Interview de M. Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, dans "Pédagogie Magazine" du 7 décembre 2006, sur ses propositions pour réformer le système scolaire. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, dans "Pédagogie Magazine" du 7 décembre 2006, sur ses propositions pour réformer le système scolaire.

Personnalité, fonction : VILLIERS Philippe de.

FRANCE. Mouvement pour la France, président

ti : Q - Quelle note donnez-vous au système scolaire français actuel ?

R - 5/20, les cinq points qui restent ne sont dus qu'à la bonne volonté des enseignants.

Q - Quelles sont les 5 mesures phare nécessaires à une véritable réforme de l'Éducation nationale ?

R - La première des priorités est d'établir, comme dans tous les grands pays modernes, la liberté de choix de l'école, la liberté de créer des écoles, et la liberté d'expérimentation pédagogique. La suppression des IUFM, qui sont aujourd'hui des moules de la médiocrité enseignante. Je souhaite les remplacer par des instituts de l'excellence qui rétabliront les maîtres dans leur dignité et leur autorité. La troisième réforme consiste à imposer dans les écoles, la triple autorité des maîtres, des savoirs et des diplômes.

Quatrième mesure : la suppression du collège unique, qui me paraît être une fabrique de médiocrité au nom d'un égalitarisme absurde. Cinquième mesure : supprimer les castes de culture et langue d'origine qui contribuent à la désintégration de la France plutôt qu'à l'assimilation des jeunes qui veulent devenir français. Je propose d'ailleurs que chaque matin le drapeau soit hissé dans les cours d'école, pour que l'école soit celle de la nation et non pas du communautarisme.

Q - Comment expliquez-vous l'incapacité des gouvernements successifs à opérer toute réforme substantielle dans ce domaine ?

R - L'école a été kidnappée par les syndicats. Nous sommes dans le seul pays au monde où les syndicats de l'enseignement nomment des professeurs : comme à Cuba ! Ils interviennent dans le contenu même des enseignements. C'est une conception sovietisante de l'éducation nationale ! L'autre raison est la lâcheté des ministres successifs face à ce rapt idéologique.

Q - Le coût par élève français est l'un des plus élevés. La France n'est pourtant que 16e au rang des pays les plus forts en mathématique. Comment expliquer ce décalage ?

R - L'Éducation nationale a sapé l'autorité de celui qui transmet et enseigne en mettant l'élève au centre et en lui faisant «construire son propre savoir» selon les termes de la loi Jospin de 89.

Q - Faut-il réduire le temps scolaire ?

R - Il ne s'agit pas d'allonger ou de réduire le temps scolaire, mais d'appliquer quelques principes fondamentaux : rétablir la discipline, l'effort, la notation et la sélection. Si l'école ne s'occupe plus de sélection, c'est la vie qui le fera d'une manière beaucoup plus injuste.

Q - Etes-vous favorable à la mise en place de classes de niveau ?

R - Je pense que le collège unique a été une grave erreur. Les classes de niveau correspondent au simple bon sens.

Q - Etes-vous pour le maintien de la carte scolaire ?

R - Je suis pour la suppression de la carte scolaire et la liberté de choix d'école. La première liberté c'est de choisir la meilleure école pour les enfants et la carte scolaire empêche l'émulation entre les écoles. Il y aura des écoles qui réussiront, d'autres qui échoueront, comme dans tous les domaines de la vie. Quand on introduit l'émulation, il y a effectivement le risque de la réussite et le risque de l'échec.

Q - Le bac doit-il être sélectif ?

R - Oui. Aujourd'hui le bas est un assignat qu'on donne à tout le monde pour faire plaisir. Si le bac n'est pas sélectif, c'est le cran d'après qui le sera, c'est-à-dire l'université. Et si les diplômes n'ont plus de valeur, c'est le struggle for life.

Q - Etes-vous favorable au système de notation des professeurs ?

R - Dans n'importe quelle entreprise, il y a un système d'évaluation qui permet d'organiser l'avancement au mérite. On devrait l'introduire pour les professeurs. Il est normal que les bons soient promus et que les mauvais stagnent.

Q - 34 % des Français souhaitent rendre obligatoire le soutien scolaire aux élèves en difficultés. Quelle est votre position sur ce point ?

R - Il faut permettre aux élèves qui sont à la traîne de rattraper le peloton. Le soutien scolaire doit être organisé de manière systématique et personnalisée. Tout ce qui est décentralisé est efficace, ce qui est trop centralisé est une perte d'énergie, de temps et d'argent. Dans ce domaine comme ailleurs, je ne suis pas pour le tout public.

Q - Comptez-vous maintenir les déductions fiscales dont bénéficie aujourd'hui le soutien scolaire ?

R - Il faudrait même les développer. Le décrochage doit être détecté de manière précoce et le premier de tous les droits des parents est de trouver les aides nécessaires pour l'aider à progresser.

Source http://www.pourlafrance.fr, le 11 décembre 2006

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