Déclaration de M. Dominique Perben, ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer, sur la politique de développement des transports ferroviaires et la réouverture d'une ligne ferroviaire permettant une réduction de 47 km sur la ligne TGV Paris - Genève grâce à un partenariat avec la Suisse, Bellegarde-sur-Valserine (Ain) le 18 septembre 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. Dominique Perben, ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer, sur la politique de développement des transports ferroviaires et la réouverture d'une ligne ferroviaire permettant une réduction de 47 km sur la ligne TGV Paris - Genève grâce à un partenariat avec la Suisse, Bellegarde-sur-Valserine (Ain) le 18 septembre 2006.

Personnalité, fonction : PERBEN Dominique.

FRANCE. Ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer

Circonstances : Signature du protocole d'intentions de financement du projet de modernisation de la ligne Paris - Genève entre Bourg-en-Bresse et Bellegarde-sur-Valserine à Bellegarde le 18 septembre 2006

ti : Monsieur le Ministre,
Monsieur l'ambassadeur,
Messieurs les Présidents,
Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Président de l'AFITF
Monsieur le Président de RFF,
Monsieur le Directeur Général Exécutif de la SNCF
Messieurs les préfets,
Monsieur le maire,
Chers amis,


C'est un très grand plaisir d'être parmi vous aujourd'hui pour le lancement de cette opération exceptionnelle à plus d'un titre. Elle marque le renouveau formidable que représente la grande vitesse ferroviaire pour notre pays.

C'est un grand plaisir aussi de fêter ce renouveau ferroviaire pour toute cette région de l'Ain et de la Haute Savoie. Je voudrais également remercier nos amis Suisses pour leur implication enthousiaste dans ce projet. Je sais, Monsieur l'ambassadeur, que Moritz LEUENBERGER aurait beaucoup apprécié d'être avec nous aujourd'hui pour célébrer l'amitié de nos deux pays, et ce lien du TGV qui nous rapproche.

Monsieur le maire, permettez moi de saluer également votre belle ville de Bellegarde et ses habitants. Ils vont découvrir peu à peu une véritable transformation du quartier de la gare : il va s'affirmer comme un quartier essentiel, avec des modes de transports organisés autour du futur pôle multimodal que nous venons de découvrir.

Je disais tout à l'heure que ce projet est exceptionnel à plus d'un titre :

* il s'agit tout d'abord de la réouverture d'une ligne ferroviaire fermée depuis 15 ans, événement assez rare pour le rappeler. Le mode ferroviaire connaît incontestablement une très forte croissance, aussi bien pour les déplacements de longue distance que pour les déplacements locaux. Avec des trains plus performants et plus confortables, avec une qualité de service qui s'améliore et se modernise, je sais, Monsieur PEPY que la SNCF et les cheminots s'efforcent de répondre aux attentes de nos concitoyens.

* Il s'agit d'un projet exceptionnel aussi par la façon d'améliorer le service. Habituellement le TGV réduit l'espace en augmentant les vitesses. Ici, ce n'est pas le cas, puisque le temps gagné est essentiellement dû à la réduction du trajet de 47 km !

* Il s'agit d'un projet exceptionnel, par le partenariat mis en place avec nos amis Suisses, avec une participation de 110 millions d'euros qui a été décisive pour sa réussite. Je tiens à souligner la coopération soutenue que nous entretenons de longue date en particulier dans le domaine ferroviaire.

* Il s'agit enfin d'un projet exceptionnel, parce que après la LGV Rhin - Rhône, que nous avons lancée en juillet dernier, c'est le 4ème projet de liaison TGV en cours de réalisation cette année ! C'est une première en France.

Ce projet rentre pleinement dans les objectifs de développement durable que nous nous sommes fixés. Comme je l'ai déjà indiqué, mon ambition est de mettre en service au cours des 10 prochaines années, près de 900 kilomètres de lignes nouvelles. Le Haut-Bugey s'ajoute ainsi, en 2006, à la réalisation simultanée de la LGV Est Européenne, dont la mise en service est prévue en juin 2007, de Perpignan - Figuéras, qui ouvrira en 2009, et, bien sûr, de la LGV Rhin-Rhône.

Ce projet c'est d'abord Paris - Genève en 3 heures : ce sera 20 minutes de moins qu'aujourd'hui, mais c'est aussi une nouvelle desserte des départements de l'Ain, et de la Haute-Savoie, avec une amélioration de l'offre TER que va organiser la région Rhône-Alpes et l'expérimentation d'une desserte TGV de la Haute Savoie. Ce projet va ainsi contribuer au développement local sur le plan économique et touristique, et améliorer le quotidien de nos concitoyens.

L'ensemble des partenaires s'est fortement mobilisé durant de longs mois afin de concrétiser ce projet.

En effet, j'avais décidé, au printemps dernier, de porter la participation de l'Etat de 98 millions d'euros à 127 millions, pour respecter le principe de parité avec les participations des autres collectivités publiques, qui est désormais de mise dans ce type de projet. Le protocole d'intention que nous allons signer tout à l'heure marque notre volonté politique commune de mener à bien ce projet et de l'engager dès cette année. Le financement de l'Etat porté par l'AFITF, M le président, figure au budget 2006 de l'agence, le complément devant être décidé au conseil d 'administration du 4 octobre prochain.

Je remercie également les collectivités territoriales sans qui ce projet n'aurait pas été possible, et notamment :
- le conseil régional de Rhône-Alpes,
- le conseil général de l'Ain,
- le conseil général de la Haute-Savoie,
- la ville de Bellegarde-sur-Valserine.

Cher Michel BOYON, je tiens à saluer particulièrement la qualité du travail technique et de concertation. Il a été tenu compte des problèmes liés à la réhabilitation des ouvrages anciens et au caractère très accidenté du relief. Je tiens également à souligner la forte implication de votre établissement dans la réussite de ce projet, car il est l'un des tous premiers financeurs du projet.

La politique des transports dans le domaine ferroviaire doit combiner à la fois les grands projets et la relance des contrats régionaux.

En 2006, le Premier Ministre a décidé un effort très important pour la relance des projets locaux, avec un quasi triplement de l'enveloppe annuelle des contrats de plan dans le domaine des infrastructures: nous modernisons ainsi le pays et nous créons des emplois.

Pour la future génération des contrats de projets Etat-Région 2007-2013, l'Etat va cibler son effort sur le développement des transports ferroviaires, fluviaux et maritimes. Ce sont plus de 3 milliards d'euros que l'Etat consacrera à l'ensemble de ce programme, ce qui permettra de poursuivre l'effort du plan précédent.

Le préfet de région négocie actuellement le contrat de projet Rhône-Alpes, sur la base d'un mandat qui prévoit une participation de l'Etat de 205 Meuros en légère croissance par rapport à la période précédente. Il y aura donc un effort significatif de l'Etat pour les transports en Rhône Alpes, et je peux vous confirmer ma volonté de poursuivre ces discussions de façon constructive. Je ferai d'ailleurs un premier bilan de ces discussions le mois prochain.

La région Rhône Alpes est également particulièrement concernée par les grands projets nationaux qui contribuent à un développement durable des échanges économiques, à la préservation du cadre de vie et au développement de la région lyonnaise.

Ainsi, j'ai arrêté en décembre dernier le fuseau de la partie nord du contournement ferroviaire de l'agglomération lyonnaise, ainsi que le périmètre d'étude pour la section sud du contournement. Il s'agit de répondre à la saturation du noeud ferroviaire de Lyon et de connecter la région Rhône-Alpes à la magistrale Fret, qui rejoint les régions du Nord et du Sud de l'Europe. Les études, menées sous l'égide d'un Comité de pilotage que vous co-présidez, M. le Préfet, progressent rapidement. Je sais que vous déployez tous vos efforts pour associer toutes les parties concernées, comme c'est le cas en particulier dans le canton de Montluel.

Pour ce qui concerne le Lyon Turin, la France et l'Italie ont engagé leur procédure officielle menant à la déclaration d'utilité publique. Elles confirment ainsi leur volonté commune de tout mettre en oeuvre pour lancer l'opération en 2010. Même s'il faudra à l'Italie un peu de temps pour approfondir la concertation.

L'enquête d'utilité publique française s'est déroulée au printemps dans de bonnes conditions. Le décret d'utilité publique est prévu fin 2007.

Je n'oublie pas les accès français à ce grand tunnel. Ces accès, dont j'ai arrêté le tracé en février, devront garantir un itinéraire de qualité pour les marchandises et les voyageurs, dès l'ouverture du tunnel transfrontalier. Je compte donc sur le Comité local de pilotage et sur le maître d'ouvrage, Réseau Ferré de France, pour remettre, comme convenu, à la fin de l'année, des propositions pour une réalisation progressive. Elle devra permettre d'adapter les investissements à la montée en charge des trafics.

Sans attendre le Lyon-Turin, nous mettons en oeuvre des services nouveaux, pour favoriser le report modal dans les vallées alpines sensibles. Je me réjouis des résultats enregistrés par l'autoroute ferroviaire alpine. Au total, sur les sept premiers mois de l'année, l'AFA a transporté 12 000 camions contre 9 600 sur la même période de l'année précédente.

Le 11 juillet dernier, j'ai décidé, avec mes homologues italiens, de poursuivre l'expérimentation de l'AFA jusqu'à la fin des travaux de mise au gabarit du tunnel international du Mont Cenis.
Nous préparerons ensuite un appel d'offres pour un service pérenne, qui prendra le relais.

Je souhaite inscrire les autoroutes ferroviaires dans un maillage national. Celui-ci s'appuiera, à partir du printemps prochain, sur l'axe Perpignan - Luxembourg. Il pourra bientôt être étendu à Dijon, Lyon, Lille ou Marseille.

Pour conclure, je voudrais vous dire que c'est avec une certaine émotion que nous allons maintenant lancer officiellement cette opération. Elle va redonner vie à un ouvrage qui a traversé les 3 grandes guerres de 1870 et du 20ème siècle. Nos prédécesseurs ont su le construire, le préserver, le reconstruire même, lorsque cela a été nécessaire, et nous accomplissons aujourd'hui sa renaissance.

C'est un lien entre le passé et la modernité, un pas vers l'avenir que nous avons su construire ensemble.


Je vous en félicite tous.

Source http://www.equipement.gouv.fr, le 19 septembre 2006

Rechercher