Déclaration de M. Dominique Perben, ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer, sur la convention de financement passée pour assurer sans discontinuité la deuxième phase de la construction du TGV Est Européen, et sur l'annonce de la mise en service de la première phase au mois de juin, Paris le 24 janvier 2007. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Dominique Perben, ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer, sur la convention de financement passée pour assurer sans discontinuité la deuxième phase de la construction du TGV Est Européen, et sur l'annonce de la mise en service de la première phase au mois de juin, Paris le 24 janvier 2007.

Personnalité, fonction : PERBEN Dominique.

FRANCE. Ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer

Circonstances : Signature du protocole de financement de la 1ère étape de la 2e phase du TGV Est européen à Paris, le 24 janvier 2007

ti : Messieurs les Présidents,
Monsieur le Coordinateur européen,
Mesdames, Messieurs les Parlementaires,
Mesdames, Messieurs les élus,
Chers amis,


C'est avec un très grand plaisir que je vous accueille aujourd'hui pour concrétiser une étape décisive du TGV Est Européen, avec la signature de cette convention représentant un montant de plus de 90 millions d'euros. Elle va nous permettre d'assurer sans discontinuité la poursuite de ce projet, parallèlement à la mise en service commerciale de la première phase le 10 juin prochain. Les équipes de RFF, que je tiens à saluer tout particulièrement, vont ainsi pouvoir rester mobilisées et préparer cette deuxième phase jusqu'à un point très avancé avant le lancement des travaux à proprement parler.

Vous le savez, il ne reste plus que quelques jours avant la mise en service de la 1ère phase de la ligne nouvelle Est Européenne entre Paris et Baudrecourt, puisque celle-ci est prévue au début du mois de mars. Ensuite les essais de la SNCF vont se dérouler jusqu'à l'ouverture commerciale.

J'ai d'ailleurs eu l'occasion, le 18 décembre dernier, de participer à des essais du TGV jusqu'à 360 km/h. J'ai été vraiment impressionné par la qualité de la ligne et le confort pour le passager à de telles vitesses. Ce déplacement a aussi été l'occasion de présenter le programme d'excellence ferroviaire élaboré par RFF, la SNCF et Alstom, qui vise à développer des recherches sur les effets des circulations à très grande vitesse, sur la voie, le matériel roulant et les équipements ferroviaires, mais également à tester des vitesses supérieures à 500 km/h.

La LGV Est-Européenne a été à l'origine de nombreuses innovations, tant pour l'amélioration du service rendu (accès aux handicapés, information des voyageurs...), que pour un meilleur bilan environnemental (réduction du bruit, rendement énergétique). Elle s'inscrit ainsi pleinement dans la logique d'un développement durable des Transports que je souhaite pour notre pays.

Comme l'a rappelé le Premier Ministre le 20 octobre lors de la pose du dernier rail, il convient maintenant de préparer les étapes suivantes : le nouveau Pont de Kehl sur le Rhin et la liaison Kehl-Appenweier d'une part, et bien sûr, la deuxième phase de la LGV Est de Baudrecourt à Strasbourg d'autre part.

Pour le pont de Kehl, j'ai signé avec mon homologue allemand le 14 mars 2006 le traité entre la France et l'Allemagne qui prévoit la construction d'un nouveau pont sur le Rhin où les trains pourront circuler à 160 km/h. L'examen du projet de loi de ratification est en cours au Conseil d'Etat. Des contacts sont en cours avec l'Allemagne au sujet du tronçon Kehl-Appenweier.

Pour le tronçon Baudrecourt-Strasbourg, il s'agit d'assurer autant que possible la continuité de sa réalisation avec celle de la 1ère phase. C'est dans ce sens que j'avais demandé à Claude Liebermann de conduire la négociation du protocole financier que nous allons signer dans quelques instants.
Avec ce financement de 94 Meuros, RFF va donc engager les acquisitions foncières de l'ensemble des terrains, les opérations de remembrement en Moselle (celles-ci étant déjà en cours en Alsace), les fouilles archéologiques et les déplacements de réseaux, ainsi que les études détaillées et les procédures nécessaires au lancement des travaux.

Toutes ces étapes préparatoires d'une ligne nouvelle sont importantes. Celle-ci l'est d'autant plus qu'elle va nous conduire, dans 2 ans environ, à un stade très avancé du projet, au point que le démarrage des travaux de la 2ème phase, d'un montant de 1,7 milliards d'euros, pourra être effectif dès que le plan de financement aura été finalisé.

Je vais d'ailleurs prochainement demander à Claude Liebermann de poursuivre sa mission en ce sens. L'objectif de lancer les travaux avant 2010 est donc confirmé.

Je suis particulièrement heureux du soutien apporté par les collectivités à ce projet, dans l'esprit qui avait prévalu à la mise au point du financement de la 1ère phase. Je tiens à les remercier pour leur engagement en sa faveur, à hauteur de 27 millions d'euros, à parité avec l'Etat.

On retrouve ainsi parmi les signataires la presque totalité des partenaires initiaux, hormis l'Ile de France et le Conseil général de la Marne, ce que je regrette sincèrement. Mais j'ai bon espoir que le Conseil général de la Marne revienne au tour de table lors de la négociation sur la phase travaux.

S'agissant de l'Ile-de-France, je souhaite vivement qu'elle puisse également y apporter son soutien, compte tenu de l'apport de ce projet pour son rayonnement international.

N'oublions pas, par exemple, que Stuttgart sera bientôt à 3h05 de Paris par le TGV. Il s'agit là d'un changement profond des relations de la région capitale avec l'Allemagne du sud, région dynamique s'il en est.

Cette deuxième phase va réduire de 30 minutes le temps de trajet vers Strasbourg. Le trajet Paris - Strasbourg se fera en 1h50 au lieu de 2h20 avec la 1ère phase et 4 heures aujourd'hui. Ce sera aussi, pour la France, et particulièrement l'Ile de France, la Lorraine et la Champagne-Ardenne, une ouverture nouvelle vers le sud de l'Allemagne et le nord de la Suisse.

Il faut à cet égard souhaiter que l'achèvement de la partie française de l'axe Paris-Bratislava incite nos voisins à accélérer le rythme de réalisation chez eux.

Je voudrais également saluer l'apport essentiel que constitue l'aide de l'Union européenne dans la réussite de ce projet, et remercier tout particulièrement le coordinateur M. Balàzs et le Commissaire Barrot.

La Commission arrêtera en effet dans les prochains mois la programmation des crédits RTE sur la période 2007-2013, et je sais que les demandes que la France formulera sur cette LGV Est Européenne feront l'objet d'une grande attention de sa part.

Cette ligne donne véritablement au mode ferroviaire sa dimension européenne.

1. Dès le mois de juin prochain, des ICE commerciaux allemands desserviront la gare de l'Est ! Des rames réalisent aujourd'hui des essais sur la ligne nouvelle et la formation des conducteurs est en cours au travers d'un partenariat entre la Deutsche-Bahn et la SNCF. De la même manière, les TGV poursuivront leur parcours au delà de Strasbourg, jusqu'à Stuttgart et Munich.
2. Ce sera également la première ligne interopérable en France, avec la mise en place du système de contrôle des trains, commun à tous les pays européens, l'ERTMS1.
3. Ce sera enfin la ligne ferroviaire qui va permettre de relier les 3 «capitales» européennes : Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg. Le trajet entre Luxembourg et Strasbourg se fera en 1h25 lorsque la 2ème phase sera réalisée au lieu de 2h05 aujourd'hui.

Je propose maintenant à M. Peter Balàzs de nous dire quelques mots sur l'avancement des projets de l'axe prioritaire n° 17 Paris-Bratislava.

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