacement possible sans remettre en cause nos valeurs de sociétés ouvertes et démocratiques ? Quel équilibre établir entre les droits individuels auxquels nous sommes tous attachés et le droit collectif à la sûreté et à la sécurité que nos sociétés exigent ?

L'an dernier, l'Union européenne s'est dotée d'une stratégie de lutte contre le terrorisme. Cette stratégie fait porter nos efforts sur quatre actions clés : prévenir, protéger, poursuivre et réprimer. Nous devons, avant tout, mieux travailler pour empêcher que des citoyens européens ne se tournent vers le terrorisme. Pour cela, il nous faut mieux partager nos expériences pour prévenir la radicalisation et le recrutement dans des milieux comme les écoles et les lieux de culte ou à travers les médias et Internet. Beaucoup a déjà été fait pour éviter que des comportements violents ne s'enracinent chez les jeunes, par une meilleure connaissance de la diversité culturelle de l'Europe et de ses valeurs communes fondamentales. Nous devons bâtir sur ces fondements. En définitive, nous devons conforter une société européenne où chacun trouve sa place.

Bien évidemment, nous devons aussi travailler ensemble après chaque attentat ou tentative d'attentat pour poursuivre les responsables et faire en sorte que nos systèmes policiers et judiciaires soient efficaces afin que les terroristes ne trouvent de refuge nulle part sur le continent. Nous devons continuer d'améliorer notre capacité de réponse commune en perfectionnant nos méthodes de gestion des crises et en facilitant la coopération concrète entre nos administrations.

Nous devons aussi nous protéger en adaptant en permanence nos mesures de sécurité aux nouveaux modes opératoires des terroristes. La Commission a déjà souligné la nécessité de nouvelles normes de sécurité dans les aéroports européens. Par exemple, les événements récents nous conduisent à orienter nos recherches vers la détection des explosifs liquides.

Nous devons faire cela en demeurant fidèles aux valeurs européennes de liberté et aux droits fondamentaux que nous partageons.

Pourquoi ? Précisément parce qu'ils constituent les armes de la démocratie qui nous permettent de combattre le terrorisme. En défendant nos concitoyens sans détruire les libertés sur lesquelles nos sociétés sont fondées, en cherchant à vaincre les terroristes sans donner aux Musulmans l'impression que nous portons atteinte à l'islam, en écoutant les doléances légitimes du monde musulman sans valider la rhétorique des terroristes, nous construirons un environnement où régneront la tolérance et la liberté et où le terrorisme ne pourra pas prospérer.

Nous ne sommes que trop conscients de l'ampleur de ces défis, mais nous partageons la conviction que le meilleur moyen de vaincre le terrorisme est la coopération internationale et la vigilance de nos concitoyens. Nous devons tous travailler ensemble pour y parvenir.

Nous sommes menacés à tous les niveaux : individus, sociétés, nations et Union européenne.

C'est à tous ces niveaux que nous devons relever le défi, ensemble.

Nicolas SARKOZY et John REID


Source http://www.u-m-p.org, le 17 août 2006

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