Déclaration de M. Léon Bertrand, ministre délégué au tourisme, sur le bilan de son action au ministère depuis 2002, marquée par la réorganisation de ses services, la création du code du tourisme, la rénovation des infrastructures, la lutte contre le tourisme sexuel, Paris le 16 janvier 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Léon Bertrand, ministre délégué au tourisme, sur le bilan de son action au ministère depuis 2002, marquée par la réorganisation de ses services, la création du code du tourisme, la rénovation des infrastructures, la lutte contre le tourisme sexuel, Paris le 16 janvier 2007.

Personnalité, fonction : BERTRAND Léon.

FRANCE. Ministre délégué au tourisme

Circonstances : Voeux de Léon Bertrand, ministre délégué au tourisme aux professionnels du tourisme le 17 janvier 2007

ti : Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les Présidents et directeurs,
Chers Ami(e)s,


Je suis heureux et ému de vous retrouver pour cette ultime cérémonie de voeux, après presque 5 ans passés à la tête du Ministère délégué au Tourisme.

J'ai souhaité donner à cette cérémonie une dimension plus « interactive » et je remercie celles et ceux qui nous ont apporté leur témoignage sur les grandes mutations du tourisme mondial :

La nouvelle donne technologique, autour d'internet (Frédéric VAN HOUTTE, selectour.com) ;

Le lien incontournable entre compétitivité et qualité (Yann CAILLERE, ACCOR) ;

L'émergence des nouveaux marchés avec la montée en puissance de l'Asie et de la Chine (Caroline de MAISONNEUVE, Galeries Lafayette) ;

La demande croissante de tourisme éthique et solidaire (Michel DAVIAUD, TFD) ;

La nécessité d'adapter notre cadre juridique pour donner plus de lisibilité à notre offre (Géraldine LEDUC, Association nationale des Maires des Stations Classées et Communes Touristiques);

Vous le voyez, le tourisme constitue l'une des clés de notre développement économique, à condition de savoir gérer notre extraordinaire potentiel. C'est une réponse face à la disparition des industries dans nos territoires. C'est un enjeu majeur dans notre stratégie de développement durable.

Et pendant 5 ans, je me suis efforcé de donner plus de cohérence à cette matière éparse pour asseoir la place du Tourisme dans nos institutions, d'accroître la visibilité de notre destination sur les marchés pour conforter notre leadership et d'insuffler un supplément d'âme à notre secteur, dans la droite ligne de l'esprit des Lumières qui imprègne l'action de la France à travers le monde.


J'aimerais maintenant décliner devant vous, ces trois axes majeurs qui m'ont guidé depuis 2002

1er Grand axe : Donner plus de cohérence pour asseoir la place du Tourisme dans nos institutions

La confiance du Président de la République m'a permis de bénéficier d'une longévité ministérielle exceptionnelle, propice à la mise en oeuvre d'une action sur le long terme.

Cela s'est traduit par l'organisation des deux Comités interministériels, qui ont permis d'aborder les questions dans leur globalité, avec les autres ministres concernés.

J'ai également pu procéder à la réorganisation de l'ensemble de mes services : nouvelle stratégie marketing pour Maison de la France, naissance d'ODIT France, modernisation du fonctionnement du Conseil national du Tourisme, création du pôle social avec la fusion ANCV/BSV, rénovation des statuts du CNVVF, dynamisation de la CPTR, dont le mandat a été renouvelé.

L'ensemble des personnels ont été regroupés au sein de la « Maison du Tourisme » place de Catalogne, un centre de ressources et de compétences, ouvert à l'ensemble des acteurs, institutionnels et professionnels de notre secteur.

Cette Maison du Tourisme accueillera d'ailleurs très prochainement l'Association « Femmes du Tourisme », que je parraine et qui entend valoriser la place des femmes dans des professions où elles sont déjà nombreuses.

Je tiens, enfin à rappeler deux autres réalisations majeures : l'organisation d'une rencontre annuelle de l'ensemble des acteurs du tourisme, avec les Assises nationales du Tourisme qui regroupent chaque fois depuis 4 ans près de 1 000 participants autour de thèmes de réflexion très divers : innovation, changement climatique, gestion des risques.

Mais aussi l'organisation des premières Universités d'été pour l'enseignement supérieur et la recherche en tourisme, qui ont permis de valoriser ces disciplines ;

Cet effort de valorisation a porté ses fruits.

Notre budget a connu une croissance continuelle sur 5 ans, dans un contexte de forte limitation des dépenses publiques : +10 % en 2007 et des crédits de promotion en forte augmentation (+17 % en 2007).

Nous avons pu vivre à l'Assemblée nationale et au Sénat, la discussion, de la première « Loi Tourisme », identifiée en tant que telle, avec une réforme en profondeur des stations classées et une nouvelle réglementation pour les Chambres d'hôtes, qui a recueilli l'unanimité sur tous les bancs, à droite comme à gauche, ce qui est une vraie satisfaction pour un ministre.

J 'ai obtenu la création d'un Code du Tourisme, qui regroupe pour la première fois l'ensemble de la réglementation, ce qui présente au moins deux avantages à mes yeux : être plus pratique pour les professionnels et conférer au droit du tourisme une reconnaissance juridique incontestable.

Enfin, la prise en compte du tourisme dans les contrats de projets et sa place prépondérante dans les « pôles d'excellence rurale » sont des signes très positifs.

2ème Grand axe : Accroître la visibilité de notre destination pour conforter notre leadership
Ce sursaut est aussi le contre-coup des attentats du 11 septembre. Nous avons pris conscience que le tourisme n'était pas une rente et qu'il nous fallait sans cesse anticiper les évolutions à venir...

Les difficultés ont permis de révéler la force de frappe économique - mais aussi la fragilité - de ce secteur : 230 000 entreprises, 2 millions d'emplois directs et indirects, premier poste excédentaire de la Balance des paiements avec 8,9 milliards d'euros ;

L'hémorragie de fréquentation dans les départements d'Outre-Mer a montré aussi qu'il fallait repositionner l'offre, trop axée sur le balnéaire, rénover les infrastructures et professionnaliser l'accueil.

Le Conseil économique et social vient ainsi de publier un rapport qui propose une approche similaire, que nous mettons en oeuvre depuis 2002 avec déjà quelques résultats satisfaisants.

Nous avons aussi entrepris de relancer, sans tarder, le tourisme à La Réunion et à Mayotte pour oublier une année 2006 désastreuse.

Car la manne touristique que prévoit l'Organisation mondiale du Tourisme en 2020 (1,5 milliards de touristes contre 750 000 aujourd'hui) est de plus en plus disputée, avec l'arrivée de nouvelles destinations (Europe de l'Est, Caraïbe....)

Il fallait réorienter notre stratégie autour d'une certitude : il ne faut pas viser toujours plus de touristes mais toujours plus de recettes en accroissant la rentabilité moyenne de chaque touriste capté.

Ainsi, Maison de la France a choisi de valoriser des filières « haut de gamme » (la gastronomie, le tourisme vini-viticole, le tourisme culturel, le tourisme urbain) et d'anticiper la montée en puissance des nouveaux bassins émetteurs, notamment en Asie (accueil des chinois, nouveau bureau à Bombay) et au Moyen-Orient (nouveau bureau à Dubaï).

Agir sur la demande, donc, mais aussi optimiser l'offre, avec le Plan Qualité Tourisme, lancé en 2003. Ce référentiel national de qualité, qui signale les meilleurs établissements et sites, regroupe 14 réseaux et compte 2 600 affiliés ;

C'est aussi notre objectif ambitieux, dont héritera mon successeur : 40 milliards euros de recettes en 2010. Mais aussi mieux répartir la fréquentation sur l'ensemble du territoire (sortir du fameux « 80/20 ») ;

Mais la compétitivité de notre industrie touristique n'est pas une fin en soi, elle n'est qu'un moyen, le moyen d'atteindre un développement durable des territoires en France.

Le moyen d'élaborer un modèle économique viable au service des populations, en particulier dans les pays en développement.

3ème Grand axe : Insuffler un supplément d'âme à notre secteur

Le modèle touristique français, héritier des « Congés payés » de 1936 s'est construit autour du droit aux vacances pour tous, facteur de progrès et nous entendons conserver cette tradition : aide aux départ (6 millions de personne), aide à la pierre grâce aux excédents de l'ANCV, label « Tourisme et handicap », vacances seniors.

Au-delà de cette tradition, fortement ancrée, qui répond à un besoin économique aussi bien qu'à une exigence sociale, il ne faut pas négliger la montée en puissance d'une conscience environnementale qui impose des devoirs aux touristes et aux opérateurs : Respect des paysages, lutte contre les effets du changement climatique, économie des ressources sont désormais des avantages compétitifs.

Le tourisme doit ainsi s'inscrire résolument dans une stratégie de développement durable : la pérennité de notre économie touristique en dépend et le succès sera assuré (voies vertes et véloroutes, décollage touristique lié à la biodiversité en Guyane ou à Mayotte).

Voilà le modèle de tourisme, facteur de progrès que nous devons exporter. C'est notre devoir de première destination mondiale.

C'est tout le sens de notre action en faveur du tourisme solidaire, avec le soutien apporté à la Bourse du Tourisme solidaire, à « Tourism for Development » et l'objectif d'UNITAID, qui collecte la taxe sur les billets d'avions pour lutter contre les pandémies.

Soyons en conscients : le tourisme ne pourra continuer de se développer sur le terreau de la misère et de l'exploitation des hommes.

Je pense, en particulier, à la question de l'exploitation sexuelle des enfants, contre laquelle nous avons mis en place un véritable arsenal juridique, en collaboration avec 6 pays particulièrement touchés par ce fléau ;

Je tiens, à cet égard, à saluer l'esprit de responsabilité des professionnels du voyage, tours-opérateurs et agences ainsi que celui de leurs instances, l'APS, le CETO et le SNAV, engagés à nos côtés.

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

J'ai le sentiment d'avoir beaucoup accompli pendant ces 5 ans et de laisser une Maison en ordre de marche et des équipes performantes.

Je tiens à les remercier pour leur dévouement : la Direction du Tourisme et les délégations régionales ; l'Inspection générale du Tourisme ; ODIT France ; Maison de la France, l'ANCV, le CNVVF, le Conseil National du Tourisme, la CPTR.

Je tiens à saluer les Fédérations: l'UNAT, la FNCDT, la FNCRT, la FNOTSI et tous les autres partenaires avec lesquels nous avons entretenu un dialogue permanent.

Certains chantiers restent encore ouverts : le classement hôtelier, la taxe de séjour, la réforme de la loi de 1992 et la question de la responsabilité qui ne se réglera qu'au niveau européen.

C'est aussi le cas du difficile dossier de la TVA dans la restauration. Pour le secteur HCR, nous ne sommes toutefois pas restés inertes car un plan ambitieux a été mis en oeuvre dès 2004.

Je souhaite donc vous remercier toutes et tous pour la qualité des relations que nous avons entretenues toutes ces années.

Je ne l'oublierai pas et je garderai de mon passage à ce Ministère un souvenir très fort. Je suis heureux d'avoir pu, à vos côtés, contribuer à faire du tourisme français un secteur d'excellence, comme l'a aimablement souligné un très récent article du Figaro Magazine.

Et si je pouvais formuler à présent un voeu pour l'avenir, ce serait que vos professions puissent disposer, dans le prochain dispositif gouvernemental, d'une visibilité encore plus forte.

Pour cela, vous devez vous unir, autour d'une Confédération, capable de peser.

Pour qu'un ministre soit « utile », comme le disent certains, il doit pouvoir s'appuyer sur des troupes réactives...

Nous sommes à moins de 100 jours de l'élection présidentielle et certains d'entre vous s'apprêtent à saisir les candidats pour connaître leur programme « tourisme ». Je ne peux que vous encourager dans cette voie et vous rappeler à quel point le vote, ce geste citoyen, est un acte important pour l'avenir de notre pays.

A titre personnel, je verrai assez favorablement un rapprochement entre les ministères de la Culture et du Tourisme car dans notre quête de qualité, la dimension culturelle, la recherche d'authenticité sont omniprésentes et je suis persuadé que c'est au travers de l'animation touristique que nous trouverons les moyens de sauvegarder et d'entretenir notre patrimoine historique, dont nous aurons de plus en plus besoin.

C'est dans cette logique que nous avons d'ailleurs proposé, avec Christine LAGARDE, ministre déléguée au Commerce extérieur, de proposer des sites historiques de prestige aux professionnels du secteur des Foires Salons et Congrès pour amplifier notre attractivité.

C'est notre patrimoine, matériel et immatériel, qui constitue notre principale force.

Il nous appartient de le conserver, de le préserver, de faire les bons choix pour l'avenir car comme le disait Albert EINSTEIN : « le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire ».


Je vous remercie.


Source http://www.tourisme.equipement.gouv.fr, le 22 janvier 2007

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