Interview de M. Dominique de Villepin, Premier ministre, à RMC le 29 septembre 2006, sur la position de la France dans les affaires internationales, notamment l'Iran, la politique de l'emploi, le pouvoir d'achat, l'interdiction de fumer dans les lieux publics et les mesures en faveur des biocarburants. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Dominique de Villepin, Premier ministre, à RMC le 29 septembre 2006, sur la position de la France dans les affaires internationales, notamment l'Iran, la politique de l'emploi, le pouvoir d'achat, l'interdiction de fumer dans les lieux publics et les mesures en faveur des biocarburants.

Personnalité, fonction : VILLEPIN Dominique de, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Premier ministre;

ti : bonjour !

Bonjour !

Merci d'être avec nous, ce matin sur RMC.

Merci de m'accueillir.

Alors je vais vous poser plein de questions et ensuite les auditeurs de RMC vous interrogeront aussi sur plusieurs sujets. Epine dorsale, je l'ai dit tout à l'heure, de cette intervention, le chômage, mais aussi les bio carburants, puisque vous allez aller inaugurer le Mondial de l'automobile tout à l'heure. Bien, alors on va regarder l'actualité, on va balayer l'actualité avant de passer au chômage, même si nous avons eu les derniers chiffres du mois d'août tout à l'heure. Un prof menacé de mort après la publication d'une tribune virulente sur l'islam, ce professeur sous protection, un appel au meurtre a même été lancé sur Internet... Est-ce tolérable ?

Non, c'est inacceptable. Cela montre bien que nous vivons dans un monde dangereux qui est trop souvent fait d'intolérance et à quel point nous devons être vigilants. Alors vigilant pour que le respect de l'opinion d'autrui soit total dans la société qui est la nôtre. Nous sommes dans une démocratie, chacun doit pouvoir s'exprimer librement, dans le respect bien sûr des autres - c'est la seule limite qui doit être acceptée à cette liberté. Cela montre aussi à quel point il faut se battre à l'échelle internationale, pour que cette dimension de respect, de tolérance, de connaissance entre les civilisations se développe. C'est, vous savez, le combat que la France a mené au moment de la guerre en Irak et c'est le combat que nous continuons de mener. Le président de la République dans son engagement en faveur du Liban, en faveur d'une paix au Moyen-Orient ne cesse d'avoir cela en tête. C'est ce qui anime aujourd'hui la diplomatie française : éviter cette confrontation entre les religions, entre les civilisations, dépasser cela en défendant une sorte d'intérêt général mondial. Quand nous défendons la place des Nations Unies, c'est parce que nous refusons cette logique de force et de puissance. C'est parce que nous pensons qu'il y a un dialogue possible. Nous le voyons, il y a des extrémistes partout d'ailleurs sur la planète. Eh bien il faut faire en sorte qu'à côté ces extrémistes, il y ait une voie de bon sens, une voie de respect qui se développe et qui s'affirme.

La politique étrangère française est-elle "arrogante", D. de Villepin ?

Oh, je ne crois pas, je crois que c'est une politique étrangère qui est faite de...

Vous avez regretté ce mot employé par l'un de vos ministres ?

Je l'ai entendu ici et là pendant toute la période de notre engagement en Irak. Je crois qu'il faut connaître et se souvenir des enjeux qui étaient sur la table : le terrorisme, la sécurité de la planète, éviter le choc des civilisations, c'était donc des enjeux immenses. Et il fallait accepter pour la France de donner l'exemple. C'est ce que nous avons fait en prenant nos responsabilités. Les pays qui étaient représentés dans l'enceinte des Nations Unies nous le demandaient ; elles nous disaient "nous sommes en première ligne - nous le Mexique, nous l'Angola - eh bien il faut que vous preniez vos responsabilités". Si la France n'avait pas pris ses responsabilités en disant clairement ce qu'elle ferait s'il y avait vote, eh bien je pense l'histoire aurait été différente et que sans doute les Nations Unies auraient été embarquées dans une aventure, qui ne permettrait pas aujourd'hui à cette immense organisation de jouer son rôle, comme elle le fait par exemple au Liban.

M. Ahmadinejad a déclaré hier que l'Iran ne cédera pas d'un pouce face à la pression. Alors, est-ce que les sanctions seraient inefficaces ?

Il y a une interrogation historique sur l'efficacité des sanctions. Nous savons qu'elles n'ont pas toujours l'effet promis et c'est bien pour cela qu'il faut essayer de sortir de cette impasse. On ne peut pas accepter qu'un pays comme l'Iran ne respecte pas ses engagements internationaux sur une question aussi importante que celle de la prolifération. Donc de ce point de vue là, la détermination de la communauté internationale doit être totale, c'est le cas d'un pays comme la France. Que nous allions jusqu'au bout de notre volonté de dialogue, c'est ce qu'a fait le président de la République en proposant qu'on engage des discussions avec l'Iran, que pendant cette période on suspende toute perspective de sanctions, mais que, parallèlement, l'Iran accepte de suspendre ses activités dans le domaine de l'enrichissement. Donc, suspension dans la même période pour les uns et pour les autres avec la volonté de trouver une solution. C'est une main tendue. Est-ce que l'Iran saisira cette opportunité ? Je le souhaite pour ma part...

Si l'Iran ne choisit pas cette opportunité...

... Mais il faut que la communauté...

...peut-on envisager des sanctions ou pas, est-ce que cela serait possible ?

Une fois de plus, je m'interroge sur l'efficacité des sanctions, mais la communauté internationale ne peut pas rester sans rien faire. C'est dire que nous devrons, dans le cadre des Nations Unis, réfléchir aux moyens d'adresser des messages très clairs et pertinents, c'est-à-dire convaincants à l'Iran, pour que l'Iran mesure à quel point sa responsabilité est engagée - et que nous ne pouvons pas accepter tout simplement qu'elle s'engage dans la voie de l'enrichissement et dans la voie nucléaire.

Bien. Avant de parler de chômage, j'ai encore une ou deux questions politiques, D. de Villepin. La présidentielle c'est dans sept mois et demi. Nos auditeurs demandent une transparence totale. Peut-on être candidat, ministre et président de l'UMP sans faire la transparence sur ses frais de déplacement ou de représentation ?

La transparence doit être totale et elle doit même être totale pour tout le monde, c'est ce que le législateur a souhaité en matière de campagne électorale et c'est ce que la démocratie exige. On doit savoir combien chaque candidat dépense, comment il le fait. Je crois qu'il y va de la crédibilité de chacun des candidats et de la campagne. Donc c'est le premier engagement que doit prendre un candidat, je crois que c'est l'esprit aujourd'hui de notre action...

Mais quand on est candidat et ministre, doit-on, je ne sais pas moi, donner ses frais de déplacement, rendre publics ses frais de déplacement, comment doit-on faire ? Parce que la confusion, vous êtes d'accord avec moi, peut régner ?

Il y a un risque bien sûr. La campagne n'a pas commencé...

Il y a un risque !

...C'est vrai que pour ceux qui seraient au Gouvernement et en même temps s'avéreraient être candidats...

Il y en a un !

...Il peut y avoir problème - il n'est pas encore candidat déclaré - mais il peut y avoir problème. C'est pour ça qu'il faut que la confusion soit à tout prix évitée et que quand il s'agit d'un déplacement qui est plus spécifiquement un déplacement politique, relevant d'un parti politique, eh bien il doit clairement l'afficher comme tel. Quand il s'agit d'un déplacement gouvernemental, il doit être aussi clairement affiché comme tel...

Et on ne peut pas être candidat et ministre ?

...C'est le travail qui est fait aujourd'hui.

On ne peut pas être candidat et ministre, ça c'est clair ?

C'est arrivé historiquement. Rappelez-vous, V. Giscard d'Estaing au moment du décès de G. Pompidou.

Oui, c'est vrai, est-ce qu'on doit continuer.

La question se pose. Je vous avoue que je n'ai pas encore abordé cette question avec N. Sarkozy, avec le président de la République, mais c'est une question qu'il nous faudra trancher.

J'ai aussi beaucoup d'auditeurs qui me demandent et qui me posent cette question : écartez-vous formellement votre candidature à la prochaine présidentielle ?

Je l'ai dit, je n'ai pas d'ambition présidentielle pour une raison très simple...

Donc vous ne serez pas candidat à la présidentielle ?

J.-J. Bourdin, pour une raison très simple : parce que je suis chef du Gouvernement et que, quand on a une émission aussi importante, aussi difficile, eh bien c'est un engagement que l'on prend devant les Français.

Donc vous ne serez pas candidat ?

Mais vous savez, J.-J. Bourdin, je ne vais pas répondre par un biais ou par un autre, tout simplement, parce que toutes les réponses que l'on peut apporter à cette question conduisent à d'autres questions et le filament ne soulève que l'insatisfaction. Donc, je vous dis mon état d'esprit. Je n'ai pas d'ambition présidentielle et je souhaite me consacrer à la tâche qui m'a été donnée par le président de la République et qui est au service des Français. Vous savez, répondre au quotidien aux préoccupations des Français, vous le voyez, en matière d'emploi, en matière de pouvoir d'achat, défendre notre pays en matière d'innovation - je serai tout à l'heure sur les stands du Mondial de l'automobile, vous voyez bien ce qu'est le défi aujourd'hui de la voiture propre, du carburant propre...

On va en parler.

...ce qu'est le défi de l'emploi, de la recherche - tout ceci demande un engagement très fort. Je veux que les Français, et je l'ai dit depuis le premier jour, puissent s'exprimer à l'occasion des prochaines élections en ayant confiance dans la politique. J'écoutais ce matin le compte-rendu d'un certain nombre d'ouvrages politiques. Je constate qu'aujourd'hui les ouvrages...

Il y a celui de V. Giscard d'Estaing...

Non, mais un certain nombre d'ouvrages qui aujourd'hui ne parlent plus de la France qui tombe...

...Qui a été trahi par J. Chirac... c'est ce qu'il dit, ce n'est pas moi qui le dit !

Vous savez, chacun raconte l'histoire comme il l'a vécue, et il est normal que V. Giscard d'Estaing pour lequel j'ai le plus grand respect raconte le sentiment qui a été le sien. Ce que j'ai pu constater, moi, à travers l'expérience qui est la mienne, c'est que quand vous avez deux personnes, trois personnes, dix personnes dans une pièce qui racontent une histoire vécue au même moment, ils ne racontent jamais la même. Ce que je peux vous dire...

Vous en avez été victime ?

J'en ai été victime, comme tout le monde. Ce que je peux vous dire, c'est que connaissant très bien J. Chirac, qui a passé aussi dans cette période des moments très difficiles, très douloureux, parfois même avec un certain sentiment d'humiliation, je n'ai jamais vu chez lui la moindre amertume, jamais ! Et ça c'est une qualité formidable que je lui reconnais : ne pas se laisser guider par un sentiment d'amertume, y compris quand on ressent douloureusement certaines situations. Alors la vie politique, ce n'est pas un long fleuve tranquille, c'est difficile. Donc chacun la vit à sa façon. Je partage cette exigence qui est celle du président de la République, de ne jamais se laisser emporter, dominer, par ce qui peut être le ressentiment. Je crois que pour ma part c'est important quand on doit vivre avec soi-même de longues années.

D. de Villepin, 200 chômeurs de moins fin août ; 2.159.700, ce sont les derniers chiffres...

Et ce n'est pas brillant !

Ce n'est pas brillant ces chiffres ?

Non ce n'est pas brillant, c'est décevant même.

Et pourquoi ?

Il y a des raisons conjoncturelles : le mois d'août est un mois difficile, c'est l'arrivée sur le marché de l'emploi des jeunes qui sortent de leurs études ; c'est aussi une période qui a été affectée par la canicule et qui a donc marqué des réticences de la part de certains employeurs, donc il y a un effet conjoncturel. Mais cela montre bien qu'il n'y a pas de victoire mécanique contre le chômage. C'est un engagement de tous les jours, c'est un travail de tous les jours et cela implique, à chaque fois, de recommencer et de poursuivre l'effort.

Vous maintenez votre objectif de passer sous la barre des 2 millions de chômeurs en 2007 au premier trimestre ?

Je le maintiens. C'est vers ça que nous tendons, c'est vers ça que nous voulons aller et c'est pour cela que nous voulons continuer à prendre les bonnes décisions pour les Français.

Alors à propos du chômage, on va prendre Nicole, si vous le voulez bien. Nicole est agent de l'ANPE dans le Var.

Nicole : Tout à fait. J'ai 63 et je suis toujours en activité.

Vous êtes toujours en activité, le Premier ministre est avec vous Nicole, allez-y.

Nicole : Monsieur de Villepin, bonjour. Je vous ai entendu dire que vous alliez favoriser les seniors à travailler après l'âge de la retraite. Je voudrais vous demander si vous alliez autoriser les agents du service public à travailler après 65 ans.

Voilà, est-ce que vous allez autoriser les agents du service public de l'Etat à travailler après 65 ans ?

Notre pays est, comme beaucoup de grands pays, confronté au problème du temps de travail. Nous avons besoin et nous aurons besoin de plus en plus de personnes pour répondre aux besoins de notre économie. Donc, pouvoir sur une base volontaire encourager ceux qui se sentent encore la capacité et qui l'ont.... la durée de vie est beaucoup plus importante dans notre pays est un élément qui encourage évidemment à essayer de trouver des réponses à ceux qui se sentent en pleine forme, disposent de temps et veulent apporter leur concours à la collectivité. Donc arriver à trouver une perspective pour ceux qui après 65 ans souhaiteraient apporter leurs compétences, leur expérience - on le voit par exemple pour l'aide à des plus jeunes, le tutorat, le rôle dans les associations, je crois que c'est une bonne chose. Je crois que c'est dommage effectivement que la coupure intervienne si brutalement et que des gens en pleine forme ne puissent pas continuer à apporter leur concours à la collectivité. Alors il faut le faire avec des garde-fous, avec des règles. Je crois qu'effectivement à 65 ans, on peut et on a souvent envie de continuer à jouer un rôle. Nous devons avoir l'imagination nécessaire pour pouvoir leur donner un rôle. On peut le faire dans des tas de domaines, je pense au service civil volontaire, par exemple, pour encadrer, accompagner des jeunes. Je pense à beaucoup d'autres activités, activités sportives, activités...

Obligatoire ou pas ce service civil volontaire ? Vous employez le mot de "volontaire", pas obligatoire.

Celui qu'on a mis en place est volontaire. Je pense que quand on prend la réalité du monde d'aujourd'hui, c'est-à-dire une classe d'âge c'est 800 000 personnes - le service militaire c'était 200, 250 000 - je crois qu'il est très difficile d'imaginer un service obligatoire. Je crois que par ailleurs l'esprit du temps fait que quand on est jeune, on fait des choses d'autant mieux qu'on a la liberté de le faire. J'ai interrogé des jeunes dans les "Défense 2ème chance", qui acceptaient et qui acceptent aujourd'hui de se lever à 5 heures du matin ou à 5 heures et demi du matin pour faire du sport, pour faire des activités et je leur ai demandé, mais est-ce que vous feriez la même chose si c'était obligatoire ? Eh bien les réponses ne sont pas évidentes. Je crois que l'on fait mieux les choses quand c'est volontaire. Je crois par ailleurs que si nous arrivons à rendre ce service suffisamment incitatif, nous aurons peu ou prou des résultats avoisinants. Donc, il ne faut pas que le service soit réservé uniquement à ceux qui rencontrent des difficultés. Il faut notamment que les jeunes, les plus favorisés, ceux qui ont eu la chance dans la vie de bénéficier de bonnes études, d'un parcours plus facile que d'autres, puissent apporter leur aide en retour. C'est pour cela qu'il faut que cela soit reconnu dans le parcours universitaire et professionnel.

Merci Nicole. D. de Villepin, je regarde notre manifeste avec 20 Minutes et LH2 et parmi toutes les questions posées aux auditeurs, aux lecteurs, mais aussi à toutes les personnes qui ont été sondées, il y a la suppression des allocations chômage après trois offres refusées. On a posé cette question parce que dans plusieurs pays d'Europe cela existe. Est-ce que vous êtes favorable à cette solution ?

C'est le chemin que nous avons choisi, c'est-à-dire que quand il n'y pas d'efforts faits par le demandeur d'emploi, eh bien nous en tirons les conséquences et il y a la possibilité de recourir à des sanctions graduées. Je crois qu'il est très important que l'effort soit l'effort des uns et des autres. Quand la collectivité se donne du mal pour permettre à un demandeur d'emploi de retrouver un emploi, la moindre des choses c'est que tout ceci, en retour, soit accompagné par le demandeur d'emploi qui se donne du mal pour retrouver lui-même un emploi. Nous savons qu'il y a, par ailleurs, même si ce n'est pas la règle, un certain nombre de fraudes qui existent dans ce domaine. Donc, nous devons être vigilants, ce sont des sommes tout à fait considérables, c'est une énergie considérable que dépense notre société. La moindre des choses c'est que ce suivi du retour à l'emploi se fasse de façon structurée et organisée - c'est ce que nous avons voulu - et très incitative. C'est pour cela que dans la nouvelle loi votée en 2006, il y a une prime pour le retour à l'emploi, elle est désormais opérationnelle. Il faut effectivement que le érémiste, le bénéficiaire de minima sociaux ait un vrai intérêt à retrouver un emploi. C'est dans cette voie que nous nous sommes engagés.

On va parler de pouvoir d'achat, parce que c'est la préoccupation première des Français, vous savez, toutes les autres préoccupations passent derrière. Le travail, évidemment, un emploi, mais aussi le pouvoir d'achat. Alors on va prendre Déborah, qui est en Corse du Sud et qui est chauffeur de taxi ; bonjour Déborah !

Déborah : Bonjour monsieur Bourdin.

Vous avez 48 ans et le Premier ministre est avec vous, allez-y, Déborah !

Déborah : Bonjour monsieur le Premier ministre.

Bonjour Déborah !

Déborah : Mon intervention va être brève : je travaille de plus en plus et j'ai beaucoup moins d'argent dans la poche, donc je voudrais savoir si vous réalisez vraiment à quel point notre pouvoir d'achat est en chute libre.

Alors je réalise vraiment le problème auquel vous êtes confrontée et il y a à cela un certain nombre d'explications qui doivent, évidemment être prises en compte si nous voulons pouvoir y répondre correctement. Je le sens, dans le budget des ménages, l'importance du loyer, l'importance de nouveaux produits qui apparaissent sur les marchés et qui, aujourd'hui sont dans les moeurs - on le voit avec des produits haute technologie, l'écran plat, le portable, l'ordinateur...

Les abonnements que nous avons tous...

Les abonnements qui, tous les mois, tombent, il y a le sentiment de plus en plus, que c'est difficile et qu'on a du mal à boucler les deux. Donc, dans ce contexte, il faut que nous puissions créer de nouvelles perspectives. C'est ce que nous avons voulu faire dans cette rentrée en prévoyant, par exemple, pour les étudiants, une allocation de rentrée universitaire pour ceux qui étaient le plus dans la difficulté. Par exemple, en imaginant le chèque transport, par exemple en prévoyant une augmentation très substantielle de la prime pour l'emploi, quasiment un 13ème mois en 2007. Donc, vous voyez bien, nous essayons de cibler notre effort sur ceux qui ont le plus de difficulté.

...Oui, mais la classe moyenne, c'est le français dit "moyen" - ce n'est pas beau ça, mais...

Il reste qu'il y a des besoins et qu'il y a un autre effet qu'il faut intégrer, c'est celui de la concurrence internationale qui fait qu'il y a des pays qui, aujourd'hui, arrivent à produire plus que nous à moindre coût. Donc tout ceci fait une pression sur les salaires et sur les revenus. C'est pour cela que nous voulons engager, avec la Conférence des revenus et de l'emploi, nous voulons engager une réflexion pour véritablement mettre à plat tout cela, connaître la réalité en profondeur que vivent les Français et prendre les bonnes décisions. Quand nous présentons une loi sur la participation qui veut faire en sorte que tous les Français, quelle que soit leur place dans l'entreprise, quelle que soit l'entreprise, y compris celles de moins de 50 salariés, puissent profiter de compléments de revenus dans le domaine de la participation à l'intéressement, c'est bien cela que nous avons en tête : permettre aussi à ceux qui veulent travailler plus, de gagner plus.

Oui, mais les Français demandent de la justice sociale ! Je me mets à leur place, quand ils lisent dans leurs journaux le matin, ou quand ils entendent à la radio que les grandes entreprises du CAC 40 ont fait 56 milliards d'euros de profits sur les six premiers mois de l'année 2006, rendez-vous compte ! Vous vous rendez compte de leur réaction, c'est normal ! Alors qu'est-ce qu'on peut demander à ces grandes entreprises ?

On peut leur demander de faire en sorte que les salariés, qui sont malgré tout l'essentiel dans une entreprise, aient droit, eux aussi à leurs dividendes, à ceux du travail. Et de ce fait, donner plus de place à la participation et à l'intéressement, eh bien c'est faire en sorte qu'il y ait une plus juste...

Demander ou imposer ?

Inciter les entreprises à faire davantage. Nous ne sommes pas dans un pays comme l'était l'Union soviétique il y a quelques années. Nous sommes dans un pays où, par définition, les règles du marché s'appliquent, mais où il faut faire en sorte que ce soit fait dans un esprit plus juste. Donc la capacité que nous avons à convaincre, à inciter, et c'est l'intérêt des entreprises d'avoir des salariés qui participent pleinement à la vie de l'entreprise et qui, donc, donnent le meilleur d'eux-mêmes, c'est l'esprit et l'intérêt même de l'entreprise. Donc je crois que si nous arrivons à faciliter ces procédures - participation, intéressement -, par exemple en simplifiant considérablement... Aujourd'hui, je le vois pour les petites entreprises.

On manque de justice sociale en France ?

On manque de justice sociale, oui, bien sûr. On manque de justice sociale.

Et les richesses n'y sont pas assez partagées ?

Et les richesses ne sont pas assez et pas assez bien partagées, oui, bien sûr. C'est donc un effort permanent. Il faut être conscient de cette situation et faire en sorte que chacun ait à coeur de faire davantage. Quand nous constatons ce sentiment d'injustice ou cette réalité de l'injustice dans notre pays, il faut constater que c'est le problème de tous, ce n'est pas simplement le problème de l'Etat. C'est le problème du chef d'entreprise, qui lui-même à des contraintes, c'est le problème de la répartition entre le capital et le travail. Que tout cela soit sur la table, c'est au coeur, évidemment, de la responsabilité des syndicats. Donc que chacun joue davantage son rôle, que nous ayons des syndicats plus forts, plus unis, capables de peser dans la négociation, eh bien c'est l'intérêt de tous, sans pour autant, systématiquement, nous retrouver dans des situations d'affrontement, comme c'est trop souvent le cas dans notre pays.

D. de Villepin est notre invité ce matin. Vous pouvez suivre aussi cette interview sur BFM TV. On se retrouve dans deux minutes ; vous venez avec vos questions. Alain, par exemple, qui est au chômage, qui habite Paris, que nous allons prendre, et Pierre qui veut parler d'environnement, parce que l'on parle peu d'environnement pour l'instant dans cette pré-campagne électorale...

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Faut-il exonérer de charges sociales les heures supplémentaires, comme le propose le futur candidat Sarkozy ?

Il y a des choix à faire. Nous avons décidé au terme d'une concertation, avec les partenaires sociaux, de supprimer les charges au niveau du Smic pour les PME, les entreprises de moins de vingt salariés. Il fallait faire un choix, nous avons préféré prendre cette solution, donc cibler ces entreprises qui ont créé beaucoup d'emplois au cours des derniers mois. Nous pensons que c'est la solution la plus efficace. Mais la voie de l'allégement de charges est évidemment une voie très importante et très prometteuse. Un dernier rapport du Conseil de l'orientation de l'emploi a estimé que si nous supprimions les allégements de charges dans notre pays, ce serait 800.000 emplois en moins que nous aurions. Donc je crois qu'il faut persévérer dans cette voie. Mais il faut aussi réfléchir aux contreparties que nous pourrions obtenir des entreprises. Par exemple, avec les partenaires sociaux, nous réfléchissons en ce moment à la possibilité d'amener les PME à la création d'une mutuelle pour leurs salariés qui sont, souvent, insuffisamment couverts en contrepartie de nouveaux allégements de charges. De la même façon...

C'est-à-dire que les PME, les entreprises proposeraient une mutuelle à leurs salariés ?

Par exemple.

Elles paieraient une mutuelle ?

C'est dire qu'en contrepartie d'allégement de charges, nous sommes en droit d'estimer que les entreprises peuvent apporter un service supplémentaire. Je crois que c'est une voie raisonnable, donnant-donnant, avec une solide contrepartie pour les salariés. Cela fait partie des pistes sur lesquelles nous voulons travailler avec les partenaires sociaux.

Faut-il supprimer les droits de succession ?

C'est un gros sujet...

Là aussi, le candidat Sarkozy propose la suppression des droits de succession. Il s'avance !

Cela fait partie du débat présidentiel. Mon sentiment personnel, c'est qu'il y a manifestement un problème dans les successions vers le conjoint. Quand on perd son conjoint, qu'on soit à ce moment là lourdement taxé peut poser un problème pour celui qui reste, outre la douleur qui est la sienne. Donc que l'on prenne en compte cette situation particulière, que l'on fasse en sorte que la taxation soit la plus légère possible ou nulle pour ce qui concerne le conjoint, me paraît une piste de réflexion extrêmement prometteuse. Supprimer l'impôt sur les successions en tant que tel, je crois que cela n'irait pas - en tout cas, c'est ma conviction - dans le sens de la justice sociale. Donc il faut être prudent. Tout ce qui favorise la justice sociale, oui ; tout ce qui permet à celui qui survit de vivre dans les meilleures conditions, sans être confronté à des arbitrages financiers très douloureux - comme vendre sa maison, par exemple -, je crois que cela, il faut le prendre en compte. Mais cette exigence de justice sociale doit rester au coeur de notre société.

Il nous reste dix minutes, on va parler transport, mais je voudrais balayer les mails que je reçois, qui sont très nombreux. J'ai Jack, qui habite la Drôme, qui nous dit : "Je pense que votre candidature en 2007 serait un bon compromis en Nicolas et Ségolène". Nous avons Pascal qui nous dit, "Monsieur Villepin, alignez les régimes spéciaux des fonctionnaires -les régimes de retraite, évidemment - sur ceux du privé"... Etes-vous pour une réforme, un alignement ?

La réflexion et le débat sont engagés, puisque nous avons rendez-vous en 2008 avec le Conseil d'orientation des retraites.

Mais on ne fait rien avant 2008 sur ce sujet ?

Le Gouvernement n'a rien à son agenda. Un calendrier a été prévu, il faudra l'aborder avec toutes les autres questions en matière de retraite, qui sont nombreuses.

Fumer : est-ce que vous êtes favorable à l'interdiction totale de fumer ? Des adaptations ou pas ?

L'engagement du Gouvernement, c'est bien sûr d'apporter une réponse en matière de santé publique qui soit claire pour tous les Français. Nous le voyons, d'autres pays ont pris des décisions importantes. Il nous appartient, à nous aussi, de prendre nos responsabilités et nous les prendrons. Reste le problème de certains lieux spécifiques : quels lieux et pour quels délais ? Et c'est pour cela que nous avons demandé un rapport qui a été confié au Parlement.

Oui, qui sera rendu la semaine prochaine...

Voilà. Nous attendons donc les conclusions et nous ferons, à partir de là, l'examen des différentes pistes possibles. Nous avons rencontré un certain nombre des représentants des bars-tabac, par exemple, ou d'autres. Je crois qu'il est important de trouver la solution juste mais de ne pas oublier l'objectif : l'objectif c'est la santé publique des Français. Donc nous avons là un impératif et je crois que les Français, aujourd'hui, sont tous conscients de cela, même si cela demande des efforts importants.

Qui doit payer le sevrage, le fumeur ou la collectivité ?

Là, encore, c'est toute la philosophie de la société dans laquelle nous sommes. Que l'Etat joue son rôle d'incitation, que l'Etat joue son rôle d'accompagnement me paraît indispensable. C'est pour cela que je réfléchis actuellement avec Xavier Bertrand à ce que nous pourrions faire pour accompagner le fumeur qui veut arrêter de fumer, quelles sont les meilleuresfaçons...

Faut-il que les patchs, par exemple, soient remboursés par la Sécurité sociale ?

Par exemple. Il y a différentes pistes.

Etes-vous favorable à cela ?

Il y a différentes pistes de travail. Mais je crois que l'Etat a un rôle à jouer, il a une vocation dans ce domaine, il doit montrer le chemin, montrer la direction.

Donc, il doit participer au sevrage ?

Il doit participer. Il faut voir jusqu'à quel montant et selon quelles modalités ; il faut choisir les modalités les plus efficaces. Donc je crois que nous sommes dans une société où l'Etat doit, en permanence, non pas tout faire, mais faire ce qu'il peut faire de bien, et le faire avec la volonté d'inciter, de montrer la direction. Donc d'organiser quelques grands arbitrages au sein de notre société.

Parlons du Mondial de l'automobile. Le PDG de PSA annonce 7 à 8 000 suppressions de postes en France - 7 à 8 000 suppressions de postes ! - ; vous l'avez rencontré hier...

Je l'ai rencontré hier ; j'ai rencontré, il y a quelques jours, Carlos Ghosn, le président de Renault.

Que lui avez-vous dit ?

Je lui ai dit toute l'importance, évidemment, du secteur automobile, pour nous. C'est un des grands marchés français, il y a un million et demi de personnes concernées, employées dans ce secteur automobile. Sans compter, indirectement, tous ceux qui travaillent pour d'autres sociétés liées à ce marché de l'automobile. Donc c'est très, très important. Et nous constatons un ralentissement de l'activité en Europe depuis maintenant plusieurs années et qu'il faut prendre en compte, même si le marché de l'automobile, à l'échelle mondiale, se porte bien, aiguillonné par d'autres marchés - l'Inde, la Chine, l'Amérique latine. Donc il faut prendre en compte cette situation. Nous avons la chance d'avoir des grands constructeurs, nous devons les défendre, défendre leur place dans la planète. Je suis heureux de constater que ces constructeurs, à l'échelle internationale, continuent de se porter bien.

Ils réussissent mieux à l'étranger qu'en France d'ailleurs...

Ils sont dans des positions tout à fait honorables. Là aussi, il faut s'adapter, il faut consolider l'emploi tel qu'il existe en France et il faut développer nos capacités en matière de recherche. Et c'est l'un des messages que je vais passer au Mondial de l'automobile, c'est que nous avons besoin aujourd'hui de faire cet effort considérable dans le domaine de l'innovation, de la recherche. Je vais rencontrer des chercheurs et nous savons tous à quel point le produit automobile évolue vite. Il évolue vite, parce qu'il prend en compte les nouvelles technologies - on le voit avec l'Internet, vous en parliez ce matin. Il évolue aussi du fait des normes environnementales et des besoins de l'environnement. Le véhicule propre, pour cela, est évidemment un véhicule d'avenir, à la fois moins polluant, réduction des polluants, mais en même temps réduction des émissions de CO², c'est-à-dire des émissions de gaz à effet de serre.

Alors précisément, D. de Villepin, vous avez annoncé- le Gouvernement a annoncé - pour l'été prochain 500 pompes vertes, du bio éthanol, pour les moteurs roulant à essence à travers tout le territoire.

A travers tout le territoire et nous voulons...

500 sur 13 000 pompes, c'est timide au départ ?

5 à 600, non mais c'est un début. Nous engageons une campagne, il faut aller à la mesure de la création des voitures propres. Mais nous voulons, surtout, c'est ça qui est important que le carburant propre soit le moins cher et le moins taxé - il sera même détaxé sur toute la partie bio éthanol. Donc 80 centimes d'euros, le litre, donc vous voyez c'est fortement compétitif par rapport au litre d'essence.

80 centimes le litre !

80 centimes le litre !

Sauf qu'avec ces moteurs-là, on consomme 30 % de plus, ce qui ramène le prix du litre au prix du gasoil ?

Nous sommes au début de la technologie et notre conviction c'est qu'évidemment, les prix vont devenir de plus en plus compétitifs, à mesure que le nombre de voitures augmentera. Et il s'agit bien de maintenir ce différentiel entre le carburant propre et les autres carburants.

Pourquoi ne pas permettre l'huile végétale dans les réservoirs, pourquoi est-ce qu'on ne peut pas rouler avec de l'huile végétale, pourquoi est-ce que c'est interdit dans ce pays ?

Nous avons fixé un certain nombre de normes, il faut bien évidemment avancer sur la base d'une réglementation et organiser des filières. Si nous voulons être compétitifs dans les bio carburants il faut choisir des produits spécifiques et les défendre. Si nous développons tous azimuts, et que chacun de façon artisanale peut dans son garage réalisé son propre carburant, vous imaginez bien que nous n'acquerrons jamais les capacités d'une filière industrielle. Ce que nous souhaitons, c'est acquérir une capacité, une performance et faire en sorte que notre pays - et c'est l'objectif que nous avons fixé d'ici à 2015 - puisse utiliser 10 % de sa consommation de carburants, 10% qui soient réservés au carburant propre. Donc c'est vous dire à quel point nous avons une ambition d'augmenter notre part de ces bio carburants.

Bien. On va prendre nos auditeurs, on va prendre Alain, qui est au chômage, à Paris. Alors très vite la question, parce qu'il nous reste cinq minutes et je voudrais que plusieurs auditeurs...

Alain : Bonjour Monsieur le Premier ministre. J'ai 58 ans, je suis au chômage depuis deux ans et je travaille 6 heures par semaine. Je viens de recevoir mon avis d'imposition qui est à zéro, mais je ne bénéficie pas de la prime pour l'emploi. J'ai questionné les services intéressés qui m'ont répondu que les sommes versées par les Assedic ne sont pas considérées comme du salaire. Monsieur le Premier ministre, est-ce que nous, les chômeurs, nous sommes mis à l'écart de la société ?

Ah certainement pas. Et, justement, l'objectif qui est le nôtre c'est de permettre à ceux qui rencontrent le plus de difficultés de retrouver leur place sur le marché du travail. C'est l'objectif de la troisième étape du plan emploi que nous avons déterminé avec Jean-Louis Borloo : Faire en sorte que ceux qui sont chômeurs de longue durée, les jeunes qui rencontrent le plus de difficultés, les femmes qui sont à temps partiel puissent voir leurs perspectives s'améliorer. Donc nous faisons un effort tout à fait spécifique pour cela. La prime pour l'emploi elle vient récompenser le retour à l'emploi. Donc il est normal qu'il y ait certaines règles qui s'appliquent et qu'elle ne puisse être touchée que par ceux, qui effectivement aujourd'hui occupent un emploi. C'est faire en sorte que l'arbitrage entre l'assistance et l'emploi se fasse en faveur de ceux qui aient choisi et qui aient évidemment pu - et c'est ce que nous voulons encourager- le retour à l'activité.

Merci Alain. Sylvain, chauffeur de taxi dans le Gard, vous êtes un professionnel de la route. Votre question.

Sylvain : Je voulais demander à D. de Villepin s'il trouvait normal que quelqu'un qui fait plus de 50 000 kilomètres par an ait le même nombre de points sur son permis que quelqu'un fait 10 000 ou 12 000 kilomètres par an ? Par rapport aux risques que l'on encourt, nous sur la route, chaque fois... les gendarmes se cachent sur les ronds points, dans les fossés...

Sylvain, c'est vrai que ça arrive... D. de Villepin, vous n'avez jamais été pris, vous, en excès de vitesse ? Ca vous est arrivé quand vous étiez plus jeune ?

Non, ça ne m'est jamais arrivé. Je conduis malheureusement fort mal.

Ah bon ?

Mais j'essaie d'être le plus prudent possible. Pour répondre à votre question, vous imaginez qu'il y aurait quelque paradoxe à donner des facilités supplémentaires à ceux qui sont des professionnels de la route sous prétexte qu'ils roulent plus souvent. Parce qu'ils roulent plus souvent, ils doivent être plus conscients que d'autres de la responsabilité qui est la leur et encore plus respectueux évidemment des exigences de la route. Donc, il vous appartient de donner l'exemple. Je ne crois pas que ce soit un bon signal qui soit donné à notre pays que d'augmenter le nombre de points sous prétexte que vous passez plus de temps au volant. Nous avons, ceci dit, une réflexion engagée sur le permis à points pour prendre en compte justement l'expérience.

Vous voulez le modifier ?

Nous voulons tirer les leçons de l'expérience. Moi, une de mes convictions, et j'entends bien les auditeurs ce matin, il y a un certain nombre de choses qui ne marchent pas dans notre pays. Il est très important qu'en permanence nous ayons à coeur de faire mieux. Moi, je crois à cette humilité du pouvoir qui essaie de faire mieux, de tirer les leçons, de s'adapter. Je crois que c'est ça aujourd'hui un Etat moderne. On n'a pas la science infuse ; moi, je ne suis pas sûr que tout ce que je lance marche à la perfection. Donc il faut en permanence expérimenter, vérifier, tirer les leçons. Le permis à points, il est en place depuis maintenant un certain nombre d'années, nous avons le recul nécessaire, regardons ce qui s'est passé, mettons à plat la situation, et voyons si nous ne pouvons pas mettre en place un dispositif qui soit à la fois plus juste, plus incitatif et qui permette de répondre à certaines situations. Je pense à ceux qui vivent de leur permis de conduire et qui se retrouvent dans des situations intenables alors même que...

... vous souhaitiez qu'on mette à plat le système du permis à points ?

Je souhaite qu'on tire les leçons de l'expérience et que chacun puisse apporter son concours à cette réflexion.

Nous avons Philippe, vétérinaire en Haute-Garonne. Philippe, votre question.

Philippe : Oui, bonjour messieurs. Je voulais intervenir sur, d'une part, la Sécurité Sociale et le déficit, et le pouvoir d'achat... J'ai vu qu'en Espagne on avait des médicaments - je ne parle pas des génériques - qui étaient trois fois moins chers qu'en France. Qu'est-ce que ça vous inspire ?

Les médicaments sont souvent moins chers parce qu'ils sont plus en vente libre qu'en France.

Effectivement, et je crois qu'aucun d'entre nous n'a envie d'aller se faire soigner dans d'autres pays, y compris dans des grands pays d'Europe comme ceux que vous avez mentionnés, ce qui montre bien que notre système de santé est un bon système de santé, et comme tout système de santé il a un prix. Nous faisons un effort très important pour réduire nos déficits - vous avez évoqué la situation de l'Assurance maladie - nous allons passer en dessous de quatre milliards d'euros. C'est dire à quel point nous voulons continuer à avancer. La réforme qui a été mise en place donne des résultats. Nous aurions sans doute un déficit trois fois supérieur si nous n'avions rien fait. Donc il faut continuer d'aller dans ce sens, continuer à apporter la meilleure des prestations possibles. Je ne crois pas que la déréglementation soit la solution, parce que qui dit déréglementation dit un système à plusieurs vitesses et donc beaucoup plus d'injustices. Or nos compatriotes, à juste titre, les Françaises et les Fran??ais, sont attachés à l'égalité devant la santé. Et je crois que c'est très important que partout sur le territoire, quelle que soit sa situation sociale, on puisse bénéficier du même système de soins, même si c'est très difficile et je suis parfaitement conscient qu'il existe aujourd'hui des inégalités. Nous devons en permanence nous battre contre cela, faire en sorte que chacun puisse bénéficier de ce même service indispensable.

Merci d'être venu nous voir, D. de Villepin.

Merci J.-J. Bourdin.

Je vous laisse filer au Mondial de l'auto.


Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 2 octobre 2006

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