Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur la promotion des technologies de l'information et de la communication pour améliorer le développement et la compétitivité des PME, Bercy le 7 novembre 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Loos, ministre délégué à l'industrie, sur la promotion des technologies de l'information et de la communication pour améliorer le développement et la compétitivité des PME, Bercy le 7 novembre 2006.

Personnalité, fonction : LOOS François.

FRANCE. Ministre délégué à l'industrie

Circonstances : Opération TIC et PME 2010 à Bercy le 7 novembre 2006

ti : Mesdames, Messieurs,


C'est avec grand plaisir que je vous accueille ce matin au ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie pour faire avec vous un premier bilan de l'opération TIC & PME 2010 et poursuivre ensemble notre effort pour la promotion des technologies de l'information et de la communication en France.

J'ai régulièrement suivi l'avancée de cette initiative lancée ici même, à Bercy, il y a un peu plus d'un an, et je souhaitais témoigner par ma présence en ouverture de votre journée de travail et de débat, de l'importance que j'accorde à ce dossier.

L'objectif du dispositif TIC & PME 2010 est d'améliorer la compétitivité de l'économie française par un meilleur usage des Technologies de l'information et de la communication (TIC). On constate en effet dans ce domaine un retard d'investissement de l'économie française par rapport à l'économie américaine et certaines économies européennes, retard qui se traduit par une perte de compétitivité et de croissance, qui peut monter jusqu'à un demi point de PIB par an.

La France, qui a des atouts importants dans ce domaine, se doit de tirer pleinement parti de l'usage des TIC, notamment pour ses PME. Pour les PME, les TIC ont un potentiel important. Les TIC favorisent le travail en réseau et l'ouverture vers les marchés internationaux, deux conditions essentielles au développement et surtout à la survie des PME françaises.

Les PME forment le coeur de notre tissu industriel : elles sont un gisement d'innovation et d'emploi et leur compétitivité conditionne celle des grands groupes dont elles sont sous-traitantes. Mais elles souffrent autant, sinon plus que les autres entreprises.

Le Gouvernement a mis en oeuvre une politique très volontariste pour accompagner et soutenir les PME avec la création des forums du financement de l'innovation et de la compétitivité, la labellisation « Gazelle » pour les PME les plus innovantes, ou encore l'adoption d'un nouveau code des marchés publics garantissant une part plus importante de la commande publique aux PME. L'un des volets de notre politique concerne plus particulièrement les TIC.

En effet, le passage à l'économie numérique et l'appropriation des nouvelles technologies est une condition de leur plus grande compétitivité :

- la numérisation des échanges et le transfert automatique des données permettent de gagner du temps et de réduire les erreurs dans les commandes, les livraisons ou la conception des systèmes

- l'introduction des nouvelles technologies et la dématérialisation des échanges sont une occasion exceptionnelle de repenser le mode de fonctionnement interne des entreprises pour l'optimiser et gagner individuellement en compétitivité ;

- la numérisation des échanges interentreprises permet de remettre à plat ces échanges et de gagner collectivement en compétitivité, par exemple dans les relations maître d'oeuvre sous-traitants

- la numérisation sur la base des standards internationaux est une condition sine qua non de l'intégration des entreprises dans l'économie mondiale : les fournisseurs qui ne pourront pas se mettre à niveau seront laissés de côté par les grands donneurs d'ordre.

Il y a déjà de nombreuses initiatives sectorielles dans l'automobile ou l'aéronautique par exemple. Mais il faut organiser et rationaliser les efforts, favoriser le retour d'expérience et l'échange de bonnes pratiques.


L'État doit pouvoir donner l'impulsion et aider à l'organisation des initiatives. Le ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie a choisi de subventionner les tâches dites de « maîtrise d'ouvrage », c'est-à-dire ce qui concourt au pilotage et à la conduite du projet, dans le cadre de TIC& PME 2010. Cette opération s'inscrit parfaitement dans l'esprit de l'Etat partenaire des forces vives. C'est une action de mobilisation de l'industrie française sur le thème des technologies de l'information et de la communication à laquelle collaborent les pouvoirs publics et le monde économique. En témoignent :

- l'implication du ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie dans le groupe de travail du MEDEF qui a abouti mi -2005 à une série de propositions pour favoriser l'usage des TIC dans les PME pour leur compétitivité ;

- la mise en place de l'instance de coordination TIC& PME dans laquelle sont associés les représentants de l'état et les représentants des secteurs économiques concernés, sous la présidence de Jean-Pierre Corniou, pour avancer ensemble ;

- le soutien du MEDEF à l'opération par sa présence aujourd'hui en introduction et en clôture de cette journée, par le relais qu'il assure vis-à-vis de ses membres et vers les MEDEF territoriaux ;

- la participation de l'Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d'Industrie (ACFCI) à l'instance de coordination TIC& PME

- le soutien et adhésions de nombreuses fédérations professionnelles qui ont présenté des projets.

Thierry Breton avait annoncé en juin 2005 l'architecture du plan TIC et PME 2010 pour encourager les PME à investir encore davantage dans les TIC et particulièrement dans les usages à haute valeur ajoutée. La première étape de ce plan était un appel à projets doté de 7 millions d'euros, lancé le 28 septembre 2005.

Nous avons déjà gagné la première bataille, celle de la mobilisation et votre présence à tous aujourd'hui le confirme.

Nous avons reçu pour le premier appel 75 déclarations d'intention d'où nous avons pu faire émerger une vingtaine de projets emblématiques. Nos espérances ont été dépassées. Les fédérations ont montré l'importance qu'ont pour elles la dématérialisation et la standardisation des échanges. La première réunion de l'instance de coordination en septembre dernier avec tous les porteurs de projets a permis de constater leur volonté de partager leurs développements et leurs bonnes pratiques :

- par des accords formels entre certains projets (mécanique-aéronautique, automobile-aéronautique, bâtiment-travaux publics, agriculture-agroalimentaire) pour travailler ensemble,
- le dynamisme des discussions autour de certains thèmes fédérateurs comme le transport ou l'export.

Pour compléter notre opération TIC & PME lancée en 2005, nous avons lancé un nouvel appel pour permettre à ceux qui n'étaient pas prêts l'année dernière de s'associer à la démarche. Un budget de 5 millions d'euros sera consacré en 2007 à la nouvelle édition de cet appel à projets, venant en complément de celle de l'an passé.

Comme l'illustrera la dernière table ronde de la journée, notre prochaine action consistera à préparer le déploiement sur le terrain auprès des entreprises des méthodes, standards et outils que vous aurez élaborés pour vos professions.

Nous le ferons en veillant à la coordination des intervenants pour optimiser les moyens et éviter l'interférence entre les messages ; nous le ferons avec les DRIRE, avec les chambres de commerce et d'industrie, avec les régions dans le cadre des schémas régionaux de développement économiques.

Le potentiel formidable des TIC, nous devons le mettre à profit pour notre économie et plus largement celle de l'Europe, dans le cadre de la stratégie de Lisbonne. Ainsi, dans la ligne des orientations fixées par le Président de la République lors des voeux aux forces vives de la Nation, une contribution française pour une Europe numérique a été préparée par la France. Je l'ai présentée à l'ensemble de mes collègues européens lors du Conseil télécommunications de 8 juin dernier à Luxembourg. Cette contribution contient des propositions d'actions très concrètes dans les télécommunications au plan européen et constitue une base de réflexion ouverte en vue d'accélérer la promotion de l'économie numérique en Europe.

Nous avons souhaité mettre en avant quatre grands axes prioritaires auxquels se rattachent les actions proposées :

- assurer l'accès de tous à la société de l'information (couvrir les zones peu densément peuplées et reculées, développer des formations des jeunes au respect de la propriété intellectuelle sur Internet) ;

- créer les conditions favorables pour le déploiement des infrastructures et des services du futur (promouvoir rapidement la télévision mobile en favorisant une norme commune en Europe, accélérer le déploiement de la télévision numérique terrestre) ;

- promouvoir la diversité culturelle en développant les contenus numériques européens (créer de la bibliothèque numérique européenne, promouvoir le jeu vidéo européen) ;

- accroître l'effort de R& D dans les TIC (développer les technologies de base pour les RFID, développer le commerce à partir des téléphones mobiles).

Viviane Reding, la Commissaire européenne à la société de l'information, m'a apporté son soutien et celui de la Commission pour prendre en compte les grands thèmes de ce Mémorandum numérique dans les travaux préparatoires du prochain Conseil européen de décembre. L'accueil qui lui a été réservé par la présidence finlandaise de l'Union est aussi encourageant. Mes services continuent de travailler actuellement avec les autres Etat-membres pour les convaincre d'aller dans ce sens.

Si cette contribution pouvait servir de source d'inspiration pour des recommandations que pourraient endosser les chefs de gouvernement lors du Conseil européen des 15 et 16 décembre, ce serait la première étape nécessaire pour une déclinaison ensuite plus opérationnelle des mesures que la France préconise.

Les TIC sont un gisement de croissance et une source de créations d'emplois que nous devons exploiter.


Je vous remercie.


Source http://www.industrie.gouv.fr, le 7 novembre 2006

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