Déclaration de M. Christian Poncelet, président du Sénat, sur l'exposition du Titien au Musée du Luxembourg et le rayonnement culturel de l'Italie, au Sénat le 11 septembre 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Poncelet, président du Sénat, sur l'exposition du Titien au Musée du Luxembourg et le rayonnement culturel de l'Italie, au Sénat le 11 septembre 2006.

Personnalité, fonction : PONCELET Christian.

FRANCE. Sénat, président ; FRANCE. UMP, sénateur

Circonstances : Dîner d'inauguration de l'exposition « Titien : le pouvoir en face », Salons de Boffrand, au Sénat le 11 septembre 2006

ti : Monsieur le Président de la République italienne,
Monsieur le Ministre délégué aux affaires étrangères,
Messieurs les parlementaires italiens,
Mes chers collègues,
Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,


Je voudrais tout d'abord vous souhaiter la bienvenue au Sénat et vous dire, Monsieur le Président de la République, l'honneur que je ressens, avec tous mes collègues, d'être le premier à vous accueillir en France pour votre première visite après votre élection à la magistrature suprême.

Recevez donc tous les voeux que nous formons pour la réussite de votre mandat et la prospérité de l'Italie, pays ami avec lequel nous unissent des liens si profonds. Les terribles événements de cet été au Proche-Orient donnent de plus aujourd'hui l'occasion à la France et à l'Italie d'agir de concert sur la scène du monde, comme les deux principales puissances prêtes à oeuvrer pour garantir la paix au sud Liban.

Le cinquantième anniversaire du Traité de Rome, que nous célébrerons l'an prochain, sera l'occasion de rappeler les liens indissolubles qui unissent nos deux pays fondateurs, membres d'autant plus essentiels de l'Union que l'actualité prouve que l'avenir de l'Europe, et même de l'Occident, se joue aussi en Méditerranée et dans notre capacité à surmonter les convulsions de sa rive sud et de l'Orient compliqué.

J'avais voulu que le Sénat, lorsqu'il a repris la gestion du Musée du Luxembourg, rappelle dans sa programmation l'histoire de notre musée, premier Musée d'art moderne dès 1818, mais auparavant création de Marie de Médicis.

C'est ainsi que nous avons fait de ce musée, avec les expositions Raphaël, Botticelli et Véronèse, une autre ambassade de la Renaissance et de l'Italie, à la vitalité incomparable.

Votre présence aujourd'hui, Monsieur le Président de la République, à l'inauguration de l'exposition « Titien : le pouvoir en face », que nous venons de découvrir avec éblouissement, est pour nous comme une consécration de ces efforts.

La Rochefoucault écrivait : « le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement ». Titien, lui, pouvait regarder le pouvoir en face et convoquer dans son atelier tous les princes de l'Europe : Charles Quint, Philippe II, François Ier, le Pape, les Doges de Venise, les princes d'Italie, qui témoignaient ainsi, malgré les guerres, de l'unité culturelle de l'Europe que nous retrouvons aujourd'hui dans la paix. Il a renouvelé à jamais l'art du portrait, il a atteint le plus haut sommet dans la représentation du pouvoir. Mais il a peut-être, avant tout, face à ces princes, orgueilleusement établi le pouvoir suprême de la peinture.

Je me réjouis donc de penser qu'à partir de mercredi une foule nombreuse découvrira ou redécouvrira à nouveau un grand maître de l'Italie et communiera, une fois de plus, dans la dilection particulière que nous avons tous ici, Monsieur le Président de la République, pour votre pays.

Votre pays est désormais encore davantage lié au destin de ce Musée depuis que nous avons inauguré les splendides portes de bronze du très grand sculpteur Cecco Bonanotte à qui je tiens à dire ce soir toute mon admiration et ma reconnaissance pour l'Art qu'il a mis dans cette création. Je tiens aussi à remercier MM. les Questeurs du Sénat d'avoir aussi permis de donner au Musée du Luxembourg une entrée majestueuse qui sera comme le signe visible de sa place retrouvée sur la scène internationale et de son éclatante réussite.

Chacun a été frappé par la beauté de l'oeuvre qui évoque si subtilement toutes les créations du génie humain, symbolise le lien entre la politique et les Arts et rappelle que nos vieilles civilisations ne conçoivent pas la Cité sans les humanités ni les Arts. Chacun a pu apprécier l'art époustouflant du Maître, la finesse des motifs, la richesse des variations chromatiques du métal, l'équilibre et la pureté de l'ensemble.

Notre Musée partage désormais avec le prestigieux Musée du Vatican, l'honneur de plonger dès son seuil le visiteur dans l'évocation des plus hautes créations de l'esprit. Je me suis même laissé dire que son Directeur Général, Francesco Buranelli que je salue, pourtant à la tête des trésors les plus incomparables d'Europe, serait presque jaloux de notre porte !

Monsieur le Président de la République, cette réussite éclatante n'aurait pas été possible sans le soutien constant des plus hautes autorités de votre pays, que je tiens à remercier car je sais tous les miracles qui rendent possible une exposition comme celle que nous venons d'inaugurer.

Je tiens à dire ici toute mon amitié et ma reconnaissance au Commissaire Général Nicola Spinosa, qui a la qualité incomparable d'être aussi... « napolitano » puisqu'il est le surintendant de Naples. Il est un homme de passion et d'autorité, mais aussi un érudit fougueux, intransigeant pour réunir les plus beaux chefs d'oeuvre et faire de chaque exposition une démonstration implacable pour l'esprit. J'associe à ces remerciements, Mesdames Carratu et Constantini et Madame Jennifer Fletcher, ainsi que tous les auteurs du catalogue SKIRA réalisé avec soin par Massimo Zelmann.

Je tiens à remercier très chaleureusement tous les prêteurs, de quinze pays différents, qui ont consenti à se séparer de chefs d'oeuvre qui ne sortent que très rarement pour permettre ce rassemblement quasi miraculeux.

Naturellement, je me dois de saluer encore, en lui exprimant toute la gratitude du Sénat, l'organisation exceptionnelle de Sylvestre Verger dont les talents concourent depuis des années à la réussite du Musée dans une sorte de partenariat public-privé, plus fréquent d'ailleurs en Italie qu'en France.

Et il me faut une fois de plus, bien sûr, m'émerveiller de l'art de Madame Patrizia Nitti, directrice des projets Renaissance du Musée depuis Raphaël, qui réussit, non pas comme une Parque puisque c'est chaque fois une naissance et la Renaissance qui sont au bout, mais comme une fée, à tenir entre ses mains tous les fils de projets d'expositions de rêve, aussi audacieux qu'improbables.

Enfin, je tiens à remercier tous nos partenaires fidèles dont nous savons bien qu'ils sont indispensables au succès de nos expositions : Métrobus, Jean-Claude Decaux, Paris-Match, LCI, France info, Le Parisien et Gecina.

Je suis heureux que, grâce à vous tous, ce moment d'émotion esthétique soit aussi un moment d'amitié. Je tiens à saluer avec vous, Monsieur le Président, tous les éminents italiens de Paris, architectes, artistes, qui se joignent à nous ce soir et qui témoignent, par leur présence, de l'intimité de notre relation.

Je vous remercie.


Source http://www.senat.fr, le 13 septembre 2006

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