Conférence de presse de Mme Catherine Vautrin, ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité, sur l'hébergement des sans domicile fixe pendant l'hiver et leur réinsertion, Paris le 19 décembre 2006. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conférence de presse de Mme Catherine Vautrin, ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité, sur l'hébergement des sans domicile fixe pendant l'hiver et leur réinsertion, Paris le 19 décembre 2006.

Personnalité, fonction : VAUTRIN Catherine.

FRANCE. Ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité

Circonstances : Conférence de presse sur la présentation du plan hiver à Paris le 19 décembre 2006

ti : Merci d'être là. j'ai besoin de remettre les pendules à l'heure : cela fait une semaine que j'entends dire que le Gouvernement laisse les gens dormir dehors.

C'est faux, je vais vous dire pourquoi.

Dans la nuit de dimanche à lundi, il y avait en Ile-de-France, 450 places disponibles.

Le Gouvernement consacre chaque nuit 3 Millions d'euros pour que personne ne soit contraint de dormir dehors.

Chaque jour, + de 10.000 professionnels sont mobilisés pour héberger/réinsérer et je ne compte pas les bénévoles.

Maintenant, le Quai d'Austerlitz

C'est faux de dire qu'ils ont été expulsés, du jour au lendemain.

Pendant deux mois, la BAPSA, Coeur des Haltes et les services de l'Etat ont travaillé pour trouver des structures individuelles. Pour des raisons de sécurité, parce qu'il y a des travaux sur le port. A chacun des SDF, une proposition d'hébergement durable a été faite.

Certains ont accepté, d'autres ont refusé, c'est leur choix.

Mais arrêtons de les instrumentaliser.

L'opération Don Quichotte

Utiliser les SDF à des fins médiatiques ou politiques, c'est scandaleux, c'est dangereux et surtout sans espoir.

Les associations sont unanimes : il est de plus en plus difficile de travailler avec un public sous tentes.

La tente, ça part d'un bon sentiment, mais ça reste un leurre. On ne règle rien.

C'est pourquoi, cet été nous avons créé des hébergements de stabilisation, 24h/24h, 7/7.

Au-delà d'un toit et de la durée, c'est un programme de sortie de l'exclusion.

800 places fonctionnent en Ile-de-France (500 à Paris).

Je note avec satisfaction qu'à midi, Médecins du Monde a demandé plus de places de stabilisation.

Le programme en prévoit 1.100 d'ici la fin de l'hiver.

Au-delà de ces évolutions, nous sommes dans l'humain.

On ne peut pas contraindre.... Il faut convaincre.

A Paris, nous avons inauguré le 9 novembre un hébergement de stabilisation, boulevard Ney, destiné aux travailleurs pauvres. Nous y proposons un accueil 24h/24, 7j/7, avec une capacité de 50 places.

Aujourd'hui, seules 30 places sont occupées.

Pourquoi ?

Parce que nous demandons à chaque personne de signer un contrat d'hébergement et d'accompagnement social.

On est hébergé.

On s'engage dans une demande d'insertion. Le coût est d'1 euro par jour à la charge de la personne accueillie.

Mais 6 personnes ont déjà refusé.

Autre exemple : Cet été, j'ai pris l'engagement de faire accéder à des logements 170 personnes actuellement en CHRS. Dans le dispositif, il y avait 47 places en résidence sociale, en petite ou grande couronne, seules 7 places sont occupées. On m'explique que ces places sont au moins à 30 min de RER de Paris, que donc c'est trop loin. Qu'en pensent les dizaines de milliers de franciliens qui font plusieurs heures de transport par jour pour aller travailler ?

Le problème des sans-abri c'est un travail de tous les jours, qui se fait à pas de fourmis, avec les associations, les collectivités et l'Etat. Alors ce n'est pas avec des coups médiatiques que l'on réglera le problème... Mais croyez moi, à chaque fois qu'une association parvient à sortir quelqu'un de la rue, cela ne fait pas forcément la une des journaux, mais c'est une très belle victoire.


Source http://www.cohesionsociale.gouv.fr, le 4 janvier 2007

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