Déclaration de M. Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, sur la collaboration des programmes de service public et le théâtre, Paris le 15 janvier 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, sur la collaboration des programmes de service public et le théâtre, Paris le 15 janvier 2007.

Personnalité, fonction : DONNEDIEU DE VABRES Renaud.

FRANCE. Ministre de la culture et de la communication

Circonstances : Signature du partenariat France Télévisions Comédie Française à Paris le 15 janvier 2007

ti :


Monsieur le Président de France Télévisions, cher Patrick de Carolis,
Madame l'Administrateur général de la Comédie-Française, chère Muriel Mayette,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,


Cette signature, qui poursuit la collaboration féconde entre la Comédie Française et les chaînes du service public, entamée en 1997 avec la réalisation de la collection « Molière Comédie-Française », puis en 2003 avec un partenariat entre le Français et France 3, marque selon moi un double engagement.

Le vôtre, tout d'abord, cher Patrick de Carolis, en faveur de la qualité et de la « valeur culturelle ajoutée » des programmes du service public. Depuis votre arrivée à la présidence de France Télévisions, vous avez oeuvré brillamment pour réaffirmer la place de la culture sur nos écrans, en privilégiant des émissions à la fois d'une grande qualité, et susceptibles de toucher un large public. Vous êtes en cela un passeur éminent d'art et de culture.

Le second engagement est celui que vous n'avez jamais cessé de poursuivre en faveur du théâtre, chère Muriel Mayette. Il est celui d'une comédienne au talent immense, et aujourd'hui d'un administrateur général soucieux de porter cet art devant le public le plus vaste possible, et de faire rayonner la troupe des Comédiens français, qui nous fait montre ce soir, une fois de plus, du savoir-faire exceptionnel que l'on cultive dans la Maison de Molière.

Votre partenariat scelle cette double ambition, puisque France Télévisions s'engage notamment à enregistrer et à diffuser, sur l'ensemble de ses chaînes, au moins un spectacle de la Comédie Française par saison théâtrale.

L'accord que vous signez ce soir est d'abord celui du décloisonnement entre la télévision et le spectacle vivant.

Vous le savez, je crois profondément à la fécondité des liens entre culture et communication et je milite pour le décloisonnement entre ces deux univers. Ce décloisonnement est l'affaire de tous, et en particulier des responsables des grandes institutions culturelles et des chaînes de service public. La télévision est bien sûr un vecteur formidable de la diffusion de l'offre culturelle vers de nouveaux spectateurs, vecteur démultiplié par le succès de la TNT.

Le rôle du service public à mes yeux, c'est aussi de mener une politique audacieuse qui ne suit pas le public mais qui le sollicite et lui donne à voir et à entendre la différence. Je crois que c'est non seulement souhaitable et indispensable, mais aussi et surtout possible, et vous nous en apportez ce soir une nouvelle preuve. Vous avez fait, cher Patrick de Carolis, des propositions très intéressantes sur la diffusion du spectacle vivant sur les différentes antennes de France Télévisions. Elles visent de manière intelligente à le valoriser. Télévision et théâtre, télévision et spectacle vivant ne sont pas antagonistes. Ils ont en commun le public. Nous travaillons ensemble sur ces propositions, qui seront très prochainement intégrées au contrat d'objectifs et de moyens que le groupe que vous présidez doit signer avec l'Etat. Le spectacle vivant à la télévision, ce n'est déjà plus, grâce à France 4, « la nuit et l'été ». Cela sera de plus en plus, le jour, le soir et en toute saison !

La captation, c'est aussi une façon de préserver, et de faire vivre la mémoire de notre patrimoine vivant, des plus grandes oeuvres de notre répertoire, comme des créations les plus audacieuses. C'est une façon de prolonger la magie irremplaçable du spectacle vivant. Je sais qu'il existe des freins ou des réticences, parfois, concernant ces captations. À condition de respecter les droits de chacun, le patrimoine théâtral peut être aussi un patrimoine audiovisuel, la mémoire de chacun.
C'est la raison pour laquelle j'ai souhaité, en liaison avec le Centre national de la cinématographie, avec le monde du théâtre bien sûr, dans toutes ses composantes, qu'une réflexion sur le théâtre à la télévision puisse être menée par une personnalité éminente du secteur. Votre exemple, votre témoignage et votre partenariat seront, j'en suis convaincu, source d'inspiration pour cette nouvelle mission, dont le titulaire sera annoncé très prochainement.
Je souhaite que votre nouveau partenariat permette à de très nombreux téléspectateurs, et notamment aux réseaux de l'Éducation nationale, d'entrer dans l'univers du théâtre. Le rôle de l'éducation artistique et culturelle est fondamental dans la société : élargir la diffusion audiovisuelle du théâtre, c'est amplifier le rôle qu'il joue en faveur du lien entre les générations, entre le présent et le passé, celui de la cohésion de la société.

Je ne doute pas que la première oeuvre qui leur est proposée, Cyrano de Bergerac, avec Denis Podalydès, rencontrera un très grand succès, en leur donnant envie de venir dans les salles du Français faire de nouvelles découvertes, et de voir sur les petits écrans, sur les écrans plats, sur tous les nouveaux supports de la télévision - l'Internet, la vidéo à la demande, notamment - de plus en plus de culture. C'est tout l'enjeu de l'accès à la culture, dans le monde d'aujourd'hui et de demain, à l'ère numérique.

Je vous remercie.


Source http://www.culture.gouv.fr, le 17 janvier 2007

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