Déclaration de M. Gilles de Robien, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur l'éducation prioritaire et les relations entre l'éducation nationale et l'entreprise dans le cadre des parcours professionnels des élèves, Paris le 13 décembre 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Gilles de Robien, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur l'éducation prioritaire et les relations entre l'éducation nationale et l'entreprise dans le cadre des parcours professionnels des élèves, Paris le 13 décembre 2006.

Personnalité, fonction : ROBIEN Gilles de.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche

Circonstances : Signature de la charte d'engagement des entreprises au service de l'égalité des chances à Paris le 13 décembre 2006

ti :

Il y a 8 mois, j'ai sollicité Jean François Amadieu, directeur de l'Observatoire des Discriminations, pour constituer avec des directeurs des Ressources humaines un groupe de réflexion sur les liens entre l'entreprise et l'éducation, et notamment l'éducation prioritaire, celle qui s'adresse aux jeunes des quartiers défavorisés.

Depuis le 27 février, vous êtes venus à plusieurs reprises travailler avec mes conseillers au ministère, vous avez mis en place 3 groupes de travail qui se sont mis sans tarder, avec détermination et engouement, à la tâche.

Au cours de nos échanges, nous avons partagé un constat commun : pour aider les jeunes à se trouver un avenir professionnel, il est plus que jamais nécessaire de rapprocher l'éducation nationale et l'entreprise. Sur la base des propositions que vous m'avez rendues, j'ai donc souhaité que se mette en place un réseau d'entreprises en lien avec l'Education nationale.

Je veux saluer en particulier le rôle d'Yves Desjacques, directeur général délégué du Groupe Védior, dans l'aboutissement et la mise en oeuvre de ce réseau et de la charte qui nous réunissent aujourd'hui.

Réussir sa vie professionnelle, c'est l'aspiration de chacun.

Mais pour la réussir, encore faut-il avoir une idée des possibilités qui vous sont offertes, encore faut-il nourrir une ambition précise.

Aujourd'hui, encore trop de jeunes, surtout dans les quartiers difficiles ou dans les zones rurales, n'ont pas de perspective professionnelle. Ils aspirent à la réussite, mais sans bien connaître les moyens de concrétiser cette aspiration.

Personne ne peut rester indifférent, personne ne doit rester indifférent en face d'un tel gâchis de talents. Voilà pourquoi le Gouvernement conduit plusieurs actions déterminées dans lesquelles les entreprises s'impliquent fortement.

Je salue, à cet égard, la signature de la charte de la diversité qui aura lieu demain entre mon collègue Azouz Begag et de nombreuses grandes entreprises.

Aujourd'hui, nous sommes tournés vers la jeunesse à l'école.

Car nous devons aider tous ces jeunes !

Ce qui veut dire concrètement les aider à trouver leur vocation, les aider à s'orienter vers la voie professionnelle qu'ils souhaitent, les aider à réussir leur insertion professionnelle !

Mais s'orienter dans l'univers des métiers, réussir son insertion professionnelle, cela dépend aussi du contexte familial. Certains élèves peuvent connaître l'entreprise et les métiers grâce à leur entourage, grâce à leurs parents. Mais beaucoup d'enfants n'ont pas accès aux moyens de découvrir l'entreprise, d'échanger, de connaître les parcours à suivre. Très souvent, ces jeunes ne trouvent pas l'appui extérieur nécessaire pour stimuler leur ambition, et l'orienter vers un métier.

Et évidemment, lorsque leur parents sont au chômage, cela ne facilite pas les choses. Le monde des métiers est alors perçu comme quelque chose de lointain, voire d'un peu angoissant.

Depuis quelques mois, l'Education nationale a beaucoup travaillé pour s'ouvrir au monde économique, à l'entreprise et donc mieux y préparer les élèves.

Plusieurs chantiers ont permis de rapprocher deux mondes qui s'ignoraient, et qui, encore, s'ignorent trop. Permettez moi de donner 4 exemples d'actions qui illustrent ce rapprochement :

- tout d'abord le Socle commun de connaissance prévoit de façon très claire que tous les jeunes devront maîtriser au terme de leur scolarité obligatoire, la connaissance de l'entreprise ;
- l'option de découverte professionnelle, que j'ai généralisée à tous les collèges, permet d'apporter aux élèves de 3ème une large connaissance du monde professionnel et des métiers ;
- grâce à l'apprentissage junior, les collégiens peuvent prendre contact avec le monde des métiers dès la classe de 4ème ;
- enfin, tout récemment, j'ai décidé que tous les futurs professeurs devront effectuer un stage en entreprise au cours de leur formation car je crois qu'il est désormais impossible qu'un enseignant ignore totalement les réalités du monde économique et social.

Mais l'Education nationale ne peut évidemment pas tout faire toute seule !

Elle a aussi besoin de la mobilisation des entreprises.

Elles sont d'ailleurs de plus en plus nombreuses à s'associer à l'Education nationale dans des dispositifs de tutorat, de bourses ou de parrainage pour les élèves les plus modestes et les plus méritants.

C'est un mouvement qui s'inscrit pleinement dans la dynamique de la relance de l'éducation prioritaire. D'ailleurs, le 16 janvier prochain, je réunirai les collèges ambition réussite pour une journée d'échanges au cours de laquelle nous mettrons en commun toutes les initiatives et les innovations qui ont lieu. Le réseau figurera en bonne place parmi les actions remarquables qui participent à ce nouveau souffle de l'éducation prioritaire.

C'est un mouvement qui doit nous encourager à faire encore mieux, pour tous les élèves.

C'est le sens de la démarche qui nous réunit ce jour, autour de deux nouveaux instruments pour aider les jeunes à mieux connaître le monde de l'entreprise, et les aider à mieux s'y insérer :

- la charte d'engagement des entreprises au service de l'Egalité des chances dans l'éducation ;
- et le réseau national des entreprises au service de l'égalité des chances dans l'éducation.

Il s'agit de deux initiatives complémentaires, au service d'un même objectif : mieux organiser la synergie entre l'Education nationale et les entreprises, pour mieux agir ensemble !

Je commencerai par dire un mot de la Charte.

Elle représente un engagement réciproque.

- L'engagement des entreprises signataires à développer auprès des élèves des actions de tutorat, de parrainage, de soutien scolaire et financier pour aider les élèves des quartiers défavorisés ou du milieu rural à réussir.
- Elles s'engagent aussi à faire découvrir aux élèves, aux étudiants, aux enseignants, le monde des métiers et l'environnement professionnel.
- Enfin, elles s'engagent dans des actions de recrutement de jeunes diplômés issus des territoires défavorisés.

De son côté, l'Education nationale s'engage à promouvoir auprès des élèves et des étudiants les actions et les initiatives qui auront été engagées.

Elle s'engage à mobiliser les académies, les établissements et les enseignants pour assurer une très large diffusion de ces actions, et leur bonne mise en oeuvre.

A titre personnel, je vous assure du soutien fidèle de l'Education nationale, qui sera représentée par Messieurs Hetzel, et Saint Girond, recteurs et M. Debbasch, directeur général de l'Enseignement scolaire.

Cette charte inaugure une nouvelle ère dans les rapports entre l'école et l'entreprise.

Elle constitue un double engagement pour un même objectif :

- l'engagement de l'Education nationale de rapprocher le collège, le lycée et l'université des entreprises pour aider à la réussite de tous les élèves ;
- l'engagement des entreprises de s'investir dans une démarche d'entreprise éthique et responsable.

C'est une véritable première pour ce ministère. C'est même une petite révolution !

Et je voudrais ici lancer un appel à toutes les entreprises : qu'elles rejoignent la liste des signataires de cette charte !

Car je crois que les entreprises ont tout intérêt à mieux se faire connaître des élèves, à montrer qu'elles sont capables de s'engager dans une démarche citoyenne, responsable. En un mot, qu'elles sont bien différentes de l'image stéréotypée et fausse qu'on en donne parfois.

Et puis, au-delà de la Charte, il y a aussi le Réseau national des Entreprises au service de l'Egalité des chances.

Il faut remercier Jean François Amadieu, Yves Desjacques et Foucauld Lestienne qui ont bien voulu le constituer.

Je sais que vous êtes déjà plus d'une quinzaine d'entreprises à avoir rejoint ce réseau pour continuer à développer cette dynamique commune au service des élèves, notamment les plus défavorisés.

Pourquoi ce réseau ?

Pour une raison simple : on est toujours plus fort, plus efficace quand on se rassemble pour agir.

Grâce à ce réseau, les entreprises pourront partager leurs actions, notamment grâce à un site Web, elles pourront les dupliquer plus facilement. Bref, avoir une action plus efficace, plus structurée. Quand aux établissements scolaires, ce réseau leur permettra d'accéder à toutes les informations nécessaires à la mise en oeuvre d'actions concrètes portées par les entreprises.

Bien sûr, je l'ai dit en préambule, ce réseau ne naît pas de rien.

Et pour conclure, je tiens à remercier tout particulièrement tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette journée : Patrick Gagnaire (Fondation Télémaque), Stephane Roussel (SFR), Foucauld Lestienne (La Poste), Jean Luc Masset (Hypermarchés Carrefour), François Soulmagnon (PSA Peugeot Citroen), François Nogué (SNCF) et Laetitia Motte de l'Institut du Mécénat Social qui ont bien voulu animer chacun des groupes de travail.

Je me tourne enfin vers tous les responsables ici présents.

Je tiens à vous remercier très sincèrement et chaleureusement pour votre présence et l'implication de votre entreprise auprès de l'Education nationale.

Votre engagement honore l'Education nationale, qui mettra tout en oeuvre pour l'aider à se concrétiser le plus rapidement possible.

Source http://www.education.gouv.fr, le 14 décembre 2006

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