Déclaration de M. Dominique Perben, ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer, sur l'évolution du transport maritime, le développement du transport combiné, le renforcement du pavillon français grâce au Registre International Français, Le Havre le 2 octobre 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Dominique Perben, ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer, sur l'évolution du transport maritime, le développement du transport combiné, le renforcement du pavillon français grâce au Registre International Français, Le Havre le 2 octobre 2006.

Personnalité, fonction : PERBEN Dominique.

FRANCE. Ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer

Circonstances : Baptême du CMA-CGM Médéa, Le Havre le 2 octobre 2006

ti : Mesdames et Messieurs,


Je suis particulièrement heureux et fier de me retrouver aujourd'hui parmi vous à l'occasion du baptême de ce géant des mers qu'est le CMA-CGM Médéa.

Ce navire est le symbole de la formidable bataille dans laquelle les pouvoirs publics et les forces économiques sont engagées pour occuper une position européenne et mondiale à la hauteur de nos capacités dans le transport et le commerce maritimes.

Ce navire illustre tout d'abord la réussite d'une entreprise exceptionnelle, CMA-CGM, à laquelle je veux rendre hommage.
Vous avez fait de votre armement, Monsieur le Président, la 3ème entreprise mondiale dans le transport maritime de conteneurs. Vous en avez fait une entreprise globale, qui investit dans les navires, dans les conteneurs et dans les terminaux portuaires, mais aussi dans tous les modes de communication permettant d'acheminer les produits des ports vers vos clients. Le CMA-CGM Médéa est le porte drapeau de cette ambition et de cette réussite.

Vous allez dans le sens de l'Histoire, car vous êtes devenu un acteur majeur de l'évolution du transport maritime qui se dessine en ce début de 3ème millénaire : 70% du commerce mondial transite désormais par les mers ! Et le transport maritime s'affirme aujourd'hui, en termes de compétitivité économique, de rapidité, de commodité, mais aussi pour le respect de l'environnement, comme le mode de transport de marchandises d'avenir à l'échelle mondiale.

Pour la CMA-CGM, le grand défi stratégique, c'est de mettre en sécurité ses capacités de manutention au niveau mondial, pour garantir les escales de ses navires, en termes d'accueil et de délais.

Pour le Gouvernement, le grand défi stratégique, c'est de faire en sorte que nos ports et nos infrastructures de transports s'adaptent aux besoins des clients et du commerce international.

Le Havre est l'illustration de cette volonté. Vous avez su, Monsieur le Maire, cher Antoine RUFFENACHT, tirer le meilleur parti de l'exceptionnelle situation du Havre sur la façade atlantique pour les lignes maritimes internationales : avec Port 2000, le Havre peut désormais rivaliser avec les plus grands ports du Nord de l'Europe !

Le Gouvernement souhaite à présent renforcer cette dynamique, en donnant aux ports tous les moyens nécessaires pour développer le transport combiné. C'est pourquoi l'Etat favorisera les acheminements de conteneurs par la voie ferrée et la voie d'eau. Car je suis convaincu que ces modes de transports massifiés sont particulièrement bien adaptés à la desserte des ports et à l'allègement de la contrainte sur nos réseaux routiers, aux abords des grandes agglomérations.

Ces choix du Gouvernement sont dictés par la volonté d'inscrire notre pays dans une politique de développement durable.

Pour être à la hauteur de cette ambition, encore nous faudra-t-il réussir à relever trois défis majeurs : le défi économique, le défi de l'emploi, et le défi de la sécurité maritime. C'est à quoi mon ministère s'emploie tous les jours.

- Notre première priorité, c'est d'abord de construire durablement une flotte nationale sûre, dynamique et compétitive.

C'est pourquoi le Gouvernement a mis en place un dispositif global pour renforcer la compétitivité du pavillon français, dans tous les secteurs exposés à la concurrence, comprenant des allègements de charges sociales et fiscales, une aide fiscale aux investissements industriels, et un nouveau registre d'immatriculation des navires : le Registre International Français.

Ce dispositif est contrarié dans sa mise en oeuvre et ce n'est pas acceptable pour notre économie et nos emplois.
- Pour le GIE fiscal, nous savons que d'autres Etats savent offrir à nos armateurs, en Europe et ailleurs, des conditions d'accueil favorables intégrant des dispositifs de ce type.
- Aussi le Gouvernement est prêt à envisager sans réserve les adaptations que la Commission estimerait nécessaire d'apporter à notre régime fiscal.
- Mais nous proposons au préalable de clore la situation pour le passé. Car la Commission Européenne est informée de son existence depuis 1998. Nous ne comprenons donc pas que l'on puisse, après 6 ans de silence, faire reproche aux opérateurs de l'avoir utilisé.
- En ce qui concerne le registre international français qui compte à ce jour plus d'une centaine de navires comme le MEDEA, je tiens une nouvelle fois à souligner sa qualité. Il permet de promouvoir notre politique de sécurité maritime et un bon niveau social pour tous les marins.
- C'est pourquoi le maintien du classement de ce registre comme pavillon de complaisance n'est plus compréhensible. Car il conduit maintenant à pénaliser l'emploi même des marins, et, plus généralement, l'image de la France.
- Je demande au Conseil supérieur de la marine marchande, qui vient d'être renouvelé, et à son président Bernard SCEMAMA, d'examiner, dès sa prochaine réunion, les voies permettant de répondre à l'attente des armateurs et des équipages aujourd'hui inscrits sur d'autres registres ou sous des pavillons moins regardants.

Si nous sommes capables de relever le défi économique, aussi bien pour le développement de notre flotte que pour la dynamique de nos ports, alors, nous aurons gagné le défi essentiel de l'emploi pour nos filières maritimes !

Enfin, le troisième défi est celui de la sécurité maritime. Elle constitue également une des priorités du gouvernement. Dans mon ministère, qui a fait de la sécurité dans les transports sa priorité absolue, la sécurité maritime engage une double responsabilité, celle de la sauvegarde des hommes, mais aussi celle de l'environnement.

La France se doit donc d'être exemplaire, et elle l'est, dans le domaine de la sécurité maritime. Sa voix est entendue dans les instances internationales, tant au sein de l'Union européenne que de l'organisation maritime internationale.

C'est la réputation de la France qui est en jeu et l'image de son engagement pour la sécurité des personnes, des biens, et de l'environnement.
Aujourd'hui, ce gigantesque navire est la preuve que tous les efforts que je viens d'évoquer commencent à porter leurs fruits. Dans son sillage et avec lui , il entraîne notre flotte française, qui est l'une des plus récentes et l'une des plus modernes du monde, et notre économie maritime toute entière.

Le transport maritime, avec tout son impact économique et social, est ainsi devenu un élément stratégique de notre politique de la mer. Il doit être le fer de lance de notre ambition maritime pour la France.

Pour conclure Mesdames, Messieurs , un mot sur le Liban qui vous est cher, Monsieur le Président.

Comme vous le savez, je m'y suis rendu récemment dans le contexte tragique que traverse ce pays ami. Je puis vous dire, Monsieur le Président, que j'ai reçu là-bas de nombreux témoignages de reconnaissance des Libanais pour l'opération «un bateau pour le Liban», qui a permis d'acheminer le premier convoi d'aide humanitaire d'urgence de notre pays en faveur du Liban. Je voudrais vous dire merci, au nom du Gouvernement français, pour avoir mis gracieusement à notre disposition l'un de vos navires, et acheminer ce premier convoi. Ce geste illustre la tradition de fraternité et de solidarité qui unit nos peuples et tous les gens de mer !

Je souhaite bonne chance au Médéa, ambassadeur, sur les mers, et dans chaque port, de notre pays et de nos valeurs !


Source http://www.equipement.gouv.fr, le 3 octobre 2006

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