Interview de M. Christian Estrosi, ministre délégué à l'aménagement du territoire, à RTL le 26 décembre 2006, sur le climat politique de la majorité autour de la candidature de Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, en vue de l'élection présidentielle de 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Christian Estrosi, ministre délégué à l'aménagement du territoire, à RTL le 26 décembre 2006, sur le climat politique de la majorité autour de la candidature de Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, en vue de l'élection présidentielle de 2007.

Personnalité, fonction : ESTROSI Christian, ARZT Richard.

FRANCE. Ministre délégué à l'aménagement du territoire;

ti : Richard Arzt : Bonjour Christian Estrosi...

Christian Estrosi : Bonjour...

Richard Arzt - Juste avant Noël, la candidature présidentielle de Nicolas Sarkozy a enregistré le soutien de nombreux parlementaires et ministres, deux anciens Premiers ministres, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin... la période est plutôt favorable pour Nicolas Sarkozy.

Christian Estrosi : On s'approche de l'échéance, on nous disait que le 14 janvier pour notre grand congrès qui désignera notre candidat, il y a encore quelques semaines, c'était trop tôt, on voit bien que le mouvement s'accélère depuis la désignation du candidat du parti socialiste, chacun comprend qu'il y a une nécessité d'unité autour de celui qui est le seul qui puisse nous assurer de l'emporter.

Richard Arzt - Parmi les ministres qui se sont ralliés, il y en a qui étaient plutôt classés chiraquiens ou proche de Dominique de Villepin : Pascal Clément, Xavier Bertrand, Philippe Douste-Blazy...

Christian Estrosi : Oui, Douste-Blazy, qui est le plus prudent d'entre nous, s'engage, c'est plutôt bon signe. Simplement, il y a beaucoup de pragmatisme et puis il y a aussi le respect des règles de notre mouvement. Pourquoi semer la division là où les socialistes en sont sortis.

Richard Arzt - Jean-Pierre Raffarin, au passage, a fait comprendre, sans vraiment se déclarer, qu'il était intéressé par la présidence de l'UMP une fois que Nicolas Sarkozy aura quitté ce poste... il a bien fait de...

Christian Estrosi : Pourquoi pas. Ceci étant, la présidence de l'UMP ça se mérite, ça se gagne devant les militants, il y a des règles de démocratie. Nicolas Sarkozy lui-même l'a remportée de haute lutte et le moment venu, il aura sans doute de nombreux candidats à la présidence de l'UMP. Jean-Pierre Raffarin a du talent, de la valeur, mais, encore une fois, c'est aux militants de choisir, conformément aux règles de notre parti, celui qui doit en assumer la présidence.

Richard Arzt - Il aurait mieux fait de se taire, Jean-Pierre Raffarin ?

Christian Estrosi : Je ne fais aucun commentaire mais, encore une fois, les règles du jeu chez nous, c'est que ce soit le meilleur qui l'emporte, en toutes circonstances, devant nos militants.

Richard Arzt - Voyons ce qui reste de personnages importants à l'UMP et qui n'aient pas encore annoncé son soutien à Nicolas Sarkozy. Michèle Alliot-Marie, vous pensez qu'elle se présentera... ? Ou pas ?

Christian Estrosi : C'est à elle qu'il appartiendra d'en décider. Mon sentiment c'est qu'elle a souhaité qu'il y ait un débat, qu'il y aient des forums, qu'elle puisse exprimer ses convictions, que celles-ci soient prises en compte, il me semble qu'elle a eu totalement satisfaction et que désormais la voie est ouverte au rassemblement derrière Nicolas Sarkozy.

Richard Arzt - C'est-à-dire qu'elle ne se présente pas.

Christian Estrosi : En tout cas, elle a eu satisfaction, à elle d'apprécier si ses idées ont été suffisamment portées dans le forum ou si elles devront l'être en dehors, mais j'ai plutôt le sentiment qu'elle est convaincue aujourd'hui qu'elle peut peser en étant une de celles et de ceux qui soutiendront la candidature de Nicolas Sarkozy.

Richard Arzt - Jean-Louis Debré, il a souvent été très critique à l'égard de Nicolas Sarkozy, on l'entend moins...

Christian Estrosi : Justement, compte tenu de son attitude passée, son silence peut être considéré comme presque un soutien.

Richard Arzt - Oui... et Dominique de Villepin... où en est, à votre avis, sa relation avec Nicolas Sarkozy ?

Christian Estrosi : Nous avons eu un petit déjeuner autour du Premier ministre, vous le savez, vendredi, qui était de très grande qualité, où Dominique de Villepin a dit : "J'appelle au rassemblement et je ne ferai rien qui puisse faire perdre mon camp". Je le dis clairement, nous sommes un...

Richard Arzt - Ca veut dire qu'il veut peut-être se présenter lui-même...

Christian Estrosi : Nous sommes un certain nombre de ministres à avoir interprété cette position comme un respect des règles de notre mouvement, du choix qui sera fait par nos militants le 14 janvier, et donc quelque part, comme un soutien à la candidature de Nicolas Sarkozy.

Richard Arzt - Vous considérez qu'il a quasiment passé le pas...

Christian Estrosi : Si on ne veut pas faire perdre son camp et qu'il y a un candidat qui est choisi par son camp, on s'engage au côté de ce candidat-là.

Richard Arzt - En attendant, l'avocat de Nicolas Sarkozy a lancé un démenti à propos de certains propos, on va pas rentrer dans le détail...

Christian Estrosi : Non.

Richard Arzt - de Dominique de Villepin au juge, jeudi.

Christian Estrosi : Vous ne m'en voudrez pas si je ne commente pas cela. On peut toujours être surpris de voir des procès-verbaux d'audition étalés dans la presse, mais enfin, il paraît que c'est la règle aujourd'hui, ceci était, vous le savez, Nicolas Sarkozy, qui est la victime, a toujours exigé d'avoir toute la transparence et toute la vérité et il est bien évidemment souhaitable que celle-ci se fasse.

Richard Arzt - La victime ce fut Dominique de Villepin, autrement dit.

Christian Estrosi : Je suis très clair, Nicolas Sarkozy a ressenti comme une blessure profonde que son nom puisse apparaître un moment sur un fichier où il n'avait aucune raison d'être. Il a demandé que toute la lumière soit faite et c'était bien normal et bien légitime de sa part.

Richard Arzt - Votre domaine ministériel, l'Aménagement du territoire, est concerné par les nécessités de préserver la nature, le pacte de Nicolas Hullot, Nicolas Sarkozy l'a approuvé et signé, qu'elles vont être les suites de cette approbation ?

Christian Estrosi : Ce qui est important d'abord c'est que chacun considère que la question de l'environnement n'appartient ni à la gauche, ni à la droite. Et on peut très bien appartenir à un camp ou à un autre et avoir les mêmes idées pour l'environnement. De toute façon, il n'y a pas 36 solutions pour sauver la planète. Non seulement Nicolas Hulot est un homme qui porte ses valeurs, qui a sans doute beaucoup pesé. Je le dis, lorsque Nicolas Hulot a dit lui-même que sa candidature serait un échec, il appartient désormais, notamment à Nicolas Sarkozy, de faire en sorte que sa non-candidature soit une réussite. Et en tout cas à l'UMP nous n'avons pas attendu de nous engager pour l'écologie depuis longtemps et notamment à mon ministère, à côté de Nicolas Sarkozy puisque les contrats de projet 2007, 2013, pour la première fois, sont des contrats avec les collectivités.

Richard Arzt - Mais alors, vous allez faire appel à Nicolas Hulot en cours de campagne ?

Christian Estrosi : En tout cas, nous prenons en compte tout le talents, toute l'expérience, tout le savoir faire de Nicolas Sarkozy qui sont des sources de réflexion. Ceci dit, vous savez ce qui pèse lourd dans la pollution dans notre pays ? Ce sont les transports de marchandises. 27% d'émission de gaz à effet de serre. Quel est le gouvernement qui pour la première fois, a supprimé les programmes routiers pour favoriser le report des transports de marchandises de la route vers le fleuve, qu'avait supprimé Madame Voynet, vers le ferroutage, mais aussi vers les autoroutes maritimes, c'est notre gouvernement, c'est mon ministère, c'est ma fierté.

Richard Arzt - Une toute dernière question : c'est gênant pour Nicolas Sarkozy finalement ce départ en Suisse de Johnny Hallyday.

Christian Estrosi : Ca doit alerter tout le monde. Voilà maintenant des décennies que nous perdons des cerveaux, des artistes, des sportifs, dans notre pays. Il serait quand même temps qu'on se pose la question : on ne peut pas en permanence être fier de voir les succès d'Amélie Mauresmo, le talent de Charles Aznavour ou celui de Johnny Hallyday et en même temps ne pas s'interroger sur la manière dont nous devons agir pour que la fiscalité soit suffisamment attractive pour les garder en France.

Richard Arzt - Vous pensez que Johnny Hallyday a été approuvé par Nicolas Sarkozy, comme il le dit, Johnny ?

Christian Estrosi : Je pense que Nicolas Sarkozy, comme nous tous ne pouvons que regretter ce départ. En même temps, nous avons beaucoup d'admiration pour ce grand chanteur et nous nous interrogeons sur la manière dont nous pourrons faire, demain, pour que les meilleurs d'entre nous continuent à aimer la France et à rester en France.

Richard Arzt - Merci, Christian Estrosi, je reppelle que vous êtes ministre délégué à l'Aménagement du territoire et proche de Nicolas Sarkozy.


source : Premier ministre, Service d'information du Gouvernement, le 28 décembre 2006

Rechercher