Interview de M. Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France et candidat à l'élection présidentielle de 2007, à RMC le 19 janvier 2007, sur ses thèmes de campagne et propositions électorales. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France et candidat à l'élection présidentielle de 2007, à RMC le 19 janvier 2007, sur ses thèmes de campagne et propositions électorales.

Personnalité, fonction : VILLIERS Philippe de, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Mouvement pour la France, président ; FRANCE. Candidat à l'élection présidentielle de 2007;

Circonstances : Publication du livre de Philippe de Villiers "Une France qui gagne", Paris janvier 2007

ti : Q- Nous recevons P. de Villiers, qui publie "Une France qui gagne", aux éditions du Rocher. D'abord votre questions aux auditeurs de RMC ?

R- Je voudrais demander aux auditeurs de RMC s'ils sont d'accords avec moi pour que le prochain président de la République prenne la décision, lui et son Gouvernement, de fermer les guichets automatiques de l'assistanat généralisé. Par exemple, le guichet des soins gratuits sans ticket modérateur pour les sans-papiers avec l'Aide Médicale d'Etat, ce que l'on appelle l'AME, qui coûte près d'1 milliard d'euros au contribuable français. Le guichet du revenu sans travail, pour beaucoup de Rmistes, notamment de Rmistes étrangers qui ne sont pas astreints à un travail, ou de Rmistes français qui ne sont pas astreints à un véritable contrat professionnel. Et le troisième guichet c'est celui qui est devant nous avec cette histoire de droit opposable au logement, c'est-à-dire le logement automatique sous condition d'un procès fait à l'Etat et qui permettra évidemment à toute la misère du monde de débarquer chez nous pour être logée gratuitement.

Q- Nous reviendrons sur ces questions là tout à l'heure. Question d'actualité, les médecins généralistes demandent une revalorisation de leur consultation, plus 5% tout de suite, c'est-à-dire, 1 euro de plus. Et plus 5% avant la fin de l'année. Etes-vous d'accord avec eux ou pas ?

R- Je suis d'accord avec eux. C'est un sujet que je connais bien, par un autre biais, c'est la question de l'aménagement du territoire. Aujourd'hui, dans une région comme la Vendée, qui est une région qui est en plein développement, on a beaucoup de mal à installer des jeunes médecins. Et en réalité, aujourd'hui, être médecin, notamment médecin de campagne, la médecine libérale, c'est de plus en plus difficile, comme les infirmières d'ailleurs, parce que c'est de moins en moins payé, et il y a de plus en plus de suggestions. Et donc, je pense qu'il faut faire un effort, collectif, pour que notre médecine soit revalorisée, et que le fait d'être médecin ne soit pas un déclassement.

Q- Les finances de la France vont un petit peu mieux, nous dit Bercy. L'impôt sur les sociétés a rapporté plus que prévu en 2006 ; les ménages, ont aussi versé 1 milliard d'euros de plus que prévu. Alors, que fait-on maintenant ? Continue-t-on à mieux gérer ou diminue-t-on les impôts ?

R- L'Etat, est la seule collectivité qui n'est pas astreinte à présenter un budget en équilibre. Si je suis élu président de la République, ma première mesure sera d'annoncer que, comme les communes, comme les départements, comme les régions, l'Etat présentera un budget en équilibre, et non pas un budget avec un déficit de 40 milliards d'euros, comme cette année. Deuxième mesure, il faut inscrire dans la Constitution, un taux maximal de prélèvement obligatoire - impôts, charges, cotisations - à 38%, pour revenir dans la moyenne des grands pays industriels. Troisième mesure, il faut briser la spirale "dépense, déficit, dette". Donc, il faut trouver des économies. Par exemple, si on supprime les 35 heures, on trouve 20 milliards d'euros dans le budget de l'Etat. Si on met fin à l'immigration, 30 milliards d'euros dans le budget de l'Etat. Si on ne remplace qu'un fonctionnaire sur deux, 50 milliards d'euros dans le budget de l'Etat. Et puis, avec cet argent, il faut baisser les impôts. Par exemple, supprimer l'impôt sur les successions, probablement en finir avec cet impôt sur la fortune qui est, de fait, une stupidité, je le dis d'autant plus volontiers, que, contrairement à d'autres, je ne suis pas assujetti à cet impôt. Mais nous connaissons aujourd'hui une fuite des capitaux, une fuite des cerveaux, une fuite des sièges sociaux, qui est dommageable pour notre pays. Baisser la TVA pour les restaurateurs, parce que c'est une promesse de l'ancien président de la République, et baisser le niveau général des impôts, parce que, aujourd'hui, la grande question de l'élection présidentielle, enfin, l'une des grandes questions, c'est la question du pouvoir d'achat qui est rogné par l'euro cher, par les 35 heures, et par des prélèvements qui sont trop élevés.

Q- "Supprimer un fonctionnaire sur deux", comment faites-vous pour assurer la bonne marche de l'Etat ?

R- C'est ce que j'ai fait dans mon département. Tout simplement, parce que, quand on arrive à une génération qui part en retraite, alors naturellement cela ne doit pas être uniforme, il faut au contraire mettre plus de fonctionnaires de police, plus de fonctionnaires au ministère de l'Intérieur pour assurer la sécurité des Français, probablement plus de gendarmes, probablement plus de magistrats. Mais il y a beaucoup d'autres domaines où on peut faire des économies.

Q- Lesquels ?

R- Je vous donne deux exemples : on peut supprimer les sous-préfectures aujourd'hui, elles ne servent plus à rien, avec la décentralisation. Deuxième exemple, si on faisait une véritable informatisation de toute la collecte de l'impôt, il y a deux fois plus de collecteurs en France que dans tous les autres pays, on pourrait à ce moment-là, faire des économies. Mais je ne dis pas de licencier les fonctionnaires, je pense qu'il faut moins de fonctionnaires, mais mieux récompenser. Et qu'ils n'avancent plus "au tour de [inaud]", ce que l'on appelle "tour de [inaud]", c'est à l'âge, en fonction de la seule biologie, mais en fonction du mérite. C'est-à-dire, une vraie fonction publique, qui serait récompensée en fonction du mérite. Et je parle de ce que je connais, parce que j'ai découvert chez moi, j'ai 2000 agents au Conseil général, et je peux vous dire que ce sont des gens absolument remarquables.

Q- Vous voulez faire de la Vendée, le jardin de la France, si je puis dire, vous dites : "Je suis prêt à passer de mon jardin à la culture de plein champ". Pourquoi, parce que, "en Vendée, dites-vous, il y a deux fois plus d'apprentis que la moyenne nationale, deux fois plus d'entreprises créées, et deux fois plus d'emplois. On privilégie les PME, l'artisanat". C'est plus facile en Vendée quand même que dans certaines autres régions de France, vous en convenez ?

R- Non, mais je ne dis pas que la Vendée c'est la France, je dis simplement, la méthode est la même. Il n'y a pas de limite à la volonté humaine lorsqu'elle est établie sur le sentiment d'appartenance. Et quand l'espoir peut naître ou renaître quelque part, il peut naître partout. C'est vrai, j'ai obtenu, j'ai fait de la Vendée, une terre de réussite, avec un modèle éducatif, un modèle économique, puisque nous sommes - classé par L'Express - , premier département de France pour le dynamisme économique, avec deux fois plus d'emplois, deux fois plus d'entreprises créées au cours des dix dernières années. Dans le domaine social par exemple, la retraite à la maison plutôt que la maison de retraite, etc. Avec beaucoup de pistes inédites, notamment dans le domaine écologique, on en parlera peut-être, qui sont aujourd'hui d'avant-garde. Et qu'est-ce que je veux dire avec cela ? Je veux dire que, il vaut mieux confier la France à des gens qui ont réussi chez eux, qu'à des poulets de batteries, élevés dans les cabinets ministériels, nourris aux granulés des experts, et qui nous pondent une politique hors-sol. Voilà. Ce n'est pas de la politique hors-sol. Je suis un poulet de grand vent, donc solide, sans antibiotiques. Et ce que je dis, par exemple si je vous parle de l'apprentissage, du RMI, de l'éducation, je vais vous faire des réponses, non pas en fonction des notes d'experts, de mon entourage, mais en fonction de mon expérience du terrain et du contact avec les Français.

Q- Cela veut dire que l'on ne trouve pas tout cela chez les autres candidats ?

R- Cela veut dire qu'on le trouve à une échelle...Ce n'est pas mon problème, une élection est une comparaison, ce sont les Français, les auditeurs de RMC en l'occurrence, qui compareront. Mais quand je vois par exemple qu'autour de la Vendée, il y a tout un mouvement "rattachiste", dans les Deux-Sèvres, le pays de S. Royal, dans le Maine-et-Loire, le Choltais, la région des Pays de la Loire, ou la Loire-Atlantique, c'est qu'il se passe bien quelque chose chez moi. Et pourquoi ? Parce que, pendant plusieurs années, on a mené une vraie politique. Par exemple on a mené une grande politique de co-développement avec Madagascar, le Maroc, et le Bénin, qui est aujourd'hui reçue dans toute l'Afrique comme prémonitoire et exemplaire, parce qu'il vaut mieux encourager, disent les Africains, et ils ont raison les Africains, à développer l'Afrique chez eux, plutôt que d'encourager le sauve-qui-peut des Africains chez nous.

Q- Regardons encore l'actualité. Le Parlement, a voté définitivement hier, le texte qui rend obligatoire la parité hommes-femmes dans les exécutifs des régions et des communes de plus de 3500 habitants. Est-ce bien ?

R- Non. Ce que l'on devrait faire, ce n'est pas...On devrait commencer par une autre...Non, je vais vous dire pourquoi : la parité, cela veut dire que l'on dit à une femme par exemple : on te prend à cause de ton sexe pas à cause de ton talent. La femme qui m'a remplacé, qui est députée aujourd'hui, V. Besse, on ne l'a pas choisie parce que c'était une femme, on l'a choisie parce qu'elle est talentueuse. Je trouve qu'il y a quelque chose de dangereux dans l'affaire des quotas. Mais si on veut faire la parité, je vais vous en proposer une, tout à fait novatrice, qui j'espère va faire débat dans cette campagne : je propose que la moitié des députés - parce que l'Assemblée nationale aujourd'hui n'est pas représentative, tous les Français le voient bien, on a un Parlement du oui avec un pays du non -, je propose que la moitié des députés soit élue sur des listes à la proportionnelle, avec obligation d'y faire figurer pour être élu des artisans, des commerçants, des agriculteurs, des professions libérales, des professions indépendantes, tous ceux qui créent de la richesse.

Q- Et des salariés ?

R- Et quant à ceux qui...Et naturellement, des ouvriers, notamment...tous ceux qui créent la richesse. Par exemple, un salarié, un ouvrier de Moulinex qui se présente sur une liste, lui, il n'a pas de filet. Par contre, un haut fonctionnaire, comme M. Chirac, etc., là, toute cette tradition de l'ENA, quand il est battu, si il est battu, il est détaché, donc il revient dans son corps d'origine. Donc, il faut comme j'ai fait en 1981, quand on se fait élire, on rompt son lien avec son administration d'origine. Parce qu'il n'y a pas de raison qu'il y ait un risque pour les uns, et qu'il n'y ait pas de risque pour les autres.

Q- On va parler de la route. Vous êtes favorable à un assouplissement des sanctions pour les dépassements de vitesse inférieure à 20km/h.

R- Oui, oui. Je pense qu'aujourd'hui...

Q- A une amnistie aussi, pour, par exemple, les PV de stationnement ?

R- Alors, voilà, pour les PV de stationnement, tout ce qui est susceptible d'entraîner un risque pour la vie humaine, ne doit pas être amnistié. Je dis simplement aujourd'hui, que, il faudrait...On a trop tendance à faire de l'automobiliste un délinquant en puissance, alors que, on ne s'en prend pas assez souvent à ceux qui sont d'authentiques délinquants et qui brûlent les voitures.


Source:premier-ministre, Service d'information du gouvernement, le 19 janvier 2007

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