Discours de M. Dominique Perben, ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer, sur la politique portuaire au service de l'économie, du commerce extérieur, du développement local, de l'aménagement du territoire et du développement durable, Le Havre le 28 septembre 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Discours de M. Dominique Perben, ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer, sur la politique portuaire au service de l'économie, du commerce extérieur, du développement local, de l'aménagement du territoire et du développement durable, Le Havre le 28 septembre 2006.

Personnalité, fonction : PERBEN Dominique.

FRANCE. Ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer

Circonstances : Assemblée de l'Union des ports autonomes et des chambres de commerce et d'industrie maritimes (UPACCIM) au Havre le 28 septembre 2006

ti : Messieurs les Ministres,
Monsieur le Président de l'UPACCIM, Monsieur le Délégué Général,
Monsieur le Président et monsieur le directeur général du Port du Havre,
Madame et messieurs les présidents et directeurs,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,


C'est avec un très grand plaisir que je reviens aujourd'hui au port du Havre, six mois après avoir inauguré le Terminal de France de Port 2000, au nom du Président de la République.

Je voudrais Cher Antoine, saluer la Ville du Havre et ses habitants, et te redire le plaisir que j'ai à venir ici, où, de mois en mois, le changement et les nouveaux projets se succèdent. Je voudrais remercier les présidents de l'Union des ports autonomes et des chambres de commerce et d'industrie maritimes (UPACCIM) et de l'Association pour le développement des Ports Français (ADPF), pour leur invitation, à l'occasion de cette assemblée annuelle décentralisée qui constitue, je le sais, un temps fort de rencontre et d'échange, un temps fort aussi pour nouer des partenariats, et préparer l'avenir. Je tiens à saluer l'action qui est conduite par vos deux organisations, aussi bien en faveur des négociations sociales que pour la représentation des ports français.

Cette manifestation me donne l'occasion de faire le point sur la politique que mène le Gouvernement dans le domaine portuaire et de vous préciser mon ambition dans le domaine maritime, au service de l'économie française et de son commerce extérieur, au service du développement local, de l'aménagement du territoire, et du développement durable.

Le développement durable, c'est d'abord assurer une desserte au plus près des lieux de consommation et de production, par des transports maritimes et des ports attractifs. C'est aussi accompagner la création d'emplois dans des secteurs stratégiques, comme la logistique, l'industrie, l'énergie et, de plus en plus, les biocarburants ou le recyclage.

Développement du conteneur

Pour cela, la partie la plus emblématique et la plus visible de notre action, c'est l'amélioration de la capacité opérationnelle de nos ports dans le domaine des conteneurs. Le rapport de la Cour des Comptes y a consacré l'essentiel de ses développements, et a rappelé que la France a investi tardivement dans ce domaine. Il convient de rattraper le temps perdu et de retrouver la place que nous devrions occuper au plan mondial.

Les 4 premiers postes à quai de Port 2000 que nous avons ouverts au printemps dernier ont marqué ce changement. La construction de deux nouveaux postes va débuter cette année, et les postes suivants seront inscrits en priorité dans le cadre du prochain contrat de projet Haute-Normandie. La capacité du port du Havre va tripler et atteindra 6 millions d'EVP (EVP = équivalent vingt pieds = volume d'un conteneur de 20 pieds de long) dans 10 ans.

Sur la façade méditerranéenne, le conseil d'administration du port de Marseille se prononcera demain pour lancer Fos 2XL. 2 nouveaux terminaux viendront compléter le terminal public actuel et permettront de dépasser les 2 millions d'EVP.

Ces deux projets structurants s'accompagnent d'investissements considérables de la part des plus grands armements mondiaux. Sans leur soutien, ces projets ne pourraient pleinement réussir. Aussi, je tiens à les saluer et à leur confirmer la détermination qui est la nôtre pour les mener à bien.

Cette confiance des opérateurs dans les ports français s'est également concrétisée à Dunkerque, avec l'entrée prochaine dans le capital du terminal à conteneurs du groupe MAERSK, et de CMA-CGM.

Globalement, ces investissements doivent permettre de porter le trafic des ports français de 3,5 à 10 millions de conteneurs par an d'ici 10 ans. C'est un objectif ambitieux, mais à l'échelle des enjeux européens.

Assurer un développement harmonieux de l'ensemble des ports selon leurs vocations.

Il ne faut pas pour autant négliger, comme on le fait trop souvent, les autres types de trafics, essentiels pour l'avenir de notre économie.

Sur la façade Atlantique, je viens de signer l'autorisation de travaux de Donges-Est, pour permettre d'accroître les capacités du port autonome de Nantes-Saint-Nazaire qui arrivent à saturation.

Monsieur le Président QUIMBERT, je sais combien vous êtes attaché à ce projet, aux côtés des collectivités et des acteurs locaux. La qualité écologique du site retenu, dans l'estuaire de la Loire, va faire l'objet d'un traitement exemplaire au plan environnemental. Le préfet installera dans les prochains jours un comité scientifique et technique qui veillera à la mise en oeuvre et à l'efficacité des mesures compensatoires.

L'année 2006 aura été une année de relance des investissements pour l'ensemble des ports maritimes : l'Etat aura apporté plus de 43 millions d'euros aux volets portuaires des contrats de plans. Cela aura accéléré de nombreux projets et permis de lancer notamment l'élargissement de la forme de radoub de Brest, l'Anse St Marc à La Rochelle, l'allongement du quai de Brégaillon à Toulon, ou encore l'extension du Port Est à La Réunion. Cet effort va également nous permettre d'aborder la discussion sur les prochains contrats de projets Etat-régions (CPER) 2007-2013, dans de bonnes conditions. Le Premier Ministre a rappelé l'esprit d'écoute et d'ouverture de l'Etat aux besoins identifiés au plan régional.

Ports et multimodalité :

Le développement des dessertes fluviales, des dessertes ferroviaires et, bien sûr, routières, est désormais un point essentiel du développement portuaire dans cette perspective de développement durable. Ceci devra se traduire dans les plans stratégiques des ports autonomes.

Le transport fluvial, connaît une évolution rapide, avec une tendance très soutenue de +7 % en 2005, et une croissance record pour les conteneurs : + 40 % sur la Seine et + 20 % sur l'axe Rhône-Saône l'an dernier.

Le projet de canal à grand gabarit Seine-Nord Europe va nous permettre d'ouvrir la France sur le réseau à grand gabarit européen. Il entrera dans les prochaines semaines en phase d'enquête publique. Je souhaite que nous entrions maintenant dans une phase active de discussions sur le financement de ce projet. C'est important pour les grands ports de la Seine, qui doivent être associés de près à sa mise au point.

Je confirme ma volonté d'achever rapidement la réforme du statut des voies ferrées portuaires, à la suite d'un important travail de concertation. Cette clarification va permettre de re-dynamiser les investissements et d'améliorer les dessertes terminales.

Port 2000 ne sera un succès que si les dessertes ferroviaires et fluviales atteignent un haut niveau. Les investissements réalisés pour l'installation de la SAITH, la desserte directe des terminaux par le rail, et la préparation de l'écluse fluviale de Port 2000, ont été fortement soutenus par l'Etat.

La définition des conditions de sécurité pour l'accès des bateaux fluvio-côtiers à Port 2000 par la mer est en voie de finalisation. La concertation se poursuit sur un sujet novateur. Je vous confirme que le dispositif réglementaire sera opérationnel avant la fin de cette année.

Plus largement, je suis convaincu des avantages que peuvent procurer les autoroutes de la mer. En installant la commission intergouvernementale avec mon homologue espagnole fin juillet, nous avons franchi une étape essentielle pour aboutir en 2007.

Logistique

Les ports ont toutes les capacités pour développer des activités logistiques intégrées. La création de Val de Seine Logistique à Rouen et des parcs logistiques du Havre, au sein du pôle de compétitivité logistique Seine Normandie, en sont ici un excellent exemple.

Ces projets doivent mobiliser collectivités, Chambres de Commerces et d'Industrie, et acteurs locaux du développement, pour créer les conditions d'une forte attractivité de notre territoire pour ces activités. Afin de mettre en valeur les avantages que les ports procurent à l'économie française, j'ai demandé à mes services de conduire une étude sur leur « valeur ajoutée ». Les ports et l'UPACCIM y seront associés, pour mieux faire connaître les retombées de l'activité portuaire.

Décentralisation

Je ne peux venir devant vous sans me réjouir du bon avancement de la principale évolution structurelle en cours, la décentralisation des ports d'intérêt national : d'ici la fin de l'année, la compétence pour 18 ports, 17 en métropole et un outre-mer, aura été transférée aux collectivités territoriales ou à leurs groupements. Le transfert du port de Bayonne à la Région Aquitaine a été le premier, en août dernier. La phase de candidature a marqué l'intérêt que portent les collectivités aux ports de commerce et de pêche, et je ne doute pas que le rapprochement des décisions, correspondant mieux à l'échelle du tissu économique qu'ils irriguent, contribuera à leur donner une nouvelle impulsion.

Manutention

Vous avez mentionné, Monsieur le Président, la question de l'organisation de la manutention portuaire. C'est effectivement un sujet essentiel. Les négociations menées ici au Havre, qui ont été longues, mais ont abouti positivement, montrent que des évolutions sont possibles. C'est un enjeu majeur. La concertation, et la volonté partagée de réussir la bataille de l'emploi, et d'assurer la performance des services rendus, doivent nous guider au quotidien dans ce domaine.

Gouvernance des ports autonomes

Pour les ports autonomes, vous avez mentionné, Monsieur le Président, la complexité de leurs missions, qui relèvent à la fois de l'intérêt général et du secteur concurrentiel. Cette complexité ne doit pas freiner, bien au contraire, la réflexion sur l'exercice de ces missions.

Certaines améliorations, qui relèvent de la « bonne gouvernance » sont déjà en cours, comme l'élaboration de plans d'entreprise, qui déboucheront sur des contrats d'objectifs et de moyens passés avec l'Etat, la nomination de commissaires aux comptes, ou encore la constitution de comités d'audit.

Politique portuaire européenne

Sur le plan communautaire, je salue l'annonce par la Commission, en juin dernier, de l'élaboration en 2007 d'une politique portuaire européenne. Le Vice-Président de la Commission, Jacques Barrot, sera parmi vous demain, et il évoquera certainement cette question.

La France entend contribuer activement à la définition de cette politique. C'est bien au niveau communautaire, en effet, que peuvent être clarifiées les conditions de concurrence inter-ports, l'objectif étant de stimuler l'activité et les investissements, sans introduire de rigidités.


Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, pour conclure, appeler à nouveau à une mobilisation de toutes les énergies en faveur du développement des ports français: Etat, collectivités, Chambres de commerce, autorités portuaires, professionnels, partenaires sociaux. Des investissements très importants ont été ou vont être réalisés, un nouveau contexte porteur se met en place avec la décentralisation. Ces évolutions doivent permettre de redonner à la France tout son caractère maritime. Pour que cette impulsion engendre les effets attendus sur le développement économique et l'emploi, il est nécessaire que les ports et les places portuaires adaptent et améliorent sans cesse leurs organisations, leur modes de relations professionnelles et sociales. Je ne doute pas que l'UPACCIM, et vous aussi, Mesdames et Messieurs, saurez contribuer à cet effort nécessaire.

Je vous remercie.


Source http://www.equipement.gouv.fr, le 29 septembre 2006

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